Le Québec, le français et les petites nations

- 26 octobre 2012

On ne peut sérieusement réfléchir au rapport de la nation québécoise à la langue anglaise sans d’abord réfléchir à sa situation existentielle.  Selon les mots de Milan Kundera, «ce qui distingue les petites nations des grandes, ce n’est pas le critère quantitatif du nombre de leurs habitants ; c’est quelque chose de plus profond : leur existence n’est pas pour elles une certitude qui va de soi, mais toujours une question, un pari, un risque ; elles sont sur la défensive envers l’Histoire, cette force qui les dépasse, qui ne les prend pas en considération, qui ne les aperçoit même pas». Le Québec est une petite nation.

C’est le réflexe condescendant des grandes nations face aux petites: pourquoi s’entêter dans un groupe national que l’on s’imagine toujours à la périphérie de la condition humaine, éternellement marqué du stigmate du provincialisme culturel? Pourquoi maintenir vivante une appartenance qui entraverait l’émancipation de ses membres? Une petite nation ne serait-elle pas un ghetto? C’était la question posée ironiquement dans un autre contexte, au début des années 1990: comment peut-on être Croate? En Amérique du Nord, la question se décline autrement : comment peut-on être Québécois?

Il arrive que les petites nations intériorisent la vision dépréciatrice que les «grandes nations» ont d’elles. Cela arrive très souvent, en fait. Elles se convainquent elles-mêmes de leur insignifiance et qu’elles représentent une forme diminuée d’humanité. De ne pas receler en elles un potentiel suffisant d’universalité. De ne pas offrir une participation vraiment riche à l’expérience humaine. Autrement dit, les petites nations tendent souvent à se reconnaître comme des tribus prémodernes appelées à s’effacer devant le mouvement du progrès. Il faudrait s’en sauver.

Le Québec est donc une petite nation. Qui plus est, une petite nation située à la périphérie de l’empire américain, qui est l’empire dominant de notre temps. L’empire se prend pour un modèle d’universalité – cela ne veut pas dire que l’empire n’a pas de culture singulière mais qu’il n’en a pas toujours conscience, et qu’il finit souvent par se croire porteur de la civilisation dans sa seule expression possible. L’empire a même tendance à se confondre avec l’humanité.

L’empire américain, on le sait, se présente comme l’expression achevée de la civilisation moderne et place en son cœur un individualisme idéalisé. Pour l’empire, les petites nations sont nécessairement des tribus archaïques, réactionnaires, antimodernes. L’empire s’imagine l’héritage culturel des petites nations comme une forme de corset existentiel, qui limite l’émancipation individuelle. J’ajoute une évidence : l’empire de notre temps parle anglais. Ceux qui cherchent à limiter l’emprise de l’anglais au Québec ne voudraient-ils donc pas se fermer à l’humanité?

La situation du Québec est encore plus complexe du fait de son appartenance à la fédération canadienne. Le peuple québécois n’a jamais fait l’expérience de la souveraineté. Il n’en a donc pas la mémoire et n’a pas disposé des institutions suffisantes pour se projeter dans le monde de manière suffisante. On le présente souvent comme un régionalisme ethnique périphérique, mal adapté aux exigences de la modernité. Il s’en laisse aisément convaincre. Et la langue du pouvoir, au Canada, a toujours été l’anglais.

Le Canada s’est par ailleurs défini depuis une trentaine d’années comme une société postnationale et multiculturelle, faisant droit aux identités minoritaires et n’associant pas à sa citoyenneté un substrat historique particulier, sinon le respect d’une charte des droits explicitant au cœur même de la constitution l’idéal diversitaire. L’idéologie canadienne contribue à disqualifier aussi le nationalisme québécois, à le ringardiser. L’utopie diversitaire canadienne s’est même bâtie en bonne partie sur le procès de l’expérience historique québécoise.

S’ajoute à cela, finalement, l’idéologie de la mondialisation, qui a radicalisé le jugement dépréciatif spontanément porté par «l’hypermodernité» sur les petites nations. L’idéologie de la mondialisation disqualifie toute forme de protectionnisme culturel et linguistique. Protéger l’identité d’une communauté nationale serait rétrograde. La nation devrait se vider de son histoire et se réduire au statut d’entité administrative se réduisant à une association d’individus porteurs de droits.

