Mon palmarès personnel de Londres

- 13 août 2012

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Je vous écris présentement de l’aéroport Gatwick. Mon séjour à Londres est officiellement terminé. Toute bonne chose a une fin, comme on dit. Ç’a été une aventure mémorable, autant au niveau professionnel que personnel. Hier, j’ai conclu le tout en beauté, en allant voir la cérémonie de clôture sur les écrans géants situés à Victoria Park, tout juste à côté du parc olympique. Et ce que je souhaitais s’est produit lorsqu’on a parfaitement vu les nombreux feux d’artifice qui ont éclaté dans le ciel à la fin du spectacle. C’est presque comme si j’étais dans le stade !

Pour mettre le point final à cette expérience, je vous livre mon palmarès des moments que j’ai vécus dans la capitale anglaise.

Top 5 meilleurs moments :

1-Première visite du parc olympique et compétition de nage synchronisée

Pendant mon séjour à Londres, c’était primordial que je puisse entrer dans le parc olympique et que j’assiste à une compétition, peu importe laquelle. Je ne me voyais tout simplement pas passer à côté de ça. Après plusieurs recherches infructueuses, j’ai finalement pu mettre la main sur des billets pour la nage synchronisée. Même si ce n’était pas mon premier choix idéal (j’aurais préféré l’athlétisme, disons), j’ai tout de même vraiment apprécié l’expérience. Et j’ai pu assister à la remise des médailles dans la catégorie en duo. Mais ce que je retiendrai surtout, c’est la visite du parc olympique. À Londres, ça m’est arrivé très souvent de ne pas trop me sentir dans l’esprit des Olympiques. La ville est tellement grande et il y a tellement de gens que la fébrilité des Jeux n’était pas à son comble partout. Évidemment, c’était une toute autre chose dans le parc. C’est là que j’ai réalisé que j’étais vraiment aux Jeux. Et j’ai eu le bonheur d’y aller deux fois.

2-Journée Beatles à Liverpool

Samedi dernier, j’ai vécu une journée magique en me rendant à Liverpool. Avec une quinzaine de journalistes étrangers, j’ai visité les lieux qui sont étroitement associés aux Beatles. Impossible de rester indifférent en voyant les maisons d’enfance de Paul et John, en marchant sur Penny Lane, en voyant la clôture de Strawberry Field ou en entrant dans le Cavern Club. Comme si ce n’était pas assez merveilleux, nous avons eu deux rencontres organisées spécialement pour nous. La première avec le frère de Paul McCartney, Mike, qui est photographe et ancien humoriste. La seconde avec Julia Baird, la demi-sœur de John Lennon, qui travaille maintenant avec Cavern City Tours. La journée a passé tellement vite (nous étions partis de Londres à 7h40, retour à 21h). J’y serais resté beaucoup plus longtemps (surtout pour le musée Beatles Story, que nous avons parcouru en une petite heure seulement). Pour lire tout le récit de cette journée qui est survenue une semaine jour pour jour avant le 50e anniversaire du tout premier spectacle de Ringo Starr avec les Beatles, je vous invite à vous procurer le cahier week-end du Journal de ce samedi.

3-Découverte du Herne Hill Velodrome

Le mandat de mon séjour à Londres était de parler de ce qui se déroulait dans la ville durant les Olympiques. J’ai donc fait différentes activités touristiques, mais aussi d’autres reportages qui étaient reliés aux Jeux. Ç’a été le cas avec le Herne Hill Velodrome. Après avoir fait plusieurs recherches, j’ai appris qu’il s’agissait du tout dernier site encore actif des Jeux de Londres de 1948. Une fois sur place, j’ai immédiatement été plongé 50 ans dans le passé. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir un vélodrome extérieur qui a été bâti à la fin des années 1800 ! Même si la surface de la piste a été entièrement refaite l’an dernier, on retrouvait encore plusieurs vestiges du passé (gradins, bâtiment).

