Il a démissionné. Il n’avait pas le choix. Bon débarras. Mais de tous les maires qui ont dû quitter leur poste au cours des derniers mois, un seul, Michael Applebaum, a reconnu que les citoyens avaient le droit de se sentir floués. Il nous a dit qu il nous aimait.
J’étais presqu’attendrie.
Son discours de sortie était le plus élégant des discours prononcés par nos maires démissionnaires. Gérald Tremblay s’est présenté à nous en tant que victime, Gilles Vaillancourt comme un être d’une arrogance suprême et Michael Applebaum comme un homme pleinement conscient de ce qui lui arrive. Et du terrible impact que sa mise en accusation a sur la population. Et non pas comme un maire qui tente de sauver ses meubles. Comme le soulignait un collègue de The Gazette, la défense de Michael Applebaum a commencé avec sa lettre de démission.
En l’écoutant, je n’ai pu m’empêcher de penser ‘et s’il était innocent, après tout ? C’est possible.’ C’est comme ça que le doute raisonnable pénètre même les esprits les plus cyniques.
LES MENACES DE LA FRATERNITÉ
L’ancien ‘chef de cabinet’ de Pierre Péladeau, Bernard Bujold, m’a rappelé hier que le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, aurait averti le maire il y a trois mois, ’qu’il les (les policiers) aurait sur le dos’ et qu’il serait visé personnellement s’il ne changeait pas d’avis sur les horaires de travail. ‘Or, l’UPAC a confirmé que l’enquête avait duré… trois mois.
D’accord, cette conversation a été rapportée par le maire lui-même. Yves Francoeur nie l’avoir menacé mais a quand même commenté que le maire avaitcroute mince’. De plus, il est fort possible que les policiers possédaient déjà des indications sérieuses que ça ne tournait pas rond dans l’arrondissement du maire, des rumeurs couraient depuis très longtemps sur la construction du centre sportif Notre-Dame de Grâce. Quand même, la coïncidence étonne.
Ais-je une opinion positive de Michael Applebaum ? Pas vraiment. J’ai mes propres anecdotes ‘anti-citoyens’ au sujet de monsieur Applebaum – et de son ancien patron Pierre Bourque – dans l’affaire du changement de zonage, d’institutionnel à industriel lourd, de terrains acquis par Parmalat sur la rue Saint-Jacques ouest, en plein coeur d’un quartier résidentiel que j’habitais
Et j’ai déjà considéré acheter une propriété qu’il représentait comme agent d’immeubles. Disons seulement que la transaction n’a pas eu lieu et que sa manière de faire des affaires n’est pas étrangère à ma décision. Rien d’illégal, juste un feeling.
DÉLIRE DE NÉGATION ?
Ou bien Michael Applebaum souffre de délire de négation ou quelqu’un raconte des faussetés à son sujet. Ou il ment, tout simplement. Mais qui irait aussi loin dans un mensonge – ‘je n’ai jamais pris une sou de personne’ – sachant qu’il y aura procès et que la vérité va finir par éclater au grand jour ?
Un autre maire sera choisi, on le souhaite le plus drabe et le plus honnête possible. L’heure n’est pas au coup d’éclats, comme tenir un référendum pour savoir si la Ville doit ou non remplir les nids de poule avec de l’asphalte potentiellement ‘sale’, probablement la pire idée de Michael Applebaum. Après, bien entendu, s’être présenté comme sauveur de Montréal s’il savait ce qui lui pendait au bout du nez.
J’espère aussi que les candidats annoncés pour les élections de novembre prochain font le ménage des recoins de leur mémoire pour être bien certains qu’ils n’ont rien ‘oublié’ qui pourrait ressurgir une fois au pouvoir. L’électorat ne tolérera plus rien, pas le moindre petit mensonge blanc, pas la moindre omission ou exagération de leurs faits d’armes.
J’ai su ce matin que, contrairement, à ce qu’on peut lire au sujet de la candidate Mélanie Joly, sur sa page Wikipedia, et sur le Huffington Post où elle blogue, qu’elle n’a jamais agit en qualité d’organisatrice pour la campagne de Justin Trudeau a la direction du PLC. Elle y a oeuvré comme bénévole, comme des dizaines d’autres personnes.
Elle aurait intérêt à faire corriger cette information le plus rapidement possible. De nos jours, il en faut bien peu pour torpiller une carrière.
Impitoyables, les Montréalais ? Avec raison.
NOTA BENE: En passant, ne perdez pas votre temps à m’envoyer des commentaires de nature personnelle sur la religion de Michael Applebaum. Je ne défend personne, je défend le principe de présomption d’innocence.