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Et s’il était innocent, après tout ?

- 18 juin 2013

Il a démissionné. Il n’avait pas le choix. Bon débarras. Mais de tous les maires qui ont dû quitter leur poste au cours des derniers mois, un seul, Michael Applebaum, a reconnu que les citoyens avaient le droit de se sentir floués. Il nous a dit qu il nous aimait.

J’étais presqu’attendrie.

Son discours de sortie était le plus élégant des discours prononcés par nos maires démissionnaires. Gérald Tremblay s’est présenté à nous en tant que victime, Gilles Vaillancourt comme un être d’une arrogance suprême et Michael Applebaum comme un homme pleinement conscient de ce qui lui arrive. Et du terrible impact que sa mise en accusation a sur la population. Et non pas comme un maire qui tente de sauver ses meubles. Comme le soulignait un collègue de The Gazette, la défense de Michael Applebaum a commencé avec sa lettre de démission.

En l’écoutant, je n’ai pu m’empêcher de penser ‘et s’il était innocent, après tout ? C’est possible.’ C’est comme ça que le doute raisonnable pénètre même les esprits les plus cyniques.

LES MENACES DE LA FRATERNITÉ

L’ancien ‘chef de cabinet’ de Pierre Péladeau, Bernard Bujold, m’a rappelé hier que le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, aurait averti le maire il y a trois mois, ’qu’il les (les policiers) aurait sur le dos’ et qu’il serait visé personnellement s’il ne changeait pas d’avis sur les horaires de travail. ‘Or, l’UPAC a confirmé que l’enquête avait duré… trois mois.

D’accord, cette conversation a été rapportée par le maire lui-même. Yves Francoeur nie l’avoir menacé mais a quand même commenté que le maire avaitcroute mince’. De plus, il est fort possible que les policiers possédaient déjà des  indications sérieuses que ça ne tournait pas rond dans l’arrondissement du maire, des rumeurs couraient depuis très longtemps sur la construction du centre sportif Notre-Dame de Grâce. Quand même, la coïncidence étonne.

Ais-je une opinion positive de Michael Applebaum ? Pas vraiment. J’ai mes propres anecdotes ‘anti-citoyens’ au sujet de monsieur Applebaum – et de son ancien patron Pierre Bourque – dans l’affaire du changement de zonage, d’institutionnel à industriel lourd, de terrains acquis par Parmalat sur la rue Saint-Jacques ouest, en plein coeur d’un quartier résidentiel que j’habitais

Et j’ai déjà considéré acheter une propriété qu’il représentait comme agent d’immeubles. Disons seulement que la transaction n’a pas eu lieu et que sa manière de faire des affaires n’est pas étrangère à ma décision. Rien d’illégal,  juste un feeling.

DÉLIRE DE NÉGATION ?

Ou bien Michael Applebaum souffre de délire de négation ou quelqu’un raconte des faussetés à son sujet. Ou il ment, tout simplement. Mais qui irait aussi loin dans un mensonge – ‘je n’ai jamais pris une sou de personne’ – sachant qu’il y aura procès et que la vérité va finir par éclater au grand jour ?

Un autre maire sera choisi, on le souhaite le plus drabe et le plus honnête possible. L’heure n’est pas au coup d’éclats, comme tenir un référendum pour savoir si la Ville doit ou non remplir les nids de poule avec de l’asphalte potentiellement ‘sale’, probablement la pire idée de Michael Applebaum. Après, bien entendu, s’être présenté comme sauveur de Montréal s’il savait ce qui lui pendait au bout du nez.

J’espère aussi que les candidats annoncés pour les élections de novembre prochain font le ménage des recoins de leur mémoire pour être bien certains qu’ils n’ont rien ‘oublié’ qui pourrait ressurgir une fois au pouvoir. L’électorat ne tolérera plus rien, pas le moindre petit mensonge blanc, pas la moindre omission ou exagération de leurs faits d’armes.

J’ai su ce matin que, contrairement, à ce qu’on peut lire au sujet de la candidate Mélanie Joly, sur sa page Wikipedia, et sur le Huffington Post où elle blogue, qu’elle n’a jamais agit en qualité d’organisatrice pour la campagne de Justin Trudeau a la direction du PLC. Elle y a oeuvré comme bénévole, comme des dizaines d’autres personnes.

Elle aurait intérêt à faire corriger cette information le plus rapidement possible. De nos jours, il en faut bien peu pour torpiller une carrière.

Impitoyables, les Montréalais ? Avec raison.

NOTA BENE: En passant, ne perdez pas votre temps à m’envoyer des commentaires de nature personnelle sur la religion de Michael Applebaum. Je ne défend personne, je défend le principe de présomption d’innocence.