4-Les expériences pour foodies (Brick Lane, Brixton Village, Borough Market, street food à King’s Cross)

La nourriture anglaise n’a vraiment pas toujours eu bonne réputation. Encore aujourd’hui, on regarde de haut certains plats typiques britanniques. Ce qu’il faut toutefois savoir, c’est que Londres regorge de restaurants très variés qui proposent des expériences culinaires hors du commun. Mais outre les restaurants haut de gamme de Jamie Oliver et Gordon Ramsay, et les dizaines d’établissements étoilés Michelin, Londres est le royaume des restaurants indiens. La ville serait d’ailleurs celle qui possède le plus de restos indiens à l’extérieur de l’Inde ! Et pour goûter au meilleur de la cuisine indienne (et bangladaise), il faut se rendre à Brick Lane. C’est là que j’ai partagé un excellent repas avec deux amis. Coût de la facture pour les trois ensemble? Même pas 60$. Et ça incluait une bouteille de vin. Difficile à battre.

Contrairement à Montréal, Londres embrasse pleinement le « street food ». J’ai pu le constater en participant à un « street food tour », tout près de la station King’s Cross. Plusieurs stands de nourriture sont au service des citoyens qui ne se gênent pas pour goûter à des repas de qualité. Et la ville augmentera encore plus son offre à ce sujet au cours des prochaines années. J’ai hâte que Montréal emboîte le pas.

Enfin, toujours dans le thème culinaire, j’ai grandement apprécié mes visites de Borough Market et Brixton Village. Le premier est mondialement connu, car il est en place depuis les années 1000, si ce n’est pas avant ! Le marché de quartier (d’où le nom Borough Market) est très vaste et propose autant des stands avec des repas préparés à consommer sur place que des kiosques de marchands pour faire son épicerie. Rester à Londres, j’irais y faire des tours très régulièrement. Pour ce qui est de Brixton, je suis arrivé juste un peu trop tard pour voir le Brixton Market extérieur, sur Electric Avenue. Avec un quartier principalement jamaïcain, le marché propose des aliments très exotiques. Heureusement, j’ai pu aller au Brixton Village, juste à côté du marché, qui est une sorte de centre intérieur comprenant des dizaines de restaurants très intéressants.

5-Spectacle d’Eddie Vedder au Hammersmith (et ici)

Alors que je cherchais désespérément des billets pour les Olympiques sur Craigslist, j’ai vu une annonce pour le spectacle solo d’Eddie Vedder. Je n’ai pas hésité une seconde puisqu’il s’agissait du tout premier concert en solitaire du leader de Pearl Jam à Londres. Et qui plus est, la salle Hammersmith (aujourd’hui appelée HMV Hammersmith Apollo) est légendaire, ayant accueilli tous les plus grands artistes, des Beatles, à Queen, en passant par The Clash et Frank Zappa. Très en forme, Vedder a livré près de deux heures de spectacle, seul à la guitare ou au ukulélé. Il a joué plusieurs chansons de ses deux albums solos (la trame sonore du film Into the Wild et Ukulele Songs), mais aussi quelques pièces de Pearl Jam et autres reprises.

Mentions spéciales :

Les comédies musicales Les Misérables et Spamalot, les quartiers franchement cool de Camden Town, Shoreditch, Covent Garden et Canary Wharf, la conférence de Jamie Oliver et le souper à son restaurant Barbecoa, les maisons olympiques tchèques (et ici) et hollandaises, le petit spectacle acoustique de Marie-Mai pour les athlètes canadiens, mes quelques promenades périlleuses en bixi (et ici), l’exposition pour les 50 ans des Stones et les fish & chips du Golden Hind.

Les déceptions:

La première place revient à la Maison du Canada. Alors que les autres pays ont mis sur pied des maisons olympiques ouvertes au public et qui mêlaient fête, culture et célébration de médailles, le Canada a opté pour une maison qui n’était réservé qu’aux familles des athlètes et à une poignée de médias. Les gens du public ne pouvaient ainsi aucunement féliciter les médaillés canadiens, pas plus que de visiter la boutique officielle du Canada aux Olympiques, la seule qui se trouvait à Londres. Franchement très décevant.

