Abolir le père ? Abolir la mère ?

- 20 novembre 2013

On connaît la théorie du genre. Elle soutient que les sexes sont des constructions sociales radicalement artificielles, qui enfermeraient l’humanité dans des catégories préformatées, terriblement étouffantes. Sous prétexte que la définition du masculin et du féminin évolue à travers le temps, elle en arrive à la conclusion qu’ils n’auraient aucune substance spécifique. On oublie surtout que si la définition du masculin et du féminin changent au fil du temps et d’une culture à l’autre, on continue, au-delà de ces transformations, de se référer à ces deux catégories, à la manière de permanences anthropologiques irréductibles. Mais selon la théorie du genre, il faudrait libérer l’humanité de la différence sexuelle, à la manière de la dernière frontière archaïque empêchant le genre humain d’aspirer à l’égalité pleine et entière.

L’homme et la femme seraient des constructions sociales circonstancielles appelées à se dissiper dans une hybridation généralisée. Il y a longtemps déjà, Paul Valéry avait déjà noté que l’homme moderne tolère bien mal de naître dans un monde qui n’est pas le fruit exclusif de sa volonté.  Valéry évoquait «le conflit entre les choses produites par l’accumulation, par les siècles, par la collaboration de beaucoup d’hommes, de circonstances, de temps, – d’une part ; et l’homme qui naît, qui vient et se heurte à ces choses qu’il n’eût pas inventées, – car personne en particulier ne les a inventées». À bien des égards, la théorie du genre représente l’expression idéologique de la modernité radicale, qui entend abolir l’idée de nature en accouchant d’un être humain capable de se créer lui-même, sans détermination extérieure, comme s’il pouvait s’engendrer lui-même, en allant jusqu’à choisir son sexe, ce qu’on présentera peut-être un jour comme un droit fondamental.

On peut y voir une expression nouvelle de l’utopisme, qui voudrait sortir l’homme du néant, comme s’il s’agissait d’une création ex-nihilo. Ce fantasme a irrigué toute la culture occidentale, d’autant qu’il est relayé par un système médiatique complaisant qui croit se mettre au service d’une définition actualisée de l’émancipation. Cette idéologie trouve un écho dans l’administration publique et qui relayée par l’école, qui l’a intériorisée. Autrement dit, la théorie du genre n’est pas qu’une lubie d’universitaires radicaux condamnés aux discussions ésotériques: à partir d’elle, on reprogramme peu à peu le vocabulaire et de là, les mentalités. Et plus largement, elle vient fonder une conception particulièrement radicale, et souvent même fanatisée, de la «lutte contre les discriminations», en cherchant à abolir dans tous les rapports sociaux la différence sexuelle, jusqu’à en censurer ou effacer les traces dans le langage.

C’est ainsi qu’à la commission scolaire de Montréal, à la suite d’autres organisations, on vient tout juste de remplacer la référence au père et à la mère par une référence «générique» aux «parents» et cela, pour éviter l’utilisation d’un vocabulaire discriminatoire à l’endroit des parents homosexuels. Ainsi, la théorie du genre s’allie avec la «lutte à l’homophobie» pour effacer des mots qui nous connecteraient encore à une anthropologie de la différence sexuelle. La référence au père et à la mère relèverait d’une vision de la famille étrangère à la «diversité familiale», qu’il faudrait reconnaître et à partir de laquelle il faudrait reconstruire notre conception de la famille. Car il s’agirait simplement d’un modèle parmi d’autres. Doit-on comprendre que ceux qui s’opposent à cet effacement du père et de la mère seraient coupables d’homophobie active ou passive?  

Est-il néanmoins permis d’émettre quelques réserves? Le père et la mère ne sont pas des catégories interchangeables, appelées à se perdre dans l’indifférenciation absolue, celle d’une société soumise au fantasme d’un artificialisme radical, comme s’il s’agissait de pures «constructions sociales». Il ne s’agit pas de catégories arbitraires qu’on peut remplacer par d’autres, même si les familles multiplient les aménagements pratiques dans un monde qui les pousse à l’éclatement et dans lequel demeure le désir de se stabiliser. Mais le propre d’une référence anthropologique forte est de structurer chaque culture et d’être prise en charge socialement, à la manière d’une norme appelée à définir les rapports sociaux. La référence au père et à la mère est de cette nature. Elle est fondatrice pour l’humanité. On ne peut l’éradiquer sans abimer intimement la culture.