En fait, l’idéologie de la mondialisation s’exaspère de la moindre frontière, qu’elle présente comme une fermeture inacceptable, comme un repli sur soi insensé, comme une entrave au plein accomplissement de l’humanité, qui passera à droite par le marché et la figure du consommateur universel et à gauche, par la figure du citoyen du monde à la recherche d’une démocratie mondialisée, enfin délivrée des vieilles appartenances nationales. On peut dire aussi que l’idéologie de la mondialisation travaille à dépolitiser la réalité. La langue de la mondialisation serait évidemment l’anglais.

On voit dans quelle situation se retrouve le nationalisme linguistique au Québec. Il est taxé d’anachronisme. Les pressions idéologiques sont de plus en plus nombreuses pour disqualifier les assises mêmes de la loi 101, et plus encore, l’idéal d’une prédominance du français au Québec, qui passe nécessairement par une forme de protectionnisme culturel et linguistique – et on sait quelle réputation est faite à la seule mention d’un protectionnisme, quel qu’il soit.

On ajoutera que la mémoire de la Révolution tranquille joue aussi son rôle. Bien installée dans la conscience collective, à la manière d’u mythe victorieux, elle a profondément neutralisé le sentiment d’insécurité linguistique des Québécois – et cela, de manière exagérée, dans la mesure où la Révolution tranquille, non seulement n’a pas abouti à l’indépendance, mais ne pouvait évidemment rien changer à la situation géopolitique du Québec en Amérique du Nord.

Cela amène certains esprits, même chez les souverainistes, faut-il le mentionner, à s’exaspérer de cet incessant rappel de la «fragilité historique» du Québec francophone, comme s’il témoignait d’une psychologie du minoritaire apeuré par la différence et la diversité. Le simple constat d’une fragilité linguistique québécoise est ainsi traduit comme une forme de frilosité culturelle insensée, et plus encore, comme un refus de donner aux Québécois la chance de «conquérir le monde».

Conséquence de cela : il serait derrière nous le temps de la concurrence linguistique entre le français et l’anglais. Nous serions passés du paradigme de la survivance culturelle collective à celle de l’émancipation individuelle des Québécois par l’hybridation programmée des langues et des cultures. L’anglais ne serait plus la langue historiquement en concurrence avec le français pour définir la réalité québécoise. Mais simplement l’instrument privilégié pour participer au monde.

Sa progression à Montréal devrait être perçue comme un inévitable mouvement de mondialisation des cultures à accueillir avec le sourire. En fait, Montréal serait le laboratoire de cette nouvelle société postmoderne, urbaine et cosmopolite qui relèverait bien davantage de l’hybridation d’identités friables que d’un enracinement identitaire et culturel véritable. Montréal permettrait aux Québécois de faire l’expérience d’une diversité créatrice.

Certains poétisent même le tout en affirmant que le Québec deviendrait un avant-poste universel de l’hybridité culturelle. Sa fragilité historique le rendrait paradoxalement moins résistant à la grande révolution cosmopolite, multiculturelle et postmoderne qui traverse l’Occident. Il pourrait donc en profiter davantage. Ses citoyens habituées à multiplier les appartenances culturelles pourraient donc s’intégrer pleinement dans les réseaux de la mondialisation. Les Québécois seraient les meilleurs «citoyens du monde».

Je pourrais poursuivre longtemps cette description. Mais je crois qu’on aura retenu l’essentiel: l’idéologie dominante sape les fondements mêmes de la loi 101. Elle sape aussi, faut-il le dire, l’idéal même d’une authentique diversité du monde. Une intense pression idéologique s’exerce sur les Québécois pour les décourager de pousser plus loin leurs lois linguistiques – on se souvient de la réaction enragée contre la proposition du cégep français pendant la dernière campagne électorale.

D’une certaine manière, ce qui reste de la loi 101 repose sur une certaine force d’inertie. On maintient certaines de ses dispositions fondamentales, mais le progrès passerait inévitablement par son assouplissement programmé, par le relâchement de ses mesures les plus structurantes. Surtout, il ne faudrait plus d’aucune manière pousser plus loin la loi 101, étendre son application. On criera à l’autoritarisme dès qu’on cherchera à étendre la portée de la loi 101.

