Scène de la vie montréalaise

- 25 janvier 2013

Je reviens d’une boutique de mon quartier, à Montréal. La question linguistique québécoise s’y résumait en une scène. Trois vendeuses. Deux Québécoises «de souche» et une «néo-Québécoise» qui parle parfaitement le français. Lorsqu’elles me servent, elles le font en français, bien que je doive passer par l’exaspérant «bonjour/hi». Je ne m’y habitue pas, soit dit en passant. Mais lorsqu’elles se parlent entre elles, elles le font en anglais. Systématiquement. Même si des mots français se glissent ici et là. Ce que cela veut dire ? Que les Québécois francophones ont encore le droit de se faire servir en français, à la manière d’un accommodement raisonnable qu’on nous accorde chez nous. Ce droit, on me l’accordait il y a quelques minutes dans cette boutique. Mais que la langue des rapports sociaux à Montréal chez les jeunes générations est l’anglais et que c’est à travers elle que les individus qui ne viennent pas de la «tribu canadienne-française» se rencontrent. C’est aussi à cette langue aussi que les membres de la «tribu» doivent se rallier s’ils veulent participer pleinement de la dynamique cosmopolite métropolitaine. Le français est déclassé.C’est la langue de l’entre nous. Et encore. Ce n’est plus la langue de l’avenir. Ce que cela veut dire, c’est qu’à Montréal prend forme une dynamique identitaire et linguistique qui liquide les acquis de la Révolution tranquille, dans la mesure où celle-ci ne cherchait pas seulement à assurer le droit des Québécois d’avoir des services dans leur langue mais cherchait à faire du français la langue normale des rapports sociaux. Chaque jour, je crois, nous faisons l’expérience de cet étrange renoncement qui se présente sous le masque de «l’ouverture à l’autre» et sous celui de la «mondialisation». On m’accusera de repli identitaire et d’être un vilain nationaliste entêté, mais je le dis simplement : non, ce n’est pas normal. Non, cela ne devrait pas se passer ainsi.

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44 commentaires

  1. François Simard dit :

    Je vois ça tous les matins à mon café du coin. Les jeunes qui nous servent parlent parfaitement bien français (j’irais même jusqu’à dire québécois). Il y a des « de souche » comme des minorités visibles parmi le personnel. Mais quand ils ne servent pas les clients, ils ne conversent entre eux qu’en anglais. Je ne pensais pas vivre l’assimilation de mon vivant, mais c’est bel et bien commencé, et à la vitesse grand V.

  2. Louis Francoeur dit :

    Je dois vous donner entièrement raison monsieur Bock-Côté. Je l’ai observé maintes fois lors de mes déplacements dans cette ville de Montréal.

    Les jeunes francophones montréalais ont abdiqué à imposer leur langue dans les rapports sociaux et les immigrants ne voient aucun intérêt à s’intégrer à la culture canadienne-française (d’ailleurs les jeunes canadiens-français ne trouvent-ils pas eux-mêmes leur culture « poche »?).

    Voilà où nous ont mené 40 ans d’éloge du « joual » québécois et une culture médiatique francophone asphyxiante, tellement fermée sur elle-même et incapable de penser le monde. Vous n’avez qu’à écouter radio-canada français (la radio) et à la comparer à radio-canada anglais pour voir comment nos médias sont nombrilistes et insignifiants.

  3. Louis Francoeur dit :

    J’ajouterais la culture de la corruption et de la collusion bien installée dans nos médias francophones montréalais: on s’invite mutuellement, toujours les mêmes « amis », et on fait la promotion de nos émissions, livres, pièces de théâtre, spectacles,… je te donne un cachet dans mon émission, tu me donnes un cachet dans ton émission…

  4. Claudette dit :

    « Je ne pensais pas vivre l’assimilation de mon vivant, mais c’est bel et bien commencé » …

    Voilà, tout a été dit et ceci résume tout à fait bien mon avis et mon sentiment sur notre situation …

  5. Frank dit :

    Quel drame! Je me sens tranquillement oublier comment parler le français, vite, faites quelque chose avant qu’il ne soit trop tard!

