Si la matinée n’était pas des plus exitantes sur le plan sportif, du moins en regard de mes intérêts, l’après-midi l’a été pas mal plus. À telle enseigne que je n’ai presque pas regardé le Championnat de la PGA et rien du tout de la Coupe Rogers. Il y avait trop de choses à l’athlétisme pour me distraire de cet excellent spectacle.
Un relais masculin 4×400 d’abord. Un relais où aurait pu courir Bolt si la Jamaïque n’avait pas été exclue dès le premier tour. La Jamaïque absente, le champ était ouvert à d’autres et, bien sûr, aux États-Unis. Eh bien c’est pas eux qui ont gagné, ce sont les Bahamas avec leur meilleure marque à vie et un record national. Les Américains sont arrivés deuxièmes, avec leur meilleur temps de la saison et c’est Trinité-Tobago qui remporte la médaille de bronze avec, elle aussi, un record national. Tout ça dans une fin de course des plus excitantes alors que Ramon Miller remonte AngeloTaylor pour le coiffer et même lui faire une coupe Longueuil.
Parlant de Longueuil, dites-moi une chose, si les Bahamas gagnent une médaille d’or avec une population de 316,000 âmes, cent mille personnes de moins que l’agglomération de Longueuil, et que Trinité-Tobago gagne une médaille de bronze avec une population d’un peu plus d’un million, soit un peu moins que la ville de Montréal, comment se fait-il qu’au Québec – et a fortiori au Canada – nous ne sommes pas foutus d’aligner 4 coureurs comme ceux-là. Nous les avions pourtant à Atlanta!
Un 1,500 mètres féminin ensuite. Deux Turques et un jeune fille du Bahrein? Oui la bahrenoise est éthiopienne de naissance, mais là encore: deux Turques? Cakir Alptekin et Gamze Bulut? Du jamais vu dans l’histoire olympique, même durant l’apogée de l’empire Ottoman. Tout ça sans qu’elles réussissent une meilleure performance à vie. Ça parle au Croissant Rouge. C’est Mustapha Kemal Atatürk qui aurait été content.
Un 5,000 mètres féminin également, alors qu’on attendait les Éthiopiennes et les Kenyanes. À la fin, ce sont les trois Éthiopiennes et les trois Kenyanes qui ont fini les six premières. La surprise vient de ce que l’Éthiopienne Tirunesh Dibaba est en bronze et que c’est sa compatriote Meseret Defar qui a l’or. Sa dernière médaille d’or remontait aux Chamionnats du Monde à Osaka en 2007, autant dire une éternité. Entre les deux s’est glissée la Kenyane Vivian Cheruiyot.
Et puis enfin, le 4×100 féminin. On attendait les États-Unis et la Jamaïque, et c’est ce qu’on a eu. Avec en prime un record du monde, record du monde qui faisait tomber celui qui appartenait aux Allemandes de l’Est depuis le dernier de leur septième établi à Canberra en 1985. Comme le disait Richard Garneau: «Il était temps que ces records des années ’80 tombent». On sait depuis un moment d’où ils venaient ces records. 4×100 d’anthologie donc, plus que probablement propre, surtout compte tenu de la honte qu’avaient provoqués les aveux de Marion Jones il y a quatre ans et de l’impact de ces révélations sur l’athlétisme américain.
Finalement, on a passé une bien belle après-midi.










