Je ne sais pas qui a eu l’idée, hier, jour de la Saint-Jean, d’offrir le balcon du Château Dufresne à Pauline Marois, Louise Harel et Amir Khadir pour leur permettre de s’adresser à la foule, mais c’était pas l’idée du siècle. À notre échelle, c’est un peu comme si Robespierre avait parlé aux Français du balcon de Versailles. Ou George Washington aux Anglais du balcon de Buckingham Palace. Un indéniable choc des valeurs, surtout quand on sait que le Château Dufresne a été calqué sur le Petit Trianon de Marie-Antoinette…
Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, le Château Dufresne trône au coin de la rue Sherbrooke est et du boulevard Pie IX. Ce n’est pas vraiment un château, plutôt un hôtel particulier construit en 1915 par les frères Marius et Oscar Dufresne, des hommes d’affaires très prospères de la ville de Maisonneuve, aujourd’hui le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Les familles Dufresne ont habité cette double demeure, même si ça ne paraît pas de l’extérieur, jusqu’en 1945. Sa construction a coûté un million de dollars, une somme pharaonique pour l’époque.
Par la suite, le Château a hébergé un collège classique pour garçons, le Musée d’art contemporain, des rats et de la poussière pendant ses années d’abandon (on a même parlé de le démolir pour faire un stationnement !), pour enfin ressusciter en Musée des arts décoratifs jusqu’en 1997 grâce au mécenat de Lilian et David Stewart, des gens très riches aussi, qui l’ont entièrement restauré. Aujourd’hui, le Musée du Château Dufresne décoit un peu car on l’a dépouillé de ses meubles et de ses accessoires d’époque. Mais il faut le voir. Pour la nostalgie d’un autre temps. Et les magnifiques plafonds.
J’ai grandi à l’ombre du Château Dufresne. J’ai joué à la princesse sur le balcon. Il donnait une telle grâce à notre quartier ouvrier.
Marius Dufresne était ingénieur. Son frère Oscar, un industriel de la chaussure. Ils se sont associés pour fonder une entreprise en construction et une firme de génie-conseil. Devenus immensément riches, et installés aux commandes de la ville, ils rêvaient de faire de Maisonneuve une cité modèle. On leur doit le marché Maisonneuve, rue Ontario avec sa splendide sculpture d’Alfred Laliberté, le bain Maisonneuve, une reproduction de Grand Central Station à New York, l’hôtel de ville de Maisonneuve de style Beaux-Arts, l’aménagement de rues et de parcs. Mais la guerre et l’endettement on mit un terme à leur folie des grandeurs et Maisonneuve a dû se fusionner à Montréal pour éponger ses dettes considérables.
Quel lien avec les discours de nos politiciens ? La présence de Pauline Marois passait comme du beurre normand dans une poêle Le Creuset. Les châteaux, la richesse, elle connaît. Et tant mieux pour elle. Les gens riches qui le sont devenus de manière honnête et qui prennent leurs responsabilités sociales, ne m’indisposent pas du tout. Mieux, ils m’inspirent. Louise Harel ? Une fille du coin. Passe toujours. Mais Amir Khadir ? Quel paradoxe.
La démonisation de la richesse, si répandue au Québec, prouve hors de tout doute qu’on a pas encore fait la paix avec notre passé catholique. L’argent, c’est sale. Les gens qui en gagnent ne sont pas seulement des Anglais mais aussi des bandits, des escrocs, des pécheurs quoi. Quand j’étais à Châtelaine, j’ai annulé le programme Femmes de l’année parce que nous recevions trop de commentaires hostiles quand des femmes d’affaires apparaissaient à notre palmarès annuel. Ça m’a dégoûtée. J’ai tiré la plogue en menaçant de revenir avec les Losers de l’année.
Tout cela me ramène à Québec solidaire pour qui la richesse n’a de valeur qui si c’est un bien public (radioactive lorsqu’entre des mains privées) qui pousse dans des arbres appelés les cashiers. Une fois récoltée, la richesse sert à être redistribuée à des gens qui ne l’ont pas gagnée, par le biais d’une forme d’extortion légale, la taxation abusive. C’est une définition du socialisme qui se défend, à mon humble avis.