Enfin, petite mention pour le London Dungeon. Ce n’est pas tant une grande déception. Même que je m’y suis amusé à quelques reprises. Mais la visite, quoique assez longue (plus de 90 minutes) ne propose que peu de véritables moments terrifiants. Et le fait de se promener parmi un groupe de 40 personnes enlève encore plus de possibilités d’épouvante. Attrape-touriste, le London Dungeon ? Pas loin. Mettez vos pounds ailleurs.

Les oubliés-par-manque-de-temps :

Londres a tant à offrir qu’on doit inévitablement faire des choix, en 19 jours, et laisser des activités de côté. Avoir eu encore plus de temps, ce que j’aurais aimé faire : aller au Tate Modern et London Film Museum, manger au restaurant Sketch, voir les statues de Stonehenge, faire une tournée des œuvres de Banksy, voir les comédies musicales Billy Elliott et Singin’ in the Rain, aller au Globe Theatre. Je n’aurai pas le choix d’y retourner !

Pour terminer :

J’ai pu expérimenter la météo de Londres. En près de trois semaines, il n’a fait soleil et chaud que trois jours. Le reste du temps, c’était nuageux à tous les jours, environ 20-22 degrés, avec quelques petites percées de soleil ici et là. Malgré tout, il n’a plu véritablement que deux ou trois fois, ce qui constituait l’une des meilleures périodes météorologiques pour Londres ces derniers mois.

Circuler comme piéton sur les trottoirs et traverser les rues avec la circulation inversée demande bien sûr quelques jours d’adaptation. Il faut aussi surtout faire attention aux nombreux autobus à deux étages rouges qui n’hésitent pas à coller les trottoirs le plus possible.

Enfin, j’ai été épaté par le côté hyper sympathique des Anglais, surtout ceux qui travaillaient pour les Jeux. Je n’ai jamais vu des bénévoles aussi souriants, généreux et qui étaient prêts à nous aider pour n’importe quelle question que nous avions, surtout pour arriver à se retrouver dans le métro. Londres 2012, je me souviendrai très longtemps de toi.

Ce n’est qu’un au revoir.

- 12 août 2012

Les Jeux de Londres sont terminés. Ils se sont terminés comme ils avaient commencé par un magnifique spectacle artistique avec, entre les deux, un magnifique spectacle sportif: des performances exceptionnelles, des records du monde, des records nationaux, des records personnels. Ils nous ont offert leur lot de joies et de peines, de sourires et de pleurs, un marathon d’excitation, de sang, de travail, de sueurs et de larmes.

Nous avons eu droit à un fourmillement d’émotions, ces émotions que les anciens Grecs appelaient aisthesis d’où nous vient «esthétique». C’est en cela que le sport est souvent une esthétique, parce qu’il arrive parfois à rejoindre le Beau, le Vrai, le Bon en tant qu’absolus et et que ces absolus ne peuvent faire autrement qu’émouvoir. Les Jeux de Londres sont terminés, mais les Jeux, eux, ne sont pas terminés. Ce n’est qu’un au revoir. Ils reprendront à Sotchi, pour l’hiver 2014; à Rio, pour l’été 2016, et ailleurs ensuite, longtemps après que nous aurons quitté cette planète.

Le sport est là pour rester. Parce que dans l’ordre des pratiques culturelles universelles, le sport est sans doute celle qui rallie le plus grand nombre de participants à travers le monde. Que ce soit de manière active, comme concurrent, de manière plus indirecte, comme spectateur, ou encore comme administrateur, la participation à l’activité sportive sous une forme ou sous une autre dépasse largement celle de toute autre activité culturelle.

