Garderies : « On ne voulait pas hausser les tarifs, mais… »

- 21 novembre 2014

Philippe Couillard ne voulait pas augmenter les tarifs de garderie, mais il a vu l’état des finances publiques, et il s’est rendu compte qu’il n’avait pas le choix.

Vous n’êtes pas tanné d’entendre cette excuse?

 

 

 

 

Comment tuer Montréal

- 21 novembre 2014

Le hasard fait drôlement les choses.

Il y a quelques jours, alors que mille personnes se réunissaient à la Place des Arts pour cogiter sur les meilleures façons de relancer Montréal, la Direction de la santé publique de Montréal proposait qu’on transforme la rue Ste-Catherine en voie piétonnière.

 

 

UN CENTRE-VILLE DÉSERT

 

 

Ce n’est pas suffisant de compliquer la vie des automobilistes qui veulent se rendre sur le Plateau. Il faut maintenant bannir les autos sur la plus importante artère commerciale de la ville !

Vous imaginez ce qu’une telle décision ferait pour Montréal si on était assez fou pour l’adopter ?

La rue Ste-Catherine ressemblerait à Manhattan dans le film de science-fiction I Am Legend, avec Will Smith.

Le centre-ville deviendrait complètement désert. La mauvaise herbe pousserait dans les craques du trottoir et on pourrait voir des hordes d’orignaux sauvages lécher les vitrines de La Baie.

Les gens traverseraient le fleuve à la nage pour aller magasiner aux Dix30 !

Pourquoi ne pas construire une statue géante de Luc Ferrandez devant Ogilvy, tant qu’à faire ?

« Vous avez aimé ce qu’on a fait avec l’avenue Mont-Royal ? Vous adorerez ce qu’on va faire avec la rue Ste-Catherine ! »

Jamais les New-yorkais ne songeraient à transformer la Fifth Avenue en voie piétonnière. Ni les Parisiens à faire la même chose avec les Champs-Élysées.

Mais à Montréal, pas de problème !

On est cool, nous autres. On est verts.

Les commerces ferment les uns après les autres, mais ça ne nous fait pas un pli sur la bedaine.

Pourvu qu’on puisse lancer des roches dans les vitrines, le reste, on s’en astique la carotte.

 

 

PAS D’AUTOS, PAS D’ACCIDENTS D’AUTOS

 

 

Pourquoi la Direction de la Santé Publique de Montréal veut bannir les autos sur la rue Ste-Catherine ? Parce qu’il y a des accidents.

Admirez la logique : les accidents d’autos sont causés par les autos ? On a juste à interdire les autos et il n’y aura plus d’accidents d’autos.

(Dire que malgré un raisonnement aussi implacable, certaines personnes se demandent encore si Montréal est une ville intelligente…)

Une question, comme ça : étant donné que 100 % des personnes vivantes vont mourir, pourquoi ne pas interdire aux gens d’avoir des enfants ?

Comme ça, on diminuerait la mortalité !

« Nous n’avons rien à craindre d’autre que la peur », disait Franklin D. Roosevelt.

Cette devise devrait être étudiée dans toutes les écoles du Québec.

C’est fou comme on a peur, ici.

Un oléoduc ? Il va couler !

Une centrale nucléaire ? Elle va exploser !

Du gaz de schiste ? Ça va empoisonner l’eau !

Des autos ? Elles vont se foncer dedans !

Un casino ? Ça va ruiner les pauvres !

La seule façon de pouvoir dormir tranquille est d’imaginer tout le monde tout nu sur un Bixi.

Et même encore : qui sait combien d’acariens grouillent sur un banc de bicycle ?

 

 

UNE IMAGE DE MARQUE

 

 

Oubliez « L’accent d’Amérique » de Québec.

Je propose une nouvelle devise pour Montréal, qui éclipsera toutes les autres et nous mettra « sur la mappe ».

« La vie sans risque »

Le monde vous fait peur ? Venez à Montréal.