C’est pourquoi de voir et d’entendre le co-chef de Québec Solidaire, épris de justice sociale égalitaire, haranguer la foule du balcon de l’opulente résidence des frères Dufresne, capitalistes québécois par excellence, m’a semblé pour le moins incongru.
Pas vous ?
Amir Khadir ne refusera jamais une tribune, cette dernière serait-elle en or massif ! J’aurais cependant aimé qu’il s’adresse à la foule à la place Gérald-Godin, plutôt qu’au château Dufresne, et qu’il s’y excuse, primo, d’avoir accusé le Québec, il y a un an, de pratiquer l’apartheid contre les Premières nations et secundo, d’avoir entériné par son silence, les propos d’un activiste mohawk, qui venait d’affirmer que le français est la langue de l’oppresseur. Mais en supposant que Khadir ait déjà réalisé en son for intérieur qu’il a commis ce jour-lè deux erreurs grossières, jamais il ne l’admettra publiquement. Amir Khadir ne se trompe jamais !
Chère Madame Ravary, merci pour le cours d’histoire sur le château Dufresne. Je suis d’accord aussi avec vos réflexions sur les Québécois et la richesse et avec l’incongruité de la présence d’Amir Khadir dans ce symbole du capitalisme québécois.
Vos dernières lignes m’ont toutefois fait tiquer pas à peu près. Je crois comprendre que vous n’avez pas vu le spectacle d’hier soir, puisque vous dites “apprendre” que le party avait “viré pro-CLASSE, pro-carrés rouges”. Du fond de mon bled perdu des Hautes-Laurentides, ce n’est pas du tout le show que j’ai vu à la télé pendant plus de deux heures et demie. Et à 70 ans, j’en vu des shows de la St-Jean, croyez-moi!
J’ai vu un Guy A. mordant, mais retenu. Il ne portait pas le carré rouge. La très grande majorité des artistes présents sur scène non plus. J’ai vu un spectacle où il y en avait pour tout le monde : jeunes et vieux; électros, technos, nostalgiques ou éclatés. J’ai entendu des chansons du terroir interprétées par des jeunes pétants d’énergie. J’ai vu un bel hommage à des pionniers de notre musicographie. J’ai vu Jean-Pierre Ferland dans une forme enviable à 78 ans chanter ses classiques avec coeur et accompagné de jeunes qui rendaient justice à ses chansons à leur manière, mais avec respect.
J’ai vu des musiciens du tonnerre. De l’énergie joyeusement survoltée. J’ai vu défiler dans ma mémoire des anciens et des modernes. Isabelle Boulay m’a fait pleurer avec son discours patriotique agrémenté de chansons qui venaient compléter les mots récités. Un discours-hommage aux petites gens. Aux femmes trop souvent oubliées. J’ai vu et entendu de quoi être fière du Québec et de son monde. Toutes tendances confondues. Bref, j’ai vu un des meilleurs shows de la St-Jean de mémoire.
C’est peut-être vous, les gens de Montréal, qui devriez décrocher un peu du carré rouge et de la CLASSE et “lâcher le morceau”, pour une fois.
Madame la Baronne devait s’y sentir parfaitement à l’aise….
Et si Jean Charest, qui le jour de la St-Jean et au surplus de son anniversaire, eut été invité sur le balcon, qu’auriez-vous titré Lise? Rien car vous n’auriez pas écrit ce texte sinon un hommage envers le chef d’état responsable qu’il est … et c’est votre choix mais ne vous en déplaise les jours sont comptés pour le PMJC … les libéraux vont prendre la porte … et là, je vous suggère un titre : Charest, même battu dans Sherbrooke …
J’ai ri en masse lorsqu’à la télé on montrait Pauline Marois à son balcon avec son drapeau. Comme québécois ont a horreur de la monarchie et en la voyant hier ça m’a fait pensé à la reine du haut de son balcon. Si jamais Pauline Marois est élue nous aurons notre reine: votre majesté Pauline 1ère. Franchement je ne sais pas qui a pensé à ça hier, mais c’était pas fort.