Déjà, au moins au 13ème siècle avant notre ère, le sport était au coeur de l’activité sociale. Homère en fait état lorsqu’il décrit les jeux funéraires organisés par Achille en l’honneur de son ami Patrocle, mort au combat. Il y consacre tout le Chant 23 de l’Iliade qui, écrite au 8ème siècle avant notre ère, relate des faits qui se sont produits au moins 400 ans avant. C’est dire toute l’importance culturelle du sport et sa permanence.

Les jeux de Londres sont terminés. Ils auront été de grands Jeux, même avec leurs défauts lesquels sont beaucoup plus de fait des fédérations que des Jeux eux-mêmes. On pense par exemple à l’arbitrage, notamment en boxe et aussi en nage synchronisée me dit-on. Pour cette dernière je ne saurais me prononcer, mais pour ce qui est de la première j’en suis venu à me dire qu’il faudrait carrément retirer le tournoi de boxe des Jeux tant l’incompétence, pour ne pas parler de corruption, des juges et des arbitres était flagrante. Et ce n’est pas la première fois que cela arrive.

Les Jeux de Londres sont terminés. Ils auront été grands de Phelps, de Bolt, de ces deux - huit avec barreur – canadiens, grands de Farah, de Dibaba, du décathlonien Damien Warren, du 4×100 jamaïcain, du 4×100 américain chez les filles, de Defar, de Bulut et Cakir, les deux turques du 1,500 mètres, de Pistorius, de cette musulmane qui a fait sa course pratiquement en tchador, grands de combien d’autres encore. Ils auront été grands des gagnants et des perdants, de ceux qui sont arrivés derniers ou qui ont été disqualifiés. Il auront été grands du sport en ce qu’il est une essence d’humanité.

Les Jeux de Londres sont terminés, mais ce n’est qu’un au revoir. Déjà des milliers d’athlètes et des centaines de pays ont hâte aux prochains. Comme nous, ils espèrent qu’ils feront mieux, qu’ils récolteront plus de médailles, ou feront plus simplement de meilleurs résultats. Comme moi vous les avez entendus: «Je vais faire mieux à Rio». C’est là la grandeur des Jeux, c’est qu’ils reviennent à date fixe, portant en eux comme un germe, l’espoir. L’espoir, cette tension de l’âme dont Saint Thomas disait, dans sa Somme Théologique, qu’elle suppose un effort, celui que tous ces athlètes devront consentir pour faire mieux, pour se dépasser.

Les Jeux de Londres sont terminés. Dans un sens il s’agit encore là d’une petite mort tout aussi symbolique que la petite mort consécutive à la défaite. Les Britanniques, les Londoniens, les athlètes, les bénévoles, comme tous les journalistes et commentateurs d’ailleurs – j’en ai fait l’expérience, devront faire leur deuil de ces Jeux. Mais il s’agit ici comme toujours dans le sport d’une mort avec promesse de résurrection. Résurrection qui se fera dans quatre ans, d’où s’ensuit l’espérance et la promesse de cet «au revoir».

Les Jeux de Londres sont terminés, tout comme ce blogue. En espérant que vous avez eu autant de plaisir à le lire que moi à le faire. Ce fut un honneur de pouvoir partager avec vous ces Jeux. Les Jeux de Londres sont  terminés, tout comme ce blogue auquel il ne reste qu’à mettre un point, non pas final, mais de suspension… en espérant que ce ne soit qu’un au revoir.

 

 

 

 

 

 

Londres en timelapse (vidéo)

- 12 août 2012

Avec mon cellulaire, je me suis amusé à faire quelques petits “timelapses”, durant mon séjour à Londres. Je l’ai fait à Trafalgar Square, au parc olympique et à Picadilly Circus. Ne connaissant pas encore tout à fait bien l’application Lapse It, vous constaterez que la qualité des images s’améliore un lieu après l’autre. Pour faire ces trois petits timelapses maison, je me suis simplement posté au même endroit et j’ai laissé mon cellulaire fonctionner pendant trente minutes, sans lui toucher. J’ai pratiqué ma patience!

