Toutes mes excuses

- 23 octobre 2014

J’ai retiré mon blogue «Le silence du Parti Québécois» et je m’excuse envers le chef par intérim du Parti Québécois. J’ai peut-être eu la mauvaise information mais ce dernier a bel et bien fait une déclaration complète sur les événements d’Ottawa en chambre hier, en plus du commentaire en scrum ce matin.

Je croyais avoir compris autre chose lors de ma conversation avec l’attachée de presse.

Encore une fois, toutes mes excuses.

La faute à Stephen Harper ?

- 23 octobre 2014

Les événements tragiques de cette semaine seraient la conséquence des politiques belliqueuses de Stephen Harper.

Si je lis ou entend cela une autre fois aujourd’hui, je vais hurler.

Quelques pensées sur le sujet, de la part de quelqu’un qui est horrifiée par le peu de respect affiché par l’actuel gouvernement pour les institutions et pour la transparence et la vérité. Le Parti conservateur du Canada a bien peu à voir avec le véritable conservatisme qui par définition est quasi obsédé par le respect des institutions !

Première règle, que tous les leaders politiques ont respectée hier dans leurs déclarations publiques, lorsque le pays, ses représentants, ses défenseurs ou ses institutions sont attaqués, l’heure est à la solidarité. Par patriotisme, si cette option vous chante. Par décence si vous avez la fibre souverainiste.

Le temps des récriminations viendra plus tard. Il est plus important de pleurer le caporal Nathan Cerillo et de remercier le sergent d’armes Kevin Vickers pour son geste héroïque que de blâmer le gouvernement à cette heure-ci.

Après quelques jours de deuil national, la prochaine étape sera de poser des questions difficiles à la GRC, aux Services de renseignements et au ministre de la Sécurité publique du Canada et de continuer à les poser jusqu’à ce que nous recevions des réponses satisfaisantes. Quand le Parlement est attaqué,  les citoyens sont en droit de s’attendre à une transparence exemplaire.

-          Pour le niveau d’alerte a–t-il augmenté de bas à moyen vendredi dernier ? Que savaient les autorités ? Qu’ont-elles fait ?

-          Pourquoi les lacunes dans la sécurité du Parlement mises en lumière par le Vérificateur général en 2012 n’ont-elles pas été corrigées ?

-          Qu’a-t-on fait dans les heures qui suivi l’attentat de Saint-Jean pour garder un œil sur les autres personnes apparaissant sur la liste du SCRS ?

-          Le 8 octobre dernier, en commission parlementaire, le chef de la GRC Bob Paulson a confirmé que le gouvernement surveillait un certain nombre d’invidividus mais que les Canadiens ne devraient pas s’inquiéter outre-mesure. (“It’s nothing that I think Canadians need to be alarmed about. I think we’re managing through our collective efforts a response that is . . . appropriate to the nature of these suspected offences.” Bob Paulson).

Comment se fait-il que des individus connus et fichés n’étaient pas surveillés 24 heures par jour ? Ils n’étaient pas 3 000, mais moins de 100. La loi anti-terrorisme donne des moyens exceptionnels aux autorités. Pour ne les a-t-on pas utilisés ?

-          Pourquoi a-t-on estimé que les preuves étaient insuffisantes pour inculper un individu que l’on savait radicalisé et arrêté alors qu’il s’apprêtait à partir pour la Turquie, porte d’entrée des djihadistes en Syrie ? Martin Couture-Rouleau n’allait certes pas visiter le Grand Bazar d’Istanbul.

-          Pourquoi les Canadiens doivent-ils apprendre l’identité de leur concitoyen tué par la bouche des médias américains ? Tout comme l’identité du tueur. La conférence de presse des autorités hier à Ottawa devrait être préservée dans un musée de la honte consacré aux pires communications officielles de l’histoire.

-          Pourquoi les autorités tolèrent-elles la présence continue au Canada de leaders religieux qui n’auraient pas la citoyenneté canadienne et qui prêchent à leurs ouailles que la religion dont ils sont les représentants et la démocratie ne sont pas compatible et autres dérives inacceptables ?

Bien sûr, nous sommes libres de critiquer le gouvernement conservateur, ou le premier ministre Harper, à n’importe quel moment, nous sommes en démocratie après tout, mais en gardant deux choses à l’esprit.

1- Le Canada a été menacé par des islamistes bien avant l’élection du gouvernement conservateur.

2- Si on se fie au raisonnement anti-Harper concernant l’implication canadienne au sein de la coalition contre le groupe armé l’État islamique, les Britanniques n’auraient pas dû déclarer la guerre à l’Allemagne après que cette dernière ait envahi la Pologne, de peur de recevoir des bombes sur le nez.

Après le traumatisme de la Grande Guerre, beaucoup d’Anglais voyaient Winston Churchill comme un marchand de guerre, voire un chien enragé. Il a passé les années 30 à avertir ses compatriotes majoritairement antiguerre après les sacrifices de 1914-1918 que l’Allemagne se préparait à nouveau à la guerre sans qu’on lui prête la moindre attention. Il était même isolé par son propre parti politique, le Parti conservateur.

Bien entendu, notre époque et ses défis sont bien différents – je ne trace aucun parallèle historique, c’est une interrogation morale - mais croire qu’on ne doit pas attaquer un ennemi déclaré de crainte qu’il ne nous attaque à son tour est tout aussi absurde aujourd’hui qu’en 1939.

