Kierkegaard au Delano !

- 22 mai 2013

Petit morceau d’époque : dans un hôtel de South Beach où j’ai passé quelques jours avec ma conjointe, la direction écrivait chaque jour, sur un tableau devant l’ascenseur, la pensée d’un «grand auteur». Une journée, Albert Camus nous parlait de l’amitié, l’autre jour, c’était le tour du théologien Reinold Niebuhr  (je ne me souviens plus trop ce qu’on lui faisait dire mais cela avait avoir avec le bonheur). Ensuite, le poète Robert Frost nous enseignait la sérénité devant le temps qui passe. Le suivant, Winston Churchill invitait plutôt à une vie trépidante. Enfin, Soren Kierkegaard ! Oui ! Le philosophe danois ! Dont on a retenu la formule suivante : Don’t forget to love yourself! Pauvre Kierkegaard qui n’est pas exactement un penseur joyeux ! Se doutait-il un seul instant qu’on retiendrait de son œuvre une phrase transformée en slogan de motivation ? Je crains la prochaine étape : retrouverons-nous une citation de Heidegger dans un biscuit chinois ?

Je devine le rituel : le manager, chaque jour, va sur un site web où sont accumulées de telles citations et trouve celle qui l’inspire pour son établissement. Et d’un coup, il croit donner un cachet singulier à son établissement : ici, Monsieur, on célèbre la culture! Ici, la philosophie nous accompagne du matin au soir ! Ici, la baignade est philosophique ! Je devine qu’il faut y voir un signe de sophistication et de cosmopolitisme. Ou du moins, une volonté ostentatoire de se mettre à l’enseigne de telles vertus. Et je me demande surtout si celui qui sélectionne ces pensées chaque jour a déjà entendu parler des auteurs qu’il transforme en chair à citation. Bien évidemment, je suis certain que non. Cela me rappelle d’ailleurs un restaurant de la rive-sud de Montréal qui agrémentait son menu de citations «d’auteurs» et qui avait trouvé le moyen d’y citer, sans le savoir, probablement, un des théoriciens français de l’eugénisme, pas très loin de la description du filet mignon ou de la bavette.

Cela dit, quelle leçon de modestie pour ceux qui espéraient un peu d’immortalité en pondant un jour un classique, en se distinguant par une action politique héroïque ! Parce qu’évidemment, lorsqu’on qu’on se sent aspiré par une certaine idée de l’existence et qu’on veut en tirer une oeuvre, on espère qu’elle nous survivra. Oublions ça, amis écrivains, philosophes, poètes et politiciens ! L’époque ne le souhaite plus. Les meilleurs d’entre nous finiront en vernis philosophique pour hôtels américains. Singulier destin des écrivains recyclés malgré eux par la société publicitaire en manque de parures cultivées: échouer au bord de la mer en une phrase d’accompagnement pour des baigneurs des deux sexes exagérément bronzés exhibant leurs muscles ou autres attributs.

Débat sur l’enseignement de l’histoire

- 17 mai 2013

Chaque jeudi, depuis trois ans, je fais une chronique à Radio Ville-Marie, à l’émission le Midi-Actualité, animée par Jean-Philippe Trottier. Cette semaine, la chronique a pris la forme d’une table-ronde consacrée au débat sur l’enseignement de l’histoire, à laquelle était aussi invité l’historien Éric Bédard. Je la rends disponible ici.

Jean Chrétien et Stéphane Dion, consultants internationaux en enfermement de peuples