Promenade en bixi (vidéo)

- 11 août 2012

J’ai pris de nouveau le bixi londonien, hier. Pour vous montrer à quel point la conduite est difficile ici, j’ai essayé de vous filmer le tout. N’ayant pas de caméra GoPro avec moi, j’ai simplement mis ma petite caméra photo dans mon cou, j’ai pesé sur “record” et j’ai pédalé. Évidemment, le résultat est très instable et ça bouge beaucoup. On dirait The Blair Witch Projet: Spécial Tour de France! Mais bon, je voulais vous faire partager un peu ce que j’avais vécu.

Londres, ville de “foodies”

- 11 août 2012

Pendant des décennies, Londres a été regardée de haut par les autres grandes villes de la planète, au niveau de sa gastronomie. On disait que la capitale anglaise n’avait aucun attrait à offrir en restauration, contrairement à sa grande rivale, Paris.

Mais depuis une vingtaine d’années, grâce à des chefs comme Gordon Ramsey et Jamie Oliver, la ville a fait un bon plus qu’appréciable au niveau culinaire. Même si les repas traditionnels britanniques sont toujours discutables, à mon humble avis, la diversité gastronomique que propose la ville est pour le moins impressionnante.

Au-delà de la restauration conventionnelle, le mouvement de « street food » gagne de plus en plus de terrain à Londres. En fait, la nourriture offerte dans des petites cantines, sur le trottoir, a toujours été généralement disponible à Londres, mais elle a fait un bond énorme en popularité, au cours de la dernière décennie.

L’année prochaine, Londres se dotera, à la station King’s Cross, du tout premier marché uniquement consacré au «street food», au Royaume-Uni. L’endroit est présentement en construction. C’est sur une rue entièrement fabriquée pour l’occasion que l’on retrouvera les marchands.

Hier avant-midi, je suis allé faire un petit tour aux abords de King’s Cross, où se trouvent durant l’été quelques marchands. En compagnie de Petra Barran, la fondatrice d’Eat St., qui se concentre sur le « street food » une poignée de journalistes étrangers (Japon, Israël, Italie, Hongrie) et moi-même avons fait le tour des marchands, en plus de converser avec Petra.

Selon elle, le « street food » est important pour développer la culture d’une ville. Cela permet aussi à ses habitants de socialiser davantage qu’en allant au restaurant. Petra s’est montrée étonnée que le «street food » soit interdit à Montréal. « Nous espérons que la ville va changer d’idée », lui ai-je dit.

Borough Market

Après cette agréable visite, je me suis rendu au fameux Borough Market, situé tout près du London Bridge. Une partie du marché, mis en place aux alentours des années 1000 (!), se trouve en-dessous d’une ligne de métro, ce qui la rend bruyante et particulière. Les kiosques sont fort nombreux et variés, à ce marché. Fromages, vins, poissons, charcuterie, il y en a pour tous les goûts. Mais comme je l’ai constaté dans les épicerie londonienne, la grande lacune du marché est sa faible quantité de fruits et légumes disponibles.

Avant de quitter, j’ai fait un arrêt au kiosque suisse pour goûter à un grilled cheese fait avec du fromage à râclette. Délicieux !

Brixton Market

Cette journée 100% nourriture s’est terminée au Brixton Market. Un peu moins touristique que le Borough Market, cet endroit vaut grandement le détour. À mon arrivée, les marchés extérieurs, sur Electric Avenue, venaient tout juste de fermer. Mais il restait l’énorme portion intérieure, avec des dizaines et des dizaines de restaurants tous attirants. Si vous allez à Londres, un détour par les deux marchés Borough et Brixton s’impose.

Triomphe et catastrophe.

- 11 août 2012

Par quoi commencer: le triomphe ou la catastrophe. Le triomphe. Celui de la Jamaïque au 4×100. Nouveau record du monde en 36.84 devant les États-Unis. Le dernier relais jamaïcain se fait à Usain Bolt et il est nez-à-nez avec l’Américain Ryan Bailey. En deux foulées, j’allais dire «en deux petites foulées», en deux grandes foulées, Usain Bolt commence à laisser Bailey dans son vent et finit avec 20 centièmes d’avance. Du grand art, du grand sport, de la grande performance.

