Courage, monsieur Drainville! (extrait)

- 23 mai 2013

Ainsi, le ministre Bernard Drainville a décidé d’attendre la rentrée pour présenter sa Charte de la laïcité (rebaptisée Charte des valeurs québécoises, changement d’appellation qui fait certainement le bonheur d’André Drouin, qu’on a traité de tous les noms quand il a présenté son code de vie, mais qui peut maintenant se péter les bretelles en disant qu’il était un précurseur)…

Sage décision.

En effet, qui veut se taper un débat houleux sur le voile, le crucifix et les accommodements en plein mois de juin, alors que la sangria coule à flot sur les terrasses ?

 

DEUX FRONTS

 

Ça va aussi permettre à Bernard Drainville de se reposer et de reprendre des forces. Car il en aura bien besoin lorsqu’il présentera son document.

Non seulement le ministre péquiste devra-t-il — comme je l’ai déjà écrit — se battre contre les commentateurs canadiens anglais qui le traiteront de raciste et de xénophobe (comme l’a fait le National Post il y a quelques jours), mais il devra aussi se confronter aux préjugés de monsieur et madame Tout-le-monde, qui ne maîtrisent pas toujours très bien les concepts d’accommodements et de laïcité.

Entre vous et moi, je ne sais pas lequel de ces deux maux sera le plus pénible…

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal


 

Place aux enquêtes! (extrait)

- 22 mai 2013

Le mandat de la Commission Charbonneau est de mettre à jour les réseaux de collusiion et de corruption.

Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec moi, mais pour ce qui est du fonctionnement du système au niveau municipal, je pense que le boulot est fait, non ?

On a une bonne idée de la mécanique : les entrepreneurs, les firmes de génie conseils, les élus, les collecteurs de fonds, les ristournes, la double comptabilité, les extras, les cadeaux, les soupers, les voyages…

Ça fait des mois qu’on tape sur le même clou.

Je pense que c’est assez clair, non ? Ceux qui n’ont pas compris ne comprendront jamais.

Pourquoi on continue l’exercice, alors ?

En ce qui concerne le fonctionnement des réseaux de collusion et de corruption, ce qui sort actuellement sur Laval n’ajoute rien à ce qui est sorti sur Montréal.

C’est le même système, les mêmes crosses, les mêmes fraudes, les mêmes coffres-forts, les mêmes valises, les mêmes enveloppes… Seuls les noms des individus impliqués ont changé.

Après, on va faire quoi ? On va se pencher sur Blainville, Terrebonne, Mascouche, Longueuil ?

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal


Les puritains (extrait)

- 21 mai 2013

Concernant l’affaire du sex tape de la militaire canadienne…

Avez-vous remarqué à quel point c’est toujours deux poids, deux mesures quand il est question de sexe ?

Un gars qui a une sexualité un peu expansive est un playboy, un chaud lapin.

Une fille est une traînée, une salope.

 

LES « BONNES » ET LES « MAUVAISES »

 

C’est comme ça dans les écoles.

Les filles délurées sont harcelées, intimidées.

Elles se font traiter de putes, le plus souvent par d’autres filles qui sont probablement jalouses de leur popularité.

Soixante ans de féminisme n’a pas changé grand chose : le monde est encore divisé entre les « bonnes filles », qui savent tenir leur place et qui protègent leur réputation, et les « mauvaises filles », qui aiment trop la chose.

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal


L’île des merveilles

- 20 mai 2013

Afin de rendre ses casinos plus attrayants, Loto-Québec a obtenu la permission du gouvernement de servir de l’alcool aux tables de jeu et devant les machines à sous.

Tant pis si le cocktail « jeu et alcool » est explosif : il faut ce qu’il faut pour renflouer les coffres de l’État.

Après tout, l’argent ne pousse pas dans les arbres ! Si on ne peut pas exploiter nos ressources naturelles ni augmenter les taxes et les impôts, comment va-t-on payer nos beaux programmes sociaux, d’après vous ?

En vendant de l’alcool, des billets de loto et des cigarettes !

On n’a pas le choix…

 

UN PARC POUR ADULTES

 

Pourquoi on ne pousserait pas cette logique plus loin ?

J’ai un beau projet pour Montréal : transformer l’île Notre-Dame en parc d’attraction pour adultes, une sorte de mini Vegas XXX qui permettrait à l’État de faire les poches des touristes et de pomper un maximum de fric dans le système.

L’accès à l’île serait hyper contrôlé. Aucun mineur ne pourrait y avoir accès.

Pour mettre le pied sur l’île des merveilles, vous devrez vous munir d’un passeport vendu 100 $ l’unité. Ce passeport serait muni d’une photo.

Que retrouverait-on sur l’île ?

Un casino, bien sûr, mais aussi un bordel, un café où l’on pourrait fumer du pot et du hash, des saunas, des salles de tir, un ciné-parc porno, une plage nudiste, un donjon pour amateurs de s-m et un cabaret olé-olé.

Il y aurait aussi des studios de télé que vous pourriez louer à l’heure pour tourner vos propres vidéos cochons.

Pas mal, non ?

 

COMME L’EXPO

 

La prostitution et les drogues douces seraient interdites partout au Québec, sauf sur l’île des merveilles.

