Voilà trois jours que j’essaie de vous pondre une petite réflexion sur la Journée de la Terre. Je tourne en rond. J’écris et j’efface tout. Trop moralisateur, trop insignifiant, pas assez ceci ou cela. Bref, elle m’énerve cette journée. Elle m’énerve parce que j’ai eu l’impression cette année que la cause de l’environnement pour laquelle elle a vu le jour a été diluée dans une marre de mécontentement collectif. Mais il n’y a pas que cela. Elle m’agace aussi parce que, comme toutes ces journées dédiées à une cause en particulier, il semble qu’elle soit en train de créer autour de nous une sorte d’obligation morale dont il sera bientôt difficile de se délester sans passer pour un traître, un égoïste et, dans ce cas particulier, un dangereux inconscient.
Lundi à l’école, mon fils de 11 ans s’est fait demander par une éducatrice zélée s’il avait participé à la marche du Jour de la Terre. Voyant qu’il n’y était pas allé, elle se serait lancée dans un grand discours culpabilisant pour lui faire comprendre qu’il devait poser des gestes concrets pour protéger sa planète. Heu… se pourrait-il qu’il existe d’autres moyens de poser des gestes concrets?
Non, mon fils n’est pas allé à la marche du Jour de la Terre et puis après? Faut-il qu’il rampe sous terre pour autant? Qu’il croule sous la culpabilité? C’est quoi cette attitude? Une nouvelle religion qu’on tente de nous imposer en douce? On croirait presque entendre ma grand-mère nous reprochant de ne pas être allés à la messe du dimanche.
Sa maman non plus n’a pas marché pour la cause. Il faut dire que je ne marche plus beaucoup depuis qu’une vilaine fasciite plantaire ralentit mes élans. Mais même si mon pied avait été en mesure de me porter jusque-là, je ne sais pas si j’y serais allée cette année. La cause de l’environnement me tient à coeur, mais je n’aime pas me sentir obligée de suivre bêtement le troupeau pour avoir le droit d’être considérée comme une personne engagée et, par conséquent, respectable. Je suis pour la liberté d’expression, la diversité des opinions. Or il existe différentes façons de faire sa part pour la sauvegarde de notre environnement.
Marcher ensemble en scandant des slogans est une option, une belle façon de se faire entendre. Faire l’effort de poser de petits gestes au quotidien tout au long de l’année en est une autre. Je préfère encourager la deuxième option même si nous n’arrivons pas toujours à respecter nos engagements à la lettre.
À ce sujet, j’ai retrouvé dans ma bibliothèque cette semaine un excellent petit livre pour encourager nos enfants (ceux du primaire surtout) à faire la différence dans leur milieu en posant de petits gestes simples au quotidien. Le livre de Tracy Marsh s’intitule « Je peux faire la différence ». Il a été publié aux éditions Broquet en 2009.
L’auteure suggère à ses jeunes lecteurs une foule d’activités à faire pour améliorer la qualité de leur environnement, la qualité de la vie à l’école, dans leur quartier, dans le monde, pour venir en aide à des personnes dans le besoin et même pour améliorer leur propre vie.
Elle y propose, entre autres, des conseils sur le recyclage, une activité pour confectionner soi-même un sac recyclable, une autre pour apprendre à fabriquer du papier recyclé et des trucs pour encourager les membres de la famille à réduire leur consommation d’énergie à la maison.