En trois mois, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a perdu 13 points et a glissé au troisième rang, y compris à Québec, qui semblait sa forteresse.
Dans le modèle de projection de Bryan Breguet (www.tooclosetocall.ca), les résultats du sondage Léger Marketing de samedi donneraient 72 députés au PQ, 33 au Parti libéral et 19 à la CAQ. Le sondeur de la CAQ évoquait pourtant une centaine de sièges pour sa formation il y a peu.
On voit mieux aujourd’hui que les appuis à la CAQ étaient moins des appuis à son chef ou à ses idées, mais davantage l’expression d’un désir de changement à la fois puissant et diffus.
Cet espoir placé dans la CAQ s’est mis à fondre quand la réalité s’est progressivement révélée. Les messages contradictoires, le silence sur des sujets cruciaux, le simplisme des solutions proposées, l’opportunisme choquant de François Rebello, l’absence de personnalités fortes qui annoncent leur ralliement, tout cela a dégonflé le ballon aussi rapidement qu’il s’était gonflé.
Ces faits sont cependant la conséquence d’une cause plus profonde. Monsieur Legault a de grosses qualités d’intelligence et de volonté. Mais il espérait surfer sur ce désir de changement en évitant de s’enfarger dans la construction d’un vrai programme, en évitant d’avoir des positions étoffées sur les questions qui l’ennuient, en centralisant tout autour de lui.
Les personnalités fortes qui étaient là aux balbutiements de son mouvement en ont pris acte et sont toutes parties. Les gens qui ont d’autres possibilités dans la vie que la politique partisane mettent forcément la barre plus haute que ceux qui cherchent seulement le meilleur véhicule pour être élus ou réélus.
Les ex-députés de l’ADQ, parmi lesquels il y a des gens très intéressants, sont devenus des éléments décoratifs. Vue de l’extérieur, la CAQ, c’est l’ADQ d’hier avec un nouveau chef et une petite couche de peinture fraîche. Plusieurs Québécois qui auraient vu d’un bon œil un nouveau véhicule politique attendaient quelque chose de plus costaud.
Monsieur Legault a voulu mener cette affaire comme un homme d’affaires dirige une entreprise privée qu’il a créée de toutes pièces et qui n’appartient qu’à lui. Un parti n’est cependant pas une compagnie. À moins d’être uniquement motivés par le pouvoir, les gens s’y engageront au nom d’idées et pour que leur voix compte.
Pendant ce temps, les autres partis n’ont rien fait de particulièrement méritoire. Le PQ a simplement cessé de s’automutiler et le PLQ s’est trouvé un cheval intéressant avec le Plan Nord.
Rien n’est joué. L’électorat québécois est plus volatil que jamais. Mais un cercle vicieux pourrait s’installer pour la CAQ : la glissade attirera moins de financement, moins de gros noms, moins de cette sorte de gens qui ne veulent pas être de simples figurants. Elle devrait tout de même se stabiliser à un niveau supérieur aux seuils traditionnels de l’ADQ.
La CAQ glisse tout simplement parce qu’elle n’a pas fait ses devoirs. Je dis souvent à mes étudiants que je ne les oblige pas à étudier, mais que, s’ils ne le font pas, cela risque de paraître le jour de l’examen.
Voici mes priorités, qui ne correspondent pas beaucoup à celles du PQ:
1)Revision complète des subventions aux artistes (dernier poste budgétaire à gérer, s’il nous reste un “fond de tiroir”);
2)Éducation: Sexualité > Cours dispensés sur la base des livres de Marie-Paul Ross, Lutte contre l’intimidation, Formation des profs et Ordre professionnels, Composition des classes (les forts ensemble, les cas difficiles ensemble, les faibles ensemble, les “moyens” avec les forts);
3)Services sociaux: Encadrement des psychiatrisés (désins) à revoir en profondeu;
4)Immigration: Zéro pour les 3 prochaines années, Moderniser l’entente de 1977 avec Monsieur Harper, notamment sur la nécessité pour ceux qui choisissent le Qc d’avoir une connaissance adéquate du français incontournable pour travailler en contact direct avec la population;
5)Protection des fonds de pension du secteur privé;
6)Relève agricole (le drame que vivent les jeunes hommes de 30-40 ans sans compagne de vie), Meilleure modulation de l’Aide consentie aux Régions versus les Villes,Robotisation des fermes;
7)Taille de la Fonction publique (inaction scandaleuse des Libs).