  6. Steve Harvey-Fortin dit :

    Le Québec et les québécois ne peuvent se payer ce luxe en terre promise au Canada. Car pour eux, notre culture ne vaut pas grand chose sur le plan de l’identité et de la survie de notre espèce.

  7. Louis Francoeur dit :

    @Claudette

    Vous ne vivez pas l’assimilation Claudette, vous vivez le retour au Montréal des années 1950 où les francophones n’avaient à peu près pas droit de citer. Vous vivez l’incapacité des Montréalais et des nationalistes à percevoir la vraie menace à notre culture: la vraie menace n’est pas le Canada, c’est la société américaine et la mondialisation des échanges. C’est aussi une politique d’immigration massive complètement inconsciente. Une société si petite qui concentre tous ses immigrants dans une seule ville – ville d’ailleurs en grande partie anglophone – est complètement irresponsable.

  8. François Juteau dit :

    Peut-être que les deux vendeuses francophones veulent simplement « dérouiller » leur anglais au cas où un client surviendrait ? À mon avis le problème du français au Québec n’est pas dans ce genre de situation assez exceptionnelle, mais dans la pauvreté affligeante de notre langue parlée et écrite. Et en plus, nous sommes fiers de « ne pas parler le bec en cul de poule » car ça fait snob de parler un français correct, paraît-il. Et on frémit de rage quand quelqu’un ose corriger notre langue écrite (je l’ai vécu souvent à mon ancien boulot dans une grande société d’État québécoise).

    Il n’y a pas que la corruption généralisée dévoilée par la commission Charbonneau qui me déprime, ces temps-ci…

  9. Steve Harvey-Fortin dit :

    @ Louis Francoeur

    Il s’agit donc d’une mode qui revient nous hanter depuis les années 1950, donc on peut s’indigner d’un tel mépris de notre culture et faire quelque chose.

    @ Frank

    Ça sonne macaroni ton affaire alors garde pour toi tes sarcasmes haineux. Déja qu’on tolère pas mal d’éfrontés culturel au Québec n’en rajoute pas. Ce ne sera pas juste une commission d’enquête qu’il te faudra.

  10. François le Français dit :

    Ne vous inquiétez pas les gars, les Français sont encore nombreux à Venir immigrer au Québec, et on va appuyer nos cousins pour le maintien de la langue française, car c’est bien connu, le français parle très mal l’anglais.

  11. Charles Marier dit :

    Le bilinguisme est toujours une situation temporaire. Une des deux langues, la plus faible, s’érode, puis disparaît.

    La langue forte est la langue du patron. Au Canada, le français est déjà facultatif pour 80% de nos concitoyens, et parmi eux les ministres, l’administration fédérale, les juges, le patronat et bientôt, le premier ministre lui-même.. Le Canada, c’est toujours l’Amérique du Nord britannique. Regardez vos pièces de monnaie.

    La solution aurait pu être politique. Un Québec indépendant aurait décrété le français, langue du pays et aurait dicté des politiques d’immigration conformes à l’intérêt national… Pas de permis de travail, et encore moins de passeport sans connaissance du français, aux nouveaux immigrants. Nous ne sommes pas indépendants. Après la tutelle de Londres, celle d’Ottawa.

    J’ai vu mon quartier de Montréal s’angliciser. Gatineau, Brossard, maintenant Laval, suivent la tendance. On parlera le français-joual-dans les régions rurales, encore quelque temps. Comme jadis, dans le Bayou louisianais.

  12. Benoit dit :

    Je regardais dernièrement un vidéo d’une jeune anglophone qui racontait qu’elle boycottait dorénavant le français (comme moyen de pression contre le PQ et la loi 101 qu’elle estime « fascistes »). Elle prônait « l’égalité » du français et de l’anglais au Qc, rappelant que le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada (devant la loi, bien sûr, mais dans les faits, c’est autre chose). Je lui ai envoyé un message pour lui dire qu’elle était bien privilégiée d’être en mesure de boycotter le français à Montréal et de ne vivre qu’en anglais, parce que nous, francophones, on met rapidement notre langue maternelle de côté du moment où on va à l’extérieur des frontières du Québec (difficile de vivre comme un « open-francophone » à Toronto ou à Calgary…). De plus, je connais des gens qui demeurent à Montréal depuis des années et qui n’ont jamais appris un mot de la langue « indigène ». Pas nécessaire, parce que tous les francophones se font un plaisir, voir un devoir de s’accommoder à eux et de leur parler en anglais.

