Marois : La dame des sommets

- 26 mars 2012

PoPoPoPaulineS’il y a quelque chose que l’on doit apprécier de Madame Marois, c’est qu’on sait très précisément à quoi on pourra s’attendre si les Québécois plaçaient le Parti québécois au pouvoir lors des prochaines élections: un retour aux sommets, aux forums et aux consultations!

À l’émission de Franchement Martineau de vendredi dernier, Madame Marois ne pouvait être plus claire en ce qui touche notamment la hausse des droits de scolarité.

“Lorsque nous formerons le prochain gouvernement, si cette hausse a été appliquée, nous l’annulons et nous convoquons un sommet sur l’enseignement supérieur y compris le financement de nos universités où seront les étudiants, où seront les directions de nos universités, où seront les profs, où seront des représentants des milieux économiques et des milieux communautaires et évidemment du gouvernement pour évaluer quelle serait la meilleure façon de financer nos universités.”

PQForumComment? Votre idée n’est pas faite? N’y a-t-il pas eu suffisamment de sommets, de forums et de consultations sur la question, lui demande Martineau?

Vraisemblablement pas, selon Madame. Ce qui compte ici pour elle, c’est “d’obtenir l’adhésion”! “En général, raconte-t-elle, là où les décisions du Parti québécois ont été le plus supportées par la population, c’est parce qu’on les avait associés aux décisions.”

Le problème avec ce style de management est qu’il réussira, certes, à obtenir une plus forte adhésion. Mais de qui? Des plus vocaux, biens sûr. Et dans notre culture de la revendication, de la gratuité et de l’irresponsabilité individuelle, les plus revendicateurs d’entre eux insisteront pour y être! (Vous aurez peut-être remarqué que le contribuable n’est pas parmi ceux qu’elle a nommés plus haut).

CarreRougeCar quand vous réunissez autour d’une table représentants syndicaux, représentants du monde des affaires, leaders étudiants, organismes subventionnés et fonctionnaires à la pelletée, il y a de bonnes chances que la solution retenue répondent aux demandes de tous ces groupes d’intérêts plutôt que de répondre aux aspirations du citoyen de la classe moyenne. Et comme l’écrit Benoit Aubin dans le Québec des carrés rouges, ce débat a déjà eu lieu! Maintes et maintes fois!

La solution retenue, et les contribuables en ont l’expérience, ne sera pas l’intersection de toutes les demandes de ces groupes d’intérêts mais bien la somme de toutes leurs revendications. Comment arriver autrement à ce fameux consensus social d’où est exclu le principal payeur?

On le connaît ce style de management, Madame. Il est très très coûteux, et à terme, injuste et inefficient. Et bien honnêtement, j’ai peine à qualifier ce style de management comme du leadership comme vous le faites. Plutôt, il se rapproche bien davantage d’un style de gestion et d’un ensemble de qualités dont aurait besoin un travailleur social. Pas un chef de gouvernement qui de surcroît, héritera de la plus imposante dette en Amérique du nord!

Les citoyens sont en droit de connaître très clairement les solutions qui seront mises de l’avant au premier jour de votre accession au pouvoir. Comme l’écrit avec grande justesse votre ancien collègue, Joseph Facal ce matin dans sa chronique “Réveillez-vous! Lettre ouverte aux recteurs“, c’est le temps de prendre position et de la défendre. Pas de vous cacher derrière un soit-disant consensus social. Pas d’user de la pire forme d’opportunisme politique. Et de grâce, pas de proposer un Xème sommet!

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5 commentaires

  1. Kathleen dit :

    Mme Marcotte,

    Imaginez… des sommets, des consultations, des forums, des référendums d’initiative populaire, des tergiversations à n’en plus finir, des études, des comités, des rapports…

    Ouf! Nous ne sommes pas sortis du bois… Et vous avez entièrement raison: le citoyen payeur de taxes, la majorité silencieuse ne sera pas entendue encore une fois.

    La dette? Pas grave, voyons donc. Pour M. Bachand, l’important, c’est d’être heureux et, pour Mme Marois, l’important, c’est le pouvoir et le pays. Pour le reste, il y a Master Card… Et misère…

  2. Joanne Marcotte dit :

    @Kathleen: Vraiment bien dit, Kathleen. Master Card en effet.

  3. Phil Martin dit :

    Bachand ne nous a pas menti lorsqu’il nous a dit en 2010 que le gouvernement ferait 60% des efforts de compression et que les contribuables feraient les autres 40% de l’effort. Puisque l’on dit souvent que le gouvernement c’est nous alors Bachand nous a dit la vérité en ce sens que nous les Québécois faisons 100% de l’effort.

    Autre petite chose cesser je vous en conjure de dire que le gouvernement du Québec est endetter c’est FAUX, le gouvernement n’est pas endetter, ce sont les Québécois qui le sont.

  4. sososo dit :

    Bonjour Madame Marcotte, d’entrer de jeu je vais vous dire que je suis assez d’accord avec ce que vous dites…

    Parcontre qui d’autre que nous même avons nous à blâmer? La nature a horreur du vide, si nous( le payeur de taxe squeezé) sommes trop occuper dans nôtre nombril à tenter de survivre, quelqu’un d’autre và prendre l’espace disponible et braquer tout les feux de la rampe sur eux.

    Je sais que plusieurs ont le réflexe de se camper dans une position de semi-soumission, soit de se récomforter en se disant ”Moi c’est dans l’isoloire que j’exerce mon droit à l’existence”…hum!! bémole! Une fois dans l’isoloire pour voter, c’est un programme et une plate-forme qu’on và ADHÉRER, donc le travaille est déjà fait, les lobbys de quéteux sont déjà passé pour façonner les ”choix de sociéter”, c’est en amont qu’on doit être vocale.

    Prennez la taxe au succès du PQ (le 200$ transférer à 1% de la population), un maigre 1% qui est déjà le plus squeezé en amérique du nord, des professionnels, les avez-vous entendu sortir pour se défendre….manifester, poser des gestes?? Non, consentement tacite…aucune mobilisation, quoi on est trop bon et faut se tenir au-dessus de la mêler?

    Et si le PQ se font élire….il và être trop tard!

  5. Gilles Guibord dit :

    Vous avez raisons au sujet de la cheffe du parti des sommets assommants.
    Nous retournons avec Madame Marois au bon vieux parti québécois qui décide de ne rien décider de lui-même. Après le sommet, ce sera peut-être un référendum. La Ponce Pilate du PQ va laisser prendre la décision par la somme des intérêts du Québec, comme vous dites. C’est ti-pas merveilleux! Jean Charest pour ne pas décider d’un sujet crée une commission, Pauline Marois crée un somment, François Legault crée une illusion et Amir Kadir va lancer des souliers à ceux qui ne voudront pas marcher avec lui.
    Belle Assemblée nationale.
    Dites-nous au moins, qu’on ne mérite pas ça!

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