Qu’on ne me comprenne pas mal: l’humanité démocratique a voulu se libérer des prescriptions sociales liées à l’idée de nature. Si on préfère, le social a gagné du terrain sur la nature, et c’est la liberté humaine qui s’est déployée sur cet espace. À travers cela, l’humanité démocratique a libéré une dynamique qui transforme les rapports sociaux en profondeur. Nul ne se désole de l’extension du domaine de la tolérance dans les mœurs, et l’immense majorité embrasse la déconstruction de hiérarchies illégitimes qui empêchaient les hommes et les femmes de vivre librement, enfermés dans une gaine trop étroite, figés dans une idée étouffante de la vie et du bonheur. Cela ne devrait pas nous conduire, pour autant, à vouloir abolir tous les repères anthropologiques, même les plus fondamentaux, et à voir dans chaque différence substantielle une discrimination à combattre.

Qu’il faille des aménagements administratifs pour accommoder l’homoparentalité, on en conviendra aisément et il n’est pas interdit d’ajouter des catégories administratives pour tenir compte de cette réalité et s’y ouvrir de bonne foi. Mais depuis quand un aménagement administratif doit-il conduire à l’anéantissement de la norme par rapport à laquelle on l’a d’abord imaginé? On voit ici que la lutte contre les discriminations peut elle aussi déraper lorsqu’elle entend reconstruire toutes les institutions et les références culturelles sans discernement au nom du «droit à l’égalité». Pour le dire simplement, l’abolition de la référence au père et à la mère ne devrait pas entrer dans le programme de la lutte à l’homophobie.

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39 commentaires

  1. Marcel dit :

    Vous semblez toujours ambivalent dans vos chroniques faute de repères immuables.
    Ainsi vous pouvez écrire:
     » Qu’il faille des aménagements administratifs pour accommoder l’homoparentalité, on en conviendra aisément  »
    Mais pour la majorité des croyants, toutes confessions incluses, l’homosexualité demeure un comportement qui va à l’encontre de la volonté divine,ce qui fait qu’il n’est pas aisé mais odieux de faire de tels aménagements.

  2. Nelson dit :

    Combien des enfants ont père et mère biologiques à la maison ?

    La minorité.

    Signe de temps modernes, les familles monoparentales et quelques familles avec parents du même sexe, et les familles reconstitués, sont plus nombreuses que les couples jadis traditionnels.

    La psychologie est claire que un tiers différentiateur entre les enfants et la mère, indispensable pour le développement normal des enfants, peuvent être autres personnes que le père biologique.

    NORMAL DONC que la Commission scolaire de Montréal tient compte ET RESPECTE la réalité, les enfants et leurs parents, en utilisant l’expression plus approprié, celle des  »parents ».

  3. Sarah Lemieux dit :

    Si les commissions scolaires adoptent la théorie du genre, elles devraient logiquement interdire le port du foulard islamique par les enseignantes et les élèves. Selon la théorie du genre, le foulard est un marqueur de genre, donc un signe homophobe!

  4. Jacques Lafond dit :

    Les différences entre les sexes sont des inventions humaines et l’homosexualité est naturelle. Voilà l’intelligente façon de penser de nos sociétés dites modernes et évolués …

  5. papitibi dit :

    « la théorie du genre s’allie avec la «lutte à l’homophobie» pour effacer des mots qui nous connecteraient encore à une anthropologie de la différence sexuelle. » M. Bock-Côté

    = = =

    Perso, je ne vois pas en quoi cet accommodement administratif pourrait changer quoi que ce soit à mon statut de père. Ça n’est pas parce que la notion de « père » est remplacée sur un simple document par celle de « parent de sexe masculin » que je me sens émasculé…