C’est avec une telle philosophie déformante qu’il faut rompre si on veut comprendre les exigences historiques liées à la protection du français. Parce qu’il s’agit évidemment d’une philosophie faussée, qui non seulement pave la voie à une homogénéisation des cultures, mais dans le cas précis du Québec, sape les conditions nécessaires à sa pérennité historique. Je parlais du Québec comme d’une petite nation. Mais le Québec ne se voit plus comme tel. Il ne cesse pas pour autant d’en être une. Mais les Québécois préfèrent fuir la réalité, en quelque sorte.

Il faut donc en revenir aux faits historiques et sociologiques lourds. Au Québec, le français et l’anglais sont en situation de concurrence linguistique, culturelle et politique. Pour peu qu’on prenne les langues non seulement comme des «outils de communications», mais comme des systèmes sociaux et culturels, c’est un fait. Une langue n’est pas une fantaisie individuelle qui se maintient simplement parce qu’on aime la parler. Elle doit être nécessaire : elle doit structurer les interactions sociales, s’imposer comme une évidence.

Parce qu’une langue n’est pas qu’une préférence individuelle, elle n’est donc pas qu’une question de droits individuels non plus. Il s’agit d’une norme sociale, d’un contexte de choix, qui a besoin d’institutions pour se solidifier, pour élargir le contexte d’opportunités de ses locuteurs. Au Québec, favoriser systématiquement le bilinguisme institutionnel, cela consiste à marginaliser le français et à diminuer son attractivité sociale, culturelle et économique.

Cela veut-il dire, comme on l’entend ici et là, que les indépendantistes font la guerre à l’anglais? Qu’ils détestent l’anglais? Cela n’a évidemment aucun sens. L’anglais est une grande langue de civilisation. Détester l’anglais, cela consisterait à détester un rameau fondamental de la civilisation occidentale, son rameau anglo-saxon, qui a d’ailleurs contribué à la formation de notre rapport à la liberté politique, comme on le voit dans notre rapport à la démocratie parlementaire.

Les indépendantistes ne veulent pas éradiquer l’anglais ou punir le bilinguisme. Ils veulent toutefois préserver le droit des Québécois de vivre en français et surtout, éviter de transformer les «unilingues» francophones en citoyens de seconde zone. Ils veulent que le français demeure la norme identitaire, sociale, culturelle et économique. Est-ce que la promotion de la nette prédominance du français dans les rapports sociaux relève de la haine de l’anglais?

Il faudra, d’une certaine manière, renouer avec la philosophie politique propre aux petites nations, en redécouvrant sa charge positive. Une petite nation cultive d’autres vertus qu’un empire : elle incite à la solidarité, elle valorise le lien communautaire et cherche à garder un lien intime avec sa culture. Elle se méfie plus spontanément du faux universalisme des «droits» qui ne masque souvent que l’hégémonie de la culture dominante. Je souligne une chose par ailleurs : la loi 101 de 1977 s’inscrivait dans cette perspective.

Cela vient avec une théorie de la citoyenneté. La petite nation est plus consciente que l’empire (ou que la grande nation) de l’enracinement inévitable de la citoyenneté dans une culture historique, qui l’alimente et l’irrigue. À l’universel désincarné, elle préfère l’universel de l’appartenance. Il est impérieux de redécouvrir l’épaisseur historique de la société et de ne plus considérer simplement comme un système de règles abstraites où circulent des individus déliés les uns des autres.

Cela ne veut pas dire qu’elle se «ferme au monde moderne» : cela veut dire qu’elle est plus consciente de ses effets déstructurant. Cela ne veut pas dire qu’elle néglige les droits de l’individu : cela veut dire qu’elle les complète plus consciemment par les devoirs du citoyen. Cela ne veut pas dire qu’elle se ferme à l’humanité: cela veut dire qu’elle rappelle qu’on n’y accède véritablement qu’à partir d’une culture.

De ce point de vue, dans un monde marqué par la crise de la mondialisation, l’expérience historique et politique des petites nations porte peut-être davantage d’universalité qu’on ne le croit habituellement. Alain Finkielkraut écrivait, en 1999, que le combat québécois pour le français était exemplaire pour les autres nations découvrant les risques d’une homogénéisation du monde. Encore faudrait-il que les Québécois ne renoncent pas à le mener.