- 14 mai 2013

Intéressante nouvelle dans Le Devoir. On apprend que Jean Chrétien et Stéphane Dion multiplient les conférences européennes. Leur thème : «l’unité nationale». On les invite en Grande-Bretagne et en Espagne pour savoir comment gérer une question nationale qui risque d’aboutir à une sécession. Il s’agit donc de mobiliser «l’expertise canadienne» pour gérer les aspirations de l’Écosse et de la Catalogne. C’est qu’on sait à travers le monde de quelle manière ces deux hommes ont géré la question du Québec après le référendum de 1995. Ils ont utilisé la méthode dure envers le Québec. C’était la «belle époque» du Plan B. Ils ont culpabilisé psychologiquement les Québécois en laissant croire que leur nationalisme était contradictoire avec la démocratie. Ils ont légitimité une stratégie qui a mené à la corruption d’une frange significative de nos élites, comme on l’a vu avec le scandale des commandites. Ils ont laissé planer le spectre de la guerre civile avec la stratégie partitionniste et ils ont posé un verrou légal sur notre droit à l’autodétermination avec la loi C-20. Ils ont misé sur la répression douce à l’endroit de leur propre peuple.

L’histoire politique du Québec laisse perplexe. Si nous avions réussi notre indépendance en 1995, le Québec serait un exemple d’émancipation nationale démocratique à la grandeur de la planète. On étudierait le cas québécois : de quelle manière une nation nord-américaine de langue française est parvenue à faire son indépendance pour constituer un petit pays trouvant dans la valorisation de son identité culturelle la condition de sa prospérité. Mais l’indépendance a échoué et cela a contribué à radicaliser certaines pathologies identitaires historiquement liées au fédéralisme canadien. À travers le monde, la question nationale québécoise ne sera donc pas étudiée du point de vue de l’émancipation des nations mais du point de vue de la meilleure manière de compresser juridiquement le droit d’un peuple à l’autodétermination. Il faut le rappeler, notre condition politique a produit un type particulier de citoyen, qui a tendance à se retourner contre son propre peuple et qui croit se grandir en se délivrant de sa condition nationale. Ainsi, à la grandeur du monde, le Canada peut se vanter d’avoir produit un type d’individu dont la spécialité est justement favoriser la mise en tutelle des peuples qui veulent s’émanciper. Étrange figure difficile à distinguer de cette du mercenaire.

C’est une des choses qu’on reprochera le plus sévèrement au Canada : il brise intimement les mécanismes à l’origine de la loyauté politique. Autrement dit, il pousse à la déloyauté politique. Plus encore : il laisse croire à notre peuple que le Canada a le monopole de l’ouverture au monde alors que le Québec serait l’espace du repli identitaire et de l’intimité ethnique. Autrement dit, ceux qui veulent embrasser le monde ne pourraient le faire que d’Ottawa, les affaires de la «province» étant, le terme est inévitable, provinciales. Le fédéralisme canadien convainc plusieurs Québécois qu’ils ont avantage à se retourner contre leur peuple et qu’en agissant ainsi, ils répondent aux exigences du progrès universel. Le Canada, c’est la grandeur. Le Québec serait trop petit. Cela peut prendre une forme philosophique, comme on l’a vu au fil de l’histoire avec un Pierre Elliot Trudeau ou un Stéphane Dion. D’ailleurs, il faudrait étudier le profil psychologique de ceux qui croient justement se grandir en reniant nos intérêts nationaux ou plus encore, en cherchant à les déconstruire ouvertement. Il n’est pas interdit de croire que ce conditionnement idéologique programmé dans le régime fédéral fait aujourd’hui des ravages, particulièrement dans la jeune génération.

Cela peut prendre aussi une forme plus vénale. Historiquement, le Canada a compris que les Québécois francophones ne s’identifiaient pas spontanément à lui tant il a l’air pour ceux qui l’examinent lucidement d’une construction politique artificielle, sans profondeur existentielle. Comment obtenir alors la fidélité des Québécois? Il fallait donc acheter une partie des élites québécoises qui trouvèrent dans leur capacité à nous faire accepter notre subordination politique la condition de leur situation sociale favorable. C’est ce que Stéphane Kelly a appelé la «petite loterie», un thème auquel il a consacré un livre majeur qui porte ce nom. Au fil du temps, c’est toute une partie de nos élites qui se sont définies dans ce rapport de dépendance fructueuse avec l’ordre fédéral, même si elles n’étaient plus conscientes de ses soubassements idéologiques. Ces réseaux ont pourri peu à peu et il n’est pas surprenant, à cet égard, que les scandales de corruption qui émergent ces temps-ci concernent des milieux politiques qui ont pratiqué le fédéralisme véreux, comme on l’a vu récemment à Laval.

