Don Meehan, avec qui j’ai eu une intéressant conversation, lundi soir, se garde bien de négocier sur la place publique, sachant très bien que son client, PK Subban, jouit d’une très grande popularité. Par contre, il reconnait que les présentes négociations avec le directeur général Marc Bergevin n’aboutiront peut-être pas à un dénouement heureux avant le début de la saison.
“Pour le moment, je serais très surpris que PK participe au premier match de la saison,” dit-il. Il l’a répété mardi midi sur les ondes d’une station radiophonique de Toronto.
Qu’est-ce qui cloche dans les pourparlers?
Meehan est très prudent. ”Jusqu’ici, Marc Bergevin a démontré beaucoup de classe. Il défend son point avec fermeté et nous défendons notre point avec fermeté.” Bergevin l’a démontré au cours des derniers jours, en fait, il le démontre depuis qu’il occupe le poste de directeur général: il a une philosophie de gestion et il entend l’appliquer. Chez le Canadien, si vous avez remarqué, au cours des dernières années, on a toujours demandé aux joueurs qui terminent leur contrat d’adhésion, c’est-à-dire ceux qui viennent de compléter les trois premières saisons de leur carrière, de démontrer qu’ils ont atteint un certain statut. Et, pour en arriver à convaincre la haute direction, ils doivent jouer deux saisons où on pourra les évaluer d’une façon plus approfondie.
Carey Price avait accepté une entente de deux ans. Max Pacioretty avait également accepté une entente de deux ans.
Les deux joueurs ont été récompensés parce qu’ils ont fait la preuve qu’ils exerceraient un impact important sur l’organisation et surtout sur la progression de l’organisation.
Que se passe-t-il dans le cas de PK? A première vue, il ne veut pas emprunter le même chemin que Price et Pacioretty. Il désire le gros lot immédiatement. Après une expérience d’environ 160 matchs dans la Ligue nationale. Le problème, me dit-on en coulisses, c’est au niveau de la durée du contrat. On pense, je pense aux deux groupes, être sur les mêmes longueurs d’ondes relativement à l’argent. C’est au sujet de la durée du contrat que ça bloque. Bergevin veut que Subban passe par le même processus que Price et Pacioretty. Le jeune défenseur ne le voit pas de cette façon.
Peut-être que ses arguments sont différents. Peut-être que son présent statut ne se compare pas à celui de Price, il y a deux ans, et à celui de Pacioretty, il y a un an.
Peut-être.
Tout d’abord, le jeune homme est, de toute évidence, le défenseur le plus talentueux du groupe considérant que Andrei Markov n’a pas fait la preuve qu’il avait retrouvé tous ses moyens. Egalement, le Canadien peut-il vraiment penser en fonction des séries éliminatoires sans PK Subban?
Tout récemment, Michael Del Zotto, représenté par Don Meehan, l’agent de Subban, a accepté une entente de deux ans avec les Rangers de New York. Deux ans à raison de 2.55 millions $ par année. On aimerait bien chez le Canadien que Subban accepte une entente de deux ans et ensuite,qu’il démontre hors de tout doute qu’il est un joueur unique, un joueur appartenait à l’élite du circuit. Sauf qu’on accepte pas cette théorie dans la camp Subban… Del Zotto est un bon défenseur mais l’impact qu’il exerce au sein des Rangers de New York n’est pas aussi important que l’impact qu’exerce Subban avec le Canadien. Et Subban, même si les statistiques sont pratiquement identiques, est un meilleur défenseur. En tous les cas, il a plus de ressources que Del Zotto.
Pour le clan Subban, le rôle qu’il remplit chez le Canadien lui confère déjà un statut particulier. Il est l’un des deux meilleurs défenseurs de l’organisation. Il est populaire, il est spectaculaire. Oh, il commettra des erreurs mais les joueurs qui ne commettent pas d’erreurs, ça n’existe pas… ou encore ce sont ceux qui ne produisent pas beaucoup sur la surface de jeu. Cependant, Bergevin a le droit d’entretenir des inquiétudes sur l’attitude de Subban. Les échos de vestiaire ont depuis longtemps atteint ses oreilles, il sait qu’il n’est pas très populaire auprès de plusieurs de ses coéquipiers. Il sait qu’il peut être parfois une distraction. Il aime bien Subban mais il aimerait bien que le jeune défenseur lui démontre clairement qu’il sera un incontournable pour l’organisation autant sur la surface de jeu qu’au niveau de son comportement dans le vestiaire. C’est la raison pour laquelle Bergevin préférerait qu’il le démontre au cours des deux prochaines années avant de lui présenter un contrat de plusieurs années.
Par conséquent, Bergevin veut que Subban chasse lui-même les doutes, il a besoin d’être assuré, il a besoin que Subban confirme qu’il a l’étoffe d’un leader et d’un joueur capable de respecter les consignes d’équipe.
On veut savoir si, avec des responsabilités accrues, il peut composer avec l’adversité. On veut savoir. On sait qu’il a le talent pour devenir un joueur de premier plan. Mais, on veut qu’il le démontre.
La dernière saison aurait pu être une belle vitrine pour le défenseur… mais il a loupé cette opportunité. C’est pourquoi les négociations sont difficiles et que l’écart entre les deux groupes est au niveau de la durée de l’entente.