 

 

 

Applebaum: je suis sonnée

- 17 juin 2013

Je suis tout simplement sonnée par l’arrestation de Michael Applebaum. Et par la gravité des 14 chefs d’accusations portés contre lui. Pas que je lui ai trouvé un air de sainteté lorsqu’il a offert ses services comme sauveur de Montréal, mais il faut quand même un certain culot pour se présenter comme un homme d’honneur quand il savait, dans son for intérieur, qu’il se tenait au bord d’un précipice.

Deni ? Arrogance ? Stupidité ? Qui sait à quoi il carbure au juste. Sans oublier qu’il demeure innocent jusqu’à preuve du contraire, mais si l’UPAC a frappé aussi fort, c’est que l’UPAC sait des choses sur le maire que le maire n’a jamais dites aux citoyens.

Je m’ennuie presque de Gérald Tremblay. Bien qu’il ait admis sa naïveté, personne à ce jour ne l’a accusé d’avoir posé des gestes criminels. L’UPAC n’est pas débarquée à son domicile, par un beau matin de printemps, pour l’escorter au quartier général de la police. J’ai toujours pensé qu’il avait démissionné trop rapidement, poussé vers la sortie par l’intervention personnelle indécente de la première ministre.

Surtout que depuis 2009, les choses allaient mieux à l’Hôtel de Ville.

Très mauvaise conseillère, l’émotion. Tout comme la précipitation d’agir, pour avoir l’air d’être en contrôle, alors qu’on ne l’est pas une miette.

Ce matin, la plus grande ville du Québec et la deuxième plus grande ville du Canada se retrouvent à la dérive, sans capitaine, sans gouvernail, avec une coque qui prend l’eau. Une mise en tutelle ? Le gouvernement actuel n’a pas les capacités pour gérer une ville de l’importance de Montréal, déjà qu’il doit materner la troisième plus grande ville du Québec. Mieux vaut laisser la coalition faire son travail et nommer un autre intéri-maire pour les quatre mois qui restent avec les élections municipales.

Bien entendu, Michael Applebaum doit démissionner dès demain matin. C’est non négociable.

Je repense au Bonhomme Carnaval avec sa mallette qui déborde d’argent sur la couverture du Maclean’s l’an dernier. La classe politique au grand complet avait dénoncé le reportage de Martin Patriquin sur la corruption made in Quebec. Encore du Québec bashing !

Je l’ai écrit la semaine dernière au sujet du ‘turbangate’, je le réécris aujourd’hui, le Québec n’a besoin de l’aide de personne, il est capable de se ‘basher’ tout seul.

NOTA BENE: La semaine dernière, les élus de Montréal se sont votés une hausse importante des allocations de départ, sans doute en prévision des prochaines élections municipales. Peut-on être aussi éloigné des préoccupation des Montréalais ?

La classe politique souffre de ‘déconnectite’ aigüe. Il y a là une piste à suivre dans notre réflexion sur l’effritement des institutions démocratiques. Et si les élus étaient déconnectés des citoyens parce que les citoyens avaient cessé de s’intéresser à ce que font les élus en leur nom ?

En 2009, seulement 38 pour cent des Montréalais ont pris la peine d’aller voter, alors que la ville était déjà en proie à des scandales.

 

 

 

L’irresponsabilité syndicale

- 17 juin 2013

Si la charte de la laïcité interdisait aux syndicats de mettre le Québec à genoux, je voterais pour !

Ce matin, 175 000 travailleurs de la construction entament une grève générale illlimitée qui va paralyser l’économie du Québec. Dont bon nombre, si on en croit Yves Ouellet de la FTQ-Construction, n’ont pas de fond de grève !

On la souhaite courte, trois ou quatre jours maximum, mais le danger d’une grève prolongée est bien réel. Car l’objectif des syndicats n’est pas seulement de bonifier les conditions de ses membres mais aussi d’assurer la pérénité du syndicalisme tout-puissant. Pour sauvegarder le fameux modèle québécois qui les nourrit si bien depuis 50 ans.

Et de punir le gouvernement pour avoir soutenu, en paroles du moins, la fin du placement syndical dans la construction.

Tous les jours, des travailleurs de la construction sont pris en otage par des manipulateurs dont le but premier est de consolider leur puissance et leur influence. Tant au niveau local, par le biais des Rambos de ce monde, qu’au niveau de l’État.