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19 commentaires

  1. Jean-Etienne Solomon dit :

    Merci pour cette chronique,
    Poussée, éclairante, et pour moi, nouvelle et inspirante.

  2. Benny dit :

    Nous assistons à la fin de l’hégémonie américaine tant au niveau économique que culturel. Le déclin américain ,tel que prédit par Denys Arcand, est l’occasion pour le Québec d’affirmer sa différence dans les domaines économique, culturel et identitaire. La crise mondiale transforme le monde tel que nous le connaissions de façon irrémédiable. Nous sommes, en quelque sorte, dans une zone transition vers un monde où les rapports de forces ne seront plus les mêmes. C’est une fenêtre qui s’ouvre pour le Québec, une opportunité d’apporter et d’affermir les valeurs et l’identité Québecoise dont la langue française est partie intégrante. Les années à venir demanderont du courage et de la détermination pour faire du Québec une nation, un pays à part entière.

  3. Colombe L'Écuyer dit :

    J’aime vous lire…
    J’aime vous lire…
    et J’aime vous lire!
    Merci.

  4. Nelson dit :

    Dénatalité
    Forcement, diminution graduelle des québécois de souche française
    Entouré de 300 millions d’anglophones
    la majorité canadienne et l’Empire américain
    l’anglais en étant la langue des affaires et de la mondialisation
    anglisation
    de Montréal,
    des milieux de travail,
    des cégeps,
    des écoles passarelles,
    des garderies, etc
    Canada bi-langue
    droit de fonctionner en anglais au Québec

    Des conditions et situations objectives à tenir en compte froidement concernant la question du français au Québec….au même temps que obligation de lutter sans relâche avec tous les moyens possibles pour la sauver, la préserver.

    Pas simple considérant que de plus en plus des gens veulent fonctionner en anglais emparés par le bi-linguisme…..juste au Québec, pour l’assimiler à l’anglais.

    Le Fédéral doit accepter que la langue officiel soit le français au Québec…pour sa propre survie……parce que si la majorité française se sente vraiment menacée…..by, by la visite.

  5. Je regrette, mais les lecteurs du Journal de Montréal , pour la plupart, n’ont pas la patience de lire cet article,quoique intéressant, beaucoup trop long.
    Merci.
    M. Bélanger.

  6. Eric dit :

    Le grand combat…

    Celui que je vois…

    Ces longues racines… dans le temps…

    Ces deux arbres…

    Se cotoyant depuis si longtemps…

    Et incapable de se poléniser entres-eux…

    Pourtant…

    Et je nomme;

    Protestantisme vs. catholicisme

    Nous sommes rendu aux versions “soft” 5.0 … mais tout de même…

    Pffff….

    Si ces arbres ne peuvent porter des fruits…

    Sachez qu’aujourd’hui… nous sommes la connaissance de demain… (sic)

    J’aimerais qu’aujourd’hui… nous soyons la renaissance de demain.

    Et nous le sommes…

    Tant que Morgentaler est pas dans les parages…

  7. Bob l'éponge dit :

    Franchement Mathieu, avec un discours comme ça je voterais pour vous demain matin.

  8. Qu’Alain Finklelraut se déleste du combat contre l’homégénéisation du monde sur les épaules des Québécois, ça en dit long sur son désespoir…

    Une petit Nation inciterait à la solidarité? Eh! bien les Québécois ont des croûtes à manger.. divisés et polarisés comme nous le sommes..

    “L’universel de l’appartenance” de préférence à “l’universel désincarné”? L’universel de l’appartenance au prix de d’immigrants désincarnés?

    Ce ne sera plus “une histoire ancienne commune” qui tissera le nouveau lien social mais la langue québécoise.. Les racines culturelles des immigrants ne pourront jamais leur être extirpées..

    Les Québécois de souche ne font plus assez d’enfants. Les unions interculturelles feront que les Québécois en 2050 ressembleront de moins en moins aux “de souche”. Un melting pot québécois contre un melting pot américain?

    Pourquoi le bilinguisme signerait-il la fin de la nette prédominance du français dans les rapports sociaux alors que nombre de pays européens vivent le bilinguisme sans s’y perdre.. Il faut se faire confiance.

