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Pourquoi les soldats enlèveraient-ils leur uniforme?

- 23 octobre 2014

L’Armée canadienne a demandé à ses soldats de ne pas porter leur uniforme lorsqu’ils se promènent en ville, hors des casernes.

Pourquoi?

C’est plutôt le contraire qu’on devrait faire: montrer que l’Armée est bel et bien présente, que nos militaires n’ont pas peur, qu’on ne reculera ni ne changera nos façons de faire.

Bref, brandir nos couleurs haut et fort.

En passant, parlant d’uniforme: les policiers de Montréal peuvent-ils arrêter de se déguiser en clowns, au cours des prochains jours, ne serait-ce que par respect pour les militaires tombés sous les balles?

Portez votre uniforme de SERVITEUR DU CITOYEN, et démontrez un respect élémentaire pour l’institution que vous représentez!

Vous êtes les représentants de la LOI et de L’ORDRE! Pas des camarades syndiqués en moyen de pression… Un peu de dignité, bordel! Un peu de fierté!

 

 

Terrorisme: appelons les choses par leur nom

- 23 octobre 2014

NOTE: CE TEXTE A ÉTÉ ÉCRIT AU LENDEMAIN DE L’ATTENTAT À ST-JEAN-SUR-RICHELIEU

 

Je le savais.

« La première fois qu’un terroriste islamiste va frapper le Québec, on va tenter de minimiser le rôle qu’a joué la religion dans son cheminement », me dis-je depuis des années.

Eh bien, c’est exactement ce qui est arrivé mardi.

 

 

« UN MALADE MENTAL, C’EST TOUT »

 

 

Au Québec Matin, que j’anime avec Marie-Christine Bergeron à LCN, le ministre Gaétan Barrette a dit que l’attentat commis par Martin Couture-Rouleau était « plus un cas de maladie psychiatrique qu’un cas d’intégrisme religieux ».

Comme si l’un excluait nécessairement l’autre !

Comme si on ne pouvait être à la fois fou ET fondamentaliste !

Comme si on devait choisir !

Ensuite, un chroniqueur de La Presse a écrit que l’attentat commis par Couture-Rouleau n’était rien de plus qu’un meurtre comme il y en a des dizaines, chaque année, au Québec.

Aucune différence entre un père qui pète les plombs et poignarde ses enfants, un bandit qui mitraille un ennemi dans une guerre de motards et un fou de Dieu qui fonce sur un militaire avec son char parce qu’il voulait mourir en martyr et faire plaisir au chef de l’État Islamique.

La même affaire…

Un fait divers, sans plus.

Le gars a pris le téléphone et annoncé au 911 qu’il venait d’écraser un soldat au nom d’Allah ?

Bof, un détail. Pas de quoi déchirer sa chemise.

Vraiment, c’est à se demander pourquoi certains commentateurs tiennent tant à mentionner ce fait.

Des islamophobes, sans doute.

 

 

MARCHER SUR DES OEUFS

 

 

Pourquoi a-t-on autant de difficulté à appeler les choses par leur nom ?

Ce qui s’est passé à St-Jean-sur-Richelieu est un ATTENTAT TERRORISTE COMMIS AU NOM DE L’ISLAM.

Pourquoi marche-t-on sur des œufs ? Pourquoi a-t-on peur d’appeler un chat un chat ?

Parce qu’on ne veut pas faire de la peine aux musulmans modérés ?

La communauté musulmane est horrifiée du geste posé par Martin Couture-Rouleau ?

Parfait. Qu’elle le dise. Haut et fort. Dix fois plutôt qu’une. Et qu’elle prenne des mesures pour que ce genre de choses n’arrive plus.

Jusqu’à tout récemment, Martin Couture-Rouleau allait à la mosquée trois fois par jour. Et personne, là-bas, ne se posait des questions sur son état mental ? Personne n’a remarqué qu’il tenait des propos inquiétants ?

Que sa foi était un peu trop intense ? Qu’il se radicalisait ?

Le chef de l’État Islamique demande aux musulmans du monde entier d’égorger, d’écraser, de décapiter ou de défenestrer les mécréants.

Me semble que si j’étais musulman, j’ouvrirais l’oreille. Je me ferais un devoir d’être vigilant.

Pour éviter qu’un fanatique ne fasse (encore) mal à ma religion et à ma communauté.