Pour gérer toutes ces activités, il faudrait créer un nouvel organisme : la Régie du vice. Je propose Anne-Marie Losique comme première directrice générale.

Imaginez tout le tourisme que ça nous amènerait. Ça serait malade.

Irresponsable, comme projet, dites-vous ? Non. C’est juste pousser un peu plus loin la logique actuelle du gouvernement.

Tiens, on pourrait ajouter un autre truc à mon complexe récréo-touristique : un mouroir, où les gens pourraient se suicider légalement, comme en Suisse.

Ça serait comme l’Expo, mais en plus trash. Le Pavillon de la drogue, la Pavillon du jeu, le Pavillon du cul, le Pavillon du gun, le Pavillon de la mort…

Le Québec deviendrait riche avec un truc du genre. On pourrait se payer des garderies à 50 sous, des hôpitaux ultra modernes et des universités gratuites.

C’est ça, ou alors on permet l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole.

Pensez-y.

 

LES CRIMINELLES

 

Parlant de bordel…

À l’adresse lescriminelles.com, vous pouvez visionner gratuitement Les criminelles, le documentaire choc que Jean-Claude Lord a réalisé sur la prostitution.

Aucun télédiffuseur n’a voulu présenter ce film. Pas surprenant : il est tout, sauf politiquement correct.

Lord donne en effet la parole à des travailleuses du sexe qui adorent leur métier. Elles ne sont pas droguées, pas poquées, pas exploitées.

Elles font ce métier par choix et par amour du sexe (et du fric).

Lord a été boudé par les médias. Presque pas d’entrevue, presque pas de plogue.

Qui a dit qu’il n’y a plus de tabou, au Québec ?

 

 

 

 

 

Verdun, ville humide

- 20 mai 2013

Depuis une semaine, Verdun n’est plus une ville sèche. La ville a en effet accordé un permis de bar à la brasserie artisanale Benelux, sur la rue Wellington.

Le premier permis du genre depuis… 1875 !

Comme on dit : il était temps.

 

NO BEER, PLEASE

 

Je suis né à Verdun et j’y ai passé les 25 premières années de ma vie.

J’ai toujours gardé une affection particulière pour cette ville : la rue Wellington avec ses magasins 5-10-15, l’immense parc de l’hôpital Douglas, le Natatorium (une piscine publique de style années 20), l’ancien cinéma Odéon (converti maintenant en gym), la biscuiterie Sylvestre (une institution légendaire qui a, je crois, servi des biscuits feuille d’érable aux noces de Cana) et le secret le mieux gardé de l’île, la promenade le long du fleuve, qui s’étend jusqu’aux rapides de Lachine, et où les Madelinots égarés en ville tentent tant bien que mal de guérir leur mal du pays…

Jusqu’à la semaine dernière, si vous habitiez Verdun et que vous vouliez prendre un verre, vous deviez franchir les frontières de la ville et entrer dans un des bars limitrophes, situés à cinq pieds de la municipalité : la taverne Pall Mall à Pointe St-Charles, à l’est, ou le bar Saint-Paul et la Brasserie Côte-Saint-Paul à Côte-Saint-Paul, au nord.

Il n’y avait aucun bar, aucune taverne, aucune brasserie ni aucun nightclub à Verdun. C’était strictement interdit, gracieuseté de l’héritage anglo-protestant de la ville.

 

PAS DES SAUVAGES !

 

Je me souviens, quand j’étais jeune, un Verdunois téméraire avait essayé d’ouvrir un bar de danseuses (ou de danseurs, je ne me souviens plus — à moins que ce fut un restaurant de « déjeuner sexy » où des matantes fanées vous servent des œufs au plat, leurs seins lourds trempant dans l’assiette, pendant que des téléviseurs accrochés au plafond diffusent des films pornos à huit heures le matin), mais l’aventure avait été de courte durée et s’était terminée par une vitrine brisée.

On pouvait acheter de la bière par milliers au dépanneur, mais de grâce, pas question de siroter un gin tonic dans un tripot d’alcool !

Verdun était la capitale nationale des incendies criminels, on mettait le feu aux quatre coins de la ville chaque Fête de la Reine, des gangs d’anglos et de francos se tapaient dessus à coups de batte de baseball, les patients de l’hôpital Douglas déliraient à voix haute pendant la vente-trottoir sur la rue Wellington, des hordes de saoulons organisaient régulièrement des enterrements de vie de garçon dégueulasses où des futurs mariés étaient attachés à des croix de bois et enduits de moutarde, de ketchup et de bière, quand ils ne se faisaient pas pisser dessus…

MAIS PAS DE BARS !!!

Ça risquait trop de mettre la ville sens dessus dessous.

Après tout, on avait de la classe, à Verdun. On savait vivre, on n’était pas une bande de sauvages…

 

SOUVENIR ENCORE

 

Mais ça, c’était hier, quand Verdun semblait tout droit sortie d’une vieille chanson de Claude Dubois (J’ai souvenir encore, l’une des plus belles tounes du répertoire québécois, qui me tire des larmes chaque fois que je l’entends)…

Aujourd’hui, Verdun s’est gentrifiée, il y a des restos branchés, des épiceries fines, des hipsters.

Et de la bière artisanale.