Or, le syndicalisme de combat tel que pratiqué au Québec est remis en question comme jamais. Le pamphlet d’Eric Duhaime, Libérez-nous des syndicats, connaît un succès monstre en librairie pour un ouvrage de ce type. Ses lecteurs ne sont pas tous marqués au fer rouge ‘dretttistes’. Pensions faramineuses pour les fonctionnaires, rôle de soutien des syndicats dans les grèves étudiantes, scandales larvés, n’en jettez plus, la cour des citoyens est pleine.

Personne ne croit que les travailleurs de la construction sont des malheureux sans-culottes, des Jean Valjean du 21e siècle, des victimes du capitalisme sauvage exploités de manière inhumaine par le Grand Capital, comme il exploitait les mineurs à l’époque victorienne. Oui, c’est grâce à la syndicalisation que les abus monstres contre les travailleurs ont cessé en Occident. Mais qui parle d’abus aujourd’hui ? Les abusés de nos jours, ce sont les contribuables.

Les syndicats doivent compter sur l’écoeurement des Québécois suscité par les révélations de la Commission Charbonneau pour s’attirer le soutien de la population. Facile d’haïr les entrepreneurs par les temps qui courent. À vrai dire, Messieurs Arsenault de la FTQ et compagnie sont bien chanceux que la commission n’a pas encore commencé à examiner le rôle des syndicats dans l’attribution frauduleuse de contrats publics.

Michel Arsenault qui, rappelons-le, faisait des beaux tours de bateau avec son ‘ami’, c’est lui qui l’a dit, Tony Accurso. Un chef syndical ami avec un empereur de la construction ?

Les Québécois ne sont pas dupes: la grève de la construction ne va pas remporter des concours de popularité au sein de la population et même des syndiqués. Des travailleurs ont déjà dénoncé le manque de démocratie syndicale dans le dossier.

Sans compter tous les gens qui seront mis à pied par des entreprises qui dépendent de la construction, de la cantine mobile aux cammionneurs en passant par les fabricants et revendeurs de matériaux, si la grève s’éternise.

La note sera salée: des centaines de millions de dollars sont en jeu. Dont une grande partie devra être épongée par les contribuables. Et les travailleurs eux-mêmes. Il faut environ 20 jours de travail pour compenser les pertes de salaires dûes à une seule journée de grève.

Du côté patronal, l’Association québécoise de la construction a décidé d’adopter un ton agressif et braquant. De négocier par le biais des médias. Très mauvaise stratégie. Manifestement, ses dirigeants n’ont pas regardé les audiences de la Commission Charbonneau. L’heure est à l’humilité dans leur univers.

Et le gouvernement dans tout cela ? Quel gouvernement ? Vendredi il a entamé ses vacances d’été comme si de rien n’était alors que la pire grève possible pour la santé économique du Québec lui pendait au bout du nez. En souhaitant que tout le monde s’entende le plus rapidement possible.

J’imagine mal madame Marois se dresser contre le milieu syndical mais si la grève s’éternise, on saura enfin de quoi est faite celle qu’on a un jour surnommée la Dame de béton.

 

 

 

Bikram Lamba et le pasteur Terry Jones

- 14 juin 2013

Une petite dernière avant de vraiment tirer la plogue. Voici un communiqué de l’organisme Canadian Hindu Advocacy dont je parle dans le blogue précédent, dans lequel ils annoncent qu’ils vont présenter le film Innocence of Muslims à Toronto et à travers l’Amérique du nord, de concert avec le pasteur américain Terry Jones, celui qui fait brûler des Corans.

http://www.canhindu.com/CHAPressRelease-FilmScreening.pdf

Anti turban ? Peut-être, mais définitivement anti Islam. Et ils se définissent comme un groupe de patriotes canadiens.

 

 

Le leader sikh anti-turban, un imposteur ?

- 14 juin 2013

Pas peu fière La Presse Canadienne ce matin d’avoir trouvé un leader sikh de Toronto qui abonde dans le sens des Québécois qui souhaitent une interdiction du turban au soccer. Le Devoir, quotidien sérieux, en a parlé. Et comme Le Devoir est sérieux, d’autres ont repris la nouvelle, c’est normal.

téléchargement

 

Docteur Bikram Lamba

La FIFA, par le biais de l’IFAB qui décide des règles du jeu, a enfin statué que le turban ne posait pas de problème, à condition que des conditions mineures soient respectées. Donc, le dossier est clos.

Mais il y a des leçons à tirer de cet épisode. Voici la mienne:

A beau mentir qui nous raconte ce qu’on veut entendre quand il vient de loin.

ET

Attention de ne pas se faire manipuler par des gens qui veulent marquer des points dans des  conflits qui n’ont rien à voir avec le sujet sur la table.

