Même si mon cœur penche à droite, je me méfie des gens qui ne jurent que par les seules lois du marché.
L’économisme (c’est-à-dire : l’économie élevée au rang d’idéologie) est tout aussi menaçant pour l’individu que l’étatisme, et autant il faut se protéger des États qui veulent à tout prix le bien de leurs citoyens, autant on doit craindre les entreprises qui ne pensent qu’à leurs intérêts et qui tentent de nous faire croire que plus on les laissera tranquilles, plus nous serons libres.
Entre un État qui ne pense qu’à accroître son pouvoir et une entreprise qui ne pense qu’à accroître sa valeur, je revendique le droit de ne pas choisir.
Entre des capitalistes débridés prêts à tout pour faire de l’argent, et des États omnipotents prêts à tout pour garder le pouvoir, je me sens comme un Polonais des années 40 pris en étau entre les chemises brunes de Hitler et les drapeaux rouges de Staline.
La tyrannie est inacceptable, autant celle des idées que celle de l’argent.
Si je refuse de m’agenouiller devant l’État, ce n’est tout de même pas pour courber la tête et faire la génuflexion devant le capital.