  13. Pierre Dauphinais dit :

    Problème Montréalais, here in Charlevoix we speak french all the time……..heu pardon……j’arrive tout juste de Montréal….je voulais dire qu’ici dans Charlevoix, et au Saguenay, et au Lac et à Rivière du Loup, personne ne parle anglais dans les rapports sociaux, en fait pratiquement personne understand english, simply as that……but in Québec city ça commence à changer un peu, on observe ce genre rapport au galerie Laurier dans Ste-Foy.

    Pierre Dauphinais (homme de l’est et ancien montréalais)

  14. LeBosch dit :

    Oh non! Scandale! Des gens parlent plusieurs langues! Et ils sont capables de « switcher »! C’est sûr qu’il est impossible pour des gens d’être ouverts à plus d’une culture et d’une langue simultanément et que ça signifie la déchéance prochaine de la nation québécoise!

    Sérieusement, utiliser l’anglais et le français alternativement ne menace en rien la langue et la culture… c’est quand il y a adoption d’une seule des deux que cela pourrait poser problème. Si la société et la culture montréalaises continuent su la même voie, je vois difficilement comment cela pourrait s’effectuer.

    PS au modérateur: Le commentaire de Steve Harvey-Fortin est incroyablement antisémite, vous devriez lire un peu…

  15. Frank dit :

    Steve please! Sarcasme oui, mais moqueur! Quand même, I’m a nice guy! Oh no…. it’s starting already!! J’en lose mon françaisse :(

  16. Yves dit :

     » c’est qu’à Montréal prend forme une dynamique identitaire et linguistique qui liquide les acquis de la Révolution tranquille, »

    Oui, mais le « de souche » ont déserter l’Ile de MTL depuis la révolution tranquille, au dernier rapport, les francophones sont minoritaires sur l’Ile, les « de souche « sont tous partis en banlieue, 1ere,2eme,3eme couronne. Dans les années 70, je vivais a St-Laurent, c’était des familles québécoises pure laine qui peuplait la ville, 35 ans plus tard, les « de souche » ont pratiquement disparus, les néo-québécois les ont remplacer.

  17. Pierre Bouchard dit :

    Voici une négation de tout le Québec francophone des régions qui se verra menacé par une métropole Montréal qui anglophone ne comprendrait plus le reste du Québec qui est la moitié du Québec.

    Ce type d’observation ne relève pas d’un nationalisme obtus ni d’un quelconque tribalisme relevant du fantasme des anglophiles, il relève de l’observation réaliste et rationaliste du Québec francophone et dans ce sens le PLQ ne devrait pas réduire le français implicitement par le ton libéral à une langue d inadaptés continentaux. Se faire
    dire -Hi-Bonjour- dans un grand musée montréalais qui a présenté une exposition sur la Chine m’a humilié comme visiteur il y a deux ans et depuis ce Musée n’a plus vu ma contribution financière à ces expositions pendant que d’autres musées à Québec et Gatineau et Ottawa ne sacrifient pas à ce bilinguisme montréalais.

    Un francophone bilingue montréalais qui travaille en anglais est au moins ouvert à son assimilation anglophone précisément lorsque le sentiment national québécois est en dormance ce qui est le cas présentement.

  18. Victor Beauchesne dit :

    Bon bon bon le réflexe atavique québécois qui remonte à la surface:  »on va disparaître si ça continue comme ça » même dans une boutique inutile d’un quartier  »supposément francophone » et bien moi je vis le contraire dans un quartier supposément très anglophone de Montréal. Les clients sont servis en anglais mais les employés se parlent en français parmi eux. C’est ça une ville cosmopolite revenez-en M. Bock Côté. Si vous ne voulez plus jamais entendre parler l’anglais il y toujours Trois-Rivières ou Trois Pïstoles. Si vous croyez sincèrement que le français va disparaître au contact avec l,anglais, je veux juste vous rappeler que Montréal fut jadis une ville à majorité anglophone.

