Les Charlots font du saccage

- 19 août 2014

« Chef ? C’est Reynald Tanguay, du poste 33.

 

— Parle plus fort, j’t’entends pas !

 

— (Chuchotant) J’peux pas, j’suis caché dans des toilettes…

 

— Kessé tu fais là ?

 

— Je suis allé payer mes taxes à l’hôtel de Ville, et en sortant de la salle, j’ai vu qu’une centaine de gars s’apprêtaient à faire du saccage dans la place. Ils semblaient vouloir rentrer de force. Qu’est-ce que je fais ? J’appelle-tu du renfort ?

 

— Les gars ressemblaient à quoi ?

 

— Ils avaient l’air d’une maudite gang de sauvages. Des casquettes à l’envers, des pantalons bariolés toutes sortes de couleurs, j’en ai même vu avec des masques !

 

— Ah ben criss, des étudiants ! Des maudits gratteux de guitare qui se pognent le cul à longueur de journée avec leur tatous en japonais pis leurs anneaux dans l’nez ! Vite, j’appelle l’anti-émeute ! On va les encercler, on va les arrêter, on va les enfermer ! Dis aux gars qu’ils peuvent frapper tout ce qui bouge… On va les avoir, les morveux !

 

— Parfait, chef… Ils sont en train d’installer une affiche traitant le maire de voleur.

 

— Maudits barbares ! Aucun respect de l’autorité ! Pis on paie leurs études, en plus de ça ! Veux-tu bien m’dire pourquoi ? Pour qu’ils lisent des ouvrages révolutionnaires et qu’ils se fassent remplir par des profs anarchistes ? Je t’enverrais ça dans l’armée demain matin, moé !

 

— Parlant d’armée… J’appelle-tu la caserne ?

 

— Pas tu suite ! On est capable de régler ça tout seul. Si on est débordé, on va appeler la matricule 728, tu vas voir, elle va foncer dans l’tas ! Tu lui fais écouter de force une toune de Fred Pellerin, pis t’a lâches lousse avec trois matraques… Ça cogne sans bon sens, une vraie machine.

 

— Chef, j’ai finalement pu les identifier… Ce sont des employés municipaux qui luttent contre la loi 3.

 

— Hein ? C’est pas des étudiants ?

 

— Non, c’est des fonctionnaires…

 

— …

 

— Qu’est-ce que je fais ? J’appelle-tu l’anti-émeute quand même ?

 

— Oui. Mais tu leur dis de se déployer autour de l’Hôtel de ville pour empêcher des citoyens d’entrer et de leur casser la gueule. Ces gars-là sont des travailleurs exploités, ils ont le droit d’exprimer leur point de vue, c’est protégé par la Charte ! La police a toujours été du côté des travailleurs, et c’est pas aujourd’hui que ça va changer !

 

— Oui, mais les gars manifestent sans avoir donné leur itinéraire au préalable…

 

— Ça fait rien ! Les itinéraires, c’est quand tu manifestes en te déplaçant. Or, là, on parle d’une manifestation immobile, qui se déroule dans un lieu unique. La loi 78 ne s’applique pas…

 

— Par la fenêtre des toilettes, j’ai vu trois jeunes qui leur criaient des noms, tantôt.

 

— Ah ben eux autres, par contre, arrête-les ! Embarque-moi ça, c’te vermine-là ! On va leur apprendre à respecter les pompiers, les policiers et les cols bleus ! P’tits criss de bourgeois qui se pensent le nombril du monde parce qu’ils mangent du poisson cru !

 

— Pouvez-vous dire aux gars de venir me chercher ?

 

— Pas besoin, montre ta badge, les manifestants vont te laisser sortir. Entre camarades, faut s’entraider, non ? »

 

 

Mes 5 meilleurs « biopics »

- 19 août 2014

S’il y un genre cinématographique hyper codé, c’est bien le « biopic » — le film biographique.

