Pfizer et les pharmaceutiques au pouvoir

- 8 novembre 2012

La société américaine Pfizer est la plus grosse compagnie pharmaceutique au monde et elle n’est pas mal plus importante et plus riche que le Canada. En termes de ressources économiques, le Québec est un nain par rapport à Pfizer et à la tyrannie du cartel pharmaceutique qui font la pluie et le beau temps dans le monde grâce à leurs milliers de lobbyistes, d’universitaires franchisés, de groupes de recherches commandités et d’ex-politiciens à leur emploi. Comme pour les pétrolières, les banques, les chemins de fer, les firmes de génie, etc., et on repassera pour la supposée vive concurrence qu’est censée se livrer les agents économiques de tout marché. Dans plusieurs secteurs économiques, la concurrence et de ce fait l’économie de marché ne sont que des vues de l’esprit.

 

Mentionnons aussi que comme à l’accoutumée, Québec est chiche envers le monde ordinaire mais très généreux avec la caste supérieure, ce qui se concrétisera par le versement annuel de plusieurs centaines de milliers par année en fonds publics versés par la province à des pharmaceutiques milliardaires. Ça fait que c’est le Québec qui est le plus généreux en aide gouvernementale et où le prix des médicaments est le plus élevé au Canada. Même en leur donnant notre chemise, les mammouths pharmaceutiques en veulent toujours immonde et à flusher des milliards d’employés.

 

L’éthique et Pfizer

Commençons par une «joke» à vous faire mourir de rire. Elle vient de Scott Wilks, un haut dirigeant de Pfizer Canada, qui a dit très sérieusement, en entrevue au journal Les Affairesdu 7 avril 2012 que : «Il faut payer les médicaments à un prix équitable». Imaginez, faut avoir du front, et un gros en plus de ça, tout le tour de la tête pour nous parler de «prix équitable» des médicaments en particuliers et «d’équité» en général. Franchement, les pharmaceutiques qui détournent des milliards de dollars annuellement dans les paradis fiscaux par le biais de leurs filiales qui y logent et de leurs prix de transfert; des cadeaux princiers qu’ils distribuent aux médecins, aux pharmaceutiques et aux chercheurs universitaires pour services rendues à leur publicité trompeuse et mensongère, etc.

 

Tiens, prenons le titre de cet article de journal du 8 août 2012 : «Pfizer versera 60 millions$ US pour une affaire de corruption» et de celui-ci du 3 septembre 2009 : «Pfizer paie une amende record pour publicité abusive». Un petit 2,3 milliards$ US en amende auquel, selon moi, il aurait fallu aussi condamner les dirigeants de l’entreprise à la prison. Il y a aussi cet article du 10 décembre 2010 qui nous signale que «Pfizer a embauché des enquêteurs privés chargés de trouver des informations incriminantes sur le ministre de la justice du Nigéria qui poursuivait le géant pharmaceutique pour 75 millions de dollars» et également cet autre du 31 mai 2008 intitulé «Depo-Provera. Le recours collectif contre Pfizer peut aller de l’avant». Et après, ils ont le culot de se faire les apôtres de l’éthique et de la responsabilité sociale.

 

À genoux devant Pfizer

Contrairement à son engagement pris en 1987 d’investir 10% de leurs revenus en recherche au pays, en échange de subventions et de faveurs comme la durée prolongée de vie des brevets, de façon unilatérale et en vrai petit dictateur, Pfizer met fin à ses belles promesses : «Pfizer remet en question son engagement» (La Presse, 8 décembre 2010). Et nos élus affranchis s’écrasent face à ce comportement despotique.

 

Et même si c’est le Québec qui leur en donne le plus sur le bras de la population, Pfizer ne fait «pas de promesse pour le Québec» (16 mai 2012). Pfizer peut toutefois aider les provinces à «mieux gérer et prévoir ses coûts lorsque de nouveaux médicaments sont inscrits sur les listes». On appelle ça du mépris. Ce sont ces mêmes canailles qui provoquent intentionnellement des pénuries de médicaments moins rentables afin de vendre au gros prix leurs nouveaux médicaments qui sont quasi identiques aux vieilles pilules.