    What goes around comes around.

  19. Victor Beauchesne dit :

    @ Benoit

    effectivement il y a encore des unilingues anglais à Montréal, autrefois ils étaient la majorité. Aujourd’hui ils ne sont que 5 % du 4M d’habitants de la région et l’âge moyen de ceux-ci augmente de façon vertigineuse. Si vous croyez que 5 % de la population ( en déclin démographique) représente une grosse menace aux francophones, vous êtes un pleutre pessimiste à qui je suggère une cure psychologique.

  20. L'inculte dit :

    Pour répondre à Juteau.

    Être illettré n’est pas seulement un problème français-canadien. Il y a autant de français qui ne savent pas écrire que d’anglais qui ne savent pas lire et l’accent n’a rien en commun avec la maitrise d’une langue. Être snob est justement de croire que son accent est supérieur à un autre. À vrai dire les Québécois font de plus en plus d’effort pour avoir un français avec moins d’anglicisme tandis que les Français semblent s’appauvrir de plus en plus.

  21. Alain Mallette dit :

    La langue parlée a Montreal est l’anglais.Le nier est se mettre la tete dans le sable,pire,se cacher le corps au complet dans une immense dune.
    Que des enfants d’immigrants parlent le français « sur demande » ne fait pas d’eux des francophiles.Le français pour eux n’est qu’un outil qu’on leur a « imposé »,nous les ‘méchants » des souches.

    Have a good day my dear friends….

  22. Marc Tremblay dit :

    Tiens, Beauchesne le négationiste profère encore des injures. Il fait vraiment pitié!

  23. Benoit dit :

    @Victor Beauchesne

    N’ayez pas d’inquiétude pour ma santé psychologique et surtout, ne me prêtez pas d’intentions que je n’ai pas. Par contre, ayez un peu plus d’inquiétude pour votre absence de politesse et votre incapacité à lire correctement une intervention. Ce que j’indique essentiellement, c’est qu’il y a un net décalage au niveau linguistique entre des villes comme Montréal et Calgary ou Toronto. Alors qu’un francophone n’aura aucune difficulté à comprendre qu’il doit parler anglais pour se débrouiller dans la ROC, il semble qu’à Montréal, on tolère et on alimente le refus obtus d’individus qui désirent ne vivre qu’en anglais (il est incontestable qu’il est beaucoup plus facile pour un anglophone de vivre dans sa langue d’usage à Montréal qu’un francophone dans le Canada, sauf p-t au N. Brunswick). Ce qui est un privilège pour l’un (être en mesure de parler strictement en anglais à Mtl) est une obligation pour l’autre (parler anglais dans le ROC). Que le français soit reconnu comme une langue officielle au Canada n’y est pour rien, pas plus que les statistiques que vous me balancez. Étant donné cette situation, un peu de vigilance n’est pas superflu, ce qui n’implique pas de tomber dans la paranoïa, loin de là! Je considère seulement que les préoccupations de M. Bock-Côté sont justifiées et je partage les miennes à mon tour. Par contre, j’ai un peu de difficulté à saisir les vôtres et votre ton (que faites-vous sur ce blogue et pourquoi insultez-vous ceux qui commentent?). Peut-être devriez-vous suivre vous-même une cure psychologique…

  24. Crahenlas dit :

    Il semble que les 9 ans de règne des Libéraux ont laissé des traces: il n’est maintenant plus possible de vouloir protéger le caractère français de Montréal sans passer pour un ringard, un colon des régions, voire un xénophobe. « Switcher » à l’anglais à la moindre occasion est tellement moderne et démontre une telle ouverture d’esprit! Et ceux qui osent rechigner sont des paranoiaques ou des méchants séparatistes qui veulent la chicane. Les immigrants et les jeunes sont un reflet très fidèle du message qui est véhiculé par notre société: ici, le français est facultatif, même les Québécois n’y tiennent pas. Ils ont honte d’eux-mêmes.

    J’imagine qu’il faut qu’on touche le fond pour un jour inverser la tendance. Ça ne saurait tarder, un de mes amis s’est fait dire « Speak white » l’autre jour. C’est « Back to the future », mes chers amis, nous sommes de retour dans les années 50.

