Ainsi, Pauline Marois a décidé de ne plus porter son carré rouge.
Je sais ce que vous pensez : nous nous acheminons à grands pas vers des élections et la dame ne veut pas se montrer avec un symbole susceptible de diviser la population…
Elle profite de l’accalmie estivale pour se débarrasser de ce bout de tissu qui lui a valu tant de critiques et qui fait peur aux électeurs plus âgés.
Hé, que vous êtes cyniques !
UN CHOIX ESTHÉTIQUE
Ce n’est pas ça.
La vraie raison est que cet été, la chef du PQ va porter des blouses bleues et des blouses jaunes, et que le rouge ne s’harmonise pas bien avec ces couleurs.
C’est une simple question esthétique.
Idem avec les casseroles. Si madame Marois a arrêté de taper du couvercle dans les rues, comme elle l’a fait à Lachute il y a quelques semaines, histoire de montrer qu’elle était près du peuple, ce n’est pas parce que les élections s’en viennent et que ça ne fait pas très sérieux de frapper sur un chaudron quand tu brigues le poste de Premier ministre, noooon.
C’est parce que la dernière fois, elle a frappé tellement fort sur ses Lagostina qu’elle les a défoncés.
Voilà.
UN APPUI PLUS DISCRET
Sérieusement : quel opportunisme de bas étage !
(« Opportunisme : attitude qui consiste à tirer le meilleur parti des circonstances en faisant peu de cas des principes. » On ne pourrait mieux définir la récente volte-face de la chef péquiste.)
Quand les étudiants sont hot, Pauline Marois arbore fièrement un carré rouge, histoire de gagner le vote des jeunes. Mais quand la crise étudiante ne fait plus les manchettes, et qu’elle a besoin de séduire les électeurs aux cheveux gris (beaucoup plus conservateurs, mais beaucoup plus fiables quand vient le temps de voter), la chef du PQ retourne sa veste de bord et jette son carré aux poubelles.
« Je continue d’appuyer la cause étudiante », a dit madame Marois à Paul Arcand hier.
Elle veut juste faire en sorte que ça ne soit plus la première chose à laquelle on pense quand on la voit à la télé.
Elle défendra les étudiants seulement si on lui pose la question. Sinon, elle abordera d’autres sujets, au grand plaisir de ses députés qui semblaient éprouver de plus en plus de difficulté à porter le fameux bout de tissu en public.