    Ça n’est pas un changement à la Loi; c’est, tout au plus, une disposition dite de concordance, une sorte de mise à niveau destiné à faire concorder une pratique administrative avec une situation de droit déjà bien établie. Ce document que vous dénoncez, il ne modifie pas e rien vos droits ou votre statut de papa. Si on remplaçait demain matin l’expression cheval-vapeur (plutôt désuète, non?) par autre chose, les chevaux ne disparaîtront pas pour autant du spectacle Cavalia…

    Me semble que vous confondez la proie et son ombre…

  6. Claude Kamps dit :

    Malgré tout ce que peuvent dire les courants réducteurs qui veulent mettre sur le même pied les deux sexes, la nécessité d’un père et d’une mère est primordiale, sauf pour ceux qui veulent pas par choix en parler.

  7. Audrey dit :

    Si un simple changement de « mère et père » à un terme générique tel que « parents » permet d’inclure un plus grand nombre de familles, qui seraient sinon continuellement et systématiquement exlcus, tout en ayant un minimum (aucunes) conséquences négatives pour le groupe majoritaire, je ne vois pas en quoi on pourrait appeler ça un « dérapage ». L’hétéronormativité ne rend service à personne.

  8. Valérie Lefebvre-Faucher dit :

    Mais qu’est-ce que c’est que cette paranoïa ? Qui parle d’hybridation générale ? On ne veut pas vous rendre moins homme, pauvre chou. (On n’en a rien à foutre.) On veut qu’il soit possible de définir les gens autrement que par leur genre.

    Pis si vous aimez tant ça l’idée de nature, sachez qu’il n’y a pas que deux sexes dans la nature.
    Non. Nous ne prétendons pas sortir l’humain du néant. Que ça vous plaise ou non les conservateurs ne sont pas les seuls à réfléchir sérieusement à partir du réel.

    La famille telle que vous en faites la promotion, avec un père et une mère s’occupant tous les deux de leurs enfants biologiques, n’est pas un repère anthropologique fondamental. Les gens se sont occupé des enfants de toutes sortes de manières dans l’histoire.

    Je ne vois pas du tout ce que cette mesure, respectueuse pour les parents, vous enlève.

  9. Louis Nel dit :

    Si je dis que je suis contre le mariage de personne de même sexe on dira que je suis homophobe.

    Si je suis contre l’adoption d’enfants par des couples d’homosexuels ou de lesbiennes on dira que je suis homophobe.

    Si je dis que la famille normale est constituée d’un père et d’une mère on dira que je suis homophobe car j’exclus les homosexuels et les lesbiennes.

    Si je dis que l’homosexualité est une déviante de la nature humaine et qu’en fait elle est en rébellion face à la nature réelle de l’homme et de la femme on dira que je suis homophobe.

    Si je dis que les homosexuels deviennent efféminés et perdent avec le temps leur énergie et avec le temps manque d’énergie on dira que je suis homophobe.

    Si je dis que les femmes lesbiennes perdent avec le temps leur féminité et deviennent masculine (ça se voit très bien dans le visage ) on dira que je suis homophobe.

    Aujourd’hui le lobby gay veille au grain et s’assure que vous ne remettrez pas en question les acquis. Vous devez pensez comme eux et comme tous les bien pensants de la société.

    Mais a-t-on pensé aux enfants qui vivent selon moi dans une famille déséquilibrée.
    Les enfants ont besoins d’un modèle féminin et masculin, ça s’appel un père et un mère. Pas des parents.

  10. alain maronani dit :

    Tout ce fatras pue le psychologisme de bazar.

    Qu’set-ce qu’une sexualité normale ou anormale ? Les jeunes Grecs sous l’antiquité étaient initiés à la sexualité par des hommes plus agés qu’eux. On a conservé un terme, il s’appelait des éphèbes…

    Rien n’est prouvé sur les sujets de la parentalité, de la filiation, des raisons, innées – acquises, de l’orientation homosexuelle, de la construction des enfants, des mécanismes de différentiation, etc…

    Les études, sociologique, psychanalitiques, psychologiques sont nombreuses, les conclusions peu…concluantes.

    Il n’y a pas plus d’échecs que de réussite, les familles reconstituées, les fratries homosexueles ou pas, rien ne semble etre un modele universel, gage de réussite.

    Notre conservateur de service, MBC, combat un moulin a vent qui n’existe pas.

  11. claude dulac dit :

    «Mais pour la majorité des croyants, toutes confessions incluses, l’homosexualité demeure un comportement qui va à l’encontre de la volonté divine,ce qui fait qu’il n’est pas aisé mais odieux de faire de tels aménagements.»
    Comment peut-on prétendre parler en 2013 de la majorité des croyants ? Combien chez les catholique de vos prétendus croyants fréquentent les églises en temps régulier?
    10%? Que dire de tout le processus que vous établissez pour ralentir d’apostasier votre religion alors qu’une simple demande suffirait.
    Est-ce que l’église catholique émet des opinions qu’elle ne peut plus imposer à ses usagers?
    Quel dieu visite les lieux de culte pour vous informer «de sa volonté divine» Quel texte que lui-même pourrait écrire tout en chassant les voleurs du temple.

  12. L’hétéronormativité, misère, un autre beau terme creux qui ne veut rien dire inventé par le mouvement LGBT et féministe. Ces gens sont passé maître pour inventer des problème qui n’existe pas, ou prendre un événement qui touche une infime minorité de personne et la faire passer pour quelque-chose d’important.

  13. Il y a une certaine forme de progressisme guidé par le mouvement LGBT et féministe lié à la théorie des genres qui veut asexuer tout bébé/enfant. Le gender studies est un patente inventé par certains progressistes avec beaucoup trop de temps à dépenser.

    D’un coté ils nous disent que l’homosexualité est naturel ou inné, et de l’autre ils nous parlent de construction sociale et d’influence du milieux. Ils devraient se décider, c’est soit un ou l’autre. De plus, ils veulent changer une supposé construction sociale par une autre. L’obsession de vouloir écouter absolument tout les minorités qui ont mal à l’âme se transformer en délire profond.

  14. Stéphan Pouleur dit :

    Je dénonce fortement cette décision d’abolir le père et la mère. Je n’ai rien contre les homosexuels ou autres. Mais je suis totalement contre que le reste de la société change de vison pour eux. Pour moi abolir les mots père et père c’est de l’hétérophobie pure et simple. C’est une négation de la nature qu’un homme et une femme sont différents. Que les parents homosexuels assument le genre de vie et qu’ils écrivent deux pères ou deux mères, mais qu’ils ne l’imposent pas aux autres.

  15. Jacques Lafond dit :

    On vit dans une société dite moderne et évoluée; une société dites plus juste et équitable, etc. Pourtant, l’hypocrisie, l’aveuglement volontaire, l’illogisme sont partout. On veut changer les homme en femmes et les femmes en hommes au non d’une égalité dite souhaitable. On fait la promotion de l’homosexualité en voulant la rendre naturelle voir même souhaitable. On subventionne l’avortement de 35 000 enfants non nés à chaque années au Québec au nom des droits de la personne !!! En plus, on traite les autres religions d’intégristes …. comme si on était pas intégristes nous; comme si on était pas fous nous ….

  16. Emilie dit :

    Je suis profondément déçue que le Devoir publie un tel article. Le monde dans lequel vous semblez vivre m’est absolument inconnu, car je n’étais pas né lorsqu’il avait cours.
    Quel est le pourcentage d’enfants qui ont un père et mère biologiques à la maison ?

    Quel est le pourcentage de parents qui se conforment à la norme sexuée de père pourvoyeur et autoritaire ou de mère reine du foyer consolatrice? Dans le monde où je vis (qui est au Québec), les parents sont depuis longtemps libérés des modèles traditionnels, et jouent tous un rôle global de parent, c’est-à-dire à la fois le pourvoyeur, celui qui écoute, qui nourrit et qui soigne, celui qui éduque et parfois, punit, celui qui accompagne et qui guide et ce, peu importe son sexe. Je ne vois pas en quoi ce qu’il y a dans nos petites culottes seraient censé modifier notre potentiel d’habiletés sociales et parentales.

