Archives pour 6 janvier 2013

Six mois plus tard

- 6 janvier 2013

Le printemps 2012 a été fertile en leçons de toutes sortes.

Voici ce que j’ai appris au cours de cette belle saison…

 

INTIMIDATION ET INTIMIDATION

 

Première leçon : au Québec, les membres actifs de la société civile dénoncent et combattent férocement l’intimidation à l’école… sauf si les élèves qui sont intimidés par des goons masqués et armés portent des carrés verts.

Dans ce cas, nos valeureux combattants détournent le regard et font comme s’ils n’avaient rien vu.

Pour paraphraser George Orwell : « Tous les intimidateurs sont dégueulasses, mais certains sont moins dégueulasses que d’autres, dépendants des idées défendues par leurs victimes… »

Il y a 20 ans, les humanitaires disaient qu’une victime était une victime, quelle que soit la cause qu’elle défend, les opinions qu’elle émet ou le parti qu’elle soutient. La violence est inacceptable, point.

Aujourd’hui, les altermondialistes modulent leur indignation à la tête du client et affirment que certaines victimes méritent d’être maltraitées.

On vous menace de mort? Vous n’avez que vous à blâmer, vous n’aviez qu’à hurler avec la meute comme tout le monde…

 

LA DIVERSITÉ DANGEREUSE

 

Deuxième leçon : l’extrême gauche est pour la diversité des races, des religions, des cultures, des pratiques sexuelles, des modes de vie, des croyances… mais pas des opinions.

Si vous osez parler et penser hors des clous, vous vous ferez insulter, intimider et harceler.

Et si vous êtes une femme et que vous osez vous démarquer de la meute, vous vous ferez traiter de salope devant des milliers de personnes sans qu’AUCUN groupe féministe ne monte aux barricades pour vous défendre.

Eh oui, même pour les féministes, les femmes se divisent en deux : il y a les bonnes, qui respectent la doxa et agitent le bon drapeau, et les mauvaises, qui osent — les chiennes ! — penser à contre-courant.

Avant, les femmes qui fumaient et qui buvaient étaient mal vues. Maintenant, ce sont celles qui refusent de comparer Yalda Machouf-Khadir à Jeanne d’Arc (comme l’a fait sans rire Josée Blanchette) ou à Antigone (comme l’a fait le plus sérieusement du monde Nathalie Petrowski) qui se font pointer du doigt et réprimander.

« Toutes les femmes sont égales, mais certaines sont plus égales que d’autres… »

Orwell, toujours.

 

LE SENS DES MOTS

 

Troisième leçon : l’histoire ne veut plus rien dire au Québec.

La preuve? J’ai été traité de kapo par un gars qui co-anime… une émission de télé sur l’histoire!

C’est comme si le directeur des A. A était un alcoolique notoire…

Avant, les mots « nazis », « kapos », « collaborateurs », « résistants », « dictature », « despotisme » étaient lourds de sens. On ne les utilisait pas à la légère. Ils avaient une signification précise.

Aujourd’hui, même des universitaires respectés et respectables comparent Jean Charest à Vladimir Poutine dans une lettre ouverte publiée dans le New York Times!

Et des militants hystériques encouragés par des babyboomers nostalgiques de leur jeunesse perdue osent faire un parallèle entre le printemps arabe et le printemps érable…

 

FAIRE L’HISTOIRE

 

Au lieu d’entrer dans l’histoire par la grande porte en devenant enfin un pays, le Québec préfère emprunter la petite porte d’en arrière et faire du ski bottine en s’accrochant aux révolutions des autres.

Triste…

 

 

 

Les Charlots administrent un hôpital

- 6 janvier 2013

Vous vous demandez quoi me donner pour Noël ?

Ne cherchez plus, c’est simple : je veux que les membres du conseil d’administration du CSUM aient à répondre de leurs actes.

Je veux qu’on leur demande des comptes, qu’on les somme d’expliquer à la population pourquoi ils ont dormi au gaz comme ils l’ont fait pendant qu’un administrateur véreux fouillait allègrement dans nos poches.

 

LA FAUTE À PERSONNE

 

Je sais, je sais : c’est beaucoup demander.

Après tout, nous sommes au Québec, le paradis mondial du No Fault. Ici, personne ne rend des comptes, personne n’est responsable.

Nous sommes à l’imputabilité ce que les îles Turcks-et-Caïcos sont à la fiscalité.

Mais ça ne fait rien, je demande quand même mon cadeau. Qui sait ? Le Père Noël va peut-être exaucer mes souhaits.

Quelqu’un va peut-être cogner à la porte de Calin Rovinescu, le PDG D’Air Canada, de l’ancien député Claude Forget et de Robert Rabinovitch, l’ancien président de la Société Radio-Canada, pour leur demander :

« Coudonc, que faisiez-vous exactement quand votre grand copain Arthur Porter détroussait l’État ? Vous vous décrottiez le nez ? N’était-ce pas VOTRE rôle d’être les gardiens des intérêts de l’État, de surveiller comment monsieur Porter dépensait NOTRE argent ?

« Comment a-t-il pu payer 880 000 heures de travail supplémentaires SANS AUTORISATION ? »

 

GÉRER LES RISQUES

 

Voici les rôles d’un conseil d’administration tel que spécifié par le Collège des administrateurs de sociétés :

1) S’assurer que la gestion de l’entreprise est effectuée avec économie, efficacité et efficience.

2) Surveiller l’intégrité financière : s’assurer de la qualité de l’information financière et des mécanismes de divulgation, approuver les états financiers et attester de leur fiabilité, s’assurer de l’efficacité du contrôle interne.

3) S’assurer de la mise en place d’un système intégré de gestion des risques.

4) Faire rapport aux actionnaires (c’est-à-dire, dans le cas d’un organisme public : l’État et les contribuables) sur la performance de l’entreprise.

S’ils ne font pas ce travail, les administrateurs peuvent être traînés devant les tribunaux.

 

EXPOSÉS ORAUX

 

« Le directeur général du CSUM (Arthur Porter) fournissait lui-même l’information au CA de façon verbale, souvent sans l’appui de documents solides », écrivent les auteurs du rapport Baron.

Vous avez bien lu.

Au lieu de présenter des états de compte officiels et vérifiés, attestant de la façon dont il utilisait l’argent public, le docteur Porter faisait des exposés oraux devant les membres du CA ! Ils leur demandaient de le croire sur parole !

Et ceux-ci avalaient tout ce qu’il leur disait !

Coudonc, c’est un film des Charlot, ou quoi ?

Les bidasses administrent un hôpital, Les cinglés du CA, Les nigauds aux commandes

Vous pensez que ces gens auraient fait preuve d’une telle négligence s’ils avaient siégé sur le CA d’une entreprise privée ?

Bien sûr que non. Ils auraient été à leur affaire.

Mais il s’agissait d’un organisme public.

Alors, bof, racontez-nous ce qui se passe, docteur Porter, qu’on ouvre la bouteille de porto au plus sacrant…

 

BEAU TRAVAIL

 

Pendant ce temps-là, Arthur Porter vit comme un nabab aux Bahamas, où il dirige une boîte de nuit sexy.

Merci beaucoup, chers administrateurs, pour votre beau travail, la nation vous félicite pour votre vigilance…