Usain BoldBold, comme à Pékin, triple médaillé d’or avec un record du monde à la clef. Le plus grand sprinter de tous les temps… en attendant le prochain, si prochain il devait y avoir. Blake? Rien de moins certain, mais rien de moins impossible.

Et puis… la catastrophe. Pendant que tous les yeux étaient tournés vers la lutte entre  Américains et Jamaïcains, personne ne s’aperçoit que le Canada termine troisième. Médaillé de bronze le relais canadien! Souvenirs de ’96 et de la médaille d’or à la même épreuve surgissez.  Et puis… la catastrophe. Disqualifié.

Jared ConnaughtonDisqualifié parce que Jared Connaughton, le troisième relayeur, capitaine de cette équipe, spécialiste du 200 et habitué donc aux virages – la troisième portion du relais se fait toujours dans le grand virage avant la dernière ligne droite – habitué aux virages donc, le prend trop serré et met le pied sur la ligne blanche. Pas le droit: DQ.

Connaughton avait dit après le demi-finale qu’il pouvait faire mieux, qu’il devait faire mieux. Il aura voulu trop en faire. Toujours, le mieux est l’ennemi du bien. On se saura jamais ce qui serait arrivé s’il n’avait pas mis le pied sur la ligne. Aurait-il perdu les quelques centièmes qui permettaient au Canada de devancer Trinité-Tobago au final? Cela n’aurait-il pas fait la différence? Peu importe, la catastrophe est arrivée.

Il fallait le voir en entrevue après la course. Noble, courageux, il ne s’est pas défilé, accepté la responsabilité et s’est excusé auprès de ses coéquipiers et du Canada. Dévasté qu’il était, mais il se tenait droit, le regard franc alors qu’à l’intérieur le plus violent des maelströms devait se déchaîner. Je me mets à sa place et j’ai presque aussi mal que lui. On devrait tous lui twitter des mots d’encouragement.

Mais ce n’est rien de neuf, le relais est un exercice dangereux. 22% des équipes de relais ne finissent pas leurs courses: mauvais relais, disqualifications pour une raison ou une autre. Près du quart des partants sont exclus au final. Il aura fallu que cela arrive aujourd’hui pour Connaughton, Smellie, Smith et Warner, pour le Canada. C’est aussi la dure loi du sport.

Il ne faudrait pas pour autant qu’Athlétisme Canada laisse tomber le relais. Même si deux des coureurs actuels devaient prendre leur retraite, il y en a d’autres qui poussent et qui seront prêts à Rio. On pense à Aaron Brown et Tremaine Harris.

Qui portera le drapeau?

- 11 août 2012

Simon Whitfield

À tous les Jeux la question se pose. Avant, pour les cérémonies d’ouverture, vers la fin, pour les cérémonies de fermeture. Qui sera le ou la porte-drapeau? Si le choix de Simon Whitfield avait soulevé une petite levée de drapeaux fleur de lys à cause de son unilinguisme, il y a de bonne chances que les mêmes drapeaux s’agitent à nouveau pour le ou la porte-drapeau de la fin. Il y a plein de candidats et de candidates potentiels malgré la pauvreté relative des succès canadiens, mais très peu peuvent s’exprimer dans la langue du Journal de Montréal.

Tonya VerbeekAlors ce sera qui? Alexandre sur la foi des services rendus à la patrie? Pas vraiment, il a déjà donné côté porte-drapeau. Brent Hayden en natation, médaillé de bronze au 100 mètres libre? Ouuaaiinn. Damian Warner au décathlon, cinquième place, six meilleures marques personnelles? Déjà mieux, mais je le garde en réserve de la République, oh pardon, de la monarchie constitutionnelle, pour Rio. Tonya Verbeek? Pourquoi pas. Très grande athlète, plus que bonne personne et a trois cycles olympiques sous son maillot. Richard Weinberger, médaillé de bronze au marathon à la nage? Peut-être, mais lui aussi je le garderais pour Rio. Rosannagh MacLennan, la seule médaille d’or du Canada? Au trampoline? On peut-tu passer à  un autre appel.