J’ y ai cru aussi à ce mouvement qui a eu le courage de s’attaquer à des vaches sacrées, à des espèces de monuments que nous ne pouvons que regarder sans en espérer obtenir un meilleur rendement, une meilleure efficacité.
Mon désenchantement a débuté lorsque j’ai commencé à questionner le comment et dans quel ordre, tous ces changements se réaliseraient et quand allons nous nous asseoir pour y réfléchir.Et bien pas de réponse.
Ensuite sur la constition constitutionnelle.Le vide abysal alors que le rapport Allaire aurait fait minimalement l’affaire, histoire d’être dans la dynamique qui nous mène quelque part et de faire oeuvre pédagogique.Pour finir par le financement du parti qui reproduit un model suranné et désuet.Bien beau dire qu’on est riche, encore faut-t-il être en mesure de fonctionner avec les deux mains libres de toutes attaches.
La façon de faire de M.Legault ressemble étrangement à celle utilisée par un chef d’entreprise.Ramener tout autour de soi et contrôler au maximum le message.Pas trop de débat et vite des énoncés pour vendre.Oui aux ”focus group” pour voir si le message pogne.Cela manque un peu de profondeur.
Pour les souverainistes qui espèrent voter pour un candidat avec un contenu réaliste, libre d’attaches envers les pourvoyeurs et autres acquabits, résolument gestionnaire et visionnaire, le choix est plutôt mince.
Même s’il y a raison de le regretter collectivement, les québécois ont offert le même phénomène de confiance aveugle envers le chef du NPD (dont je cherche le nom.. mais à la bouille sympathique) en mai dernier. Si on répète ces gestes de girouette, c’est que notre formation politique citoyenne accorde de l’importance qu’à la superficialité et à la popularité.Mais ne nous désolons pas: la faute en appartient à tous les organismes et médias qui contrôlent et profitent de la désinformation et de la non-information. Ainsi, chaque article et éditorial de nos journaux peut être cointredit (avec sources à l’appui) ou complété par le paragraphe important oublié sciemment (méthode Pravda)
Il y a aussi beaucoup de cynisme.Le cocu ,jusqu’alors avec des doutes, se déconnecte lorsque la preuve est faite. On voudrait bien croire et se contenter des belles paroles, car on est fait d’espoir. Mais manipuler (en mentant) une population est criminel, car il y a abus de confiance. Le cynisme, c’est ce ressort de confiance qui est cassé.
Ça s’apparente au phénomène social “Kony 2012″, qui utiliserait la compassion de la jeunesse pour forcer l’intervention militaire américaine en Afrique (on y aurait trouvé du pétrole et… des Chinois déjà sur place). Imaginons la déception de s’être faits rouler (ces chats échaudés craindront l’eau chaude).
Ä l’heure actuelle, on élit des Facebook people qui, on le sent bien, nous mentent. Tous. Comme pour une relation dysfonctionnelle, ça fait aussi notre affaire. Puisqu’élire un politicien honnête,qui nous dirait que la réalité est laide et qu’il faudrait faire des sacrifices pour arriver à s’en sortir, exigerait de la maturité politique et du courage.
Le Québec fourmille de gens formidables, de jeunes porteurs d’espoir, de richesses abondantes. Mais il faut prendre tout ça en main. Comme on dit, ayons pas peur: “La vérité te libèrera, mais d’abord elle te fera chier.”
J’ai été de ceux qui l’été dernier a mis beaucoup d’espoir dans la création de ce nouveau parti. Puis au fur et à mesure que les textes fondateurs ont paru, le désenchantement a commencé à s’installer. Deux exemples. J’étais d’accord avec monsieur Legault pour mettre l’éducation en haut de la liste des priorités et s’il avait axé son intervention sur le support aux enseignants et l’allègement des classes tout en dégraissant l’appareil du ministère et des commissions scolaire, j’aurais applaudi à deux mains. Mais non, il est tombé dans les recettes simplistes liant salaire et performance (avec une augmentation de 20% sans voir les impacts sur le reste du secteur public) et l’ abolition populiste des commissions scolaires. Un autre exemple; son intention de couper 23% du budget et 4000 postes à Hydro-Québec sans aucun argumentaire mais avec une attitude triomphante de matamore champion coupeur de jobs. Quant à l’abolition des agences de santé , encore là, au lieu de revoir l,ensemble de l’organisation, il se contente de la mesure la plus populiste sans mesurer les impacts globaux.
