Tous les viols ne sont pas égaux…

- 29 juillet 2014

… et tous les actes pédophiles ne sont pas aussi graves.

Jusque là, ça va?

Ce n’est pas de moi, n’ayez crainte. C’est de Richard Dawkins.

Plaît-il? Qui est Richard Dawkins? On pourrait le qualifier de rock star de l’athéisme. Gourou de non-croyants. C’est un biologiste anglais, spécialiste de la théorie de l’évolution, mais mieux connu pour ses écrits condamnant la religion et la croyance en Dieu, dont le best-seller «Pour en finir avec Dieu» est sans contredit la bible de l’athéisme moderne, si vous me passez l’expression.

Pendant le débat sur la charte, je n’aurais pas pu compter le nombre de fois que son nom ou une de ses citations ont été évoqués sur ce blogue, tant elles étaient nombreuses.

Un brin provocateur, Richard Dawkins aime bien se faire remarquer. Il a très bien réussi ce matin avec deux gazouillis qui ont enflammé la twittosphère.

«Date rape is bad. Stranger rape at knifepoint is worse. If you think that’s an endorsement of date rape, go away and learn how to think, Dawkins tweeted on Tuesday morning».

En gros, «un viol commis par une connaissance lors d’un rendez-vous, c’est mal. Un viol à la pointe d’un couteau, c’est pire. Si vous pensez que j’endosse le viol commis par une connaissance lors d’un rendez-vous en affirmant cela, allez apprendre à réfléchir.»

Pas content d’avoir fait lever le couvercle de la marmite, il a récidivé quelques minutes plus tard: «Mild pedophilia [sic] is bad. Violent pedophilia is worse. If you think that’s an endorsement of mild pedophilia, go away and learn how to think».

Traduction libre: «La pédophilie ‘douce’, c’est mal. La pédophilie avec violence, c’est pire. Si vous pensez que j’endosse la pédophilie ‘douce’ en disant cela, allez apprendre à réfléchir».

Les exemples utilisés pour ce petit exercice – son but étant de nous amener à mieux réfléchir (x est mauvais, y est pire ne vaut pas dire qu’on endosse x) – laisse songeur quant au jugement de l’éminent professeur d’Oxford.

Qu’en pensez-vous?

L’outrage fait à une héroïne québécoise

- 28 juillet 2014

Aujourd’hui, la Québécoise, la conservatrice, la fédéraliste et la femme que je suis a mal à son gouvernement canadien.

Le gouvernement Harper a commis un outrage à la mémoire de Thérèse Casgrain, en abolissant, en catimini, une distinction nationale qui portait son nom, un geste incompréhensible et méprisant. Cela s’est passé en 2010 mais on vient tout juste de l’apprendre.

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Thérèse Casgrain

Un peu de perspective

Mon patron dit que je suis une Red Tory - et il a raison – et c’est de cette perspective que j’écris ce blogue indigné et très personnel.

Le red toryism, une forme de conservatisme éminemment canadienne, se veut fiscalement conservateur mais socialement progressiste. Une droite «douce».

Jusqu’en 2003, le parti qui représentait ce courant politique s’appelait justement «Progressiste-Conservateur».

Après la fusion avec l’Alliance canadienne, elle-même issue du Parti réformiste albertain, Stephen Harper a tout de suite laissé tomber le mot «progressiste», ce qui en disait long sur sa vision du conservatisme canadien. Les Red Tories, devenus orphelins politiques, ont assisté, impuissants, au spectacle d’un Stephen Harper qui tirait son parti vers un conservatisme à l’américaine, plus doctrinaire, plus à droite socialement, populiste et marbré de courants religieux.

Une droite «dure».

Au début, les Red Tories espéraient que ce nouvel élan vers la droite ne dépasserait pas les limites d’un canadianisme de bon aloi. Grave erreur. Stephen Harper s’est rapidement révélé être un idéologue avec un plan: réinventer le Canada, le débarrasser de sa tradition libérale et en effacer toutes les traces.

