Entre l’anniversaire du saxophoniste alto Rémi Bolduc et les aventures extra-sensorielles du joueur de cornet Médéric Collignon, nous avons rapidement choisi notre camp
Professeur à l’Université Mc Gill, père de famille comblé et instrumentiste de premier plan, Rémi Bolduc, l’ami de tous, célébrait avec quelques frères d’armes son cinquantième anniversaire de naissance et non pas, ses cinquante ans de carrière comme on put l’affirmer certains scribes en manque d’information.
À la maison Astral où il faisait vivre, la table était mise pour un pique-nique où le saxophone, l’alto entendons-nous, régnait en maître. En plus d’une brillante section rythmique : André White, piano (merveilleux monsieur), Fraser Hollins, contrebasse et Dave Laing, batterie, se sont succédaient : Jean-Pierre Zanella, Alexandre Côté, alto Chet Doxas, ténor, François Bourassa et Rafael Zalvidar, piano.
Après une entrée en matière un peu laborieuse, les compositions écrites enlevaient un peu de charme, Rémi s’est pour ainsi dire « lâché lousse » en duo avec Rafael Zalvidar : You The Night and The Music, puis In Love Like Someone, un superbe Take The A Train et bien entendu, Moose The Mooche du grand Charlie Parker avez Jean-Pierre Zanella et Alexandre Côté . Un bonheur palpable et mérité comme le grand Georges devant une foule conquise
Médéric???
Au même endroit à 21 h, le joueur de cornet français Mérédic Collignon faisait son entrée sur scène. Adepte d’un certain free jazz ainsi que des relectures de Miles Davis (période 68-70), King Crimson ou Porgy and Bess, il n’a pas tardé à monter de quelle note il se chauffait! De 21 h 5 à 21 h 30 — première pièce suivie d’une autre jusqu’à 22 h… et nous avions le pied dans la porte.
Qu’avons-nous entendu, un galimatias d’idées musicales! La trame de fond était bien évidemment la période « Bitches Brew » (Miles Davis), sans guitare électrique, jugulée par une puissante section rythmique qui épaulait un interprète tout à fait étrange. Ici et là se détachaient les idées en beaucoup moins bien de : Roland Kirk-lui avait une vision des choses-Yussef Lateef, Pharoah Sanders et tiens, Alan Shorter, trompettiste et frère de Wayne. Rien de neuf sous le soleil.
Ce soir
Au Upstairs(1254 , rue Mackay), à 21 h 45 et demain samedi, un très grand monsieur : le trompettiste et joueur de bugle Tom Harrell. La quintessence de l’art… Dépêchez-vous, il reste peu de billets
Au Gésu , à 22 h 30, le pianiste Cedar Walton et son trio. Ancien directeur musical des Jazz Messengers, il est à plus de soixante-dix ans, une référence.