    Etendre la loi 101 aux CEGEP et aux institutions feraient à coup sûr les “de souche unilingues francophones” des citoyens de seconde zone… Québec n’est pas une Planète isolée et n’échappera pas à la mondialisation.

    Les indépendantistes ne détestent pas l’anglais? Ils le renient..

    Je cite Jean-Marc Léger: “On parle mal le français mais on l’écrit bien.. mieux que les français. On écrit le français à la manière anglophone, une sythèse précise sans les fioritures verbales des français..”

    Jean-Marc Léger admet ainsi que notre façon de pensée au Québec a subi l’influence de la façon de pensée
    des anglophones.. Et il a parfaitement raison.. Qui plus est les “de souche” francophones et anglophones canadiens nous exprimons sur la même tonalité (Jacques Godbout)..

  9. Je poursuis: “L’utopie” diversitaire canadienne s’est bâtie sur le procès de l’expérience historique québécoise? Cette affirmation est pour le moins présomptueuse.

    “L’idéologie” de la mondialisation? La mondialisation est “la réalité” contemporaine dans laquelle se retrouvent diverses idéologies.

    L’histoire continue de s’écrire chaque jour. Pourquoi la mondialisation nous viderait-elle absolument de notre histoire? Pourquoi n’existerait-il pas là une occasion d’en écrire les plus belles pages?

    La langue de la mondialisation sera l’anglais? Les langues sont vivantes et ne cesseront jamais d’évoluer en puisant les unes dans les autres. L’hybridation n’est pas “programmée” elle fait partie de l’évolution. C’est vrai pour le français, pour l’anglais et toutes les langues des pays émergents..

    La révolution tranquille n’a pas abouti à l’indépendance dans un contexte pourtant favorable. Qu’est-ce qui permet de croire en ses chances d’aboutir dans un contexte de plus en plus hostile? L’Union européenne se tourne de plus en plus vers une fédération..

    Montréal serait un laboratoire? La diversité est créatrice.. Les milieux les plus fertiles à la création sont cosmopolites… New York, Los Angeles, Londres, Shanghaï, Paris, Toronto, etc.. Montréal ne fait que prendre sa place dans l’universel. La couper de l’anglais c’est lui couper les ailes..

    Les Céline Dion, Cirque du Soleil. Robert Lepage, Corbeau, etc.. ont pu rayonner en s’immergeant dans ces pôles incontournables, de véritables fourmilières de talents humains. Plusieurs des grands cerveaux de notre époque sont issus de parents aux cultures différentes, Steve Jobs, entre autres..

    Certains ne poétisent-ils pas un Québec qui deviendrait un avant-poste universel de nationalisme… “hybride”..

  10. Jippy dit :

    « Une petite nation incite à la solidarité » (MBC).
    Au Qc, à part la solidarité Syndicale, je n’en vois pas beaucoup d’autre!
    « Citoyens du monde! », dites-vous.
    75 à 85% des Québécois le sont déjà: (PLC et NPD au fédéral); (QS, PQ Bloc, partie du PLQ). S’agit d’être logique ou conséquent avec soi-même, si vous préférez.

  11. Pierre Bouchard dit :

    Les empires économiques chinois et encore américains sont imprégnés de nationalisme et chauvin ce nationalisme puisque impérialiste.

    L’universel existe mal, il n’est pas celui de l’espéranto, il est celui de l’anglais, d’une nation existante devenue la marque d’un empire. Tout l’arbitraire humain de son imperfection s’est traduit dans l’américain actuellement.

    Si l’Amérique est le dernier visage de l’Empire Romain en tant que type universel par la puissance impériale. le modèle universel qui emprunte à la domination politique et culturelle n’en n’est pas un. Si l’église catholique a porté dans l’échec historique le rêve d’une humanité constituée par la paix et l’amour universel, il n’en n’est rien des empires qui sont des faux universaux. Le Québec francophone par sa culture n’a pas à se faire hara kiri devant un empire qui finira par s’étioler et d’ailleurs c’est déjà commencé.