«L’œuvre» de Stephen Harper a depuis longtemps dépassé la bonne gestion de l’économie canadienne pour devenir une tentative de réécrire l’histoire du pays, pour la purger tous les éléments qui faisaient du Canada un des pays les plus admirés dans le monde. Son côté consensuel, modéré, pragmatique, libéral, avec un petit L.

Le Canada ne sera jamais une grande puissance militaire mondiale pour des raisons démographiques. Mais on pouvait compter sur lui une fois le temps de régler les conflits venu. Ce qui est bel et bien terminé.

Amadouer le Québec

Au début, prônant une politique de décentralisation, Stephen Harper a posé des gestes pour amadouer le Québec. En 2006, il a déposé une motion au Parlement, reconnaissant que «les Québécois formaient une nation au sein d’un Canada uni». Le premier ministre, où qu’il se trouve dans le monde, commence toujours ses discours en français.

Je ne sais pas si nous devions dire merci à genoux pour toute cette bonté, mais la vérité, c’est que le gouvernement Harper semble vouloir tout faire en son pouvoir pour ignorer, voire dénigrer, la contribution du Québec à l’histoire et à la culture canadienne. À part l’histoire militaire, s’entend. Et encore.

En 2011, John Baird, ministre des Affaires étrangères, faisait remplacer un tableau d’Alfred Pellan à l’entrée de son ministère par une vieille photo de la reine. En fait, cette obsession avec la monarchie, que peu de Canadiens partagent, démontre que le premier ministre se fiche complètement des sensibilités québécoises. Les manifestations de ce mépris sont nombreuses: porte-parole du premier ministre, juges à la Cour suprême et vérificateur général unilingues, fortunes dépensées pour commémorer la guerre de 1812… N’en jetez plus, la cour est pleine.

Elle ne l’était pas tout à fait. Ce que nous avons appris hier est tout simplement révoltant.

La Presse canadienne a révélé que le prix Thérèse-Casgrain du bénévolat, instauré par Pierre Eliot Trudeau en 1982, pour marquer le décès de cette femme aux nombreux accomplissements communautaires et politiques et qui a marqué l’histoire du Canada au 20e siècle, a été aboli. Comme ça. Sans le dire à personne. Sans consulter la famille de madame Casgrain, ni la Fondation qui porte son nom. En catimini.

Toujours selon la PC, en 2010, le ministère qui supervisait le prix a reçu la directive de créer un Prix du premier ministre pour le bénévolat. Et c’est ainsi que l’honneur national fait à madame Casgrain via le prix qui portait son nom est disparu des écrans radars. La famille a reçu deux colis «commémoratifs» avec des objets et des documents reliés au prix, dont une médaille.  Merci, bonjour.

(Tiens, Liza Frulla m’apprend que si cette histoire sort maintenant, c’est parce que le Prix du premier ministre est un échec. Il y a très peu d’inscriptions. Trop politisé.)

Et pour être certains que cette grande dame, sans doute trop à gauche pour la droite «dure», ne refasse surface dans nos mémoires, son image a disparu des nouveaux billets de 50$, remplacée par un… hibou.

Qui est Thérèse Casgrain?

Voici un concentré de la page Wikipédia qui lui est consacrée:

-          Née à Montréal en 1896

-          Après la Première Guerre mondiale, siège au Conseil fédéral du salaire minimum

-          Dans les années 1920, elle plaide en faveur de réformes sociales, dont la principale, le droit de vote pour les femmes

-          Présidente de la Ligue pour les droits des femmes

-          Fondatrice de la Ligue des francophones

-          Pendant la Deuxième Guerre mondiale, met sur pied la Commission des prix et du commerce en temps de guerre

-          Nommée Officier de l’Ordre de l’Empire britannique pour services en temps de guerre

-          Dès 1946, se joint au Parti social-démocratique, l’ancêtre du NPD.

