Le capitalisme est coupable – encore ! (du moins, c’est ce qu’on dit)

- 17 octobre 2012

Étrange point de vue ici, que rapporte L’Actualité : les inégalités sociales expliqueraient le taux d’homicide dans une société. De là à en conclure que la social-démocratie adoucit les mœurs, et que le capitalisme laissé à lui-même excite les pulsions meurtrières, il n’y a qu’un pas que plusieurs, hélas, n’hésiteront pas à franchir. Comme s’il fallait inévitablement «socialiser» le mal, comme s’il fallait inévitablement que la société soit coupable. Comme s’il fallait déresponsabiliser l’individu, et ne voir dans ses actions qu’un symptôme de structures sociales plus lourdes qui pèseraient sur lui. Comme si certains hommes ne portaient pas en eux une pulsion meurtrière, comme si la tentation du mal n’était pas logée dans les profondeurs de la conscience humaine – comme si nous n’étions pas ici devant un problème éternel, consubstantiel à la condition humaine. N’assiste-t-on pas aussi à une déresponsabilisation des individus, comme s’ils n’étaient plus responsables de leurs actes ? Je ne dis pas que la société n’excite pas certaines pulsions, qu’une culture ne fait pas ressortir, selon sa santé, les bonnes ou les mauvaises pulsions qui travaillent la psyché humaine. Mais il n’en demeure pas moins qu’un tel genre d’explication passe à côté d’un problème fondamental – un problème que les sociétés modernes ne veulent plus se poser : la possibilité pour l’homme de faire le mal et de faire le bien. Et le rôle de la conscience humaine dans le refoulement de ce qui pousse au premier et dans la valorisation de ce qui pousse au second. Dissoudre cette question dans le procès d’un système social ou d’un autre ne favorise pas la réflexion – cela permet en fait de trouver des coupables sans chercher à fouiller l’âme humaine dans ses profondeurs, pour mieux l’éduquer.

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13 commentaires

  1. Martin Lavallée dit :

    Tous les hommes portent en eux un potentiel meurtrier. Ce sont les conjonctures extérieures qui favorisent leur éclosion, ou pas. Ce sont donc effectivement les structures externes (milieu familial, éducation, cheminement social, système économique de la société dans laquelle il s’inscrit, etc.) qui en sont responsables.

  2. L'ingras dit :

    Le mal c’est vraiment très subjectif Mathieu et je crois que je n’ai vraiment pas besoin de vous le souligner. Le mal est défini par les sociétés et croyances courante. Je crois que pour détester tu dois pouvoir aimer.

    Un sociopath n’est point capable de ni l’un ni l’autre. Donc on le dit malade. La haine doit donc être nourrit par quelque chose. Par une société par exemple ou une religion où une personne de pouvoir qui nous disent comment penser et de ce fait nous poussent à réagir de diverse façon aux situations.

    La haine et la cruauté je crois que ce n’est pas naturel, mais venant de l’extérieur. C’est vous le sociologue et moi plus pseudo qu’expert, donc je quitte sur cela. C’est pour cela que nous avons la justice. La justice juge selon les critères de la société et celle-ci change souvent. Donc ‘est quoi le mal ? La seule responsabilité des citoyens c’est de vivre selon les règles de laquelle ils sont acquis.

  3. Nelson dit :

    SUITE

    MATHIEU ; ” Comme si certains hommes ne portaient pas en eux une pulsion meurtrière, comme si la tentation du mal n’était pas logée dans les profondeurs de la conscience humaine ”

    Nous portons tous deux instinct de base, la agressivité (pour la survie) et la sexualité (pour notre perpétuation génétique).

    Pour certains auteurs nous sommes toujours en guerre justement parce que nous craignons de manquer de quoi pour survivre nous, nos familles, nos pays…..et nous accumulons, accumulons sans arrêt….et prenant aux autres si notre peur de manquer nous domine.

    Cela expliquerait que 20% des gens et pays possèdent et CONSOMMENT 80% des richesses de la Planète…….inutile de dire dans quel partie le taux d’homicide, de violence et de délinquance est plus élevé.

    Un africain me demandait :
    ”Pouvais vous imaginer le comportement de québécois et des canadiens s’il avait juste une chèvre pour trente personnes ? ” …….
    ou que la moitié des gens n’avait rien, absolument rien ?