  25. Maria GUILLEAU dit :

    Et oui, le monde est en perpétuel mouvement .A l’état actuel c’est une évidence que les deux langues sont présentes .Il faut le prendre comme une chance de pratiquer 2 langues en simultané
    Eduquer les enfants dans les deux est nécessaire Pratiquer la Langue Française est IMPERATIF
    Ne laissez jamais vous prendre en otage cette belle langue qui est la langue Française, ce n’est pas seulement une langue c’est tout un art de vivre et de penser , je crois en effet que la langue française permets beaucoup plus en le domaine .Il ne tiens qu’aux jeunes parents de la faire perdurer en exigeant que leurs enfants soient éduqués dans leur première langue le FRANÇAIS , la seconde se pratiquera de toute façon .

  26. jean-sol patte dit :

    @ Francoeur
    Le passéisme a encore beaucoup d’avenir! Comme si le joual aurait dominé la culture québécoise à l’époque. Ce fut un moment important dans notre histoire culturelle qui nous a permis de prendre conscience de ce que nous sommes, de redéfinir notre présence dans notre nordicité américaine qui a eu des effets politiques considérables comme la loi 101. La culture de bouche en cul de poule a toujours le même réflexe du mépris pour ne pas dire la méprise en valorisant un passé culturel qui est une construction imaginaire qu’on nous propose comme un idéal, mais pour la plupart du temps n’a jamais existé. La culture la vivante est mouvante, changeante et voyageuse et ouverte….Le cinéma Québécois d’Incendie à Rebelle montre à la fois la richesse et l’ouverture du Québec sur le monde. Que dire de Trois-Rivières qui organise un Festival international de la Poésie depuis 1985 qui se dit en français, en anglais et en espagnol!
    Non la mondialisation de fait pas peur au Québec ! C’est quand le reste du Canada qui nous dicte nos limites de ce que nous sommes par sa Cour suprême avec son modèle du multiculturalisme qui sous-entend ses jugements. Ce n’est pas la culture américaine qui érige des lois sur nos limites pour la protection de notre langue et notre culture…

  27. Victor Beauchesne dit :

    Oui Benoît il y a beaucoup de paranoïa chez la plupart des souverainistes qui croient que ce n’est pas suffisant de bien parler le français pour s’intégrer. Il faudrait se cacher pour parler anglais dans une région qui compte 2 300 000 personnes qui selon ce recensement parlent l’anglais, soit presque 60 % de la population. Puisque vous mentionnez Calgary, 89 000 personnes sur 1 200 000 parlent le français. Vous pouvez décrier les faits comme étant des injustices mais ils demeurent des faits. Il y a une énorme différence entre vigilance et paranoïa. Parfois M. Bock-Côté et certains souverainistes sombrent dans la paranoïa mais je considère que c’est normal parce que pour eux plus on exagère la menace au français plus on attire les francophones à notre cause.

    Il y a un autre fait incontournable, celui de l’étalement urbain et la fuite des jeunes familles francophones vers les banlieues. Que fait-on pour corriger, pour le PQ la réponse c’est absolument rien puisque le 450 constitue un de ses châteaux forts électoral. Triste à constater mais la cause du français à Montréal compte pour beaucoup moins que les succès électoraux en banlieue.

  28. Victor Beauchesne dit :

    Crahenlas,

    Vous avez tort et je m’explique. Il y a une limite à l’action gouvernementale dans le dossier linguistique, On dirait que beaucoup de francophones préfèrent laisser la défense quotidienne du français au gouvernement que l’action individuelle quotidienne. Que les francophones se tiennent debout et utilisent le français le plus possible, voilà ce qui ferait avancer sa cause beaucoup plus qu’une armée d’inspecteurs de l’OLF pour franciser les dépanneurs coréens ou les nettoyeurs salvadoriens. Mais le réflexe du PQ a toujours été plus de lois, plus de règlements, plus de bureaucratie et bingo le problème sera réglé sans aucune espèce de responsabilisation individuelle.