-          Première femme chef de parti politique, le PSD, au Québec

-          Fondatrice de la Fédération des femmes du Québec en 1966

-          Présidente de la Ligue des droits de l’homme

-          Présidente de l’Association des consommateurs du Canada

-          Nommée sénatrice en 1970

-          Reçoit des diplômes honorifiques en droit de 12 universités canadiennes

-          Officier et Compagne de l’Ordre du Canada

-          Prix du Gouverneur général

-          Femme du siècle au Québec – Conseil national des femmes juives du Canada

-          Reçoit la médaille de la personne s’étant le plus distinguée dans la défense des droits de la personne et des idéaux de justice dans notre société, de la Société de criminologie du Canada.

-          Décédée en 1981.

-          Remplacée par un hibou sur les billets de 50$ en 2012

 

 

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Un timbre commémoratif émis en son honneur en 1985

Harper est-il un agent souverainiste? 

Je commence à croire que Stephen Harper est un agent secret à la solde de Mario Beaulieu. Plus sérieusement, se pourrait-il que son Canada «réinventé» n’inclue pas le Québec ?

Chose certaine, si jamais les conservateurs sont réélus en 2015, j’aurais une réflexion profonde à faire sur mes allégeances politiques et constitutionnelles.

À lire: La gauchiste en collier de perles, de Nicolle Forget (Fides). Une biographie de Thérèse Casgrain.

LA question qui tue

- 25 juillet 2014

Deux petites choses avant de tirer ma révérence pour le week-end.

1- Une citation du secrétaire général des Nations Unies, passée inaperçue ici, amène un nouvel éclairage sur le grave incident d’hier mettant en cause des obus tirés sur une école de l’ONU –  les circonstances, ou les coupables ne sont pas connus, il y a aura des enquêtes – et qui a fait 16 morts parmi les Palestiniens qui s’y étaient réfugiés, dont des femmes et des enfants. Une abomination.

Un geste absolument condamnable. Point à la ligne. Que ce soit une erreur ou un geste volontaire de l’armée israélienne, ou un obus du Hamas qui aurait explosé.

Si les Israéliens ont posé ce geste délibérément, ils devront répondre de leurs actes. Si c’est les gens du Hamas, nous savons qu’il ne se passera rien. Même l’ONU n’a pas de prise sur eux, comme en témoigne la dernière phrase de la déclaration de Ban Ki-moon ci-bas.

Je diffuse cette citation, pas pour excuser, pas pour blanchir, par pour déresponsabiliser l’armée israélienne, ou qui que ce soit d’autre, mais pour montrer le contexte dans lequel ce massacre a eu lieu. Le contexte dans lequel cette guerre se déroule.

Voici donc ce qu’a dit Ban Ki-moon la veille, via son bureau, en réaction à deux caches d’armes du Hamas trouvées dans deux écoles différentes gérées par l’ONU.

«Mercredi, le secrétaire général a exprimé son indignation (outrage) et son regret face à l’entreposage d’armes dans une école administrée par l’ONU et à la disparition subséquente de ces armes.» «Ce faisant, les responsables transforment les écoles en cibles militaires potentielles et mettent en danger la vie d’enfants innocents, des employés de l’ONU qui y travaillent et de quiconque utilise les écoles de l’ONU comme lieu de refuge [mes italiques]… Le secrétaire général demande à tous ceux qui ont de l’influence sur les groupes militants de leur envoyer un message clair que cela est inacceptable.»

Puisque tout le monde semble accuser tout le monde de mentir ou de se laisser manipuler – Simon Jodoin, rédacteur en chef de VOIR s’est permis une attaque en règle, cheap et complètement injustifiée contre ma collègue Nathalie Elgrably-Lévy pour sa chronique d’hier dans Le Journal – voici le lien de l’ONU où se trouve la déclaration de Ban Ki-moon.  http://www.un.org/sg/statements/index.asp?nid=7885 

2- LA question qui tue, et j’aimerais vraiment vous entendre. Je n’interviendrai pas.

