Le CH, le PQ et le hochet

- 25 janvier 2013

Que fait le Canadien quand il veut raviver la flamme vacillante des partisans ? Il vend la nostalgie. Il ressort d’authentiques légendes vivantes – Jean Béliveau, Henri Richard, Guy Lafleur – les vrais de vrais, ceux qui sont tout ce que le club n’est plus. Pendant un moment, les vieux partisans se rappellent de ce qu’ils virent jadis et les jeunes voient ceux dont leur père leur a parlé. Ça dure quelques minutes qui font du  bien. On rêve ensemble. On voyage dans le temps. Puis, après qu’on les a ovationnés, on revient vite à la dure réalité : le club fera-t-il les séries ou pas ?

Que fait le PQ quand il sent du flottement chez les militants et qu’il veut revigorer la flamme vacillante ? Un peu la même chose. Il concocte une petite campagne express de marketing sur la souveraineté. Généralement, c’est à la veille d’un Conseil national et ce n’est pas un hasard. J’ai joué dans ce film tant de fois.

Remarquez, si on est un souverainiste convaincu comme moi, il est dur de s’objecter à ce qu’un parti souverainiste lance une campagne de promotion de la souveraineté à ses propres frais. Il est risible de voir les fédéralistes se tordre les boyaux alors que le gouvernement Harper, même quand il était minoritaire, faisait la promotion 24/7 du fédéralisme avec l’argent des contribuables.

Non, mon propre malaise de souverainiste est ailleurs. Et il est double.

D’abord, cette petite campagne de promotion souverainiste ne donnera pas grand-chose en termes de progrès réels du projet souverainiste. Pour espérer parvenir un jour à la souveraineté – et sans aucune garantie d’y parvenir - , il faut réunir plusieurs conditions, dont au moins deux sont fondamentales, incontournables et reliées : a) étendre au maximum les compétences du Québec dans le fédéralisme actuel pour en démontrer les limites, b) remettre le Québec en mouvement, c’est-à-dire attaquer (sans espérer les régler tous avant évidemment) des problèmes importants dans divers domaines, bref, redonner confiance aux Québécois en eux-mêmes et en leurs chefs dans l’espoir que cette remise en marche leur redonne une ambition collective et l’envie de franchir la dernière étape.

Il faudrait donc travailler sur du fondamental, du lourd, du vrai, dans la durée et la constance. Jacques Parizeau  a commencé à préparer le référendum de 1995 dès 1988 et avait profité aussi, souvenons-nous, d’un alignement des astres parfait : Meech, Bélanger-Campeau, Charlottetown, naissance du Bloc, de l’ADQ, etc.

Aujourd’hui, …une petite campagne promo…

La deuxième source de mon malaise est que cette initiative survient juste au moment où le PQ réalise que, si des élections avaient lieu maintenant, il ne ferait guère mieux qu’en septembre, que Philippe Couillard s’en vient, que des tas de souverainistes s’activent à l’extérieur du PQ, ne se reconnaissent plus en lui, ne se gênent plus pour le critiquer quand ils estiment qu’il le mérite, et que des militants à l’intérieur du PQ commencent à se demander ce qu’ils font là.

La preuve a été faite mille fois que placer des souverainistes impuissants au pouvoir n’a aucun effet d’entraînement positif sur l’idée, d’autant que ces souverainistes au pouvoir doivent prendre des décisions forcément impopulaires. Ce n’est pas de leur faute, c’est la dynamique de la situation dans laquelle ils sont coincés. Alors, la direction ressort le hochet de la souveraineté qu’elle agite devant les militants. Bien sûr que cette direction est sincèrement souverainiste. Je ne prétendrai jamais le contraire. Je dis juste que cette campagne de promo obéît d’abord à l’impératif de gérer le moral des troupes et d’éviter des défections et des contestations, plutôt qu’à une solide conviction que cela permettra de faire des progrès sur l’essentiel.

On me dira que je suis dur. Je ne crois pas. Lisez ou relisez les mémoires de René Lévesque. Les partis, disait-il, ne sont que des véhicules pour des idées. Ce sont les idées qui doivent primer. Le véhicule n’est utile que tant qu’il les fait avancer. Le PQ peut-il redevenir un véhicule qui fera avancer la souveraineté ? Je n’ai pas de souhait plus cher, mais ce n’est pas une petite campagne de pub (encore une autre) qui commencera à déplacer la montagne.

Les pays ne se construisent pas avec de la pub.

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18 commentaires

  1. Nelson dit :

    Ceux qui veulent la souveraineté qui la demandent par internet à l’Assemblée Nationale, comme les 300.000 personnes qui ont demandé et OBTENU une Commission d’enquête sur la construction.

    Si plus de la moitié des électeurs possibles demandent la souveraineté et peu importe les politiciens en place, ils n’ont qu’à obéir la population. POINT.