    L’économie mondialisée comme entité produite par l’empire des multinationales américaines va jusqu’à détruire l’industrie manufacturière aux É.U même c’est le genre de contradiction qui mine une nation impériale. Ce que les candidats Obama et Romney reconnaissent eux mêmes au bout du débat électoral.

    Le dernier mythe universel a fait de la philo du progrès une arme idéologique en déterminant faussement ce qui est dépassé de ce qui est d’avenir. Faux! La technique ne défait pas tout le passé de l’histoire, l’être humain est le même biologiquement qu’il y a 2,000 ans. Si l’homme moderne se réduit au progrès, alors sans électricité et la médecine scientifique, nous ne sommes rien? Nous existerions comme nous le faisions en 1870 en mourant plus jeunes en faisant beaucoup d’enfants pour compenser.

    L’individualisme américain n’existe que par la haute technologie. L’humanité est bien plus et le Québec y compris que le dernier Iphone. Puis au bout du compte malgré la fascination pour le dernier empire, nous sommes toujours mortels.

    Un peu de…

  12. M. Côté s’est déjà posé la question à savoir si nous assistions à la fin de la civilisation occidentale.

    Les dogmatismes de la religion catholique ont contribué à l’expansion des familles québécoises. Le père pourvoyeur, la mère à la maison qui enfante de nombreux enfants, les élève, les nourrit et s’occupe des tâches ménagères..

    La femme était considérée comme inférieure à l’homme même le droit de vote lui était refusé.

    Le mouvement féministe et la pilule anticonceptionnelle ont aidé à donner aux femmes un statut égal à celui de l’homme.

    Au début de la révolution tranquille le taux de mariage était encore élevé, le taux de divorce très faible et les familles de 3 ou 4 enfants étaient la norme. C’est la cohorte que représente aujourd’hui les baby boomers.

    L’espérance de vie a augmenté.. Les rapports à la sexualité ont complètement été bouleversés. Le nombre de mariages a chuté cédant la place aux unions libres.. Les divorces se sont multipliés. Les familles reconstituées aussi. Les femmes au travail, les enfants à la garderie.

    Les avancées technologiques ont créé des outils ultra-performants, le web a révolutionné les modes de communication.. On est entré de plein pied dans la société de consommation. Les moeurs se sont relâchés. Nous sommes dans l’ère du chacun pour soi.

    On assiste également à un nombre élevé de suicides, de divorces, d’avortements, de décrochages scolaires, de dépendances aux médicaments, aux drogues..

    Le taux de natalité chez les francophones de souche a chuté et le nombre d’immigrants a augmenté.. Les immigrants ont souvent des valeurs plus traditionnelles. Les familles sont plus solides et le taux de natalité dans ce groupe dépasse celui des “de souche”.

    Le poids démographique des francophones dont la langue maternelle est le français ne pourra aller qu’en diminuant.

    Quand les souverainistes parlent de nos valeurs communes, de quoi parlent-ils au juste?

  13. Chris K dit :

    Les québécois sont un peuple, cependant les Canadiens-français essaient de monopoliser l’appartenance à ce peuple. FAUX: D’autres ethnies et races, certaines d’entre elles parlant anglais, font partie du tissu québécois, qu’on le veuille ou non.

    Un autre élément à ne pas négliger est le fait que les Canadiens-français ont été des représentants de l’empire français du 17e siècle. Malgré que les premières visites eurent lieu dans les années 1500s, la colonisation a été lente et ardue. En 1640, il n’y avait que 355 colons. Difficile de parler d’un peuple. En fait, la population a vraiment accrue dans la première moitié du 18e siècle. Or, les Canadiens-français, ont approximativement 50 ans d’histoire étant d’un nombre digne de nation et n’étant pas sous l’empire britannique.

    Cela n’est pas assez pour devenir “grande nation”. Les “grandes nations” ont toutes invariablement des longues périodes de liberté et souveraineté (même une emprise sur d’autres nations) où leur savoir-faire et leur savoir-faire se répand. Au contraire, les Canadiens-français (qui provenaient d’un empire colonisateur) ont vécu plus de temps sous un empire étranger que sous leur propre empire natal.