Je suis d’accord pour dire que Guy A. ne portait pas de carré rouge mais est-ce que vous l’entendez quand il parle. Sa conversation hier était pour les rouges, les casseroleux, les séparatistes et les péquistes. La Fête Nationale n’est pas pour tous les Québécois, elle est du côté des artistes. Tout le monde sait sur quel bord ils sont les artistes.
Je partage le point de vue de Maggie B et j’ai vraiiment senti qu’on avait fait tout ce qui est possible pour éviter
de transformer la spectacle au parc Maisonneuve en party très politisé de carrés rouges.
Je salue l’effort même si à certains moments je craignais qu’on “glisse” dans le rouge…On avait qu’à prononcer les deux mots “association étudiante” et les applaudissement fusaient de toute part.
Je n’aime cependant pas le style “preacher”da l’animation de Guy A Lepage…qui appelle la foule au calme tout en retenant difficilement ses propres pulsions “délinquantes”…
J’ai apprécié moi aussi le petit cours d’histoire sur le Château Dufresne. ..
Au plaisir de vous lire encore Mme Ravary
DONNE A MANGER A UN ….ET IL VIENDRA ………SUR TON PERRON et c’est exactement ce qui ce passe.
Car c’est avec NOS agents que le GOUVERNEMENT SUBVENTIONNE la société St-Jean Baptiste , les artistes et autres et moi canadienne francaise je paie et je ne me reconnais pas dans ce groupe qui hurle leur haine du gouvernement et du Canada et glorifie la division indépendantiste péquiste.
Si au moins la st-Jean était apolitique je pourrais y participer sans en avoir un arrière gout
L’hypcrisie de ces politiciens dépassent tout entendement!
J’aimerais savoir combien madame a partagé avec “les pauvres” de notre société lorsqu’elle a vendu son Château avec un profit (faramineux) de millions de $$$.
Tant qu’à Amir, où il y a des caméras vous trouverez notre ami Khadir.
Je partage l’opinion de Maggie B. qu’il faudrait décrocher du carré rouge très chère Lise ! Ça vous agresse et c’est peu dire ! C’était un très beau show.
Je vous suggère une longue balade dans la nature. C’est tellement reposant et ressourçant ! Après, même les carrés rouges, la CLASSE et Pauline Marois, n’arriveront pas à être des menaces pour votre quiétude.
Bonne fin de soirée !
Dans le potinage politique vous êtes la meilleure et de plus de mauvaise foi Sur le site on peut lire « Fondé en 1999, le Musée du Château Dufresne est dédié à la préservation, à l’étude et au rayonnement de l’histoire et du patrimoine de l’est de Montréal. Le musée est géré par la Société du Château Dufresne, un organisme sans but lucratif. »
Est-ce qu’on va reproché au socialiste français de faire des discours dans des lieux historiques et monarchiques comme cela se fait dans les parlements de tradition anglaise qui étaient avant d’être des républiques des monarchies.
Excellent article
C’est dommage que les souverainistes aient récupérer la fête de la St-Jean et le drapeau québécois. C’est pourtant René Lévesque qui a institué le 24 juin, fête nationale.
Pourtant le PQ a en horreur la monarchie. Et Mme Marois qui se pavane au balcon d’un château pour s’adresser à ses ouailles. C’est vrai que sa résidence de l’île Bizard est une copie de château. M. Kadir a comme objectif de convertir le Québec au communisme, mais il habite le Plateau Mont-Royal. On n’est pas à une contradiction près.
Dans le potinage politique vous êtes la meilleure et de plus de mauvaise foi Sur le site on peut lire « Fondé en 1999, le Musée du Château Dufresne est dédié à la préservation, à l’étude et au rayonnement de l’histoire et du patrimoine de l’est de Montréal. Le musée est géré par la Société du Château Dufresne, un organisme sans but lucratif. »
Est-ce qu’on va reproché au socialiste français de faire des discours dans des lieux historique et monarchique comme cela se fait dans tout les parlement de tradition anglaise qui étaient avant d’être des république des monarchie.