 

 

UN « LOUP SOLITAIRE »

 

 

Toute la semaine, on va répéter ad nauseam que Martin Couture-Rouleau était un « loup solitaire ».

Comme le crackpot qui a décapité un militaire en banlieue de Londres, le crackpot qui a fermé les moteurs d’un avion lors d’un vol d’Egypt Air et le crackpot qui a assassiné le cinéaste Théo Van Gogh à Amsterdam.

Je m’excuse, mais… ça prend combien de loups solitaires pour qu’on puisse commencer à parler d’une meute ?

Dix ? Vingt ? Trente ?

Je pose la question, comme ça…

 

 

Le bon vieux temps

- 23 octobre 2014

Vous avez vu la liste des 10 personnalités les plus aimées des Québécois, que nous avons publiée, hier ?

Les quatre politiciens nommés ont tous connu leur heure de gloire dans les années 60-70 : René Lévesque (1), Pierre-Elliott Trudeau (5), Jean Drapeau (8) et Jean Lesage (10).

 

 

UNE PHASE MANIAQUE

 

 

Pas étonnant : quand on traverse des périodes de grand trouble, on a toujours tendance à se réfugier dans le passé pour oublier les maux qui nous accablent.

« La nostalgie nous séduit lorsque le présent n’est pas à la hauteur des promesses du passé », a déjà écrit Neil Bissoondath.

Il est toujours plus facile de gérer la croissance que la décroissance.

Aujourd’hui, les politiciens parlent sans cesse de compressions, de dette, d’austérité.

« Il faut couper dans les dépenses, dans les embauches, dans les projets… »

Alors que dans les années 60, nos ambitions ne connaissaient aucune limite. Les élus ne nous demandaient pas de nous serrer la ceinture : ils nous encourageaient plutôt à prendre du ventre !

Le Québec était en pleine phase maniaque : on construisait des stations de métro, des autoroutes, des écoles, des îles artificielles pour accueillir l’Expo,  des cégeps… On avait tellement de fric et d’ambition qu’on était convaincu qu’on arriverait à rendre le Canada bilingue !

En veux-tu, du rêve ? En v’là !

On détournait des rivières immenses pour construire des barrages gigantesques.

Alors qu’aujourd’hui, tu ne peux même pas construire un quai devant ton chalet sans que Les Amis de la grenouille manifestent devant chez vous.

 

 

UN PEU PLUS BAS

 

 

« La nostalgie est une herbe qu’on ne doit pas cultiver en trop grande quantité car elle rend l’âme triste », écrivait l’auteur québécois Pierre Guénette.

Je le comprends. C’est exactement ce que je pensais en regardant les résultats du sondage Léger, hier.

C’est comme si le Québec s’était arrêté aux années 70 ! Aujourd’hui, il n’y a que Guy Laliberté et Céline Dion qui trouvent grâce à nos yeux. Une artiste et un entrepreneur qui ont réussi à prendre la planète d’assaut.

Comme si le salut passait maintenant par l’individu, et non plus par le groupe ou par la nation.

Oui, certains Québécois peuvent encore tirer leur épingle du jeu grâce à leurs efforts, leur talent et leur travail. Mais le Québec ? Pfffft, oubliez ça.

Nous ne sommes plus en phase ascendante, mais en phase descendante.

« Un peu plus bas, un peu plus proche », comme le chanterait Ferland.

Dans les années 70, Ginette chantait la magnifique toune de Jean-Pierre pour encourager le Québec au complet. Aujourd’hui, elle la chante pour encourager un club de hockey.

Signe des temps.

 

 

PRÉPARER DEMAIN

 

 

Pas facile de rendre l’austérité glamour, inspirante. Pourtant…

Ne pas laisser de dette à nos enfants, ce n’est pas un beau projet, ça ?

Faire le ménage, leur léguer un Québec en bonne santé financière, pour qu’eux aussi, à leur tour, aient les moyens de rêver — ce n’est pas noble ?

Il va falloir, à un moment donné, que le Québec cesse de se doper à la nostalgie pour regarder la réalité en face. Et préparer l’avenir.

Pour qu’une fois vieux, nos enfants EUX AUSSI soient nostalgiques de leur jeunesse !

 

 

Terrorisme: vous êtes en contrôle, monsieur Harper?