J’en reviens à Jean Chrétien et Stéphane Dion, consultants internationaux en enfermement de peuple. Il serait nécessaire, un jour, de voir de quelle manière le régime fédéral brouille les repères culturels et identitaires d’une fraction importante de la population et convainc certains Québécois qu’il est normal de circuler à travers la planète pour expliquer de quelle manière le droit à l’autodétermination des peuples doit être emmaillotée très étroitement pour devenir pratiquement ineffectif. J’aime le rappeler : il y a des fédéralistes de bonne foi qui tiennent aux intérêts du Québec et il faut rappeler qu’on peut être Québécois d’abord tout en cherchant à conserver le lien fédéral, pour peu qu’on ne l’absolutise pas. Mais il y a aussi des fédéralistes radicaux qui militent contre la nation québécoise, tout simplement et qui lorsqu’ils ne nient pas son existence, cherchent à la démanteler. Je ne vois pas comment, même avec beaucoup d’imagination, on peut classer ces deux personnages dans une autre catégorie que la seconde.

 

Comment sauver l’essentiel d’un monde qui s’efface ?

- 12 mai 2013

Taillandier

Je consacrerai bientôt un texte au livre absolument magnifique de François Taillandier L’écriture du monde (Stock, 2013). Dans la première partie, on y suit le parcours d’un homme qui a servi Rome du mieux qu’il pouvait. Mais Rome n’est plus. C’est le terrible destin des hommes publics dans un pays agonisant. Il constate peu à peu que le monde qui donnait sens à son engagement n’existe plus vraiment et il mène le projet d’en conserver ses fondements pour les offrir à la postérité en espérant qu’un jour, ils servent à une éventuelle renaissance.

On y trouve une série de réflexions brillantes sur ce qui accroche un homme à son époque, sur l’apprentissage de la mort, sur le gouvernement de la cité, sur la grandeur et la faiblesse des civilisations. Mais on y trouve surtout une question : comment faire survivre l’essentiel d’un monde qui n’est plus ou qui meurt ? Comment lire un tel roman, nous dira-t-on, sans penser que la même question se pose aujourd’hui à l’homme occidental? Cela me fait penser à une question posée par Milan Kundera dans L’immortalité : Comment vivre dans un monde avec lequel on est en désaccord ?

Je tire ce passage de L’écriture du monde qui m’a bouleversé, qui se trouve au tout début du livre (p.14-16).

«Il ne disait pas seulement adieu au temps personnel de sa vie, ce modeste apanage où s’inscrivent nos joies, nos affections, nos drames, nos rires et nos regrets. Il prenait congé aussi d’une forme collective du temps, dans laquelle s’étaient exercés ses décisions et ses vouloirs, mêlés aux vouloirs et aux décisions de bien d’autres. Fallait-il l’appeler le temps politique? Le temps de l’époque? Oui- quelque chose comme ça. Désormais, Cassiodore n’entendait plus se préoccuper des événements  de Constantinople ou de Rome, de Ravenne ou des Gaules ; il ne paraîtrait plus sur ce grand théâtre encombré de mouvements et de clameurs. Il lui semblait avoir compris que, si quelque chose devait jamais naître ou renaître de ce tohu-bohu, ce n’était pas à vue d’homme, de la sienne en tout cas. Vient un moment inévitable où, si l’on agit, travaille, désire et entreprend encore, ce n’est plus pour soi, mais pour ceux qui viendront, qui vivront à leur tour quand on n’y sera plus. Moment terrible où dans l’attente d’affronter sa mort physique, un homme doit en quelque façon mourir à soi-même. Son temps restreint, les quelques aurores qui lui seraient encore versées par un invisible échanson, il allait les donner, comme un impôt ou un obole, à une durée moins visible et plus vaste que celle des pouvoirs et des guerres, des passions privées ou publiques.

