Chaque jour, des lecteurs d’un certain âge m’envoient des courriels disant qu’ils ont été témoins du même genre d’histoires « dans le temps » : des enveloppes bourrées de fric, de l’argent remis en dessous de la table, des double comptabilités, etc.
« Tout le monde était au courant, disent les témoins à la Commission Charbonneau. Même les commis ! »
« On n’a jamais pensé que c’était de la corruption car tout le monde le faisait, affirme au Devoir un entrepreneur de Laval. Pour nous, c’était une cotisation… »
Bref, tout le monde le savait, mais personne n’agissait. Pire : on ne s’en offusquait même pas !
Ça faisait partie des traditions. C’est comme ça que ça se passait, point…
Pas de quoi fouetter un chat.
SECRET DE FAMILLE
C’est comme ces sordides histoires d’inceste qui font régulièrement la une des journaux.
« Un père a agressé sa fille pendant 17 ans ! »
Quand on fouille un peu, on découvre que beaucoup de gens savaient ce qui se passait, ou du moins s’en doutaient : le frère, les voisins, la mère…
« Oui, on soupçonnait qu’il se passait quelque chose d’anormal, mais on se mêlait de nos oignons, ce n’était pas de nos affaires… »
Et puis quand l’histoire finit par éclater au grand jour, on se rend compte que la fille du bonhomme n’était pas la seule victime : le maniaque avait aussi agressé son fils, une nièce, même sa petite-fille.
Mais chaque fois : motus et bouche cousue.
Vaut mieux fermer les yeux que d’ouvrir une boîte de Pandore et foutre le bordel dans la cabane.
Texte au complet sur le site du Journal de Montréal…