    DANS LES FAITS la Démocratie, la Paix, le Respect des Droits de la Personne, le respect des lois, mener une vie pacifique, SONT JUSTE POUR CEUX QUI PEUVENT SE PERMETTRE TOUT ÇA ….
    PAR CONTRE, pour le 80% des pays qui disposent juste de 20% des miettes laissés par les PAYS ÉDUQUÉS, AVANCÉS, ÉVOLUÉS, MODERNES, RESPECTUEUX DES DROITS HUMAINS, DÉMOCRATIQUES ET CHAMPIONS DE LA LIBERTÉ….c’est une autre histoire.

    LE CAPITALISME non régulé, non encadré, non contrôlé par des démocraties fortes, dans le ”laisser aller et laisser faire”, libre concurrence totale, donne des crises comme celle de 2008, des guerres mondial, carrières atomiques, des guerres d’affaires, de garder la moitié de l’argent en paradis fiscaux qui financent des choses horribles et de trafique mortifères de toute sorte.

    OUI AU CAPITALISME parce que nous n’avons rien de mieux comme humains, mais CAPITALISME ÉTHIQUE BIEN CONTRÔLÉ PAR LA DÉMOCRATIE, LA VRAI.

  4. Kevin dit :

    Premièrement, j’aimerais vous faire remarquer que vous mettez des mots et propos dans la bouche du journaliste de L’Actualité.

    Jamais la journaliste conclue «que la social-démocratie adoucit les moeurs, et que le capitalisme laissé à lui-même excite les pulsions meurtrières». De un, la journaliste démontre qu’il y a corrélation, et non pas causalité, entre inégalité social et criminalité. La journaliste en arrive donc à aucune conclusion, nous rappelant même qu’un étude mondiale est en cours.

    De deux, la journaliste parle d’inégalité sociale. L’association au capitalisme, vous l’a faite vous-même. Aborder la question de la criminalité sous l’angle du déterminisme social est aussi pertinent que de l’aborder sous votre angle, soit sous l’angle de la nature humaine des individus.

    Grâce à une fausse association et une lecture de l’article qui semble avoir été fait en diagonal, c’est vous, M. Bock-Côté, qui en arrivé à cette conclusion que vous allez par la suite critiquer.

    Votre «»sujet amené» manque un peu de rigueur Monsieur le Professeur ;)

    Pour ce qui est de l’essence de votre propos, vous commettez la même erreur que vous décriez, soit de réduire l’étude d’une problématique sous un seul angle, en reniant tous les autres.

    Or, c’est faire preuve de dogmatisme de rejeter complètement un angle d’analyse au détriment d’un autre, comme vous le faites.

    La nature du système social influe certainement la nature humaine des individus, comme la nature humaine des individus a certainement une influence sur le système.

    Notre système forme un tout, les facteurs économiques, culturels et sociaux s’imbriquent les uns dans les autres. Regarder un problème que par le bout de la lorgnette qui nous plait est contreproductif et relève de la fermeture d’esprit.

    D’ailleurs, je trouve cela assez étonnant qu’un homme qui nous répète que les actions des individus sont déterminés par son histoire et sa culture rejette l’hypothèse que le…

  5. G. Fecteau dit :

    Très bon billet, M. Bock-Côté, comme toujours. En passant, quel est votre QI? :-)

  6. le nationaliste dit :

    À lire l’article on nage encore dans la corrélation à partir de laquelle on élabore une théorie. J’ai beaucoup de difficulté avec les corrélations. Ce ne sont pas des preuves scientifiques. Dans une corrélation, tellement de paramètres sont oubliés.

    Et M MBC, vous semblez prendre cette etude comme un absolu alors qu,elle n’est rien d’autre qu’un élément de plus dans notre compréhension globale des choses. Une observation. Il faudrait lire l’étude et non pas le résumé fait par Valérie Borde. Je doute que l’étude affirme franchement : C’EST l’inegalité sociale qui EST à l’origine du taux d’homocide.

    “Tous les hommes portent en eux un potentiel meurtrier. Ce sont les conjonctures extérieures qui favorisent leur éclosion, ou pas. Ce sont donc effectivement les structures externes (milieu familial, éducation, cheminement social, système économique de la société dans laquelle il s’inscrit, etc.) qui en sont responsables.”