«Si l’armée israélienne cessait demain ses tirs sur Gaza et que le gouvernement israélien mettait fin au blocus entre Gaza et Israël (pour le blocus égyptien, je ne peux rien supposer), selon vous, que se passerait-il?» Que devrait-il se passer?

Merci d’alimenter le débat en restant respectueux des opinions de tous.

Gaza: entre la tête et le coeur

- 24 juillet 2014

Je souhaite par ce texte de répondre à des commentaires reçus suite à mon blogue «Incidents antisémites à Montréal». 

Désolée, ce sera un peu long.

Il est évident qu’on ne peut comparer une douzaine d’incidents, certains violents, impliquant des Juifs montréalais et la situation humanitaire à Gaza. Mais cela fait partie de la même cellule de haine. Du même cancer.

Je viens de me taper 500 pages d’un ouvrage écrit par un ancien prof de Harvard sur le retour de l’antisémitisme dans le monde, et principalement en Europe. Il se passe quelque chose.

Mais revenons à Gaza. Vous dites que je ne me suis pas exprimée sur les femmes et les enfants, innocentes victimes du conflit. Ce n’est pas tout à fait vrai. J’ai écrit à plusieurs reprises, dans mon blogue, à l’intérieur de textes explicatifs, sur Facebook ou Twitter à quel point j’étais peinée, déchirée par ce que vivent les Gazaouis en ce moment. Je ne suis pas un monstre d’inhumanité, bordel ! Mais je n’ai pas signé de texte humanitaire comme tel, c’est vrai.

Mais ma position sur le conflit comme tel est bien connue: je suis en faveur de la solution des deux états, contre la colonisation, pour un retrait négocié des territoires occupés – le retrait de Gaza n’a pas été négocié et on en voit les conséquences – et je ne suis pas une fan de Netanyhaou. OK ?

Une mission pédagogique

La mission que je me suis donnée dans le dossier du conflit israélo-palestinien, c’est d’analyser, de tenter d’expliquer la situation dans un cadre géopolitique. Mon côté pédagogue est plus fort que mon côté mère Theresa.

Les Québécois sont très émotifs, rien de mal à cela, mais ce n’est pas parce qu’on ne place pas la dimension humanitaire au coeur de l’analyse en toutes circonstances qu’on se fiche des victimes.

Ce n’est pas parce que je ne préface pas chaque texte d’une déclaration de tristesse profonde que je ne suis pas émotivement affectée par ce qui se passe à Gaza. Toute la lumière devra être faite sur cette école frappée, pense-t-on, par un obus israélien. Qu’il y ait eu des armes dans deux autres écoles de l’ONU ne peut justifier des frappes volontaires sur un édifice rempli de femmes et d’enfants qui cherchaient refuge. Même s’ily avait eu des armes au sous-sol.

Je ne fais pas d’humanitaire parce que je suis ici.  Un reportage humanitaire, ça se fait sur le terrain. J’ai trouvé Marie-Ève Bédard, correspondante à Gaza de Radio-Canada, très forte mercredi soir.C’est très dangereux, d’une part, et d’autre part, le Hamas contrôle les journalistes qui disposent de très peu de marge de manoeuvre. Avez-vous remarqué qu’on ne voit jamais d’images de combattants du Hamas ou de lance-roquettes ?

De mon côté, j’essaie de comprendre la dynamique des forces en présence.

Événements isolés

J’essaie aussi de ne pas m’attarder à des micro phénomènes comme ces crétins qui regardent les bombardements israéliens sur Gaza dans leurs chaises de jardin. Même si je me doute bien que si tout cela se passait ici, disons entre Khanawake et Ville La Salle, certains de mes concitoyens sortiraient leurs chaises pliantes aussi. Pour la même raison qu’on regarde les accidents. Un côté sombre de la nature humaine.