Ici, y a rien qui se passe…

 

 

Les policiers sont-ils au-dessus des lois?

- 20 novembre 2014

Vous êtes livreur de pizza ou chauffeur de taxi.

Vous roulez à 122 km/heure sur une route de 50 km/h, dans un quartier résidentiel, près d’une école.

Vous frappez une automobile de plein fouet et tuez un enfant de 5 ans.

Allez-vous être accusé au criminel pour conduite dangereuse, selon vous? Bien sûr que oui!

Mais quand ça arrive à un policier, ta-dam! aucune accusation n’est portée.

C’est un simple accident, c’est tout. Aucune négligence.

Fou, non?

 

 

Il y a agression et agression

- 20 novembre 2014

Depuis quelque temps, le Québec est en guerre contre l’intimidation et le harcèlement.

Tant mieux. On ne devrait jamais accepter ce genre de comportements.

Les femmes ont le droit de marcher dans la rue et les enfants ont le droit d’aller à l’école sans se faire écœurer.

Mais en même temps, il ne faut pas exagérer.

À force de grimper aux rideaux à la moindre niaiserie, on finit par nuire à la cause que l’on veut défendre.

 

 

DE L’INTIMIDATION ?

 

 

Prenez Sophie Desmarais.

La fille du financier Paul Desmarais a révélé à Jasmin Roy avoir été victime d’intimidation quand elle était jeune.

« En classe, on me soufflait avec un crayon des boulettes de papier sur la tête. On m’écrivait sur des bouts de papier que j’étais conne, bête, laide », s’est-elle plainte.

Bon, effectivement, ce n’est pas drôle. Mais de là à crier à l’intimidation, il y a un pas.

L’intimidation, c’est un p’tit gars qui se fait casser la gueule jour après jour après jour dans la cour de récré.

Il a tellement peur d’aller à l’école, le matin, qu’il vomit. Certains enfants préfèrent s’enlever la vie plutôt que d’avoir à subir ce traitement un jour de plus.

C’est ça, de l’intimidation, du harcèlement.

Pas des niaiseux qui te lancent des boulettes de papier pendant un cours !

Qui ne s’est pas fait écœurer à l’école ?

On n’est toujours bien pas pour appeler la police, fait venir un psy et mettre sur pied un plan d’intervention chaque fois que deux, trois idiots font une niaiserie !

Qualifier d’ « intimidation » ce que Sophie Desmarais a vécu, c’est banaliser le calvaire que vivent les vraies victimes d’intimidation.

 

 

ÉLEVÉS DANS DU PAPIER BULLE

 

 

Non seulement rend-on les examens plus faciles afin de protéger les jeunes des « affres » de l’échec (Dieu sait ce qui pourrait se passer si l’un de nos chérubins avait le malheur de couler un examen…), mais on grimpe dans les rideaux et fait une syncope dès qu’ils s’égratignent un genou ou se font niaiser dans la cour de récré.

Tout de suite, c’est le branle-bas de combat.

« Quoi ? Mon fils a eu une mauvaise note ? Il est tombé de la balançoire ? Il s’est fait insulter par un autre enfant ? Mais quelle sorte de directeur êtes-vous ? Je vais porter plainte, ça ne s’arrêtera pas là ! »

On fait comme si nos enfants étaient de petits bibelots fragiles incapables d’encaisser le moindre coup. On les enveloppe dans du papier bulle, on les materne, on les catine…

Résultat : ils sont tellement surprotégés qu’ils se brisent en mille morceaux au moindre revers…

 

 

DU HARCÈLEMENT SEXUEL ?

 

 

Autre exemple d’exagération : le « scandale de harcèlement sexuel » qui secoue présentement l’UQAM…

« Un prof m’a dit que j’avais de beaux yeux », a confié une étudiante à l’un de nos reporters.

Certes, la remarque de l’enseignant est déplacée, mais de là à crier au harcèlement, à l’intimidation et à l’agression, il y a une marge !