Ce qui semble être le cas ici. Les médias ont servi de pions dans une querelle entre le World Sikh Organization et le Canadian Hindu Advocacy Group, l’affaire du turban au Québec permettant au Hindu Advocacy Group via leur allié sikh Bikram Lamba, de marquer des points à Toronto contre le WSO.

Ce supposé leader religieux sikh de Toronto, arrivé au Canada en 1999, docteur Bikram Lamba porte lui-même le turban. Ce qui ne l’empêche  pas de se définir comme un agnostique et de militer contre le  kirpan. Un leader sikh pro-laïcité, wow ! Vite, un micro.

Ça fait une semaine que je me renseigne sur le sikhisme, c’est trop beau pour être vrai, me suis-je dit. Il y a anguille sous roche. Et comment.

Bikram Lamba se définit comme un grand leader international. Il s’affuble par moment du titre de highness ou de icon. Il se prétend consultant international en stratégies d’affaires et auteur à succès. Il raconte dans sa biographie, disponible sur FB, que l’Inde lui doit son programme spatial, ses réformes fiscales, bref la naissance de la nouvelle Inde. C’est lui aussi qui aurait convaincu le gouvernement indien de créer un ministère de l’environnement, le premier au monde. En quelle année ? Impossible de le savoir.

Ensuite, il aurait dirigé une entreprise multinationale de 27 000 employés. Son nom ? Impossible de le savoir. Je lui ai envoyé des messages qui sont restés sans réponses.

Il se targue aussi d’avoir collaboré à une myriade de programmes de l’ONU dont la création d’un programme de deux ans pour la UN University, menant à un diplôme en Prédictions technologiques. UN University n’a jamais entendu parler de lui.

Il se présente comme conseiller éditorial pour le magazine Canadian Business. Personne n’a jamais entendu son nom chez Canadian Business, ni celui de sa ‘méga’ firme de consultants internationaux, Termacon.

Même scénario chez Harper Collins, même réaction: ‘who’ ?

Il serait président du conseil du conseil de presse du Canada. Or, il n’y a pas de conseil de presse du Canada.

Il siégerait au conseil d’administration de l’Institut national canadien pour les aveugles. Il n’apparaît pas sur la liste des directeurs.

Il se présente comme l’ombudsman du National Ethnic Press and Media Council of Canada. J’ai vérifié, comme tout le reste. Il a en effet occupé ce poste  dans le passé mais il aurait été démissionné après avoir organisé, au nom du conseil mais sans son approbation, une grève de la faim devant Queen’s Park.  Si j’en crois mes yeux, cette grève à la mort, Fast Unto Death, se voulait une protestation contre le prix de l’essence et de l’assurance-automobile. À la mort ???

Dans son CV, à deux endroits différents, il affirme avoir publié quatre livres et six livres. Faudrait qu’il s’entende avec lui-même, c’est deux ou c’est quatre ?

Mais le plus drôle demeure cette page FB, sur laquelle on le voit en train de serrer la main de Stephen Harper, où il invite ses supporteurs à voter pour lui comme Gouverneur général du Canada, ‘le premier asiatique du sud-est à se présenter à ce poste’.

Enfin 40 personne le suivent sur FB et 167 sur Twitter. Pour un leader mondial d’une telle envergure, ça me semble bien peu. Sans compter que le site web de son entreprise mondiale est aussi bourré de f autes qu’il est minable.

À l’heure d’Internet, rien de plus facile que d’entamer une vérification sur quelqu’un qui se présente comme une personnalité connue ailleurs.  Il faut pousser plus loin avant d’écrire, mais je me demande si la Presse Canadienne a au moins tapé ‘Bikram Lamba’ dans Google avant de nous faire part de son opinion sur le turbangate.

Car si la PC l’avait fait, elle aurait constaté que Bikram Lamba a déjà été arrêté en Inde en 2000 pour fraude, selon le quotidien Chandigarh Tribune, un vrai journal indien.

Un véritable leader ethnique de Toronto, qui désire demeurer anonyme mais dont j’ai vérifié les antécédents, m’a dit ceci: ‘Mister Lamba is a very very controversial figure who likes to present himself as being someone he’s not.’

‘Monsieur Lamba est un personnage très très controversé qui aime se présenter comme étant quelqu’un qu’il n’est pas.’

Pauvre homme, il en fait presque pitié.

NOTE: Le Canadian Hindu Advocacy m’a accusée de racisme via Twitter parce que je me sers de FB, Twitter et d’un téléphone intelligent pour parler de ce sujet alors que les immigrants sikhs d’un certain âge ne savent pas utiliser ces technologies.

Je tire la plogue pour ce soir. Trop c’est trop !