La Presse hier publiait à la une un reportage sur l’usage de stéroïdes par certains hommes dans le seul but d’avoir un body d’enfer et de pogner au max. Ma réaction ? Il était temps qu’on en parle. Et ce n’est pas parce que je n’ai pas essayé de le faire quand je dirigeais des magazines féminins.
Dans l’article de La Presse, Stéphane, 28 ans, se pique aux stéroïdes depuis un an. Il sait à quel point c’est dangereux mais il veut plaire aux filles. Avec un 10 kilos de muscles de plus, “elles sont toutes après toi.” Il faudrait réécrire le classique féministe sur la minceur, À dix kilos de muscles du bonheur. Stéphane est loin d’être le seul à penser comme ça. Les gars, comme les filles, ne vont pas au gym que pour avoir un bon cardio. Gagner 5 cm de tour de bras, par contre, ç’est essentiel pour la conquête du samedi soir.
Séduisants stéroïdes
En 2009, le Ministère responsable de la condition féminine (puis-je vous dire à quel point je déteste cette expression, la condition féminine ?), a créé une charte de l’image corporelle. Ultra-minceur, mode, anorexie, sexualité, le sujet est analysé sous toutes ses coutures. Non, pas sous toutes ses coutures. Comme ce texte provenait du ministère de la condition féminine, pas un mot sur les garçons et leurs réels problèmes d’image corporelle.
Je l’avais soulevé à l’époque pour me faire dire que le problème touchait surtout les femmes. Qu’il y avait urgence d’agir. J’ai tenté, en vain, de faire comprendre que les hommes aussi souffraient de problèmes d’estime de soi reliés au corps et que plusieurs mettaient leur santé, leur vie en jeu juste pour avoir des abdominaux d’acier. Comme ceux des mannequins à la une de magazines comme Men’s Health ou Men’s Fitness. Sans résultat. “Ce sont de nos fils dont il est question”, ais-je lancé, exaspérée, à une féministe connue. Réponse: “On le sait ben, toi Lise, tu défends toujours les hommes.”
Faux. Je défends la justice. Le féminisme, selon moi, est une branche de la justice.
L’image de l’homme dans les médias
Au moment même que le gouvernement du Québec faisait la promotion d’une saine image corporelle chez les femmes et les jeunes filles, Men’s Health était un des magazines les plus vendus en Amérique du nord et en France ou il s’appelle… Men’s Health. Voici l’image de l’homme idéal qu’il proposait aux hommes en 2009. Retouches excessives à l’appui. Et publicités pour des produits de beauté et de la chirurgie esthétique, comme dans les féminins. Sans parler de mode trop chère qui ne fait à personne et des tonnes d’articles sur comment améliorer la performance sexuelle.
Misère
Men’s Health mai 2009
Je partage avec vous les grands titres du Men’s Health américain, vendu ici: Boostez votre testostérone 24 sur 24. La diète muscles sans gras. La diète ultime pour perdre rapidement. Des exercices pour un ventre plat, et ma préférée: Soyez l’homme que votre chien pense que vous êtes.
Sans parler des magazines spécialisés en fitness et body building bourrés de publicités pour toutes sortes de cochonneries pour maigrir, pour développer de la masse musculaire et pour se faire allonger le on sait quoi qui traînent dans les gyms.
Si mon beau-fils de 16 ans s’abonnait à ce genre de publication, je serais pas mal plus inquiète que s’il lisait Summum ou Playboy.
Tous les hommes qui lisent ces magazines ne développent pas pour autant des comportements malsains, comme toutes les femmes qui lisent les magazines de mode ne se rendent pas malades pour maigrir. Mais chez certains êtres humains, mal dans leur peau, mal dans leurs têtes, ça dérape. Nous vivons à l’ère de l’image. Ce dont on a l’air est devenu plus important que ce qui se passe dans notre tête.
Être en forme n’a jamais fait de mal à personne. Mais se rendre malade pour être en forme, c’est quand même assez curieux, vous ne trouvez pas ?
Merci! J’ai la même réaction que vous, enfin on en parle! Et j’aime bien votre : le féminisme est une brache de la justice!
Bravo à vous pour soulever cette question! C’est ce que je m’évertue à dire à quelques féministes endurcies, mais ça pogne pas fort comme discours. A croire qu’Il n’y a que les femmes qui sont victimes de stéréotypes et du culte du corps…..
Les hommes aussi subissent la dictature du paraître et le culte du jeunisme.
Entièrement d’accord avec votre article.
“Soyez l’homme que votre chien pense que vous êtes.”
Assez comique quand on sait que selon les spécialistes de la question, les chiens voient tous les êtes qui les entourent comme… d’autres chiens!
Surprenant que vous ne trouviez pas le moyen de dire que c’est un problème de société qui découle du dernier mandat du PQ à la tête du Québec dans les années 90….rafraichissant!
“Le féminisme, selon moi, est une branche de la justice.”
Plus le temps passe, plus j’en doute. C’est clair que la majorite de l’influence au sein de ce groupe sont ceux qui n’aiment pas les hommes.
Personellement, je crois que les feministes qui savent faire la part des choses devraient se separer de ce groupe sexiste et de repartir sous une autre banniere.
En esperant que ca envoie un message que les feministes ne sont peut-etre pas aussi vertueuses qu’on le pense.