  2. Robert Morin dit :

    Le parti québécois est le seul véhicule pour proposer un référendum sur la souveraineté du Québec et j’ai confiance en Mme Marois pour obtenir la majorité lors de la prochaine élection. Les discours de gauche-droite sont secondaires quant à cette question car la souveraineté dépasse ces considérations. Il faut exister pleinement avant de pouvoir expérimenter soi-même la vie. C’est une question de désir de se donner des moyens. La souveraineté, c’est pas le nirvana. C’est être responsables de ses choix, tout naturellement. Les personnes qui posent des conditions à la décision de la souveraineté ont un problème avec la liberté d’une nation. Et si Desmarais choisi le Doc Couillard comme poulain, eh bien, on l’attend de pieds fermes. J’espère qu’il a un bon docteur.

  3. liane delisle dit :

    Bien d accord avec vous M Facal,le moment n est vraiment pas propice et je doute qu il le soit prochainement..On ne quitte pas ses parents quand on est pas encore sur le marché du travail et bien équipé pour faire face a la vraie vie, sinon on se retrouve dans la rue.Alors, nous devons grandir encore,apprendre le sens des responsabilités,apprendre aussi a vivre et respecter ceux qui n ont pas les memes idées que nous.

  4. Fleur H. dit :

    Vous avez raison M. Facal. Ça prend quelqu’un autre que ceux qui sont en place présentement. Ce gouvernement est une vraie risée.

  5. Mathieu Marchand dit :

    Peut-être que nous sommes rendu ailleurs comme peuple. Je suis un Parizeautiste de la première heure, j’étais trop jeune pour voter en 95. Alors ce n’est pas un fédéraliste qui parle ici. Mais je suis consterné d’entendre les jeunes de ma génération ne plus parler de souveraineté. Alors qu’au secondaire en 95 l’opinion souverainiste était unanime parmi les miens, à peu près tout le monde est contre maintenant dans mon entourage de 30-40 ans. Et en vieillissant, on ne change plus d’idée. La cause est perdue pour cette cuvée.

    En même temps je ne peut m’empêcher de penser que la souveraineté du Québec porte un problème fondamental. Le combat de nos ancêtres a toujours été de ne pas perdre leur Canada. D’abord de se battre contre les colonies anglaises. Ensuite de faire des enfants pour ne pas perdre notre poids démographique. Ensuite de se faire respecter, nous, les Canadiens-Français, dans ce pays que nous avons fondé. En se remémorant les paroles d’Honoré Mercier:  »Louis Riel, notre frère, est mort. », on comprend qu’à l’époque le groupe Canadien-Français s’étendait à l’extérieur des frontières provinciales. Le combat était linguistique, culturel, à la limite religieux et avec une bonne part de génétique. Bien sûr le gouvernement de la province de Québec était dépositaire de la sécurité du peuple Canadien-Français.

    L’idée de transférer ce combat en un combat de souveraineté du peuple Québécois est une sorte d’anachronisme dans notre histoire. Bien sûr, nous avons perdu tous nos autres combats. Peut-être que c’est la dernière issue, que nous sommes en train de perdre également. Mais en prenant un concept linguistique et en le transformant en concept géographique, en tentant de se faire croire qu’un million de Québécois non-francophones va peut-être un jour pencher de notre côté, alors qu’ils n’ont aucune raison de le faire, et en laissant tomber les poches de résistance Canadiennes-Françaises hors Québec, dont les Acadiens, il ne faut…

  6. Mathieu Marchand dit :

    Il faudrait peut-être ressusciter nos vieilles alliances Franco-Indiennes. Les autochtones du Canada, au fond, désirent l’autodétermination comme peuple. Leur adversaire est le gouvernement fédéral. Nous avons des points en commun.

  7. Eric Gagnon dit :

    Rallier toutes les troupes du PQ ne sera jamais suffisant pour faire la souveraineté du Québec de toute façon: les deux référendums précédants l’ont démontré. Le seul moyen d’y parvenir serait de rallier le PLQ à la cause, ce qui est loin d’être fait. C’est pas impossible, mais celà demanderait à ce que les partis politiques mettent de côté leur partisannerie et travailler à un objectif commun.

    Mon point de vue peut sembler utopique, mais dites moi en quoi un Québec souverain empêcherait l’élection éventuelle d’un gouvernement Libéral? Pour ma part, j’ai l’impression qu’on est passé proche avec Robert Bourassa aux lendemain de l’échec de l’accord du Lac Meech. Il ne manquait peut -être qu’une étincelle, qui sait… Dites vous bien que si M. Bourassa avait dit « go », ça serait chose faite.