  29. Luc dit :

    Où le bât blesse au juste ? L’oeuf ou la poule ? Comment transmettre la fierté d’une culture, d’une langue ? Comment transmettre la fierté et le patriotisme chez un peuple ?……….1-800- ONCLE-SAM ?
    Le Québec d’aujourd’hui après de dures luttes égalitaires parfois fratricides comporte de grands et confortables acquis et les dernières générations s’y confortent-elles majoritairement dans une fausse impression antiseptique et une certaine insouciance ? Une langue, une culture et de surcroît minoritaire c’est un peu comme une plante. Il faut se responsabiliser, lui porter attention, l’arroser, lui donner de la lumière, lui parler, la faire parler et lui dire bonjour mais on peut décider aussi de lui marcher dessus et de la câlisser au poubelle trouvant que tout ça s’avère au fond un peu  »gnugnuche ». C’est vrai que c’est beaucoup moins  »gnugnuche » de s’émouvoir d’un  »frenchkiss » dans un spa aux Bermudes en comptant le nombre de tatouages et de grains de beauté. Aie ! Chose, réveille, nous sommes devenus planétaires……….

    On en reparlera dans 25 ou 30 ans de la mondialisation pour les nations sans souveraineté qui plus est, en état de minorité. Le jacuzzi pourrait peut-être alors être très grand et notre tendance  »ping-pong » encore semble-t-il parfois au double jeu politique provenant de notre dédoublement collectif de la personnalité nous ayant longtemps fait croire que l’on faisait partie de la majorité pourrait se perdre dans les centaines de jets tourbillon s’évaporant dans les bouillons et les effluves  »illusionnistes » et  »nombrilistes » de citoyenneté du monde……
    Mais, si c’est ce que majoritairement on veut au Québec…….

  30. Pascal Désilets dit :

    Après la chasse au sorcière du moyen-âge, nous voici donc embarqué dans la chasse aux bilingues! Je suis désolé, mais lorsque vous faites référence à des jeunes que vous voyez en public se parler en anglais (et vous les soupçonné d’être québécois de souche), comment pouvez-vous porter un jugement aussi alarmiste sans rien connaître de leur backround?

  31. lorraine st-onge dit :

    Bon, la chasse aux sorcières maintenant ! Je sens que les épithètes «fasciste» et «nazi» vont bientôt suivre. Je ne sais pas par quel tour de force les fédéralistes et le ROC ont réussi à implanter dans la tête des gens que la défense du français relevait d’une mentalité d’arriérés mais la manœuvre est parfaitement réussie. En témoigne la réaction de ces deux serveuses francophones qui passent à l’anglais sans rechigner, absolument insouciantes devant la dynamique qui est tranquillement en train de s’installer à Montréal. L’incident relaté par MBC, tout le monde en fait l’expérience quotidiennement. Quand les francophones auront perdu Montréal, le cœur économique et culturel du Québec, il ne restera plus qu’à fermer les livres rapidement et docilement, à l’image du peuple de chiffes molles que nous sommes.

  32. Louis Francoeur dit :

    @jean-sol patte

    Le passéiste, je dirais que c’est vous qui défendez le joual. Ce joual qui n’est autre chose que la résultante des trois grandes causes suivantes qui ont marqué notre passé.

    1- L’ignorance, celle d’un peuple qui pris du retard à se scolariser et qui avait perdu son élite après la conquête. Ignorer le lexique, la grammaire et la syntaxe de sa langue est l’une des racines de ce joual.

    2- La colonisation anglaise, qui a fait truffer notre langue de mots empruntés à l’anglais, qui en a parfois perverti la syntaxe.

    3- L’isolement, qui nous a coupé de l’évolution de la langue française dans son bassin principal, la France. Ce qui fait que nous utilisons des mots vieillis, qui avaient cours avant la révolution française, une langue qu’on reconnaît encore dans les écrits originaux de Jean-Jacques Rousseau.

    Je connais plusieurs immigrants francophones. Quand ils découvrent qu’ils doivent régresser en parlant créole pour s’intégrer ici au lieu de parler le français international, cela leur donne plutôt envie de mettre leur énergie à mieux parler anglais. L’anglais est utile alors que cette langue avachie, ce créole québécois ne sert à nulle part dans le monde.