Car en fin de compte, songeait-il, il y a bien trois rythmes du temps : celui d’un homme, celui de la cité, celui de Dieu, qui sont comme les trois cordes d’un instrument de musique, et peuvent s’harmonier ou dissoner. Son temps d’homme ne durerait plus. Le temps de la cité n’offrait désormais que des formes d’ordre précaires, compromises de toutes parts. Quant au temps de Dieu, d’une étendue incommensurable à la conscience humaine, il lui apparaissait emploi d’un avenir qu’il se représentait indistinct, grisâtre, insondable, comme, au soir, l’horizon marin de la Calabre. Mais souvent lui venait la pensée que cet avenir comportait une infinité de possibles, et que chaque entreprise humaine, si minime fût-elle, pouvait en modifier les aléas.

Ce qu’il lui restait à accomplir était de cette sorte».

La stupide abolition du programme Arts et lettres

- 11 mai 2013

On l’apprenait il y a quelques jours, il y aura une refonte des programmes au cégep. Le programme Arts et lettres change de nom. Il deviendra Culture et communications. La grande victime de cette «modernisation», c’est la littérature. Elle perd son statut obligatoire et devient un parcours parmi d’autres, optionnel, marginalisé. La littérature est déclassée. On aurait tort de voir dans cette décision une querelle secondaire excitant seulement les professeurs de littérature.

Non. Elle touche à notre idée même de ce qu’est une éducation de qualité. Cette décision révèle l’effondrement de la culture générale comme idéal, un idéal qui nous vient de loin, et qui, comme le notait cette semaine Antoine Robitaille dans Le Devoir, a joué un rôle majeur dans la renaissance de notre civilisation. Nous vivons dans ce que Paul Claudel appelait dans son Journal «la terreur de la distance et de la hauteur». Au nom de l’égalité, on coupe ce qui dépasse, pour éviter que la grandeur ne fasse de l’ombre au commun.

En entendant cette pénible nouvelle, je me demandais si nous avions oublié à quel point la littérature est formatrice? Une filière collégiale structurée autour de la littérature consistait à reconnaître son rôle central dans notre société. Elle était consacrée comme une des grandes manières de connaître notre civilisation et de s’y inscrire, de l’apprivoiser et de la transmettre. Avons-nous oublié que la littérature n’est pas qu’une accumulation disparate de romans, mais une des grandes sources intellectuelles de la vie de l’esprit en Occident?

Le Québec a pourtant une chance immense. Il a accès immédiatement à la littérature française qui est un des grands monuments de l’esprit universel. Mais il a renoncé à la faire sienne depuis longtemps. Comme s’il voulait se couper des sources les plus vivantes de son identité. C’est une des grandes bêtises du Québec moderne que d’avoir souhaité se délivrer de sa civilisation nourricière. Il y parvient peu à peu, notons-le, et il s’en trouve pour l’en féliciter. A-t-on déjà vu un peuple s’annihiler intimement avec autant d’enthousiasme?

La culture générale posait un idéal. À travers les grands textes de la littérature, de la philosophie, à travers l’étude de l’histoire, aussi, il devenait possible de s’approprier la part la plus noble de notre civilisation. Cela voulait évidemment dire que d’une époque à l’autre, l’homme se pose les mêmes questions existentielles et qu’il apprivoise son humanité en s’ouvrant aux grands textes qui ont posé les grandes questions. Il y a une permanence de la condition humaine à travers l’histoire.

Cela suppose un rapport fructueux au passé et aux œuvres qui en ressortent. Mais le présentisme, qui consiste à croire que notre époque est absolument supérieure en tout, ne reconnaît plus l’idée qu’il y a des classiques indémodables à revisiter d’une génération à l’autre. Non. L’homme postmoderne se croit délivré des exigences de la piété. Et on constatera qu’au fil des dernières décennies, la guerre contre la culture générale s’est poursuivie, l’école renonçant à la transmettre en idéal, comme en témoigne la promotion systématique des «compétences», au cœur de la réforme scolaire.

