Le 6 novembre prochain, les Américains décideront s’ils veulent donner un autre mandat à Barack Obama.
LE MIRACLE N’A PAS EU LIEU
Le Président (qu’on a accueilli comme un Messie lors de son élection en 2008) n’est pas parfait. Il a versé beaucoup d’eau dans son vin, n’a pas livré la marchandise (l’économie du pays traîne encore beaucoup de la patte) et a déçu son électorat de gauche en se montrant beaucoup trop conciliant avec Wall Street (à la surprise générale, il a demandé à plusieurs responsables de la crise économique de joindre sa première équipe de conseillers économiques).
Comme l’a écrit le journaliste Ron Suskind dans son livre Confidence Men, Barack Obama aurait pu profiter de la situation pour réformer complètement le système financier américain et devenir le Franklin Delano Roosevelt du XXIe siècle.
Il a au contraire évité de faire des vagues et flatté les requins de Wall Street dans le sens du poil.
UN DRÔLE D’AMI
De plus, il était plutôt incongru de voir le Président des États-Unis demander à Bill Clinton de lui venir en aide lors de la dernière Convention démocrate.
En effet, c’est Clinton lui-même qui est en partie responsable de la crise ! C’est lui qui, en 1999, a déréglementé le secteur financier et permis aux banques de dépôt, aux banques d’investissement et aux compagnies d’assurance de fusionner, créant des géants aux pieds d’argile comme Citigroup.
Bref, Obama est loin d’être un grand Président. Mais lorsqu’on le compare au candidat républicain Mitt Romney, il y a de quoi se consoler.
En effet, pendant que le pays tente de se sortir péniblement de la pire crise économique de son histoire, les Républicains, eux, perdent (encore) leur temps à discuter de Dieu et du sexe des anges…
LE PEUPLE ÉLU
Non seulement Romney a-t-il tenté de faire peur aux grenouilles de bénitiers en affirmant — à tort — que Barack Obama s’apprêtait à retirer la devise « In God We Trust » de la monnaie américaine, mais le parti Républicain a pris position pour l’interdiction pure et simple de l’avortement… même en cas d’inceste et de viol.
« Notre nation est un cadeau de Dieu, a lancé le candidat républicain. Nous, le peuple américain, avons reçu nos droits non pas du gouvernement, mais de Dieu lui-même… »
Bref, loin de prendre ses distances avec les Born Again Christians qui ont profité de l’élection de George W. Bush pour entrer dans la Maison-Blanche, l’ancien grand parti d’Abraham Lincoln continue de trébucher dans les questions morales et de flirter avec l’extrême droite religieuse.
Non, Obama n’est pas le Messie attendu. Et oui, l’économie américaine va toujours mal.
Mais entre un intellectuel allumé qui a les deux pieds sur terre et un Mormon qui ne cesse de faire référence au Créateur, il me semble que le choix n’est pas très difficile à faire…
Non ?
L’ÉGLISE RESPONSABLE ?
Parlant de grenouille de bénitier…
Lors de la couverture des funérailles de Denis Blanchette sur les ondes de RDI, le curé Raymond Gravel a dit que la droite était responsable de la tuerie du Métropolis.
Si je suis la logique de l’ancien député bloquiste de Repentigny, on pourrait rendre l’Église responsable des meurtres de médecins qui pratiquent des avortements…