    La souveraineté du Québec est maintenant entre les mains du PLQ ne vous en déplaises. Le seul hic, c’est que ce parti s’est plaçé sous la bannière « fédéraliste » lors du référendum de 1980 et n’ont cessé de cultiver la peur de la souveraineté au sein de leur électorat jusqu’à maintenant. Avant, il comptait dans ses rangs plusieurs souverainistes et ils ont aussi travaillé à faire avançer les pouvoirs du Québec au sein du Canada. Je crois qu’il y a une bonne proportion de l’électorat qui est davantage attaché aux politiques mêmes du PLQ qu’au Canada en tant que tel. Lors des référendums, ces gens votent davantage contre le PQ que pour le Canada. Est-ce que les souverainistes (pas nécessairement le PQ) vont oser essayer d’intégrer le PLQ dans l’équation un jour? Il faudrait peut-être. En tout cas ça pourrait être intéressant en maudit.

    Je serais curieux de savoir ce que vous en pensez mon cher M. Facal…

  8. Dona dit :

    A voir ce qui se passe dans le dossier sur l’éducation oubliez-moi pour supporter la souveraineté avec le PQ.

  9. Luc dit :

    Suggestion de PÉTITION sur Facebook, Twitter ou quelconques autres réseaux sociaux machin chouette…….

    À partir du principe que depuis quelques années pour multiples raisons le projet souverainiste québécois semble parfois s’accrocher les pieds dans les fleurs du tapis ou dans quelques zigous-zigous du où ? Du comment ? Du pourquoi ? Du faudrait et du faudrait pas sans cependant aucunement désavouer quelconques partis politiques, mouvements et courants de pensée souverainistes dont la multiplicité ( opportune pour certains ?…) par contre des dernières années ne vient évidemment pas simplifier, orienter et surtout UNIFIER la pensée de l’électorat croyant toujours à la nécessité et à la viabilité d’un Québec souverain dans une approche réaliste et pragmatique dans un mélange peut-être idéaliste de gauche, de centre et de droite……..
    À partir de ce constat, je désire adhérer à la pétition suivante :

    Afin de mieux s’assurer collectivement d’honorer, de gérer et d’orienter son hier, son aujourd’hui et son demain, je souscris à cette pétition mon désir légitime et à mon sens toujours viable de faire du Québec un pays.

    Je, soussigné(e) ………………………… 2013 / 01 / 26

  10. jean Martin dit :

    Vous trouvez pas qu’on assez de problèmes à régler comme çà,au Québec,avant de parler de souveraineté.Il me semble qu’il n’y plus personne qui est capable de gérer quoi que soit.La cabane du Québec est comme une grosse soul à cochon,on peux-tu faire du ménage avant de commencer à peinturer.Quant tu es dans la merde jusqu’au cou,t’as pas le temps de rêvasser.

  11. Jonathan Bourque dit :

    @Jean Martin

    Je vais vous dire un secret, mais de grâce, ne le dites à personne:

    Lorsque nous aurons réglé tous nos problèmes actuels, nous aurons d’autres problèmes. Certains pires, certains moins pires qu’aujourd’hui. Et ça sera la même chose dans 50 ans, et dans 200 ans.

    Ne nous laissons pas endormir par les discours libéraux et caquistes. D’un, ils amplifient grandement notre situation, par mauvaise foi ou par angoisse économique. Je vous mets au défi de me trouver un seul pays qui n’a pas de problèmes. Un seul. De deux, il est possible de gouvernerai à court et à long terme simultanément. D’ailleurs, c’est un comportement sain. Gouverner à court terme seulement est malsain et irresponsable.

  12. Mario Du Paul dit :

    Je suis vraiment déçu de vous M.Facal vous vous dite souverainiste mon oeuil. Ce que vous faite n’est que de décourager les gens avec vos propos médiocres et encourager ceux qui ont peur à avoir encore plus peur. Recevez-vous vous un chèque des fédéralistes? Agissez donc en vrais souverainiste et encourager donc les efforts de ceux qui crois encore en un pays du Québec avez vous peur que Mme Marois réussisse la ou les mâles (les pure et dur) du partie Québécois ont échoué. Si vous savez mieux que les autres quoi faire allez y mais de grâce arrêter de dénigrer les efforts de ceux qui ont la volonté de réussir ce projets de peuple.
    Tous les efforts sont louables

  13. Louis Francoeur dit :

    @Mathieu Marchand

    Je suis en parfait accord avec vous. Jusqu’à maintenant, nous Canadiens-français avons réussi cette improbable fait historique de résister à l’empire colonial le plus puissant qui ait existé sur cette terre au cours du 18ième, 19ième et même moitié du 20ième siècle. D’un maigre 60 000 que nous étions lors de la conquête, nous avons progressé jusqu’à devenir un peuple d’environ 8 millions dont une partie est en Acadie, une autre en Ontario et d’autres enfin distribués dans tout le Canada et encore un peu aux États-Unis.

