Le printemps 2012 a été fertile en leçons de toutes sortes.
Voici ce que j’ai appris au cours de cette belle saison…
INTIMIDATION ET INTIMIDATION
Première leçon : au Québec, les membres actifs de la société civile dénoncent et combattent férocement l’intimidation à l’école… sauf si les élèves qui sont intimidés par des goons masqués et armés portent des carrés verts.
Dans ce cas, nos valeureux combattants détournent le regard et font comme s’ils n’avaient rien vu.
Pour paraphraser George Orwell : « Tous les intimidateurs sont dégueulasses, mais certains sont moins dégueulasses que d’autres, dépendants des idées défendues par leurs victimes… »
Il y a 20 ans, les humanitaires disaient qu’une victime était une victime, quelle que soit la cause qu’elle défend, les opinions qu’elle émet ou le parti qu’elle soutient. La violence est inacceptable, point.
Aujourd’hui, les altermondialistes modulent leur indignation à la tête du client et affirment que certaines victimes méritent d’être maltraitées.
On vous menace de mort? Vous n’avez que vous à blâmer, vous n’aviez qu’à hurler avec la meute comme tout le monde…
LA DIVERSITÉ DANGEREUSE
Deuxième leçon : l’extrême gauche est pour la diversité des races, des religions, des cultures, des pratiques sexuelles, des modes de vie, des croyances… mais pas des opinions.
Si vous osez parler et penser hors des clous, vous vous ferez insulter, intimider et harceler.
Et si vous êtes une femme et que vous osez vous démarquer de la meute, vous vous ferez traiter de salope devant des milliers de personnes sans qu’AUCUN groupe féministe ne monte aux barricades pour vous défendre.
Eh oui, même pour les féministes, les femmes se divisent en deux : il y a les bonnes, qui respectent la doxa et agitent le bon drapeau, et les mauvaises, qui osent — les chiennes ! — penser à contre-courant.
Avant, les femmes qui fumaient et qui buvaient étaient mal vues. Maintenant, ce sont celles qui refusent de comparer Yalda Machouf-Khadir à Jeanne d’Arc (comme l’a fait sans rire Josée Blanchette) ou à Antigone (comme l’a fait le plus sérieusement du monde Nathalie Petrowski) qui se font pointer du doigt et réprimander.
« Toutes les femmes sont égales, mais certaines sont plus égales que d’autres… »
Orwell, toujours.
LE SENS DES MOTS
Troisième leçon : l’histoire ne veut plus rien dire au Québec.
La preuve? J’ai été traité de kapo par un gars qui co-anime… une émission de télé sur l’histoire!
C’est comme si le directeur des A. A était un alcoolique notoire…
Avant, les mots « nazis », « kapos », « collaborateurs », « résistants », « dictature », « despotisme » étaient lourds de sens. On ne les utilisait pas à la légère. Ils avaient une signification précise.
Aujourd’hui, même des universitaires respectés et respectables comparent Jean Charest à Vladimir Poutine dans une lettre ouverte publiée dans le New York Times!
Et des militants hystériques encouragés par des babyboomers nostalgiques de leur jeunesse perdue osent faire un parallèle entre le printemps arabe et le printemps érable…
FAIRE L’HISTOIRE
Au lieu d’entrer dans l’histoire par la grande porte en devenant enfin un pays, le Québec préfère emprunter la petite porte d’en arrière et faire du ski bottine en s’accrochant aux révolutions des autres.
Triste…