Archives pour 19 novembre 2012

Ma profession de foi

- 19 novembre 2012

Même si mon cœur penche à droite, je me méfie des gens qui ne jurent que par les seules lois du marché.

L’économisme (c’est-à-dire : l’économie élevée au rang d’idéologie) est tout aussi menaçant pour l’individu que l’étatisme, et autant il faut se protéger des États qui veulent à tout prix le bien de leurs citoyens, autant on doit craindre les entreprises qui ne pensent qu’à leurs intérêts et qui tentent de nous faire croire que plus on les laissera tranquilles, plus nous serons libres.

Entre un État qui ne pense qu’à accroître son pouvoir et une entreprise qui ne pense qu’à accroître sa valeur, je revendique le droit de ne pas choisir.

Entre des capitalistes débridés prêts à tout pour faire de l’argent, et des États omnipotents prêts à tout pour garder le pouvoir, je me sens comme un Polonais des années 40 pris en étau entre les chemises brunes de Hitler et les drapeaux rouges de Staline.

La tyrannie est inacceptable, autant celle des idées que celle de l’argent.

Si je refuse de m’agenouiller devant l’État, ce n’est tout de même pas pour courber la tête et faire la génuflexion devant le capital.

 

 

Quand IKEA aimait Big Brother (extrait)

- 19 novembre 2012

C’est l’histoire financière la plus choquante que j’ai lue depuis fort longtemps.

Cette semaine, les patrons d’IKEA ont admis que dans les années 70-80, ils ont fait fabriquer leurs meubles par des prisonniers politiques d’Allemagne de l’Est.

 

CELLULE D’ISOLEMENT

 

Vous avez bien lu : le géant du meuble suédois a profité du fait que la Stasi (la terrible police secrète est-allemande) jetait des dissidents politiques en prison pour augmenter ses parts de profit.

Ils ont utilisé des hommes et des femmes incarcérés pour avoir lutté contre le communisme et contre le totalitarisme comme main-d’œuvre à rabais.

« Si on ne réussissait pas à atteindre le quota quotidien que l’entreprise nous fixait, on nous jetait dans une cellule d’isolement pendant dix jours, de dire un homme qui a été arrêté alors qu’il avait 22 ans (son crime : il distribuait des poèmes de Bertolt Brecht et de Herman Hesse). J’ai passé onze mois en prison, et tout le long de ma sentence, j’ai fabriqué des chaises pour IKEA.

« Chaque jour, on travaillait l’équivalent de deux journées et demie de travail normal… Ce n’était un secret pour personne, tout le monde savait pour qui on travaillait, le nom IKEA était écrit en grosses lettres sur les boîtes… »

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal