VIDÉO / Le lancement de l’album des Mountain Daisies

- 30 avril 2013

Mes amis du groupe country Mountain Daisies lancent leur premier album au théâtre Olympia à partir de 18h!

Nous sommes plusieurs à y avoir participé et à jouer ce soir.

Venez nous entendre ce soir c’est gratuit !

Découvrez l’album ici

Bienvenue!

La poudre au volant

- 25 mars 2013

Bon Lundi.

Je m’en fais vraiment pour rien.

Je revenais chez moi après être allé reconduire mon garçon à l’école.
Lundi matin. Heure de pointe. Petit matin gris.

Vous voyez le genre.

À l’approche d’une intersection, le troupeau ralentit. Je jette un oeil à mon voisin de gauche, juste comme ça, parce que ça arrive.

C’est une voisine, en fait. Elle est seule dans son auto, ce qui arrive aussi. Jusque là, tout est normal.

Je remarque qu’elle tient quelque chose dans sa main gauche.

Bon, que j’me dis spontanément… Elle parle au téléphone…

C’est illégal, ça, Mademoiselle…

On a tellement été sensibilisés, conditionnés, on s’est tellement fait répéter (c’en était tannant) que c’est-dangereux-de-parler-au-téléphone-en-conduisant-ça-fait-que-si-jamais-on-te-pogne-a-parler-au-téléphone-en-conduisant-tu-vas-manger-tout-un-ticket-ok-là!, que j’ai eu le réflexe de me dire que la conductrice à ma gauche parlait au téléphone en conduisant.

Eh bien non.

L’objet en question n’était pas un téléphone…

C’était un pinceau.

Un pinceau à maquillage.

La conductrice à ma gauche se maquillait au volant.

J’ai poussé un grand soupir de soulagement.

Voyons, Daniel! Tu t’en fais vraiment pour rien…

Relaxe un peu, là…

Dire que, durant une fraction de seconde, j’ai imaginé que la conductrice à ma gauche parlait au téléphone en conduisant!

J’ai poursuivi mon chemin, en me disant que c’est bien de pouvoir rouler en toute sécurité.

La campagne anti-cellulaire a vraiment été efficace.

Bon Lundi.

CKEB

- 11 mars 2013

Je rêve d’une station de radio où l’on n’entendrait que de la musique d’ici. Une vraie bonne radio, avec de vrais bons animateurs, qui sont capables d’être drôles, ok, pas de problème avec ça, mais pas juste drôles. Une station où l’on peut aussi entendre des discussions un peu plus poussées, parce que ça décrasse de réfléchir de temps en temps. Une station où l’on parle la langue de chez nous avec couleur et intelligence.

Mais, surtout…

Une station où toute la musique qu’on entend est faite ici, au Québec. Une station dont le mandat, voire la mission, serait de ne faire jouer que de la musique d’ici.

C’est pas le répertoire qui manque, depuis le temps qu’on se fredonne.

Imagine…

Les matins doux, avec Félix Leclerc, Vigneault, Leonard Cohen, Catherine Major, Pauline Julien, Monique Leyrac…

Les midis joyeux souvenirs, avec Beau Dommage, Harmonium, Charlebois, Pierre Lalonde, Men Without Hats, The Box, les vieux succès de Ginette Reno, les succès radio qui viennent d’ici et qui ont bercé l’enfance et/ou l’adolescence d’un paquet de monde…

Les après-midis d’aujourd’hui, avec Malajube, Karkwa, Galaxie, Loco Locass, Arcade Fire, Perreau, Gratton, Marie-Pier Arthur, We are wolves, Vallières, Patrick Watson et compagnie…

Des palmarès? Certain.

Pour brasser la soupe un peu plus encore? Gros Méné, Grimskunk, Anonymus…

Vieux rock? Offenbach, Octobre, Pag, Corbeau…

Des émissions thématiques?

Chanson d’auteur: Plamondon, Venne, Rivard…

Les pionniers: La Bolduc, Soldat Lebrun, Willie Lamothe…

Sons d’ici qui viennent d’ailleurs: Lynda Thalie, Calliari, Diouf, H’Sao…

-H qui???

-H’Sao.

-Connais pas.

-C’est pour ça qu’une radio 100% Keb serait la bienvenue sur nos ondes.

Il y a des émissions très intéressantes, sur Espace Musique par exemple, qui remplissent déjà des mandats semblables, je sais.

Mais une station 100% Keb, ce serait différent. Ce serait notre station à nous. Nos chansons, nos vies, nos histoires. Pour que nos souvenirs d’enfance ou d’adolescence soient autant évoqués par Dany Placard ou Tire le Coyote que par Bryan Adams ou Tom Cochrane. Je n’ai absolument rien contre Bryan Adams, ni contre Tom Cochrane, que ce soit bien clair.

Je pose seulement la question:

Pourquoi pas, aussi, Dany Placard et Tire le Coyote, tant qu’à ça?

Je n’ai même pas nommé Céline Dion, Fred Pellerin, Avec pas d’casque, Raymond Lévesque, André Gagnon, Renée Claude, Guillaume Arsenault, tous les Lapointe, Ève Cournoyer, Richard Desjardins, Diane Dufresne…

Je sais que j’en oublie plein, en plus.

D’autres noms?

D’autres suggestions?

Parler français

- 7 mars 2013

J’ai hésité longtemps avant d’écrire sur ce sujet. Pour plusieurs raisons mais surtout parce que, ces temps-ci, je ne savais plus trop par où commencer.

Je le sais. Vous le savez aussi. On le sait tous.
Il y a des inspecteurs qui ont mal fait leur travail.
C’est très drôle et très triste. Leur zèle est tellement absurde qu’on ne peut qu’en rire, mais leur zèle ne fait que nuire. C’est aussi à pleurer.

Le zèle de ceux, en revanche, qui s’acharnent sur ces événements pour diaboliser les méchants séparatistes est à la fois tout aussi absurde et triste.

La situation est pourtant très simple, séparatisme ou pas.
Le français est la langue officielle du Québec.
Ne serait-il pas normal que chaque Québécois puisse parler français?

Le jour où chaque Québécois va parler français, va-t-on encore avoir besoin d’inspecteurs qui font mal leur travail, avec toutes les tempêtes qui sont déclenchées quand la nouvelle sort?

N’est-il pas tout simplement normal de parler la langue officielle du territoire où l’on vit?
Il n’est pas question ici d’enterrer les autres langues.
Ni de se replier sur soi-même.
Il est question de parler français au Québec.
Tout simplement.

Et c’est à nous, qui parlons français, d’aider ceux qui ne le parlent pas encore assez.

Une idée pour protéger le français?
Parler français.

Une idée pour que le français devienne, enfin, la seule langue nécessaire pour assurer une cohésion sociale et culturelle simplement normale, ici au Québec?
Parler français.

Une idée pour franciser les nouveaux arrivants et les Québécois qui ne parlent pas encore français?
Parler français.

Avec patience, sourire, accueil mais avec fermeté.

Il est possible que la situation nous demande de passer deux ou trois minutes de notre précieuse journée à aider quelqu’un qui ne parle pas encore assez français pour pouvoir fonctionner.

N’est-ce pas là une belle façon d’accueillir, de communiquer, d’affirmer?

En langage de hockey, on appelle ça “gagner les batailles à un contre un”.

Ou “poser les petits gestes qui font une différence”.

Ou, encore: “payer le prix”.

C’est plus ça, je dirais: payer le prix.

Parler français.

Les singes

- 31 janvier 2013

La scène se passe dans un aréna du Québec. C’est Samedi matin, il est huit heures. Sur la glace, un match de hockey de catégorie Novice. Novice, ça veut dire sept ou huit ans. Sur la glace, donc, un match de hockey impliquant des enfants de sept ou huit ans. Un bon match, intense et serré. Le hockey, quand il est joué avec passion et créativité, par des enfants de sept ou huit ans, en plus, est selon moi le plus beau sport au monde.

Est-ce que je vous ai dit quel jour on est? Samedi? C’est ça. Samedi. Quelle heure, donc? Huit heures? Quoi, huit heures?!?! Vingt heures, tu veux dire…?!

Non, non…

Huit heures.

Comme dans “Huit heures du matin”.

Dans les estrades, des parents très fiers de leurs enfants. Des parents attentionnés. Des parents présents. Des parents dévoués. On est quand même Samedi matin, il est huit heures, on s’est levé de bonne heure pour accompagner notre fils à son tournoi, nous autres. On est partis hier, on a roulé deux cent kilomètres, la chambre d’hôtel, le restaurant, ça monte vite, la facture, mon bon monsieur…

Des parents impliqués.

Mets-en.

Le match est intense et serré.

Des enfants de sept-huit ans se défoncent sur la glace.

Un moment donné, l’arbitre ferme les yeux. Un hors-jeu, une punition, me souviens pus. M’en fous. L’arbitre ferme les yeux et laisse le match se poursuivre. Je suis dans les estrades et j’assiste à un match de hockey entre des enfants. Sept ou huit ans, qu’ils ont. Il est huit heures. Samedi matin.

À ma droite, un homme se lève, s’accroche à la baie vitrée et se met à sacrer après l’arbitre. C’est pas nécessaire, que je me dis, c’est pas la ligue Nationale, les enfants ont sept ou huit ans, ils s’amusent, de toute façon ce serait aussi déplacé de s’accrocher à la baie vitrée pour sacrer après l’arbitre durant un match au Centre Bell… Peut-être qu’il trouve que l’hôtel est cher ou que ses oeufs valaient pas quinze piasses, je sais pas…

Sa blonde, restée assise à côté de lui et visiblement mal à l’aise, essaie de le calmer en tirant doucement sur le bas de son pantalon. Une fois. Deux fois. Trois fois. Rien à faire, le gars est enragé noir. Il sacre après l’arbitre.

À ma gauche, un autre homme intervient.

-Heille, assis-toé, c’est bourré d’enfants, icitte!

Pas de réaction.

-Heille! Assis-toé! C’est plein d’enfants icitte! Crotté!

Cette fois, le sacreur se retourne. Cette fois, il a entendu. Crotté.

Pensez-vous qu’y s’est laissé faire?

-Tapette!

C’était pas nécessaire non plus, que je me dis, pas besoin de le traiter de crotté pour qu’il comprenne qu’il aurait plus de dignité choqué mais assis à côté de sa blonde à lui chuchoter dans l’oreille que l’arbitre est un ci pis un ça, pis bon, tapette, c’était pas mieux…

En me disant ça, je réalise que je suis entre les deux, et que, des deux côtés, il y a des papas qui prennent ça à coeur au point où ils décident de défendre leur chum respectif. Je me retrouve en plein milieu d’une mêlée impliquant sept ou huit papas de petits joueurs de hockey de sept ou huit ans. C’est intense, une gang de papas de petits joueurs de hockey de sept ou huit ans qui décident de défendre leur chum respectif. Surtout quand l’arbitre est un ci pis un ça. Si, en plus, y’a un crotté d’un bord pis une tapette de l’autre, oooh Madame…

Ça crie fort, ça dit pas mal de niaiseries, ça se pousse, ça se pogne par les épaules mais ça n’entend plus grand-chose. À part “crotté”. Ou “tapette”.

La mêlée a duré deux bonnes minutes. C’est long, deux minutes, quand t’essaies malgré toi de calmer sept ou huit papas qui se pognent au collet en se traitant de crotté ou de tapette et en s’invitant à sortir régler ça dans le parking. Ceux qui ont déjà fait un tour de sécheuse, ça doit ressembler à ça.

Samedi matin, là…
Huit heures.

Je me demande si les fils et les filles de ces hommes ont eu conscience de l’incident pendant leur match.

Je me demande si, de retour à la maison, ils ont envoyé leur père réfléchir dans leur chambre.

Je me demande si, des fois, ces enfants-là se font punir par leur père parce qu’ils crient après leur petit frère ou qu’ils le pognent au collet en le traitant de tapette. Ou de crotté.

Au plus fort de la mêlée, je n’avais pas de pinottes dans mes poches.

Dommage.

Ça les aurait peut-être calmé…

Les singes, ça aime ça, les pinottes.

De toute façon, ça brassait trop. Elles seraient tombées de mes poches.

Martha

- 7 janvier 2013

Un mot tout court aujourd’hui:

Je viens d’entendre Martha Wainwright chanter “Ayoye”, d’Offenbach.

C’est bouleversant.

Fouillez pour trouver ça!

Ça vaut vraiment la peine.

Je vous souhaite une aussi belle fin de Lundi que la mienne.

Selon Lui / Koralev et conscience sociale

- 6 janvier 2013

Lui.

Il est fou de ses héros et du sport qu’ils pratiquent.

Vous devriez voir sa chambre. Le Centre Bell.

Selon son humeur, Lui change de joueur préféré: Crosby, Ovechkin, Chara… J’ai plus de misère avec celui-là; je lui ai expliqué que c’était parce que Chara avait poussé la tête de Pacioretty sur le coin de la baie vitrée et que Pacioretty était chanceux d’être encore vivant. Je lui ai expliqué que je trouvais que Chara, à cause de ce geste-là et des menteries qu’il nous avait sorties pour le justifier, ne méritait plus de jouer dans cette ligue.

En tout cas.

Je disais que, selon son humeur, Lui change de joueur préféré: Crosby, Ovechkin, Chara…

Et, surtout, Koralev.

Le grand, le flamboyant, l’invincible Alex Koralev.

J’écris “Koralev” parce qu’à ses meilleurs moments avec le Canadien, genre la fois contre Boston où il s’était fait frapper à en perdre son casque avant de reprendre la rondelle, les cheveux au vent, déjouer toute l’équipe des méchants Bruins et aller te la sacrer dedans, dans ce temps-là bref, Lui prononçait “Ko-RA-lev” au lieu de “Ko-VA-lev”.

C’en était touchant.

Quand Lui nommait son idole, il y mettait tout son coeur, appuyant fermement sur le “Ko”, passant par un “ra” absolument convaincu et finissant sur un “levvv” juste assez étiré pour évoquer toute la magie que son vrai joueur préféré lui faisait vivre. Les yeux rêveurs, la voix pleine de défi, le sourire décollé:

“Koralevvvvvvv!!!”

La drogue avant le temps.

Aujourd’hui, Koralev ne joue plus pour Canadien. En fait, Canadien au grand complet n’a pas joué depuis pas mal longtemps.

Lui est déçu. Y’a de la chicane au lieu d’y avoir du hockey.

Lui m’a demandé de lui expliquer la différence entre une grève et un lock out. Ce que je fis. Une grève, c’est quand les employés arrêtent de travailler; un lock out, c’est quand les patrons barrent la porte. Dans un cas comme dans l’autre, parce qu’on n’aime pas comment les choses se passent. Présentement, c’est un lock out.

“Mais Papa… Pourquoi y peuvent pas continuer à jouer en se parlant? Y’a même pas de hockey, pendant ce temps-là!”

Je sais pas trop quoi te répondre, mon Lion… C’est comme une façon de bouder pour avoir ce que tu veux.

“Bon, ben nous autres, quand ça r’commence, on les regarde pus debord!”

Je sais bien que Lui va finir par les regarder encore.

En attendant, je suis d’accord avec Lui.

J’aurais jamais pensé que Gary Bettman puisse éveiller la conscience sociale de mon fils.

Pis…?

- 31 décembre 2012

C’en fut toute une, non?

Mouvementée, émotive, colorée…

J’ai comme l’impression qu’on a entrouvert des portes, mais qu’on n’est pas encore allé voir ce qu’il y a de l’autre bord, par contre…

Le temps va nous dire si on aura le courage de faire au quotidien ce qu’il faut pour que notre Québec soit à notre goût.

C’est ce que je nous souhaite pour 2013.

Vous autres, qu’est-ce que vous souhaitez?

Vive le vent

- 26 décembre 2012

Vive le Vent.

Il est arrivé ça fait déjà un p’tit bout de temps. Quand il arrive, Lui, on le sent. En-haut de la Montagne, en tout cas, on l’a senti: 90 km/h à son plus fort. C’était presque inquiétant de juste ouvrir la porte ramasser une bûche pour le poêle.

Ma belle Italienne, petit bout de femme assez intense déjà, adore la Gaspésie, mais disons que cette semaine, on a goûté à de l’intensité. Épicée, à part de ça.

Vive le Vent.

Quand il arrive, Lui, il réussit à nous faire oublier toutes les conneries qu’on peut faire. Les conneries qu’on se fait à soi-même ou à nos semblables. Les conneries qu’on fait aux autres espèces. Ou, encore, notre connerie par excellence: l’indifférence avec laquelle on perce nous-mêmes la coque de notre propre bateau.

Quand il arrive, Lui, on se remet à prendre des nouvelles de nos familles. On s’appelle, on s’écrit, on trouve même le temps de se voir et de se souhaiter des belles choses. On joue avec nos enfants.

Bien sûr, il amplifie aussi certaines de nos conneries. Par exemple, il nous fait mettre dans la tête de nos enfants que le bonheur dure dix minutes par année: le temps d’arracher sauvagement le papier d’emballage. Il réussit, aussi, avec une facilité inquiétante, à nous mettre dans la tête à nous, parents, adultes, citoyens, que c’est correct de laisser croire des affaires de même à nos enfants, et de s’endetter pour le faire.

Il réussit, surtout, de façon très sournoise, à nous convaincre que, quand il arrive, Lui, c’est LE temps des réjouissances, de la famille, des cadeaux, de l’amour et de la paix. Autrement dit, le reste de l’année, c’est fait pour autre chose que les réjouissances, la famille, les cadeaux, l’amour et la paix. On a deux semaines pour s’aimer, se voir et se le dire. Quitte à loader sa Visa. Quitte à courailler comme des poules.

Deux semaines.

Dans une couple de jours, déjà, dans le rouge et fatigués, on recommence à s’entretuer et à se scrapper la planète.

Vive le Vent.

Et aimons-nous quand même, comme le dit Yvon Deschamps.

Toute l’année.

Ça coûte rien.

(VIDÉO) Lennon: Imagine…

- 8 décembre 2012

Nous sommes le 8 décembre.

Il y a 32 ans aujourd’hui, John Lennon a été tué.

Je suis allé à New York avec ma blonde au printemps. Nous sommes passés par le Dakota, l’immeuble où il habitait. Ensuite, nous sommes restés une couple de minutes près de la plaque qui lui rend hommage, dans Central Park.

Il y avait d’autres touristes, comme nous…

J’avais ma guitare…

Voici un petit clip très, très, très maison et très, très, très humble sur ce beau petit moment que nous avons vécu.