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PLQ, CAQ et PQ : Du pareil au même?

- 4 juillet 2012

La semaine dernière, Pauline Marois, la chef du Parti Québécois, ironisait sur le dos du Parti libéral du Québec et sur celui de la Coalition avenir Québec (qui veut désormais se faire reconnaître comme l’Équipe de François Legault) en clamant : «Je trouve bien dommage qu’il n’y ait pas d’alliance entre la CAQ et le PLQ. Ils se ressemblent tellement. La CAQ, c’est un peu M. Charest» (Le Devoir, 26 juin 2012).

 

Énoncer et souhaiter cette alliance n’est pas très stratégique électoralement parlant de sa part mais bon, qu’à cela ne tienne, madame Marois et le PQ ne semblent guère mieux, ni maintenant, ni avant : «Le PQ reluque des adéquistes» (Journal de Montréal, 19 juin 2008). Et le 26 octobre 2008, madame Marois en fait une priorité et met le paquet afin d’appâter des députés de l’Action démocratique du Québec (ADQ maintenant fusionnée avec la CAQ) : «Marois prête à accueillir des transfuges adéquistes». Pas tellement grave si l’ADQ est fédéraliste et très à droite, pourquoi s’enfarger dans les détails ? Le PQ et Bernard Landry n’ont-ils pas eu comme conseillers économiques deux anciens de l’Institut économique de Montréal en Maxime «Jos Louis» Bernier (maintenant député conservateur) et Daniel Audet issu du Conseil du patronat (malheureusement décédé récemment)?

 

L’Institut économique de Montréal n’est pas à droite tellement il est à droite : c’est la droite. D’ailleurs, un de ses économistes a récemment fait paraître un texte d’opinion dans La Presse pour dénoncer la politique «sexiste» des sacs réutilisables à la SAQ car une femme, qui n’a pas un de ces sacs, peut mettre sa bouteille de vin dans sa sacoche. Elle échappe alors aux regards indiscrets et au jugement des autres qui s’intéresseraient évidemment à la dite étiquette car ils n’ont que ça à faire regarder les achats des autres… Alors que l’homme est biaisé! S’il n’a pas son sac réutilisable, voilà qu’il affiche sa pastille de couleur et l’étiquette de sa bouteille de vin au monde entier! Diantre! Bref, n’importe quoi pour attaquer un service d’État (car bien sûr l’entreprise privée offre des sacs à 0,05$ pour le plus grand bien de notre environnement et des petits cachotiers). Ça donne le ton de l’IEDM comme conseiller de chef d’État… Disons que la SAQ a versé en 2011 dans les coffres de l’État du Québec un dividende d’un milliard de dollars. C’est environ le tiers de ce que les 300 000 compagnies au Québec ont versé pour cet exercice en impôts sur le revenu au Trésor. Sans compter que la SAQ ne reçoit aucune subvention, contre au moins six milliards pour les entreprises et qu’elle paie rubis sur ongle et en entier l’argent qu’elle collecte en TVQ et en TPS, ce qui n’est pas le cas pour des milliers de compagnies.

 

Tiens, tiens, tiens, d’autres titres d’articles qui en disent long sur la véritable nature du Parti québécois : «L’ex-numéro deux de l’ADQ sera candidate pour le PQ», puis «d’anciens péquistes et bloquistes candidats pour l’ADQ» et enfin : «Un ancien candidat à la direction du PQ claque la porte pour se joindre à… l’ADQ».

 

Charest et Legault veulent moins d’État, plus de privé et inévitablement plus de corruption, de collusion, de fraude et de cartels d’affairistes tandis que la chef du PQ lorgne vers : «Marois réduirait le rôle de l’État» (Le Devoir, 7 novembre 2002). Tout comme le PLQ, c’est exactement ce qu’ont fait le PQ et ses matamores inféodés qu’étaient Bernard Landry, Lucien Bouchard, Pierre-Marc Johnson, Guy Chevrette, Joseph Facal, Jacques Brassard, Jean Garon, Jacques Leonard et compagnie. Des gens qui, vous conviendrez avec moi, ne portent pas beaucoup à gauche ni au centre.

 

En 2010, madame Marois modifie de façon cosmétique et banale sa vision de l’État et du bien commun en s’exclamant : «Moins de bureaucratie, plus d’efficacité, dit Marois». Hum, hum. Et qu’apprend-on dans un article du Journal de Montréal du 14 mars 2010 intitulé : «Changement de cap. Pauline Marois annonce un virage idéologique». Imaginez-vous donc que madame a comme objectif «de créer une classe de bien nantis, car la richesse individuelle est à la base de la richesse collective» qu’elle a dit le plus sérieusement du monde. Pour arriver à son but, elle «s’éloignera de l’État-providence en favorisant la création de richesse individuelle». Incroyable, si il y a du Jean Charest dans la CAQ, il y a un peu de Pauline dans Legault ou de Legault dans Pauline! Incroyable, pas très fort de larguer de telles grossières inepties identiques à celles clamées par la classe dominante et qui, après, se targue d’être progressiste! Elle va même jusqu’à taper des casseroles tellement elle est du peuple… avec son château à l’Ile Bizard,  qu’elle vient de vendre pour la coquette somme de 6,7 millions$ en 2011.

 

Voilà bien la principale raison du pourquoi le PQ n’est pas capable de devancer, dans les sondages, par plusieurs longueurs le PLQ, malgré tous les travers et les inombrables cas de corruption, de collusion, de financement occulte et de dilapidation de biens publics et de ressources naturelles rattachés au PLQ. Pas à cause de son château et de sa fortune personnelle, mais bien parce qu’il semble y avoir qu’une lettre qui sépare véritablement le PLQ du PQ à voir les orientations de ce dernier. Avec Gilles Duceppe comme chef, le PQ clancherait facilement le PLQ et la CAQ. Tiens, une petite dernière comique et pas très «songée» de Pauline : «Marois prend le virage d’une social-démocratie moderne» (17 mars 2008). N’importe quoi, n’importe quand. Et n’oubliez pas que le PQ et Marois étaient, dans un passé récent, favorables aux hausses des frais de scolarité, aux baisses d’impôts des compagnies et des nantis et à l’augmentation de la TVQ, à la sous-traitance et aux PPP, à la tarification des services publics, à la privatisation de la santé et même de la SAQ et d’Hydro-Québec.

 

Moi je trouve que PQ, PLQ et CAQ ça se ressemble pas mal. Dire que certains prétendent que l’on vit dans une belle province et un beau pays très démocratique et que l’on devrait en être fiers. La véritable option pour les Québécois qui tiennent vraiment aux notions de bien commun, de l’égalité des chances, de justice sociale et économique et de solidarité est Québec Solidaire qui en Europe serait considéré, ce qu’il est vraiment, un parti politique de centre-gauche. Je sais que le réputé chroniqueur Richard Martineau et sa douce moitié Sophie Durocher, elle aussi chroniqueuse renommée, ne pensent pas du tout comme moi. Pour ces derniers, il faut assimiler Québec Solidaire à des communistes comme Karl Marx, Fidel Castro, Mao Tsé-Toung et Hugo Chavez.