    Vous avez raison, mais en partie. Car le degré de ce potentiel est aussi variable d’un individu à l’autre. Il faut aussi inclure les désordres mentaux et psychologiques. Malgré tout, comme l’expression d’un gène, l’environnement joue un rôle crucial.

    C’est beaucoup plus complexe que de résumer tout cela à une affaire de système social ou une banale affaire du mal et du mal en soi. Le produit (meutre, violence,….) est un mélange complexe de ce qui est intrinsèque à l’individu et du rapport entre l’individu et la société et de la société elle-même.

  7. Jippy dit :

    C’est faire bon marché des suicides dans les ex- pays communistes de l’Europe de l’Est. Faute de statistiques indépendantes, on ne pourra jamais en mesurer l’ampleur réelle!

  8. Jocelyn T dit :

    @ G Fecteau
    On ne calcule pas la grandeur d’un homme avec son QI mais plutôt avec sa conscience humaine ! Bonne découverte !

  9. Nelson dit :

    ”les inégalités sociales expliqueraient le taux d’homicide dans une société”

    Mais oui,

    Il suffit croiser LA VARIABLE PAUVRETÉ AVEC les variables taux homicide, maladie mentale, délinquance, alcoolisme, drogadiction, décrochage scolaire, violence…..

    Il suffit se promener en Haiti, nord de Mexico, le Bronx, Cali, etc

  10. Nelson dit :

    ” Comme si certains hommes ne portaient pas en eux une pulsion meurtrière, ”

    Mais oui, certains malades mentaux…..

    ”comme si la tentation du mal n’était pas logée dans les profondeurs de la conscience humaine”

    OH NON, la tentation de faire du mal se trouve juste dans la conscience de certains malades….QU’IL FAUT AIDER.

  11. Réjean dit :

    Est bonne ! Un sociologue qui ne sait pas que les inégalités sociales engendrent le vol, le crime, la pauvreté (qui en soi est une cause non négligeable de criminalité, de maladie, de détresse). Le malheur engendre le malheur. Les inégalités sociales sont sources d’envie, de frustration, de haine, de rage. Qui peut en douter. Mais de la part d’un sociologue ! là je suis confondu.

    Vous parlez de “la possibilité pour l’homme de faire le mal et de faire le bien.” Non mais on nage en plein idéalisme. Je crois sincèrement que vous devriez lire “Par dela bien et mal” et “Contribution à la généalogie de la morale” de Nietzsche. Et pour l’histoire, rien de plus instructif que la deuxième considération inactuelle “De l’utilité et des inconvénients de l’histoire pour la vie”, du même auteur. Riche d’enseignement, croyez moi ! Mais de nos jours on ne fait que lire les twitt’s de 140 caractères. Oubliez ça la culture, la civilisation. On vit en pleine barbarie.

  12. JFC dit :

    Sous la présidence d’Hugo Chavez, son pays est devenu le plus violent d’Amérique latine, avec près de 20 000 morts par an, ce qui en fait un territoire plus dangereux que l’Irak… A Caracas, censure, opposition muselée et coups d’éclat médiatiques sont devenus la règle. Tout un pays capitaliste le Venezuela!!

  13. Réjean dit :

    J’ai lu l’article et je ne vois nulle part qu’il s’agit des pays capitalistes. Pourquoi donc ! les inégalités n’existeraient que dans ces pays. L’article ne mentionne que les inégalités sociales.

    C’est quoi le rapport avec ce titre. Dites-moi pas que vous en êtes rendu à défendre le capitalisme ! De ces apologistes et idéologues, dont la seule activité est de le défendre ce foutu système, ils sont légions, et sûrement bien payés par ceux qui ont intérêt à cette propagande pro-capitalisme.

    Ce n’est pas des défenseurs du système économique dominant dont nous avons besoin, système qui, soi dit en passant, est en train de nous mener à la catastrophe mondiale. De grâce, ce dont nous avons besoin c’est de toutes les personnes intelligentes et de bonne volonté, pour contrer cette propagande pro-capitaliste qui pollue les ondes et les journeaux. On a besoin d’espoir. Pourquoi vous nous refusé cela ?

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