Et pourquoi est-ce que je ne commente pas cette dérive ?

1- Parce que je sais que ça ne représente pas l’état d’esprit de la majorité des Israéliens mais celui de gens exaspérés qui vivent à côté de Gaza et qui ont reçu des milliers de roquettes par la tête depuis 2008. Depuis 2012, 2 530 roquettes sont tombées sur des sites habités, proche de la bande de Gaza. Il y a des enfants en Israël qui n’ont jamais dormi ailleurs que dans un abri de toute leur vie. La violence répétée déshumanise tout le monde. Le même phénomène touche les Palestiniens, déshumanisés par l’occupation, les guerres et les erreurs de leur leadership. J’y reviendrai plus loin.

2- Je pourrais, mais je le ferai pas, publier des photos de Palestiniens en Cisjordanie qui se réunissent sur le haut des collines pour applaudir les roquettes qui pleuvent sur Israël. Ou qui dansent dans la rue quand un soldat est enlevé. Comme si un seul soldat, qui a probablement 18 ou 19 ans, était responsable de la guerre. Et puis, c’est interdit par la convention de Genève.

Ni blanc, ni noir

Chaque côté a ses tordus. Chaque côté a ses jusqu’au-bouttistes, ses fanatiques religieux, ses têtes brûlées mais une chose demeure: Au moment même où les roquettes arrêteront, les tirs israéliens cesseront aussi.

Mais si Israël cesse son offensive, encore plus de roquettes seront lançées.

Seule une véritable paix peut résoudre la situation, une paix impossible tant que le Hamas, et le Hezbollah, continueront de se battre pour la destruction d’Israël au lieu de chercher un moyen de se partager le territoire.

Les Palestiniens ne disparaîtront pas, les Israéliens non plus. Un jour, il va bien falloir vivre ensemble. Et n’ayez crainte, à part les plus extrémistes parmi les Juifs religieux, soit moins de 10 pour cent de la population, personne ne croit que le Grand Israël va renaître. Comme le disait Itzhak Rabin: La Bible n’est pas un cadastre.

Un travail éprouvant

Hier, je rédigeais un texte pour une revue juive qui paraîtra au Nouvel An, à l’automne. Ce fut un exercice souffrant. Car si la société palestinienne se durçit, la société israélienne change aussi. Israël n’est plus le pays qu’il était dans les années 50, 60 ou 70, la réalisation du rêve des premiers sionistes, des idéalistes de gauche, laïcs, qui voulaient faire fleurir le désert, un kibboutz à la fois.

Les causes de ces changements sont nombreuses  et complexes. Par exemple, l’arrivée massive des Juifs de Russie après la chute de l’Union soviétique a changé le visage politique du pays. Habitués à un régime brutal, les immigrants russes ont tendance à être plus à droite, plus radicaux. Aussi, le pays a pris un virage plus bling bling, plus matérialiste, une conséquence du succès entrepreneurial israélien, ce qu’on ne peut lui reprocher. C’est un pays extrêmement dynamique à qui ont doit des inventions aussi utiles que… le téléphone cellulaire.

Mais ce n’est pas tout. Le philosophe sioniste ultraorthodoxe Yeshayahou Leibowitz, surnommé le «prophète de la colère» avertissait la nation en 1967, après la guerre des Six Jours qu’elle risquait de perdre son âme dans les territoires occupés:  Gaza, (et le désert du Sinaï) qui appartenait à l’Égypte, la Cisjordanie, qui appartenait à la Jordanie et le plateau du Golan qui appartenait à la Syrie.

Il craignait que la fièvre nationaliste ne gangrène «l’âme juive». Leibowitz est demeuré sioniste jusqu’à la fin de ses jours, mais, comme beaucoup d’intellectuels israéliens, n’a jamais raté une occasion de dire au gouvernement et au peuple juif ses quatre vérités.