Le problème, si c’en est un, est qu’ils sont tous unilingues anglophones à l’exception d’Alexandre.

Christine SinclairSauf que des bilingues y’en a pas des tonnes et des livres à l’extérieur du Québec et que sur le plan sportif, aucun, ni aucune, athlète – sauf une j’y reviendrai – de la Belle Province n’a eu suffisamment de réussite pour mériter l’honneur. À ce seul égard, sportif j’entends, le choix de Christine Sinclair semble aller de soi et relever de l’évidence. Capitaine de l’équipe canadienne de soccer médaillée de bronze, meilleure marqueuse du tournoi, sans compter qu’elle et ses coéquipières sont devenues les chouchous du Canada au complet à cause de ce que vous savez. Si j’avais une paire de souliers à crampons à parier, je dirais que ce sera sans doute elle.

Andreanne MorinSauf que si l’on devait tenir compte du bilinguisme il faudrait penser à quelqu’un d’autre. Mon choix? Celle que j’évoquais tout juste en haut sans la nommer: Andréanne Morin. «Capitaine» du huit avec barreur médaillé d’argent et qui prendra demain sa retraite. Je la choisirais à la fois pour cette réussite et pour l’ensemble de sa carrière. Athènes, Pékin et maintenant Londres, trois cycles olympiques, 12 ans de douleur dans un des sports les plus exigeants de la planète. En plus, elle est complètement bilingue dans les deux langues.

Anyway, fiez-vous sur moi, ça va être une fille, c’était un gars à l’ouverture.

Petite journée…mais gros après-midi.

- 10 août 2012

Si la matinée n’était pas des plus exitantes sur le plan sportif, du moins en regard de mes intérêts, l’après-midi l’a été pas mal plus. À telle enseigne que je n’ai presque pas regardé le Championnat de la PGA et rien du tout de la Coupe Rogers. Il y avait trop de choses à l’athlétisme pour me distraire de cet excellent spectacle.

Victoire Bahamas!Un relais masculin 4×400 d’abord. Un relais où aurait pu courir Bolt si la Jamaïque n’avait pas été exclue dès le premier tour. La Jamaïque absente, le champ était ouvert à d’autres et, bien sûr, aux États-Unis. Eh bien c’est pas eux qui ont gagné, ce sont les Bahamas avec leur meilleure marque à vie et un record national. Les Américains sont arrivés deuxièmes, avec leur meilleur temps de la saison et c’est Trinité-Tobago qui remporte la médaille de bronze avec, elle aussi, un record national. Tout ça dans une fin de course des plus excitantes alors que Ramon Miller remonte AngeloTaylor pour le coiffer et même lui faire une coupe Longueuil.

Parlant de Longueuil, dites-moi une chose, si les Bahamas gagnent une médaille d’or avec une population de 316,000 âmes, cent mille personnes de moins que l’agglomération de Longueuil, et que Trinité-Tobago gagne une médaille de bronze avec une population d’un peu plus d’un million, soit un peu moins que la ville de Montréal, comment se fait-il qu’au Québec – et a fortiori au Canada – nous ne sommes pas foutus d’aligner 4 coureurs comme ceux-là. Nous les avions pourtant à Atlanta!

Les TurquesUn 1,500 mètres féminin ensuite. Deux Turques et un jeune fille du Bahrein? Oui la bahrenoise est éthiopienne de naissance, mais là encore: deux Turques? Cakir Alptekin et Gamze Bulut? Du jamais vu dans l’histoire olympique, même durant l’apogée de l’empire Ottoman. Tout ça sans qu’elles réussissent une meilleure performance à vie. Ça parle au Croissant Rouge. C’est Mustapha Kemal Atatürk qui aurait été content.