 

Ça commence presque toujours pareil: le héros s’apprête à monter sur scène, et se rappelle son passé pendant que les fans scandent son nom… Après ça, on dirait une Musicographie de Musimax: le héros tombe dans l’enfer de la drogue, puis s’en sort grâce à sa force de volonté…

 

Voici 5 « biopics » qui ont tenté de renouveler le genre…

 

5) The Music Lovers  (1970)

 

La vie de Tchaikovski vue par l’unique Ken Russell… Un film fou à lier, qui dépeint le compositeur russe comme un gai frustré qui n’acceptait pas son orientation… Hystérique, baroque, grand-guignolesque… Du grand Ken Russell, quoi!

 

 

 

4)  Séraphine   (2008)

 

L’extraordinaire biographie de Séraphine Louis, une femme de ménage qui — en secret — peignait de véritables chefs-d’oeuvre… Avec la géniale Yolande Moreau.

 

 

 

3) The Last Emperor (1987)

 

La destinée tragique du dernier empereur de Chine, vue par Bernardo Bertolucci… Un festin pour les yeux… Un homme avalé par l’Histoire… La beauté des images écrasent littéralement — et avalent — le héros… Comme toujours, le réalisateur du Conformiste mêle la politique et la psychanalyse, Marx et Freud, la marche du peuple et les fantasmes intimes d’un individu…

 

 

 

2) Edvard Munch  (1974)

 

Le film GÉNIAL de Peter Watkins, sur la vie du célèbre peintre norvégien… On dirait un documentaire qui a été filmé à la fin du XIXè siècle… Le grand cinéaste britannique s’intéresse aux liens qui reliaient le peintre à sa société et à l’Histoire de la Norvège… Plus que la vie d’un artiste: la vie de la société qui l’a vue naître…

 

 

1) Mishima: A Life in Four Chapters  (1985)

 

Le plus grand film de Paul Schrader et, à mon humble avis, le meilleur « biopic » jamais fait… Le scénariste de Taxi Driver entre littéralement dans la tête du célèbre écrivain fasciste japonais, et montre comment sa vie a influencé son oeuvre — et vice-versa… On alterne entre les moments importants de la vie de Mishima, et des extraits illustrés de son oeuvre… Les costumes et les décors sont éblouissants… Avec la musique hypnotique de Philip Glass… Narcissisme, sadomasochisme, culte de la virilité, violence, quête mortifère d’une certaine transcendance, suicide… Tous les thèmes de Schrader s’y retrouvent…

 

 

 

 

 

Le silence des intellectuels (extrait)

- 19 août 2014

Dans l’un de ses plus récents numéros (volume 41, numéro 4), le Journal of Palestinian Studies écrit qu’au moins 160 enfants palestiniens sont morts dans la construction des fameux tunnels du Hamas.

Vous avez bien lu : 160 enfants palestiniens. Qui creusaient des tunnels sous la terre pour le Hamas, et qui travaillaient dans des conditions proches de l’esclavage.

L’auteur du reportage publié par le JPS a visité les tunnels du Hamas en décembre 2011. Il a vu de nombreux enfants travailler sous la terre. « Comme dans l’Angleterre victorienne, qui utilisait des enfants pour creuser des mines, le Hamas profite de la petite taille des enfants pour creuser leurs tunnels… », écrit-il.

Question : le Bloc québécois et les grandes centrales syndicales vont-ils organiser une marche dans les rues de Montréal pour protester contre cette odieuse violation des droits de la personne ?

 

(Pour lire le texte au complet, cliquez ici…)

 

 

Hein, les frites de MacDo sont salées? (extrait)

- 19 août 2014

Ainsi, le conseiller municipal Marvin Rotrand veut obliger les chaînes de restauration rapide de la province à afficher des informations sur les calories et le sodium contenus dans leurs aliments. Il en a fait la demande officielle au ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Vraiment…

A-t-on besoin d’un affichage quelconque pour savoir qu’un Big Mac est moins bon pour la santé qu’une salade ? Ou qu’un verre d’eau est moins nocif qu’un Sprite ?

Oui, une frite de MacDo contient beaucoup de sel ! Et alors ?