    Un grand nombre d’enfants sont en garde partagée entre leurs deux parents (hétéros ou homos), d’autres vivent avec un seul de leur parent (homme ou femme), avec un ou deux parents ET et ou deux grands-parents, ou encore, seulement avec leurs grands-parents. Un nombre considérable d’enfants vivent en famille recomposée et considère le « nouveau conjoint » comme leur parent, même s’il n’a qu’un titre de « conjoint du parent ». Et enfin, un nombre non négligeable d’enfants vivent avec une famille qui porte le titre de tuteur.

    J’arrive difficilement à croire que la Commission scolaire de Montréal ait attendu jusqu’en 2013 pour s’adapter à ces réalités!!!
    Et je trouve aberrant que, au nom d’une sacro-sainte mise en opposition nature VS culture, vous n’hésitiez pas à cracher sur les droits d’un grand nombre de parents et sur une évolution sociale qui n’a que trop tardé.

  17. JF dit :

    Au moins la commission scolaire a fait preuve d’équité, à la naissances de mes enfants, pas de case pour identifier le père sur la déclaration de naissance. Mère et autre parent…..Donc aux yeux de notre gouvernement je ne suis que l’autre parent.

  18. John Doe dit :

    @Audrey
    Un petit changement, puis un autre. L’allégorie de la grenouille.

  19. Drako dit :

    ” Qu’il faille des aménagements administratifs pour accommoder l’homoparentalité, on en conviendra aisément ”

    Bon un autre programme social. Pas de problème, avec l’exploitation de notre ressource première, les contribuables, on peut s’en payer des tonnes de programmes sociaux de la sorte.

  20. Marcel dit :

    @ Claude Dulac
    Vous semblez réduire les croyants tout simplement aux catholiques mais il existe bon nombre de croyants de d’autres confessions religiseuses qui sont contre l’homosexualité. La majeure partie de l’humanité réprouve l’homosexualité, pensons aux musulmans, aux hindouistes, aux boudhistes, aux évangélistes, aux témoins de Jéhovah, aux animistes, aux orthodoxes, même les communistes de Chine. Pourquoi les occidentaux pro-homosexualité possèderaient-ils la vérité?

  21. Louis-Charles Legault-Bouchard dit :

    Si vous m’avez convaincu que beaucoup d’aspect de la modernité participent à déconstruire le socle culturel nécessaire à l’être humain, je ne vous suis vraiment pas dans l’application que vous en faite cette fois-ci!

  22. Mathieu St-Onge dit :

    M. Bock Côté, par-delà le conversatisme moral dont vous vous faites l’apôtre depuis toujours, j’ai le regret de vous annoncer que votre chronique se bat malheureument contre du vent. Avez-vous au moins vu, de vos yeux vu, les changements apportés au formulaire en question? Il semble que non. Vous vous insurgez contre «l’effacement» des termes «père» et «mère» auxquels on aurait substitué celui de «parent». Pourtant, rien n’est plus faux! Le terme «parent» a été ajouté, certes, mais les termes «père» et «mère» sont toujours présents sur le formulaire, sauf qu’on peut désormais cocher deux fois la case «père» ou deux fois la case «mère», un enfant pouvant avoir effectivement deux mères ou deux pères. Ce formulaire administratif est donc maintenant davantage conforme à la réalité, ce qui, vous en conviendrez certainement, est bien la moindre des choses pour un formulaire administratif. Bref, pour reprendre vos propres mots, j’ai bien peur que votre chronique ne soit en définitive que le fantasme d’un artificialisme radical.

  23. Annie Savage dit :

    Ce n’est pas un « effacement » mais bien un ajout. Ce changement institutionnel n’enlèvera rien aux familles formées d’un père et d’une mère. Aucun parent ne perdra son titre. Au contraire! Une case afin d’identifier le statut de chaque parent sera ajoutée. Et c’est une mesure pour les ENFANTS d’abord! En plus de votre argument principal « d’effacement du terme père-mère au profit du mot parent » qui est faux, la prémisse théorique sur laquelle vous fondez votre jugement, soit que cela remet en cause les fondements anthropologiques universels de la séparation Homme-femme/Père-mère est erronée. Les anthropologues ont depuis longtemps démontré qu’il existe des cultures qui intègrent un troisième sexe ou des rôles parentaux basés sur d’autres modèles (les Inuits, pour ne nommer que ceux là). Vous devriez vérifier vos sources avant de faire votre spectacle médiatique et de parler au nom des sociologues.