Meseret DefarUn 5,000 mètres féminin également, alors qu’on attendait les Éthiopiennes et les Kenyanes. À la fin, ce sont les trois Éthiopiennes et les trois Kenyanes qui ont fini les six premières. La surprise vient de ce que l’Éthiopienne Tirunesh Dibaba est en bronze et que c’est sa compatriote Meseret Defar qui a l’or. Sa dernière médaille d’or remontait aux Chamionnats du Monde à Osaka en 2007, autant dire une éternité. Entre les deux s’est glissée la Kenyane Vivian Cheruiyot.

Le 4x100 américainEt puis enfin, le 4×100 féminin. On attendait les États-Unis et la Jamaïque, et c’est ce qu’on a eu. Avec en prime un record du monde, record du monde qui faisait tomber celui qui appartenait aux Allemandes de l’Est depuis le dernier de leur septième établi à Canberra en 1985. Comme le disait Richard Garneau: «Il était temps que ces records des années ’80 tombent». On sait depuis un moment d’où ils venaient ces records. 4×100 d’anthologie donc, plus que probablement propre, surtout compte tenu de la honte qu’avaient provoqués les aveux de Marion Jones il y a quatre ans et de l’impact de ces révélations sur l’athlétisme américain.

Finalement, on a passé une bien belle après-midi.

 

Tournée gastronomique

- 10 août 2012

J’ai eu une journée presque uniquement tournée vers la bouffe, aujourd’hui. D’abord, je me suis rendu près de la station King’s Cross où j’ai participé à un “street food tour”. La visite de 90 minutes, en compagnie de journalistes de la Hongrie, d’Italie, d’Israël et du Japon, m’a convaincu de la nécessité d’avoir du “street food” à Montréal.

En après-midi, je suis allé voir le fameux Borough Market, près du London Bridge. Et ma journée s’est conclue au Brixton Market, un autre populaire endroit qui m’a étonné par sa grandeur.

Dans tous les cas, j’ai pris plusieurs photos et vidéos que je vous partagerai avec plaisir ici. Mais d’ici là, je dois me coucher. Une grosse journée m’attend demain, où je me rendrai à Liverpool pour participer à une visite spéciale des lieux rattachés à un certain groupe culte britannique…

Petite journée.

- 10 août 2012

Les Jeux achèvent. Il ne reste que quelques épreuves dans quelques sports, dont plusieurs ne m’intéressent qu’accessoirement. J’aime le sport, mais je n’aime pas tous les sports. La nage synchronisée, par exemple, n’est pas vraiment ma tasse de thé. Je reconnais bien évidemment qu’il faut des qualités athlétiques exceptionnelles pour pratiquer ce sport à un tel niveau. Personnellement, je serais incapable de faire même 1% de ce que réussit la plus poche athlète de la plus poche des équipes de nage synchro. Mais ce sport là ne me branche pas.

Pas plus d’ailleurs que tout un tas d’autres. Le BMX, le hockey sur gazon, le taekwondo, la gymnastique rythmique et nombre d’autres me laissent froid. On ne peut pas tout aimer. Allez savoir pourquoi je préfère le vélo sur piste au BMX. C’est du vélo dans les deux cas. Pourquoi je préfère la boxe à la lutte, le judo au taekwondo, la crème glacée à la vanille à celle à la fraise, ceci à cela, alors que j’aime autant voir le volley-ball de plage que le volley-ball en salle. De gustibus et coloribus non est disputandum faut croire.

Encore là, je me prosterne devant tout le hors du commun que ces athlètes nous offrent, mais ne le dites à personne: ça se peut très bien que cet après-midi je regarde le Championnat de la PGA sur TSN2 ou la Coupe Rogers sur RDS2 ou même les deux en alternance, ou encore même et en plus des bouts des Jeux une fois de temps en temps. Vive le pitonnage.