    Oui, ça prend de l’effort personnel pour mieux parler le français, ça prend de l’effort personnel pour intégrer les immigrants. Alors les gens comme vous préfèrent la recette magique, une loi, un pays, en pensant que ce coup de baguette magique va transformer l’histoire, la géographie, la démographie et l’économie de ce continent.

  33. Victor Beauchesne dit :

    Mme St-Onge,

    Avec respect, à peine plus de 5% de la population du Grand Montréal ne parle pas français. Et parmi ceux-ci figurent bon nombre de vieillards anglophones en voie de disparition. Les anglophones ont déjà formé 16 % de la population du Québec ils ne sont plus que 8 %. Vous semblez prédire qu’un francophone qui parle l’anglais est un assimilé en devenir. Un peu de perspective historique svp avant de crier au feu.

    Ce n’est pas une mentalité fasciste que de promouvoir le français en le parlant, ce que je fais toujours en public à tous les jours. Quand on m’adresse la parole en anglais je réponds toujours en français avec un grand sourire et une mine sympathique. Les gens me répondent poliment en français 99% du temps. Comme je disais ci-haut il y a une limite à l’efficacité gouvernementale à imposer une langue, il faut d’abord et avant tout que ses locuteurs s’en servent avec fierté. Au risque de me répéter, on a une fâcheuse tendance au Québec à s’en remettre au gouvernement pour régler nos problèmes. On blâme les libéraux parce que deux serveuses se parlent entre elles en anglais. Le PQ va faire quoi pour les en empêcher ? C’est là que le débat devient corsé.

  34. Je ne saurais dire mieux que Louis Francoeur.. J’ajoute pour ma part que ce qui me tient le plus à distance du souverainisme, c’est le discours liberticide qu’il cache… Une domestication tranquille? Non merci! Je me souviens!

  35. Pascal Désilets dit :

    Je trouve toute cette discussion un peu futile… On cri quand quelqu’un n’arrive pas à se faire servir en français en Montréal. Mais toute la discussion que nous avons ici est sur une discussion privée entre deux personnes dont personne ne connait l’histoire. Personne!!!

    Oui, la jeunesse d’aujourd’hui utilise probablement un peu plus d’anglais dans leur contact sociaux. Mais les jeunes du centre et de l’ouest de Montréal sont en contact constant avec des allophones ou des anglophones. J’entend pas beaucoup d’anglais dans me petit Pointe-Aux-Trembles… J’entend plutôt un français massacré et mâchouillé!

    Je crois aussi que c’est ce genre de discussion qui tourne en rond qui fait fuir autant de gens du PQ vers d’autre parti. Les jeunes ne se reconnaisse pas dans un parti qui les méprise!

  36. Pier Tibo dit :

    Hier, à la Gare Centrale, des Arabes servaient de la pizza mexicaine (?) à trois homosexuels de Vancouver… Le tout, en français… J’adore ma ville..!

  37. Luc dit :

    Chère Hélène

    Pour avoir déjà lu quelques uns de vos commentaires sous d’autres cieux qui sommes toutes, sont intéressants et bien sûr tout à fait légitimes mais vous semblez préférer parfois la domestication ( selon vos termes ) subtile à la  »domestication » tranquille…….et plus limpide……..

  38. john dit :

    @Pier Tibo je vois rien de positif là-dedans à part la pizza

  39. Luc, « la domestication tranquille » d’un peuple par une élite intellectuelle qui croit savoir ce qui est bon pour lui. La perception qui se dégage de cette attitude « infantilisante » c’est une frustration devant une plèbe québécoise qui s’éloigne de plus en plus de leur idéal de peuple distinct..

    L’époque pas très lointaine de l’emprise du Clergé est toujours présente à nos mémoires. La réaction à cet étouffement a engendré une saine méfiance envers tous les discours doctrinaires..

    Depuis le début du temps nouveau, il y a ceux au Québec qui semblent se complaire dans le déni et ceux qui voient la grande liberté dont ils jouissent en 2012. Cette liberté a porté fruit. De plus en plus de Québécois rayonnent à l’International. Ils se mesurent sans complexe aux meilleurs de ce monde. Reste les réfractaires au changement.. dont la portée du discours rétrécit comme peau de chagrin.