- 22 octobre 2014

Hier, Stephen Harper a « planté’ une question à la Chambre des Communes pour avoir la chance de pouvoir dire à tous les Canadiens qu’il prenait les menaces terroristes au sérieux et qu’il était en contrôle de la situation.

Aujourd’hui, des tireurs sèment la terreur au Parlement! Au coeur même de notre démocratie!

Bravo pour votre « contrôle », monsieur Harper! C’est vraiment très impressionnant….

Même pas foutu de protéger la principale institution du pays…

En passant, comment se fait-il qu’il est aussi facile d’entrer au Parlement 30 ans après Denis Lortie et 48 heures après St-Jean-sur-Richelieu?

 

 

La nuit des morts-vivants

- 22 octobre 2014

En 1994, dans une librairie de l’aéroport Trudeau, juste avant de monter dans un avion, j’ai acheté un livre écrit par Richard Preston, un journaliste scientifique renommé qui collabore au New Yorker.

Le titre : The Hot Zone.

Preston racontait comment, en octobre 1989, un mystérieux virus provenant d’Afrique centrale a failli contaminer les résidents d’une petite ville située à 24 kilomètres de Washington.

 

 

UN HOMME IMPLOSE

 

 

À l’époque, personne ou presque ne connaissait l’ébola. The Hot Zone (qui s’est rapidement retrouvé en tête des best-sellers internationaux) était le premier livre à traiter de cet étrange virus.

Le premier chapitre est particulièrement éprouvant.

Preston décrit l’agonie d’une victime de l’ébola qui implose dans la salle d’attente d’un hôpital, à Nairobi au Kenya. L’homme vomit, des flots de sang sortent par ses yeux, ses organes internes cessent de fonctionner les uns après les autres, comme s’ils s’étaient mis à fondre…

Une scène effroyable.

Je me souviens, j’ai eu de la difficulté à dormir après avoir lu les premières pages de ce livre.

Et je n’étais pas le seul.

Stephen King, le maître de l’horreur, a dit que le premier chapitre de The Hot Zone était l’une des choses les plus terrifiantes qu’il ait lues dans sa vie.

Ce livre acheté par hasard a fait une très forte impression sur moi.

Je me disais qu’on était sacrément chanceux d’avoir pu neutraliser ce virus avant qu’il ne se mette à contaminer tout le monde…

 

 

H1N1 PRISE 2 ?

 

 

Vingt ans plus tard, l’ébola fait de nouveau les manchettes.

Mais cette fois, ses victimes se comptent par milliers. Les hôpitaux africains sont débordés, la présidente du Libéria craint pour l’avenir même de son pays, le virus se propage à une vitesse exponentielle, l’Organisation mondiale de la santé estime que 21 000 cas d’infection risquent d’être dénombrés d’ici novembre…

Bref, c’est la panique.

Le monstre est sorti de sa tanière et frappe l’Afrique, l’Europe, l’Amérique…

Difficile de ne pas penser à un film de zombies en écoutant les infos : 28 Days, de Danny Boyle (le meilleur film du genre à mon avis), ou World War Z, de Marc Foster, avec Brad Pitt…

Ces films commencent tous de la même façon. Au début, on dénombre un cas ici, un cas là.

Puis c’est rapidement le raz-de-marée, les rues des grandes capitales sont envahies par des hordes de morts-vivants et l’on doit isoler des pays entiers pour protéger l’humanité…

Est-ce ce qui est en train de se passer, actuellement ?

Sommes-nous au seuil d’une tragédie sans précédent ou assistons-nous à une reprise de la fameuse épidémie de H1N1 ?

 

 

« RESPIREZ PAR LE NEZ »

 

La semaine dernière, le Washington Post a publié un texte invitant ses lecteurs à respirer par le nez et à cesser de paniquer.

« Actuellement, on compte trois cas sur une population de 310 millions de personnes. Relativisons l’ampleur de la crise, s’il vous plaît… »

Le quotidien a sûrement raison.

Mais en même temps… Mieux vaut prévenir que guérir, non ?

Faut-il attendre de se retrouver dans la merde jusqu’au cou pour agir ?

Depuis un mois, je ne sais si je dois avoir peur ou être exaspéré devant ce flot d’informations alarmistes.

Et vous ?