 

Des promesses de pertes d’emplois

Contrairement à ce que disent les boss de Pfizer, oui, ils peuvent faire des promesses de…. Pertes d’emplois et soyez assurés qu’ils tiennent parole. Tiens, prenons le titre de ces articles de journal récents : «Autre coup dur pour la recherche à Montréal. Pfizer élimine 150 postes» (3 février 2011). Puis, Pfizer dans Saint-Laurent : Quarante postes abolis» (26 mai 2012) et enfin : «Hémorragie dans l’industrie pharmaceutique. Pfizer sabre 300 emplois, dont la majorité à Montréal» (29 octobre 2012). Pourtant, Stephen Harper nous avait juré que les importantes baisses d’impôt sur le revenu consenties aux entreprises allaient créer des jobs, stimuler l’investissement et la croissance et créer beaucoup de richesse. Un autre mensonge des politiciens.

 

La recherche fondamentale sous-traitée

Et dire que nos gouvernements récidivent et nous enfoncent encore plus dans les entrailles du cartel pharmaceutique en sortant la recherche fondamentale pour de nouveaux médicaments des universités afin de les sous-traiter à des bineries biotechnologiques privées subventionnées à fonds par des fonds publics et à des fonds d’investissement spéculatifs qui s’associent aux transnationales pharmaceutiques. Ça, ça fait que les affairistes, les spéculateurs et les multinationales s’enrichissent et la population s’appauvrit et devient toujours à la merci du diktat des géants pharmaceutiques. Faut faire comme plusieurs pays et compte tenu de l’importance des médicaments pour le bien-être et la souveraineté de tout peuple et de leurs prix sur les budgets des familles et de la santé publique, faut remettre dans les institutions publiques la recherche fondamentale en santé. C’est trop important pour laisser ça à des gens qui sont principalement guidés par la cupidité bien avant le bien commun et la santé des gens. On a qu’à voir comment l’industrie pharmaceutique est peu émue par les millions de décès reliés aux VIH, s’est comportée en Afrique, ce qui fait dire que dans certains pays on meurt plus du sida que ou, encore, les profits avant la santé.

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13 commentaires

  1. Eric Bernard dit :

    On ne peut dire mieux !

  2. Martin dit :

    Cher M. Lauzon il pourrait vous rendre service et vous donner un peu plus de rigueur et moins de subjectivité si vous preniez connaissance du Code d’éthique de R&D Canada. Vous pourriez cesser de colporter des infos erronées relatives aux cadeaux au médecin et pharmaciens. Ça me donne la nausée de lire encore ce genre de futilités.

  3. Catherine dit :

    Pharma-québec svp!

  4. Dominic dit :

    Cher Martin, un code d’éthique, c’est un voeu pieu s’il n’est pas rigoureusement appliqué et surveiller. Si ça vous donne mal au coeur de lire des vérités de la vraie vie, cessez donc de vous masochister de la sorte et aller lire les beaux contes de fées qui pleuvent dans nos « bons » médias corporatifs. Moi ce sont des commentaires comme le vôtre qui me donnent la diarhée.

  5. G Moreau dit :

    Oui! Il faut le dire et le redire: Pharma-québec!!!!!!!!

  6. Tom dit :

    C’est dans le programme de Option national : 4.7 Créera Pharma-Québec, société d’État responsable de la gestion des produits pharmaceutiques dans le réseau québécois de la santé, dans le but de freiner la hausse du coût des médicaments au Québec. Pharma-Québec pourra également produire ses propres médicaments génériques. Avec ça on pourrait économiser des millions voir des milliards en plus de créer des emplois à haut revenus.