Ils sont nombreux aujourd’hui à se demander si sa «prophétie» serait en train de se réaliser.

Cul-de-sac

Permettez-moi un petit détour pédagogique: Pourquoi Israël n’a-t-elle pas remis ces territoires à leurs propriétaires après la guerre dans laquelle les armées arabes ont été battues à plates coutures ? Parce qu’Israël était en situation d’invasion imminente, donc de légitime défense. Et parce que pour remettre du territoire, il faut négocier une paix. Un cesser-le-feu ne suffit pas. Et pourquoi n’y a -t-il pas eu de négociations ? La réponse s’appelle la Résolution de Khartoum, adoptée par La Ligue Arabe en 1967: Pas de paix avec Israël, pas de négociations avec Israël, pas de reconnaissance d’Israël.

Ce qui exactement la position du Hamas aujourd’hui, qui a ajouté «pas de pays appelé Israël, pas de Juifs au Moyen-Orient».

Malgré l’intransigeance initiale des pays arabes, Israël a accepté la main tendue par l’Égypte, son plus puissant ennemi et conclu un accord de paix et accepté de remettre le Sinaï à l’Égypte en échange. Cette paix dure depuis 1979. En 1994, Israël et la Jordanie ont signé un accord de paix.

Les oiseaux de malheur qui croassent que la paix n’est pas possible oublient ces «détails de l’histoire».

Vouloir la paix plus que tout

Mais pour faire la paix, il faut que toutes les parties la désirent à parts égales et plus que tout.

Quelques semaines avant le début des hostilités fin juin, un sondage face-à-face a été réalisée à Gaza: 70 pour cent des Gazaouis disaient souhaiter que la trève de 2012 avec Israël soit maintenue, ce que le Hamas n’a pas respecté, et 57 pour cent se disaient prêts à reconnaître Israël, dans le respect des accords internationaux et à renoncer à la violence.

Par contre, 68 pour cent des Palestiniens rejetent la solution des deux états, un juif, l’autre palestinien. Un sondage réalisé en Israël en novembre par l’université de Tel Aviv indiquait que 60 pour cent des Israéliens appuient la solution des deux états. Une proportion qui a peu changé au fil des ans, même si les Israéliens y croient de moins en moins. Cela fait partie du durcissement de la société israélienne

Regarder les choses en face

Je le répète, il faut pleurer les morts, brandir le poing pour réclamer la fin des hostilité, dénoncer l’injustifiable, punir tous les coupables de crimes de guerre. Mais il faut aussi essayer de comprendre comment et pourquoi on  s’est mis dans le pétrin si on veut trouver la sortie.

L’outrage aux victimes, c’est de ne pas tout faire pour que cesse la violence. Y compris la regarder froidement par moments, pour mieux la combattre.

Incidents antisémites à Montréal

- 23 juillet 2014

Cette photo à été prise à Outremont lundi. Les occupants de l’auto brandissent des drapeaux palestiniens.

Comme le soulignait mon amie Émilie Dubreuil, les Juifs d’Outremont sont pour la majorité opposés à l’État d’Israël. Une partie des Juifs hassidiques croient qu’Israël ne peut exister tant que le Messie n’est pas venu. Donc, mauvais quartier.

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Une douzaine d’incidents ont été rapportés au cours des derniers jours. La police a dû intervenir dans certains cas.

Des femmes, des familles, des personnes âgées, ont été frappées ou injuriées. À Outremont, dans le Mile End. dans Côte-des-Neiges, sur Van Horne près de Décarie, à Ville Saint-Laurent, même au parc Préfontaine !

Dire qu’il y a six mois, on s’en prenait aux Musulmans… Et je le dénonçais haut et fort.

Du calme ! Paix, peace, shalom, salam, mir.

Je partage avec vous cette page de l’université Columbia qui donne la traduction de «peace» dans toutes les langues. Ou presque.