La cigale grecque, ayant dépensé sans compter pendant des années, se trouva fort dépourvue quand la crise fut venue.
Pas un seul sou de côté ni de marge de crédit pour payer ses dettes astronomiques.
Acculée à la faillite, elle alla crier famine chez la fourmi allemande sa voisine, la priant de lui prêter quelques euros pour subsister jusqu’à la reprise, qui finirait bien par arriver un de ces jours.
ACHTUNG !
« Hey, toi, lui lança-t-elle. Toi qui as du fric qui te sort par les oreilles et qui es assis sur une tonne d’or. N’as-tu pas honte ? Au lieu de tout garder pour toi, comme une égoïste, pourquoi ne dépannerais-tu pas une pauvre cigale qui est dans la merde jusqu’au cou ?
« Je te rembourserai quand on va se sortir de la vase, juré craché. »
La fourmi (qui travaille fort) n’est pas prêteuse, c’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ? dit-elle à cette emprunteuse.
— Nuit et jour à tout venant, je chantais, ne t’en déplaise, répondit la cigale en se limant les ongles.
— Vous chantiez ? J’en suis fort aise, lança la fourmi. Eh bien! dansez maintenant. Et la prochaine fois, faites un budget, utilisez les fonds publics de façon responsable et tentez de respecter votre capacité de payer. Achtung Baby ! »
LA CATASTROPHE ESPAGNOLE
Partout, en Occident, on entend le chant désespéré des cigales qui se retrouvent le cul sur la paille après avoir mené la vie de pacha.
En Espagne, le quatrième pays à demander l’aide de l’Europe, on aurait besoin de 62 milliards d’euros pour se sortir du trou.
Comme l’a écrit le journaliste Phil Bennett dans le quotidien El Pais :
« À la fin de 2009, la dette externe totale de l’Espagne était de 1 735 milliards d’euros, soit 170 % de son PIB. Non seulement le gouvernement a-t-il augmenté les dépenses publiques de 7,7 % par an à partir de 2005 (ce qui a transformé l’excédent budgétaire de 2007 en un déficit de 11 %), mais pendant dix ans, les dépenses de consommation ont progressé deux fois plus vite que la moyenne européenne. »
Résultat : l’économie du pays a fini par s’effondrer. Aujourd’hui, plus de 4 millions de salariés ont perdu leur emploi et le taux de chômage espagnol (20 %) est plus du double de la moyenne européenne.
Bref, une catastrophe.
À QUAND LE QUÉBEC ?
Lorsque le gouvernement espagnol a décidé d’adopter des mesure d’austérité pour remettre le pays dans le droit chemin, des milliers de personnes sont descendus dans les rues en criant : « Nous ne paierons pas ! »
Désolés, amis cigales, mais il est trop tard. Ce n’est pas une fois que le bateau a coulé qu’il faut crier, mais avant !
Où étiez-vous quand le gouvernement creusait votre tombe en multipliant les emprunts ?
La dette de votre pays équivaut à 170 % de votre PIB ! Personne ne l’a vu venir ?
La triste réalité est que ça faisait votre affaire. Ce n’est que lorsque les huissiers ont cogné à la porte que vous vous êtes mis à gueuler…
C’est bien beau, le crédit. Mais un moment donné, il faut payer.