Évidemment, la peur bête et méchante de l’excellence, qu’on camoufle en refus de l’élitisme, entraîne le nivellement par le bas. On peut distinguer une personne cultivée d’une autre qui ne l’est pas. Horreur réactionnaire! Comment oser distinguer ainsi parmi les êtres! Ainsi, de peur de blesser l’estime de soi de chacun, on laisse croire que tout se vaut. D’ailleurs, notre époque n’a-t-elle pas l’habitude d’associer le beau mot «culture» à a peu près n’importe quoi, comme l’avait noté il y a plus de vingt ans Alain Finkielkraut dans La défaite de la pensée?

Pourtant, lire Le père Goriot de Balzac, ce n’est pas lire Twilight. Lire Montaigne, ce n’est pas lire de la psycho-pop rose bonbon achetée à la pharmacie. Lire Nietzsche, ce n’est pas lire un livre de croissance personnelle. Ce sont des œuvres objectivement supérieures qui enrichissent l’âme. On pourrait en nommer tant d’autres mais il faut encore des professeurs pour les enseigner, pour y ouvrir de jeunes âmes troublées, qui y trouveront peut-être une illumination.

D’ailleurs, l’infinie stupidité du ministère de l’Éducation vient encore de frapper: on ne parlera plus des œuvres mais des «objets culturels». J’entends cela et je rage contre le comité d’imbéciles qui a endossé une telle décision. Je l’imagine composé de pseudo-experts en sciences de l’éducation, de technocrates traversés par le ressentiment contre la vie de l’esprit et de professeurs endoctrinés par le ministère de l’Éducation et théoriciens de pédagogisme.

Une œuvre est vivante. Elle incite à l’admiration, à la méditation. Une œuvre ouvre l’âme, elle connecte l’homme aux préoccupations les plus universelles, elle l’élève, finalement, et le transforme intimement. Mais un «objet culturel»? Quelle est cette étrange chose inanimée? Il y a là encore une fois le signe étrange d’une technicisation de la pensée, marque de commerce du ministère de l’Éducation, qui porte si mal son nom.

On nie la spécificité des œuvres de l’esprit. On les banalise. On les désacralise. Faut-il pour autant s’en surprendre? Une société digne de ce nom devrait exiger de ses élites qu’elles se cultivent. Mais nos élites elles-mêmes se vautrent dans l’inculture. Comment pourraient-elles chercher à transmettre ce qu’elles ne maîtrisent pas? Il faut dire que nous vivons aussi dans un monde où on veut remplacer le professeur par l’innovation technologique du moment, comme si on pouvait se passer du rapport humain entre le maître et l’élève dans la formation d’un jeune esprit?

Aujourd’hui, les gens veulent «communiquer». Qu’ils n’aient rien d’intéressant à dire ne leur semble pas un problème. Non ! En démocratie, toutes les paroles se valent, et la grande révolution technologique nous permet de massifier encore un peu plus la pensée. Et puisque nous voulons éviter tout snobisme, nous faisons semblant que chacun mérite d’être entendu. C’est la crétinisation de la pensée collective, marque distinctive d’une époque qui consacre le règne de l’indifférenciation et de l’horizontalité. Comment ne pas y voir aussi la décadence de notre civilisation, qui ne fait plus vraiment de doute.

Pierre Duchesne est un homme cultivé, amoureux de l’histoire et des lettres. C’est lui qui vient d’imposer à son ministère un cours d’histoire obligatoire au collégial. Je suis à peu près certain qu’il s’est fait imposer cette mesure débile par les idéologues fanatisés de son ministère qui ont fait tant de mal à l’école en trente ans. On le voyait cette semaine défendre cette réforme sans y croire vraiment, comme s’il se pilait sur le cœur en sachant exactement qu’il pilait au même moment sur la culture. Il ne lui est pas interdit de renverser sa décision.