  40. Potvin jp dit :

    Un instant, avec le retour d’avoirencouragélejoual qui a empêché de sauver le français au Québec. Lorsque le grand mouvement nationaliste francophone est apparu nous étions une société où plus de la moitié de la population francophone était presque analphabète. Ce mouvement a été possible par l’implication de nos intellectuels, artistes et politiciens visionnaires, malheureusement absents ces dernières années. Les jeunes, par notre faute, voient dans l’anglais, la langue du cash, de la promotion sociale, du jet set, du glamour. Ils sont le résultat de notre abdication devant les fausses promesses d’un libéralisme hypocrite.

  41. Yves Buteau dit :

    Ça vous étonne ?

    L’immigration en va rien arranger, je peux vous le dire. Les immigrants sont fascinés par l’anglais.

    À Marie-de-France, école privée francophone système français de France, les jeunes parlent souvent en anglais entre eux !

  42. Diane H. dit :

    LeBosch dit :
    25 janvier 2013 à 17 h 29 min
    « Oh non! Scandale! Des gens parlent plusieurs langues! Et ils sont capables de “switcher”! C’est sûr qu’il est impossible pour des gens d’être ouverts à plus d’une culture et d’une langue simultanément et que ça signifie la déchéance prochaine de la nation québécoise!

    Sérieusement, utiliser l’anglais et le français alternativement ne menace en rien la langue et la culture… c’est quand il y a adoption d’une seule des deux que cela pourrait poser problème. Si la société et la culture montréalaises continuent su la même voie, je vois difficilement comment cela pourrait s’effectuer. »

    Je suis parfaitement d’accord avec ça.

    Écoutez, vous avez été servi en français, alors c’est ça qui est important!

    Ce que ces femmes font ensuite de leur temps libre, cela ne vous regarde pas c’est-à-dire…elles peuvent bien parler la langue qu’elles veulent!
    Comme disait quelqu’un plus haut, peut-être qu’elles pratiquaient leur anglais?
    Prochaine étape des « frileux » de la langue française…..?

    Une police qui va venir chez vous à l’improviste pour voir si vous parles bel et bien le « québécois » en famille!

    Misère……!

  43. Marilou dit :

    J’ai 23 ans et je trouve qu’en effet c’est inadmissible. Je faisais moi-même la même chose il y a 4 ans. Il m’a fallu vivre à Ottawa pendant les 3 dernières années pour comprendre que la bataille, nous devions la mener maintenant, et la mener avec force. Depuis que j’ai vu l’assimilation en douce qui s’effectue chez les Franco-Ontariens, à chaque fois maintenant que je rencontre une personne vivant à Montréal, mais n’ayant pas le français comme première langue, j’établis tout de suite une dynamique francophone entre nous deux, Je le fais avec le sourire et la gentillesse; l’inclusion sympathique, mais ferme. Je ne me laisse plus emporter à  »lui parler en anglais parce que c’est plus facile » et j’attends patiemment que la personne formule sa phrase à la conjugaison et syntaxe boiteuse, mais en français tout de même! Alors M. Bock-Côté, je vous dis : vous n’êtes pas un nationaliste entêté et nous ne le sommes pas. Mais si nous menons la bataille dans l’amour et la bonne humeur, personne ne pourra nous accuser d’être de vieux grincheux d’un autre siècle et les résultats seront au rendez-vous!

  44. Diane Turner dit :

    La langue maternelle des deux jeunes serveuses est l’anglais. Le fait d’avoir été scolariser depuis la jeune enfance dans la langue française (Loi 101) les ont rendu « undistinguishable » des jeunes filles que vous idenfier « de souche ». Et voilà le vrai dilemme! Par Loi 101, nous avons réussi à créer une population de jeunes anglophones qui s’exprimme parfaitement en français. Si bien même, que les francophones les prennent pour des pures laines. Ça m’arrive souvent. Les gens ne savent pas que ma langue maternelle est l’anglais. C’est rare qu’un jeune francophone puisse maîtriser l’anglais à ce point là. Pourtant, la langue anglaise est fort plus facile à apprendre que le français.

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