  24. John Doe dit :

    @Mathieu St-Onge
    Alors on peut cocher que la case « parent » et laisser les cases « père/mère » vides.
    Et inversement, on peut cocher « père/mère » mais omettre la case « parent. »

    Oh oui, vachement progressif, très efficace, très logique.
    Si cette fois la cause de l’entrée de blog est inexacte, les cas similaires se font de plus en plus fréquents; je ne crois pas qu’il faille s’énerver avec ça, mais rester vigilant est suffisant.

  25. Magalie dit :

    Je ne vois pas comment le terme de ‘parent’ exclu père ou mère, ils y sont plutôt inclus non? De plus, la famille dite nucléaire est belle et bien une construction sociale. Il n’est pas nécessairement ‘naturel’ que l’homme reste auprès de la femme qu’il a engrossé pour l’aider à s’occuper de l’enfant à naître. Le modèle ‘père-mère’ a été établi comme une norme sociale vrai, mais les normes sociales sont appelées à changer au même rythme que la société se transforme. Le terme ‘parents’ réfère à ceux qui assurent une présence auprès de l’enfant, qui l’élèvent, et qui n’est pas toujours calqué sur le modèle père-mère, ce qui est d’autant plus vrai aujourd’hui, que cela plaise ou non. Le langage ne fait que s’adapter à décrire la réalité actuelle.

    Quelles sont les différences entre les sexes auxquelles vous faites référence et auxquelles vous tenez tant? Personne ne doute de la différence biologique entre les hommes et les femmes. Autrement, ce qui a été désigné comme ‘nature’ a trop souvent été utilisé pour justifier la subordination des femmes et l’homophobie. Ce qui sert à définir la masculinité et la féminité sont effectivement, en très grande partie, des constructions sociales.

  26. Le livreur dit :

    Moi je dirais simplement ceci.

    La connaissance rend fou. Les gens font abstractions du vécu pour toute place de la pensé.
    J’en reviens pas que l’on paye des gens pour pondre de pareil ânerie.

  27. Marcel dit :

    @Annie Savage
    Vous écrivez : « Les anthropologues ont depuis longtemps démontré qu’il existe des cultures qui intègrent un troisième sexe »
    Pouvez-vous appyuer vos dires?

  28. Andre B. dit :

    @JF
    Pour être juste envers tout le monde, la déclaration de naissance ne devrait-elle pas dire: « Parent #1″ et « Parent #2 (le cas échéant) »?

  29. Nelson dit :

    La moitié des enfants n’ont pas papa et mama biologique à la maison, il faut les respecter et éviter de les rappeler ça à chaque instant…..il ne faut pas blesser les enfants inutilement en leur rappelant que peut être n’est pas normal avoir un père et une mère à la maison………….LES ENFANTS PRENNENT ÇA PERSONNEL et ça les fait mal.

  30. Yann Auclair dit :

    Je suis attristé de voir certains propos sur ce site. Entre une famille homosexuelle et une famille hétérosexuelle dysfonctionnelle, je vais confier un enfant à la famille homosexuelle. Je crois qu’il y a beaucoup d’ignorance de la littérature scientifique dans plusieurs propos concernant l’homoparentalité. La liberté d’expression amène parfois des propos imbéciles, tant par un blogueur, un chroniqueur, que ceux qui les lisent et les commentent. La CSDM a pris une décision courageuse. J’espère que le Journal de Montréal va se dissocier de tels propos qui ne méritent même pas d’être commentés. Un peu embarrassant de lire une telle chronique.

  31. tynome dit :

    Svp, ceux qui croient qu’ils savent ce que dieux pensent n’oublié surtout pas qu’il est responsaible de tous. S’il a decidé de creer des homosexuels, qui etes vous pour le critiquer. Parcontre, il y a trop de grand penseur qui essai d’envenimer la situation, surnoisement, avec des solutions malvaillantes et farfelus.