Ça pose problème si vous mangez des frites tous les jours, pas une fois de temps en temps…

Et entre vous et moi, pensez-vous vraiment que les obèses qui vont régulièrement manger dans les chaînes de restauration s’informent sur les valeurs nutritives des mets qu’ils ingurgitent ? Croyez-vous qu’ils vont se mettre à lire les p’tits caractères imprimés à l’endos de la boîte de carton de leur Quart de Livre ?

« As-tu vu, Kevin, le cheese de MacDo contient plus de sodium que le cheese de Burger King… Par contre, leurs frites sont moins grasses que celles de A & W… »

 

(Pour lire le texte au complet, cliquez ici…)

 

 

Ashton vend de la poutine!

- 18 août 2014

Bernard Drainville dit qu’il a une bonne idée pour relancer le PQ, une idée inédite, rafraîchissante, révolutionnaire, qui changera la façon dont les Québécois perçoivent son parti.

Il va parler — tenez-vous bien, ça va fesser fort — d’indépendance !

Vous l’avez pas vu venir, hein ?

 

 

UNE MUTATION IDÉOLOGIQUE

 

 

Quand j’ai entendu l’ex-ministre expliquer sa nouvelle idée à LCN, avant-hier, je suis tombé en bas de ma chaise.

Wow… Le PQ est pour l’indépendance ?

Ah ben maudit.

Pour une surprise, messieurs, dames, c’est toute une surprise.

On parle ici d’une révolution idéologique, d’une transformation, que dis-je ! d’une véritable mutation.

C’est comme si les patrons d’Ashton organisaient une conférence de presse pour annoncer qu’ils allaient maintenant vendre de la poutine.

« Quoi ? De la poutine ?

— Oui, monsieur ! On est fou d’même !

— Mais… vous n’en vendez pas déjà ?

— Euh, non, non, ce qu’on vend, c’est des patates frites avec de la sauce brune et du fromage en grain. Là, on va vendre de la poutine !

— Pardonnez mon ignorance, mais c’est pas la même chose ?

— Oh, que non !

— C’est quoi, la différence ?

— Ben, premièrement, les patates seront en dessous du fromage, pas par-dessus !

— O.K….

— Pis la sauce brune va être VRAIMENT brune. Elle ne sera pas brune pâle ou marron, mais vraiment brune. Quand les gens vont la voir, ils vont dire : « As-tu vu comment la sauce est brune ? On n’a jamais vu de la sauce aussi brune ! »

 

 

VENDEURS DE BALAYEUSES

 

 

Bernard Drainville a lu les sondages sur le taux d’appui à l’indépendance, il a vu les chiffres, il connaît la situation, il sait que l’option ne s’est jamais aussi mal portée, surtout auprès des jeunes, et il s’est dit :

« Je sais comment raviver le PQ ! On va parler davantage d’indépendance ! »

Ben coudonc.

Selon Bernard Drainville, si l’indépendance se porte mal, ce n’est pas parce que cette option ne vous intéresse pas, non : c’est parce que vous n’en avez pas assez entendu parler.

Avis aux gars qui font du porte à porte pour vendre des balayeuses : si la madame vous dit NON, entrez dans son salon et parlez-lui des avantages de votre balayeuse pendant quatre heures.

À la fin de votre discours, elle va voir la lumière et va vous en acheter trois.

Les gens sont cons d’même. Il suffit de leur parler longtemps pour qu’ils finissent par comprendre et vous donner raison…

 

 

LA VRAIE RÉVOLUTION

 

 

Savez-vous ce que serait un discours péquiste révolutionnaire, pour moi ?

Ça ressemblerait à ça…

« Nous croyons que l’indépendance sera bénéfique pour le Québec. Mais en temps et lieu. On ne peut pas partir alors que notre situation économique est aussi catastrophique.

« On va diminuer la dette, on va contrôler nos dépenses, on va se sortir du trou, on va vous prouver qu’on est capable de bien gérer nos affaires et de remettre le Québec dans la bonne voie, et APRÈS, quand le ménage sera fait, on vous proposera de nous séparer.

« D’accord ? Parfait ! Alors mettons-nous au travail, la tâche qui nous attend est ardue… »

Ça, ça serait vraiment inédit, amis péquistes !