L. Jacques Ménard, l’OCDE et le décrochage scolaire

- 13 février 2012

Monsieur L. Jacques Ménard, président de la Banque de Montréal pour le Québec, a publié une opinion dans La Presse intitulée «Un drame humain. Au-delà des chiffres, la lutte contre le décrochage scolaire est une affaire de cœur».

 

Soyons sérieux : c’est plus qu’une affaire de cœur, c’est une affaire de financement adéquat. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui est loin d’être d’obédience communiste révolutionnaire, a suggéré aux gouvernements d’éviter de subventionner les écoles privées, dans son dernier rapport «Pour en finir avec le décrochage scolaire» (10 février 2012). Investir davantage dans l’école publique est préférable, selon l’organisme international.

 

Ça adonne bien puisque le Québec est le champion canadien pour subventionner les écoles privées à hauteur de 400 millions$ par année. Et, en plus, ça sera facile d’éliminer ces subventions puisque notre principal partenaire et concurrent économique, l’Ontario, ne verse rien en fonds publics au privé. L. Jacques Ménard, qui est un farouche partisan de la réingénierie de l’État québécois va certainement être d’accord avec cette recommandation de l’OCDE, même si cela veut dire s’attaquer aux vaches sacrées de la caste supérieure qui collent au modèle québécois.

 

À moins que pour lui et les autres «jokers» de son acabit contrer l’immobilisme s’assimile plus à privatiser la santé, les pensions et l’éducation publiques. Privatisation des services publics rime avec milliards en profits pour les institutions financières. Sur ce point, je sais que ce grand «philanthrope» me donne raison. D’ailleurs, c’est par «philanthropie» et pour aider à combattre le décrochage scolaire que sa banque, ses consœurs et ses gros clients détournent annuellement des milliards dans les paradis fiscaux? Nous vous en sommes très reconnaissants.

 

En terminant, vous permettez que je m’adresse personnellement à vous, monsieur Ménard? Votre vision simpliste du monde m’agace, parfois. Vous l’ai-je déjà dit? Comme prétendre que le décrochage scolaire est avant tout «une affaire de cœur» et que pour réussir dans la vie (titre de votre récent livre) il faut simplement le vouloir très fort. Ainsi, la réussite est autant accessible aux riches qu’aux pauvres. Comptez-vous chanceux monsieur Ménard que le ridicule ne tue pas.

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6 commentaires

  1. Sylvain Allie dit :

    Cher M. Lauzon, Personnellement, il y a déjà bien longtemps que je suggère l’abolition des subventions aux écoles privées !!! En fait, ces subventions sont un non-sens dans la mesure où nous payons tous pour diminuer les frais à payer des mieux nantis qui envoient leurs enfants à l’école privée et qui vomissent ensuite sur l’école publique !!!!! On prive le public de fonds importants qui pourraient aider à contrer le décrochage et à rendre l’école publique plus attrayante. De financer l’école privée, c’est aussi brillant que lorsque les Américains vendaient des armes aux Irakiens pour ensuite envoyer leurs soldats se faire tirer dessus par des armes américaines !!!!! (…) Le même phénomène dans le secteur de la santé avec les cliniques « privées » et les agences de la santé !!!!!! Suis-je le seul à trouver cette façon de faire complètement stupide et incohérente ???

  2. mario geoffrion dit :

    M. Lauzon,

    Combien coûterait au gouvernement du Québec la fin des subventions aux écoles privées sachant qu’une bonne partie des frais reliés à l’éducation en secteur privé est assumée par les parents actuellement qui acceptent de payer 2 fois pour l’éducation de leurs enfants?

  3. Marc Chabot dit :

    M. Lauzon,

    Nous du public, sommes soumis à une nétiquette qui nous proscrit très explicitement, de diffamer, vilipender, etc., des individus. On nous demande, on nous exige même, de rester dans les débats d’idée, de ne pas attaquer des individus. Et je pense que cela nous élève, que ça nous aide à voir nos propres défauts, nos propres erreurs, de ne pas dénoncer publiquement la paille dans l’oeil du voisin. Car qui sait si nous n’avons pas une poutre quelque part?

    Je pourrais moi aussi m’étendre sur les injustices des banques et des banquiers. Mais est-ce qu’on pourrait parler des systèmes, et se donner des moyens d’action et d’éducation? Car pour chaque escroc connu, il y en a dix qui n’attendent qu’un faux pas pour prendre sa place et s’enrichir. Quelle utilité alors, d’humilier un individu en particulier?

    Marc Chabot de Sherbrooke

  4. Sébastien Bouchard dit :

    Abolir le financement public des école privé, considérant que la moitié des élèves resteraient au privé (comme en Ontario) ferais sauvé 75 millions au gouvernement.
    Économie de 400 millions
    Dépenses de 325 millions
    Gains de 75 millions

  5. Marie Beauchemin, éducatrice spécialisée au public dit :

    Triste de voir que bien des gens pensent que nous sommes tous égaux dans nos capapcités d’apprendre. L’intellect est une chose, le savoir vivre avec les autre en est une autre. À l’école, tout est axé sur l’académique français, math, anglais, univers social, Où sont rendus les spécialistes en arts qui par leur matières savaient intégrer et enseigner, les maths, le français, l’anglais, l’univers social, l’empathie?
    Nombreux sont les jeunes qui apprennent autrement et ce sont eux qui décrochent. Il n’y a pas qu’une seule façon de s’instruire.
    Pour ceux qui disent payer deux fois pour l’école, ditent vous que nous payons tous deux fois, mais par pour les mêmes services car certains sont mieux servis.
    L’école est non seulement un droit , mais une obligation pour tout peuple qui se respecte.
    Comment redonner le goût de l’école aux enfants québécois est l’engagement que nous devont prendre.

  6. Jean-Pierre Potvin dit :

    Pourquoi vous ne parlez jamais des collèges privés non subventionnés! Vous savez ça existe et au surplus plusieurs d’entre eux sont opérés par des organimes à but non lucratif.

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