 

Avant qu’on ne parle plus que du tueur…

- 22 octobre 2014

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… voici le jeune homme qui est mort aujourd’hui, pendant qu’il gardait le monument érigé devant le Parlement canadien à la mémoire des soldats canadiens tués en temps de guerre. Un lieu sacré, nous rappelait le premier ministre. Ce soldat n’avait que 24 ans, il était natif de Hamilton en Ontario et s’appelait Nathan Cirillo. Il servait son pays comme réserviste au sein du régiment des Highlanders d’Argyll and Sutherland. 

Il n’était pas armé. Pas plus que ne l’était l’adjudant Patrice Vincent tué à Saint-Jean-sur Richelieu.

Dans quel monde vivons-nous? Autrefois, les soldats allaient mourir sur des champs de bataille lointains. Aujourd’hui, ils tombent au combat dans le stationnement d’un centre commercial dans une petite ville tranquille et devant l’assemblée du peuple canadien. Tués par des compatriotes égarés.

Mes pensées vont à tout ceux et celles qui ont connu et aimé ces hommes courageux qui ont donné leur vie pour leur pays, ne l’oublions jamais.

Quel gâchis. Quelle tristesse. Quelle folie.

Mohammed, Jean-Pierre ou Peter ?

- 22 octobre 2014

Entendre des coups de feu retentir dans les corridors du Parlement canadien glace le sang.

(Nous savons maintenant que des coups de feu ont été tirés à trois endroits: au cénotaphe, à l’intérieur du Parlement et au centre commercial Rideau, tout près du Parlement.)

Allez, avouez-le, vous aussi êtes assis sur le bout de votre chaise à attendre l’identité du tireur qui aurait été abattu au Parlement. S’appelait-il Mohammed, Jean-Pierre ou Peter ? (Je doute que ce soit une femme, mais rien n’est impossible.)

Nous voulons tous savoir si l’islam est en cause et c’est normal au lendemain d’un attentat terroriste au Québec, même s’il ne faut pas sauter aux conclusions. Rappelons-nous de l’attentat d’Oklahoma City.

(Et pour ceux et celles qui pointent Stephen Harper du doigt, puis-je vous rappeler que n’est pas lui qui est entré au Parlement armé d’une grosse carabine ce matin ? L’heure est à la solidarité, c’est le Parlement qui a été attaqué. L’assemblée du peuple canadien.)

Soyons honnêtes: Nous brûlons tous d’impatience de savoir si le ou les tireurs ont des pages Facebook tapissées de drapeaux noirs du groupe armé l’État islamique et de passages du Coran appelant au djihad.

Cela nous donnerait une piste pour «expliquer» ce qui se passe aujourd’hui à Ottawa, n’est-ce pas ?

Des coups de feu qui résonnent dans les couloirs du Parlement canadien, pour la majorité d’entre nous, dépasse l’entendement.

AJOUT: Un média américain dévoile l’identité du tueur allégué: Michael Zehaf-Bibeau. Si l’information est confirmée, mon titre était prophétique: un peu de Mohammed (Zehaf), de Jean-Pierre (Bibeau) et de Peter (Michael).

 

Était-ce un geste terroriste ?

- 21 octobre 2014

Voyons voir ce que des instances neutres ont à dire sur le sujet.

Larousse nous apprend que le terrorisme est «Un ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otage, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays d’un système».

Selon Le Petit Robert, le terrorisme est «L’emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique et spécialement ensemble des actes de violence, des attentats, des prises d’otages civils qu’une organisation politique commet pour impressionner un pays (le sien ou celui d’un autre).»

L’Oxford English Dictionary dit que le terrorisme est une «politique ayant pour but de frapper de terreur ceux contre laquelle elle est adoptée».

Et l’Oxford Concise Dictionary of Politics définit le terrorisme comme étant un «terme sans accord parmi les analystes gouvernementaux ou académiques, mais presqu’invariablement utilisé dans un sens péjoratif, la plupart du temps pour décrire des actions menaçant la vie perpétrées par des groupes sous-étatiques auto-légimités à buts politiques».

Enfin, l’American Heritage Dictionnary propose que le terrorisme est «L’utilisation ou menace d’utilisation illégale de la force ou de la violence par une personne ou un groupe organisé contre des personnes ou des biens avec l’intention d’intimider ou de forcer des sociétés ou des gouvernements, souvent pour des raisons idéologiques ou politiques.»

Le sociologue français Raymond Aron, un des phares de la pensée au XXe siècle, croyait pour sa part que le terrorisme était «Une action violente dont les effets psychologiques sont hors de proportion avec ses résultats purement physiques».

L’ONU pour sa part n’arrive pas à s’entendre sur une définition du terrorisme.

Je repose donc la question : Le geste de Martin Rouleau était-il un acte terroriste ?

Je ne vois pas au nom de quelle définition on pourrait dire non.

Était-il fou ? C’est sans importance. Fou ou pas, un terroriste demeure un terroriste.

Il y a fort à parier que Martin Rouleau se percevait comme un terroriste.

Pensez-vous que les types qui ont piloté des avions sur les tours du World Trade Center, sur le Pentagon et possiblement vers la Maison Blanche avant de s’écraser dans un champ en Virginie étaient sains d’esprit ?

Who cares ?

Ils ont tué et leurs gestes inspirent la terreur depuis. Leur santé mentale, on s’en tartine.