    Depuis au moins 60 ans, c’est vraiment faire fi de la réalité que de voir le peuple Québécois comme simple héritier des Canadiens-français tout en voulant exclure des Anglophones et communautés culturelles qui ont su s’implanter à travers différentes étapes historiques légitimes, notamment l’aboutissement de la Conquête (le transfert de la Nouvelle-France à l’Angleterre a été dûment signée et approuvée par la France à l’intérieur d’un traité, je rappelle) de même que l’immigration soutenue au cours des décennies.

    Dire, comme Mathieu Bock-Côté, que le Québec n’est que l’endroit où le destin des Canadiens-français se joue, et ce uniquement, c’est fermer ses yeux à la longue histoire cosmopolite de Montréal, et même de Québec. C’est faire fi des racines ethniques…

  14. Rick dit :

    Les empires sont nés à partir des petites nations. Pas tous deviendront des grands, seulement les plus forts, les faibles eux restent petits.

  15. John Lespagnol dit :

    Faudrait arreter de se prendre pour dautres. on est une petite nation mais egalement un petit peuple. jaloux de tous ceux plus forts que nous, jaloux de ceux qui font plus dargent que nous. cest le nationalisme exacerbé qui aura raison de nous petit peuple.

  16. Jippy dit :

    « …un régionalisme ethnique périphérique, mal adapté aux exigences de la modernité. Il s’en laisse aisément convaincre.» (6ième paragraphe)
    Parlez-vous de la langue française? Si oui, beaucoup de Français vivant en France s’en laissent, eux aussi, aisément convaincre. Rien qu’à observer l’évolution de la langue parlée en France au cours des 40 dernières années…

  17. M. Côté, je vous invite à lire la chronique de Christian Dufour de ce jour..”De l’Ecosse au Québec”.

    Il est rare qu’un souverainiste ose dire les choses aussi clairement:

    “Nul doute que l’Espagne et le Royaume-Uni seraient ébranlés par le départ de la Catalogne ou de l’Ecosse. Mais ils survivraient, alors que le maintien d’un Canada “cassé en deux” par la perte de “son coeur québécois” serait moins sûr à côté du mastodonte américain.”

    “Le Canada “ne peut se permette” d’expulser le Québec, ce dernier lui coûterait-il les yeux de la tête..Tout Etat a la politique de sa géographie. Depuis toujours l’identité “Canadian” comporte une composante territoriale majeure.” (Christian Dufour)

    Voilà le chat est sorti du sac… Les souverainistes provoquent le Canada forts de la certitude que le Québec ne sera jamais expulsé?

    Quand Christian Dufour dit que le maintien du Canada sans le Québec serait moins sûr à côté du “mastodonte américain”, il a complètement raison..

    Comment alors une poignée d’à peine 7 millions de francophones perdus en Amérique du Nord dans une marée de 350 millions d’anglophones pourraient réussir à se maintenir? Pis encore en se tenant éloignés de la langue anglaise?

    Complètement irrationnel… Non les souverainistes ne sont pas des imbéciles. La stratégie c’est de “défier” le fédéral jusqu’à ce qu’en désespoir de cause il cède aux demandes du Québec de redéfinir les liens fédéraux selon ses propres critêres nationalistes..

    “Le Canada, tel que je l’entends, ce ne sont pas des structures ni des clichés historiques du genre “d’un océan à l’autre”.. C’est d’abord “du monde” c’est-à-dire un melting pot d’une quinzaine de millions de gens de toutes origines. Juste à côté des USA, ils ont fabriqué une autre société anglophone nord-américaine qui parvient tant bien que mal à résister à l’attraction de son énorme voisin.” (René Levesque)

    La réalité c’est qu’une majorité de…

  18. “comment peut-on être Québécois? ”

    Selon plusieurs la seule façon d’être un Québécois et les seules qui peuvent se faire appeler Québécois doivent être nées de sang pure (pas de mélange amérindien, d’Anglo ou autres) d’une famille que leurs ancêtres sont des colons de la France, ils doivent parler uniquement le québécois et ils doivent détester la richesse et les riches. Ça résume l’ensemble de ce que je me suis fait expliqué par des gens se disant être des vrais Québécois.

  19. Cher Mathieu, comment le Québec peut-il devenir une grande nation s’il rejette les valeurs fondatrices de celle-ci et les symboles historiques qui ont été à l’origine de sa naissance?

    Éric Lanthier

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