Archives pour décembre 2012

Le hold-up du siècle (extrait)

- 20 décembre 2012

Mais comment a-t-on pu creuser un aussi gros trou au CUSM sans que personne ne s’en aperçoive ? Comment est-ce possible ?

Personne ne surveille ce qu’on fait avec notre argent ?

On met des millions de dollars dans un pot, et tout le monde se sert ? On donne le magot au premier sauveur qui se pointe, et on lui dit : « Vas-y, mon Pit, fais ce que tu veux avec, on te fait confiance » ?

 

UNE INSOUCIANCE SCANDALEUSE

 

Le gouvernement avait autorisé le CSUM à faire un déficit de 12 millions. Le centre universitaire a creusé un trou de 115 millions au nez et à la barbe de son conseil d’administration, du ministre de la Santé et du gouvernement.

Et on vient tout juste de s’en rendre compte ?

Cette histoire abracadabrante montre avec quel laisser-aller, quelle négligence et quelle insouciance les bonzes de l’État gèrent l’argent public.

 

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal


Quand Smith marie Wesson (extrait)

- 19 décembre 2012

Selon certains de mes confrères du Journal, nous aurions tort, au Québec, de nous croire meilleurs que les Américains en ce qui concerne nos rapports avec les armes à feu.

À les entendre, il n’y aurait aucune différence entre le Québec et les États-Unis.

Désolé, chers amis, mais je persiste et signe : les Américains ont un rapport extrêmement malsain avec les armes. Ils tripent sur les armes, ils bandent sur les armes, et ils salivent quand ils voient une AK-47.

 

PRÉSENTEZ VOS ARMES !

 

Êtes-vous déjà allés à Las Vegas, récemment ?

Oubliez les bordels légaux du Nevada et les bars de strip-tease : le nouveau truc hot, ce sont les mégas centres de tir.

Il y a des affiches géantes partout : des filles en bikini tenant une mitraillette dans les mains. « Come, have fun ! »

Pour 500 $, on va vous chercher en limousine à votre hôtel et on vous mène au centre en question. Là-bas, vous avez le choix : vous pouvez tirer de la mitraillette, une UZI, une AK-47, une Beretta, un Magnum 44, nommez le fusil qui vous fait triper, ils l’ont.

On y organise des partys d’enterrement de vie de célibataire, de même que des mariages.

Sur le site Internet d’un de ces centres (The Gun Store), vous pouvez y voir de belles photos de mariages, avec la mariée tenant fièrement une arme semi-automatique directement sortie de Rambo 25, et le marié bardé d’une ceinture de munitions.

Le pasteur vous marie directement dans le centre de tir. Quand ils vous demande : « Acceptez-vous Shirley pour épouse ? », vous répondez « Fucking Right ! » et vous tirez sur une cible à l’effigie de Ben Laden. Puis vous échangez vos Smith & Wesson.

La grosse classe.

On appelle ça des « Bad-Ass weddings ».

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal


 

Pow Pow t’es mort (extrait)

- 19 décembre 2012

Ma chronique de samedi, sur la tragédie du Connecticut, m’a valu (ce n’est pas surprenant, vu la nature émotive du sujet) de nombreux courriels.

Plusieurs lecteurs de tendance libertarienne m’ont écrit pour me dire que j’étais dans le champ d’avoir osé — scandale ! — affirmer qu’il existait un problème d’armes à feu aux States.

« On ne peut pas blâmer les armes à feu pour ce genre de carnages ! », de m’écrire une lectrice.

 

MAIDITS ENFANTS !

 

Vous avez raison, madame. Le problème, ce n’est pas les armes, mais les enfants.

C’est quoi, cette idée saugrenue de se mettre devant l’arme d’un tueur quand celui-ci dégaine et tire dans le tas ? On ne leur a pas appris de se cacher quand un psychotique arrive avec une arme semi-automatique dans une classe ?

Tu parles d’une génération… Et voulez-vous bien me dire pourquoi ces enfants ne portaient pas de gilet pare-balles et pourquoi leur prof n’était pas armée ? Si tout le monde portait un Magnum à la ceinture, il n’y aurait pas de massacre du genre…

Pardonnez mon sens de l’humour morbide, mais c’est tout ce qui me vient en tête quand j’entends les arguments des libertariens.

Dire que les armes à feu ne sont pas à blâmer dans ce genre de tragédies, c’est comme dire que Hiroshima n’a rien à voir avec la bombe nucléaire.

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal


Perdus, sans boussole (extrait)

- 19 décembre 2012

Guy Turcotte, qui a tué ses deux enfants, est libre.

Cathie Gauthier, qui a tué ses trois enfants, a été condamnée à la prison à vie.

Robert Latimer, qui a tué sa fille lourdement handicapée pour lui épargner une vie de souffrance, a passé dix ans derrière les barreaux.

Rémy Couture, qui fait des films d’horreur avec de faux cadavres en caoutchouc, risque la prison.

Francis Proulx, qui souffrait de troubles mentaux, a été condamné à 25 ans ferme pour le meurtre de Nancy Michaud.

Comprenez-vous quelque chose dans tout ça ? Moi non plus.

On a l’impression que les juges tirent leurs sentences au sort.

 

OÙ EST LE NORD ?

 

L’homme a besoin d’un compas moral, une boussole qui lui indique où est le bien, où est le mal, histoire de l’aider à mieux cheminer dans la vie.

Avant, il y avait la religion pour jouer ce rôle. Aujourd’hui, il y a quoi ?

La politique ? Les gens sont de plus en plus cyniques, et avec raison.

Le système financier, qui récompense ceux qui travaillent fort et punit les paresseux et les escrocs ? Faites-moi rire.

Le système de justice ? On y croit de moins en moins. Les criminels se suivent et les sentences ne se ressemblent jamais.

Alors, il est où, notre compas ? Elle est où, notre boussole ?

 

Texte au complet sur le site du Journal de Montréal

 

 

No fault

- 16 décembre 2012

Oui, monsieur le juge, je l’avoue, j’ai tué ma femme et mon enfant.

Mais vous le savez, ce n’est pas ma faute, je n’étais pas moi-même, ma femme m’a quitté avec mon meilleur ami et j’ai perdu la carte.

Et puis ces derniers mois, j’avais des problèmes au bureau, mon médecin va vous le dire, j’ai dû arrêter le travail à cause d’un burn out et ma séparation était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Oui, votre honneur, j’ai tué mes deux adolescentes, mais vous le savez, ce n’est pas ma faute, dans le pays d’où je viens, l’honneur est une valeur extrêmement importante, et mes filles ne respectaient plus rien, elles couchaient à gauche et à droite, ma femme était sens dessus dessous.

J’ai bien essayé de les ramener à l’ordre, mais elles ne voulaient rien savoir, elles me narguaient devant mes amis.

Je viens tout juste d’arriver, je ne savais pas qu’ici, c’était différent.

 

UNE DETTE MORALE

 

Oui, monsieur le juge, j’ai fraudé le système, mais ce n’est pas ma faute, tout le monde le fait, si tu n’entres pas dans la machine, tu n’as plus de contrat.

J’ai une famille à faire vivre et 45 employés sous mes ordres, je ne pouvais pas les laisser tomber, j’avais une dette morale envers eux, de plus, mon père a fondé cette entreprise il y a 20 ans, si je n’avais pas marché dans la combine, j’aurais été obligé de mettre la clé dans la porte, ça m’aurait fait trop mal au cœur. Alors j’ai dit oui…

Oui, madame la juge, j’ai frappé cette jeune fille, mais ce n’est pas ma faute, c’est à cause de la chaussée, le virage est mal indiqué, une branche cachait le stop, la lumière était brûlée, mon pneu a éclaté, le mécanicien qui a fait l’entretien de mon véhicule a mal fait son boulot, il était tard, j’étais fatigué, la visibilité était nulle, quelqu’un a mis de la drogue dans mon verre…

 

C’EST MON DÛ

 

Oui, monsieur le juge, j’ai accepté une enveloppe, mais que voulez-vous, ça coûte cher de financer une campagne électorale, et les gens ne donnent plus comme avant aux partis politiques, de plus, je ne connaissais pas cet individu, je ne savais pas qu’il avait un dossier, je ne peux tout de même pas demander à toutes les personnes qui décident de me donner de l’argent parce qu’ils partagent mes idées de me montrer leur cv, c’est un entrepreneur respecté dans sa communauté…

Oui, monsieur le journaliste, j’ai empoché quatre millions de dollars quand j’ai quitté l’entreprise que j’ai acculée à la faillite par mes malversations et ma mauvaise gestion, mais j’y ai droit, c’est mon dû, si c’est légal, c’est moral, je n’éprouve aucune honte ni aucune gêne, vous auriez fait la même chose…

 

LES EXCUSES

 

Oui, papa, j’ai battu Charles dans la cour d’école, mais ce n’est pas ma faute, on m’a entrainé, si tu ne fais pas comme les autres c’est toi qui y passe, et il n’aide pas sa cause, toujours en train de lever la main, un vrai têteux de prof avec ses airs guindés…

Oui, mais. Pas ma faute. Les autres. Savais pas.

Je peux y aller, maintenant ?