  32. Jippy dit :

    Selon la Raison, et selon la Révélation, la famille se constitue par le mariage d’un homme et d’une femme ouverts au don de la vie. Deux personnes de même sexe ne peuvent procréer ensemble. L’enfant n’est pas un droit mais l’enfant a des droits. Mais dès que l’on veut s’exprimer sur le sujet, nous sommes accusés d’homophobie.
    L’idéologie du “Genre”: la volonté explicitement claire de détruire la notion de différence sexuelle pour changer la société, la Déshumaniser.
    En réalité, nous sommes engagés dans un combat spirituel. C’est une dimension de la vie chrétienne dont on parle peu, un combat contre le Démon (Diable) qui veut la Destruction de l’Être humain. Il est menteur, il est séducteur, il est diviseur. Sans mettre le démon partout et le voir là où il n’est pas, il faut demeurer vigilant. “Un dur combat contre les puissances des ténèbres passe à travers toute l’histoire des hommes ; commencé dès les origines, il durera, le Seigneur Jésus nous l’a dit, jusqu’au dernier jour” [Concile Vatican II].
    Pape François: « C’est comme s’ils disaient : « nous sommes progressistes, nous allons dans le sens du progrès, là où va tout le monde ». Mais ils négocient la fidélité au Dieu toujours fidèle. Ceci s’appelle apostasie, adultère… ils négocient exactement l’essentiel de leur être : leur fidélité au Seigneur.
    Il s’agit d’un « esprit de progressisme adolescent » qui croit qu’ »avancer dans n’importe quel choix est mieux que de rester dans les habitudes de la fidélité ».
    Ceci est une contradiction : on ne négocie pas les valeurs mais on négocie la fidélité. Et ceci, c’est justement le fruit du démon, du prince de ce monde, qui fait entrer dans l’esprit mondain.
    Et ensuite, viennent les conséquences : « Ce n’est pas la belle mondialisation de l’unité de toutes les nations – chacune avec ses usages, mais unies – c’est la mondialisation de l’uniformité hégémonique, c’est la pensée unique. Et cette pensée unique est le fruit de la mondanité.»

  33. Martin Mimeault dit :

    @ Marcel : Une simple recherche « cultures qui intègrent un troisième sexe » va te donner quelques lectures faciles. On ne peut pas mettre de liens, alors si l’effort n’est pas trop grand…

    @ Jippy : Très divertissant ! 666 man !

  34. Pierre Bouchard dit :

    Il y a un postulat du conservatisme qui consiste à valoriser la famille, le père et la mère, les enfants. Pourtant tant que la science continuera de changer les conditions de la vie humaine, le conservatisme ne peut garantir que les structures sociales et même biologiques de l’espèce humaine pourront se maintenir selon la tradition. Il y a des dangers liés à la science et à ses prétentions tout comme en même temps l’accroissement des outils pour l’humain semble déterminer son intérêt de poursuivre les avancées scientifiques malgré des risques.

    Biologiquement et sur le plan existentiel, parce qu’enfant d’abord dans la vie de voir sa vie dépendante en partie des comportements de nos pères et mère à notre égard n’a rien de bien enthousiasmant. Qu’un traumatisme sexuel ou autrement de mésestime de soi puisse provenir de notre propre père ou mère, réalité contre nature possible de la nature n’a pas de quoi susciter d’engouement irrésistible pour l’ordre naturel des choses et sa transposition conservatrice. Des religions aux institutions les plus consensuelles hier cela n’oblige pas à maintenir ces institutions comme si elles devaient être sacrées. Les religions monothéistes sont apparues dans l’Antiquité tardive pour le meilleur comme pour le pire pour évacuer des cités les anciennes divinités païennes. L’inscription de nouvelles valeurs autour de la liberté et de l’égalité relègue dans le privé à son tour ces religions du Christ et de l’islam. L’histoire humaine est faite de stabilité mais aussi d’instabilité.

    Penser un socle incontournable de valeurs institutionnelles voire biologiques durables dans l’espace temps compte tenu des tendances dominatrices de l’être humain s’avère probablement encore plus discutable que de tout parier sur le modernisme utopique.