    Être Canadien-français ce n’est pas être originaire de France, c’est vouloir s’intégrer à notre culture que nous soyons d’origine irlandaise, haïtienne, maghrébine, etc… À chaque vague d’immigration, notre culture a évolué comme a pu le montrer la puissante vague d’immigration irlandaise qui a inspiré une grande partie de notre folklore.

    L’indépendance du Québec n’était qu’un moyen, pas la finalité. Peut-être n’est-ce pas le bon moyen?

  14. jean Martin dit :

    @Louis Francoeur

    Votre analyse est succincte et très pertinente.Cela nous mène cependant à une seule conclusion,nous sommes devenus,au fil du temps,avec l’ajout de plusieurs nationalités,des citoyens du monde.Il sera très difficile dans ce contexte de définir un territoire précis pour notre émancipation collective.

  15. ginette gazaille dit :

    Est-ce que les souverainistes pourraient m’expliquer ce que cela nous apporteraient de concret, que le Québec devienne un pays. Nous avons un grand pays qui est un des meilleurs pays du monde et on voudrait s’exiler dans un ghetto au centre de ce pays. Position géographique qui serait très difficillement gérable.

    Qu’est-ce qui nous empêche de parler français, si c’est ce que l’on désire. Si on veut que notre entourage parle français, on n’a qu’à leur démontrer la valeur du français. On ne peut forcer l’emploi, l’amour d’une langue par des lois ou la coercition même dans un pays souverain. C’est un grand enrichissement que de parler plusieurs langues. Pourquoi avons-nous si peur de langue anglaise, parce que nous n’avons pas assez confiance dans la langue française. Et nous serions prêts à tout sacrifier pour être les sauveurs de la langue française en continent américain. Il va falloir un autre raisonnement pour convaincre les Québécois de vous suivre sur cette voie. Les Québécois sont beaucoup trop individualistes pour ce faire ou trop lucides.

  16. André St-Pierre dit :

    La souveraineté est souhaitable, bien sûr. Est-elle réalisable à court terme? Non. Pourquoi? Parce que nous avons 250G$ de dettes accumulées. Parce que le modèle social démocrate promulgué par le PQ est inapplicable, saturé de programmes coûteux, maintenus grâce aux emprunts sur les marchés internationaux. Parce que la souveraineté promet actuellement de créer: Une dégringolade rapide de notre niveau de vie, un appauvrissement généralisé, des augmentations d’impôt pour les riches gagnant 42,000$ et plus, une régression dans plusieurs domaines startégiques, la fuite des compagnies créatrices de richesse, la méfiance du reste du continent capitaliste envers une société socialiste…
    La frange gauchiste qui soutient le projet souverainiste est déconnectée de ces lourdes réalités. Le projet deviendra applicable seulement lorsqu’une majorité aura confiance dans le futur état, et ça ne sera pas possible à court terme, parce qu’on ne peut convaincre un humain normalement constitué de plonger vers la pauvreté.

  17. LPB dit :

    Nous reglerons les problemes gauche droite une fois séparé
    Nous reglerons la dette une fois séparé
    Nous reglerons………….(remplisser la marge a votre choix ) une fois séparé

    Ces solutions caribous ne font aucuns sens , incroyable .Pour ma part , les tiers suivants sont essentiels a une prise de position .un tier de coeur , un tier d’économie et un tier circonstanciel…point a la ligne.
    Je ne lis pas Fortin ni Coiteu , un texte commun cependant saurait m’intéressé . Une nouvelle commission constituée de gens aux idéologies differentes saurait également attirer mon attention . Des mises a jours partisanes sont une perte de temps et d’argents.
    Je suis pour l’utilisation de fonds publiques pour la tenue de cette commission qui saura nous arriver avec des faits amenant le peuple Québécois a un décisionel éclairé .

    Une chose est cependant certaine , personne ne me fera plongé pour me dire que par la suite seulement , nous évaluerons la profondeur disponible de l’eau .

    Que cesse cette tergiversation nuisible a touts égards .
    merci

  18. Jippy dit :

    Devenir un pays indépendant en 1960 par rapport à devenir indépendant en 2013, ce n’est plus du tout la même réalité. Le Monde est devenu un village global. Les pays souverains économiquement développés dépendent les uns des autres et doivent coordonner leurs politiques économiques et, conséquemment sociales. Un Québec devenant indépendant en 2015 ne signifie plus rien, contrairement à 1960 ou même 1980: Nous continuons à dépendre de l’Immigration, donc le supposé problème de la sécurité linguistique perdure. Nous continuons à dépendre du reste du Canada et des États-Unis. Conclusion:abolissons les frontières provinciales! Créons 5 administrations régionales avec une bureaucratie minimale…Tout peut maintenant être centralisé à Ottawa, incluant Éducation et Santé, grâce aux moyens ultra-modernes de communications.

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