  7. Catherine dit :

    @Tom sans vouloir partir de guerre de partis ou quoi que ce soit, Pharma-québec était dans le programme de Québec Solidaire et un projet en ce sens déposé à l’assemblée nationale par Dr Khadir et ce avant même qu’Option National ne voit le jour.

  8. Nelson dit :

    Tom et Catherine

    Combien des gens ont voté pour Option Québec et Québec solidaire ?

    Et combien pour les amis des affairistes, les caquistes et libéraux ?

    Il est triste, bien triste….

    Malgré ça, Pauline et Obama ont rentré …

    Les peuples essaient s’affirmer, mais il n’est pas facile parce que les dominants ont les machines à faire peur dominantes.

    OUI PHARMA-QUÉBEC, et des médicaments génériques le plus rapidement possible…….nous parlons de vie et de mort ici…..c’est n’est pas de farces….

  9. Benton dit :

    J’ai l’ex-beau frère, représentant pharmaceutique, qui me contait dans les années 90 que chaque pharmacien propriétaire avec sa « ristourne », habituellement en rénovation de la section pharmacie dans les pharmacies, du moins il poussait pour des rénovations car certains demandaient des voyages ou de l’ameublement de maison!

    Par contre, après le scandale des pharmacies au début des années 2000, les pratiques semblent disparues, du moins, changées…

    Autre point, un article dans la revue Actualité de voilà plusieurs années affirmait que pour un nouveau médicament, la recherche représentait 13% et le marketing… 38%! Et les compagnies pharmaceutiques se plaignent que la recherche coûte chère!!!

    Un paradoxe: Les pharmaceutiques veulent augmenté le nombre d’années de leurs brevets parce que la recherche coûte chère pour un nouveau médicament et de l’autre côté disent que la recherche coûte chère… parce que les nouveau médicaments sont vites dépassés!!!

    @Martin
    Ne faite pas un Gérald Tremblay de vous, il y a l’Enquête, J.E., la Facture et plusieurs articles qui ont relevés plusieurs cas de manque d’éthique et de cadeaux! (Sans compter le scandale des pharmaciens voilà quelques années…)

  10. Alain Cro dit :

    @Benton

    Est-ce que c’étaient des pharmaciens de la ville de Montréal?

  11. Benton dit :

    @Alain Cro

    Non, en région….

  12. Catherine Drolet dit :

    Pharma-Québec encore une fois! Il ne faut pas lâcher, nous y tenons!

  13. Alain J. Laurendeau dit :

    La famille Rockefeller a réussi à construire et à maintenir avec succès le «business de la
    maladie» pendant plus de 60 ans, grâce à l’influence personnelle, au contrôle
    des banques, à la propriété des sociétés pharmaceutiques et pétrochimiques, à
    l’appui financier des hommes politiques favorables et à une multitude d’autres
    pratiques développées à l’origine par le patriarche John D Rockefeller. Comme le
    montre cet exposé, David Rockefeller maintient les tradition,.Pour finir, je voudrais ajouter qu’en participant au tribunal de La Haye vouscontribuez à engager le processus par lequel le «business de la maladie» sera
    finalement démantelé et traduit en justice. Les actes criminels de cette industrie
    peuvent alors être remplacés par un système de soins de santé qui se concentre
    sur des thérapies sûres, efficaces, non brevetables et sans effet secondaire..Mckinnell l’homme de main de David Rockefeller est les yeux et le directeur de Pfizer avec un autre homme de confiance de David..David Rockefeller avec ses salariés muti-millionnaires peu contrôler sans trop se casser la tête.
    Le démantèlement de ce modèle d’entreprise pharmaceutique inspiré par la
    Fondation Rockefeller va entraîner l’effondrement de l’empire financier bâti sur
    ces pratiques illégales, et donc la libération de fonds massifs pour le
    réinvestissement dans des changements qui mèneront à la paix future, à la
    bonne santé et à la justice sociale pour nous tous.

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