On n’est toujours pas pour crier au loup au moindre écart !

À quand des contraventions aux hommes qui regardent les jambes des femmes dans la rue ?

 

 

Une émission couleur de Radio-Canada

- 19 novembre 2014

Désolé, mais au risque de passer pour un sans-cœur, je ne suis plus capable d’entendre les employés de Radio-Canada profiter des ondes de Radio-Canada pour critiquer les compressions à Radio-Canada.

Gardez-vous une petite gêne, les amis !

 

 

UN PHÉNOMÈNE MONDIAL

 

 

Des coupures, il y en a partout, ces temps-ci.

Pourquoi les pertes d’emplois à Radio-Canada seraient-elles plus tristes et plus choquantes que celles qui affectent d’autres secteurs de la société ?

Seulement au cours du mois d’octobre, 30 000 emplois à temps plein ont été perdus au Québec.

Ces 30 000 nouveaux chômeurs ont-ils tous été invités à Radio-Canada pour aller se plaindre ? La Société d’État leur a-t-elle donné un micro ?

Les chômeurs de Radio-Canada font-ils plus pitié que les chômeurs d’Électrolux, de SNC-Lavalin ou de Rio Tinto Alcan ?

Le monde des médias traverse une crise majeure. C’est un phénomène mondial.

Il y a eu des coupures chez Transcontinental, chez Sun Media, à la Presse Canadienne, au Devoir, au Journal de Montréal, à Libération, au New York Times, au Washington Post, partout.

En 2011, la BBC a mis 800 employés à pied. Depuis le début des années 2000, les journaux américains ont coupé 28 % de leurs effectifs rédactionnels.

Entre 2006 et 2011, les recettes publicitaires des télévisions généralistes francophones québécoises ont diminué de 45 millions de dollars.

Selon les données de l’Association des journaux canadiens, les recettes publicitaires des versions papier des quotidiens payants ont baissé de 25 % entre 2006 et 2011.

Bref, Radio-Canada n’est pas un cas à part. Ça va mal dans tous les médias partout sur la planète.

Dans les médias privés comme dans les médias publics.

 

 

LA RIBOULDINGUE

 

 

Les animateurs vedettes de Radio-Canada trouvent ça dégueulasse que certains de leurs confrères et consœurs perdent leur emploi ?

Qu’ils proposent de diminuer leur salaire ! Ça ne règlera pas le problème mais ça sera un pas dans la bonne direction.

Radio-Canada reçoit un milliard de dollars par année de gouvernement fédéral. Quel pourcentage de ces subventions sert à payer le salaire des méga vedettes de la station ?

On peut poser la question, non ?

On fait tout un plat de la fermeture du département de costumes de Radio-Canada.

Oui, c’est triste, humainement parlant. Ce n’est jamais rigolo quand des employés se retrouvent sans emploi.

Mais… Quelle est la dernière fois que Radio-Canada a diffusé un télé-théâtre historique ?

La plupart des émissions diffusées à Radio-Canada sont produites par des firmes privées. Les costumes, ces firmes les louent.

On n’est plus en 1960, à la belle époque de La Ribouldingue, du Monde de Marcel Dubé ou des Grands Esprits…

 

 

LA GRANDE MUTATION

 

 

Le monde change. À la vitesse grand V.

Les clubs vidéos ferment. Les librairies ferment. Les disquaires ferment. Les cinémas ferment. Plus de courrier à domicile.

Un jour, avec la cigarette électronique, ce sera au tour des fabricants de cigarettes de couper. Puis l’industrie pétrolière, à cause des autos électriques.

Les jeunes regardent plus Internet que la télé traditionnelle. Cela va avoir des conséquences sur tout le milieu.

Les emplois vont migrer. Les habitudes vont changer. Le paysage médiatique va se transformer.

Radio-Canada ne vit pas dans un monde parallèle, sous une cloche de verre.