Vs écrivez:” Monsieur Legault a de grosses qualités d’intelligence et de volonté. Mais il espérait surfer sur ce désir de changement en évitant de s’enfarger dans la construction d’un vrai programme, en évitant d’avoir des positions étoffées sur les questions qui l’ennuient, en centralisant tout autour de lui.”
LÀ IL Y A ANTINOMIE, on ne peut être intelligent et croire en une telle stratégie!!!
La CAQ reste la seule option viable que les Québécois n’ont pas tentée. Il faut donner au CAQ l’opportunité de nous démontrer ce qu’elle peut faire. Je la préfère au PQ gauchiste, chicanier et souverainiste ou au PLQ incompétent et corrompu. Si la CAQ a échoué dans l’épreuve de gouvernance, on pourrait voter pour un autre parti dans 5 ans.
L’idée, pas si saugrenue que ça, des référendums d’intiative populaire, vient embrigader, occuper utilement et obliger conséquement à s’organiser les purs et durs de l’indépendance du Québec, et vient, par la création de ce mécanisme légal d’initiative citoyenne, dégager entièrement le PQ (comme parti) de l’obligation d’en tenir un ou plus d’un sur tout projet d’indépendance, et lui ouvre ainsi la voie pour être élu majoritairement pour un, deux ou même quelques mandats, pourquoi pas, lui permettant de mettre en application et même améliorer son excellent programme de gouvernement.
C’est ce que je souhaite au PQ et c’est ce que je nous souhaite à tous, citoyens du Québec et du Canada.
“En trois mois, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a perdu 13 points et a glissé au troisième rang, y compris à Québec, qui semblait sa forteresse.”
Fort bien !
C’était un passage obligé, vu les intérêts des médias dans l’exploitation de la démocratie où ils sont devenus les principaux actionnaires et moteurs si on oublie la Coalition des sans partis. Ils ont porté notre volontaire aux “grosses qualités d’intelligence et de volonté” aux nues et suivant la loi de Victor Hugo exprimée dans Le Bossu de Notre-Dame, plus l’on tombe de haut, plus la chute est profonde, telle un lendemain de coup de coeur, la CAQ ne pouvait que plonger dans les sondages.
Rien ne sert à un politicien de nourrir les médias à contre-temps, c’est comme se lancer dans un guet-apens. “On verra” si nécessaire la viande le temps venu, une fois en campagne électorale.
L’intérêt pour le politique, si j’en juge par l’achalandage selon Alexa aux sites des puissants partis politiques n’a pas été cet hiver à la hauteur de celui de l’automne passé. du 28 novembre au 11 mars, certes la CAQ subit la plus grande perte de demande exprimée en rangs mondiaux, du 1,467 et des poussières millionième au 4,899. Québec solidaire lui a reculé du 1,300 au 2,320; le parti libéral du Québec a plongé du 2,097 millionième au 3,449; chez les humbles, Affiliation Québec et le Parti de la démocratie sont sortis de la publication d’Alexa.
Chez les autres partis, l’ADQ s’est vu renaître, elle est remontée du 7,081 millionième rang au 4,414, sans compter son opposition interne, Restons ADQ qui né en décembre se retrouve encore actuellement au rang 3,466 millionième plus couru que sa majorité; le Parti vert du Québec a bondi du 25,465 millionième au 14,003; le Parti Québécois a avancée lourdement du 1,436 au 1,066; Option nationale a évolué du 5,025 millionième au 4,166.
Ceci étant, le site de l’heure est celui du Parti conservateur du Québec : créé vers le 20 janvier, il se retrouve le 11 mars au 1,352 millionième rang, dans la boite de vitesse du Bloc pot et à distance non infranchissable de celle du Parti québécois, pour faire sport moi aussi.
Pour conclure, c’est titré un peu fort “Le-one-man-show”. On verra !
Je pense que la situation s’est durablement inversée. Les gens commencentà prendre du recul devant l’amateurisme évident de Legault, et l’absence d’une plateforme ou d’un programme politique ayant la moindre consistance.
Ça ne me chagrine pas du tout.
Avec des “gros joueurs” comme Deltell et Rebello dans la même équipe, y’a de quoi faire dérailler un train! On n’est pas sorti de la gare!
Y a-t-il quelqu’un qui peut démasquer les Casseurs Masqués, SVP?
Il aura mon vote!!!