Archives pour 3 novembre 2012

Il est des nôtres!

- 3 novembre 2012

Quand on a demandé à Luc Leclerc pourquoi il avait accepté d’embarquer dans toutes ces magouilles, l’ex ingénieur de la Ville de Montréal a répondu :

« Pour être accepté des autres, pour me fondre dans le groupe… »

 

LE MONDE À L’ENVERS

 

Nous en sommes rendus là : la corruption est tellement endémique dans certains milieux que ce sont ceux qui refusent de se salir les mains et de piger dans le bol de bonbons qui paraissent suspects !

Comme si la corruption était une vertu, et l’honnêteté, une perversité, une faiblesse morale, un signe de débauche et de lâcheté !

Un peu plus, et on va nous apprendre que lorsqu’un fonctionnaire jusque-là intègre acceptait (enfin) sa première enveloppe, ses confrères tout contents se levaient et entonnaient en chœur :

« Ami Gérard, ami Gérard, prends ton enveloppe / Et surtout, ne la refuse pas / Et porte-la au frontibus, au nasibus, au mentibus, au pedibus, au coudibus, au fessibus, au ventribus, et compte, compte, compte !

« Il est des nôtres, il a pris sa cote comme les autres ! »

 

LA POMME POURRIE

 

Il y a quelques années, grâce à l’émission Les Francs-Tireurs, j’ai eu l’extrême privilège de rencontrer mon idole, Frank Serpico, un ancien flic qui, au péril de sa vie, a dénoncé la corruption qui gangrénait le service de police de la Ville de New York dans les années 60 et 70.

L’homme (qui a fait l’objet d’un film percutant mettant en vedette Al Pacino) vit maintenant caché dans un petit village perdu.

J’ai passé une journée avec lui. Serpico m’a dit que lorsqu’il était flic, ce sont les policiers honnêtes qui dormaient mal le soir et qui se sentaient suspects, sales.

Ils étaient traités comme des parias, les autres policiers les évitaient comme la peste, personne ne voulait faire équipe avec ces « moutons blancs » et ils n’étaient jamais invités aux événements sociaux.

Comme si le problème n’était pas la pomme pourrie qui dormait dans le fond du baril, mais la pomme fraîche ! C’est elle qui avait mauvaise réputation, c’est elle qui risquait de contaminer les autres !

 

L’INVASION DES ZOMBIES

 

Je commence à comprendre pourquoi les films et les émissions de zombies sont aussi populaires depuis quelque temps : il reflètent parfaitement notre époque.

Que veulent les zombies ? Transformer tous les êtres humains en morts vivants, et ils ne seront contents que le jour où tous les hommes et toutes les femmes leur ressembleront.

Dans les films de zombies, ce ne sont pas les monstres qui incarnent l’anormalité : ce sont les êtres humains « normaux ». Ce sont eux qu’on chasse et qu’on pourchasse afin de les amener « du bon bord »…

Le zombie est le symbole parfait de ce que j’appellerais « la transmutation des valeurs ».

L’anormal devient normal, le corrompu fait partie de la bonne gang et l’honnêteté est perçue comme une monstruosité de l’âme…

Non seulement tout est pourri, mais tout doit être pourri.

 

LOURDE TÂCHE

 

« Il faut que ça devienne payant d’être honnête au Québec », a dit Stéphane Bédard avant-hier.

D’accord avec vous, monsieur.

Mais ça prend plus que des lois. Ça prend un changement de culture.