  35. Pierre Bouchard dit :

    Le principe de conservation se trouve fondamentalement dans la réalité des nations ouvertes à une diversité commune sur le comment vivre en laïcité, il faut après s’ouvrir aux changements techniques et sociaux.

    Répétant que la famille s’avère trop inégale comme entité autant sociologique que biologique pour être sacralisée.
    Dans nombre de tribus anciennes, le collectif de la tribu a cohabité avec la cellule biologique de base du couple parental avec les enfants. La figure culturelle européenne et méditerranéenne du patriarche commandant à sa femme et à ses enfants, figure qui a tant fait fantasmé Freud avec le complexe d’œdipe par la fixation prétendue du fils sur la mère et le meurtre prétendu du père par les fils jaloux. Cette mystification générale du patriarche avec ou sans Freud comme référence n’a rien d’universel. De la même façon que la modernité en égalisant la condition homme femme se trouve à faire éclater ce modèle patriarcal qui se voulait universel tout comme le patriarcat de l’islam politique se veut vérité une et loi universelle.

  36. Joelle D. dit :

    « Mais depuis quand un aménagement administratif doit-il conduire à l’anéantissement de la norme par rapport à laquelle on l’a d’abord imaginé? »

    Ridicule. Le père demeure un parent. La modification est inclusive, elle ne détruit rien. Comme d’habitude, vous êtes d’une mauvaise foi presque drôle.

  37. Sylvie dit :

    Beaucoup pour dire peu! Je suis d’accord avec plusieurs personnes ci-haut, qu’on le veuille ou non Dieu existe, qu’on le veuille ou non, l’homosexualité est une abomination pour Dieu et avec tout ce qui l’englobe, verset à l’appui, qu’on le veuille ou non, Il a créé la famille et si elle se détruit aujourd’hui c’est à cause de la nature mauvaise de l’homme qui se porte toujours au mal et défie Dieu dans tout ce qu’il fait. Rien n’a évolué en ce qui concerne le genre humain, au contraire, il s’en va vers sa fin. Les gens disent n’importe quoi mais toutes les réponses sont écrites dans la bible et je parle pas d’aucune religion ici. L’humanité se détourne de Dieu mais elle va le payer cher, le prix de l’éternité loin de la face de Dieu et ca, que vous le croyez ou non.

  38. Ardwenn dit :

    Je trouve votre article par hasard, aujourd’hui.
    On se doutait bien qu’il existait aussi un débat de l’autre côté de la Grande Mer…
    Apparemment il n’y a qu’en Belgique qu’un tel débat n’émerge. Bon. Dommage.
    Hors donc, les bourgeoisies ont décidé de redéfinir la Réalité à leur manière…(comme dans 1984)
    À savoir la bourgeoisie démocrate de Nouvelle-Angleterre et la bourgeoise socialiste de Paris.
    Pour ce faire, elles inventèrent le concept d’
    HOMOPARENTALITÉ
    Or, d’aucune manière, cette chose n’a d’existence dans le domaine du réel.
    Et il est facile de le prouver scientifiquement, si on voulait bien se donner la peine de mener une telle expérience sur un centaine d’années…
    Prenez trois îles. Désertes.
    Sur l’île A, mettez deux femmes
    Sur l’île B, mettez deux hommes
    Sur l’île C, mettez une femme et un homme.
    Revenez après un siècle.
    Sur laquelle de ces trois îles a-t-on une chance de découvrir une société humaine, quelle que soit son type d’organisation ?
    Il est facile, à partir de cet exemple, de définir tout à la fois l’imposture de l’ »homoparentalité » et la réalité de la famille naturelle ( ou de la tribu, si on ne tient pas absolument au nom de famille )…

  39. Suzanne B. dit :

    Certains ici, confondent le mouvement LGBT avec le mouvement féministe qui en fait, s’oppose à l’initiative du comédien Joël Legendre. Tous les mouvements qui se cher-
    chent un vernis humaniste et une légitimé se réclament du féminisme classique. Je pa-
    rodierais le philosophe Alain: «Fondez une société féministe et tous les antiféministes hypocrites en seront». En fait, les LGBT sont masculinistes car ils voudraient avoir tous les droits et aucune responsabilité. Ils souffrent en outre du complexe d’Oreste.

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