Personne est contre la richesse, le capitalisme, le développement économique, la création d’emplois, (sauf quelques sautés en manque, ex enfants de la DPJ et quelques désinstitutionnalisés))…
Tout le monde est contraire aux abus, arnaques, collusions, corruptions, bulles spéculatives, les cochonneries que dénoncent la escouade Marteau, Jacques Duchesneau, Commission Charboneau, Gomery, UPAC, Revenu Québec, Revenu Canada, Medoc, etc
Capitalisme, OUI.
Délinquance, NON.
C’est vrai que Pauline Marois ressemblait a la Reine et quant a ce cher Amir Khadir il m’a fait pensé au Pape donnant sa bénédiction. C’est aussi vrai que le québecois moyen a un profond malaise face a l’argent. Quant a Guy A. Lepage, enrichi par Radio Canada (les méchants fédéralistes avec leur argent sale) il est censé animer le spectacle de la Saint Jean pour tous les québecois. Il n’a pu s’empecher de prononcer son petit discours indépendantiste. Allo les convictions profondes. S’il était a Télé Québec avec un salaire de creve faim, il aurait plus de crédibilité. Il y a quand meme au moins 60% de la population qui n’en veut pas de cette séparation. On se fait insulter et en plus on doit payer pour ca.
Ce qui me semble incongru, madame, c’est plutôt John James Charest qui se pavane dans le château des Desmarais à Sagard.
P.S. Vous avez omis de mentionner que les Dufresnes ont été de fervents défenseurs du Quebec Francophone et ont créés des milliers d’emplois pour des ouvriers qui alors crevaient de faim.
Précisions sur le Château Dufresne: C’est essentiellement un musée consacré aux frères Dufresne et à leur résidence, ce qui n’est pas mal en soi, et au sous-sol, il y a des expositions ponctuelles sur l’est de Montréal. Ce n’est d’aucune façon un musée sur l’est de Montréal. Une simple visite le démontre.
Si cet extraordinaire édifice et son patrimoine existe toujours, c’est grâce à la générosité de David et Lilian Stewart, riches mécènes montréalais, qui l’ont sauvé du pic des démolisseurs en 1976 et restauré à leurs frais. La redistribution de la richesse prend toutes sortes de visages dans une société pluraliste.
Rien d’extraordinaire n’a jamais été réalisé par quelqu’un qui était forcé de le faire.
Son frère Oscar, un industriel de la chaussure. ..
Peut être une des raisons pour lesquelles Khadir se ” sentait ” à l’ aise ….
Pour moi la fête nationale des québécois n’est que la fête des péquistes souverainistes. Depuis quelques années, ils se sont approprié le drapeau comme si c’était à eux et que les autres…les fédéralistes ne sont pas des québécois. C’est absurbe et grotesque de voir toute cette propagande ou le québécois ne se reconnaît plus.
On devrait appeler cette fête la fête des souverainistes. Et cette année pour nous écoeurer davantage, c’était les carrés rouges à l’honneur. Le peu que j’ai écouté du show à Lepage il ne parlait que de ça, J’ai changé de poste écoeurée.
En plus, un peu plus tôt lors du défilé, on entendait les pousseux de micros non pas questionner les gens sur la fête nationnale, mais sur la crise étudiante et les fameux carrés rouges. Franchement ras le bol, ce sont les journalistes qui font leur propagande et leur donne de l’importance pour que le conflit perdure.
Je suis loin d’être en amour avec Jean Charest, mais bon dieu, qu’il reprenne le pouvoir majoritaire à l’automme et qu’on en finisse avec ces anarchistes qui pertubent les rues de Montréal et écoeurent le peuble. Ils osent nous parler de démocratie et ne savent même pas ce que c’est. Et pour la bande de suiveux de casseroles, je dirais que c’est une maladie qui s’attrappent.
Je suis un peu tanné de la pseudo psychologie dont vous usez et qui stipule que «l’argent est sale pour les Québecois…», c’est plutôt ceux (nos élites) qui la manipule qui sont sales et c’est ce que bien des gens dénoncent présentement. L’argent est un moyen et non pas un fin en soit.
Argent sale ?… Il faudrait nuancer. Des billets de mille dollars peuvent être propres et des pièces de deux dollars tachées de sang. L’inverse également, bien sûr.