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La promesse

- 22 septembre 2014

La scène se déroule dans le salon d’une famille aisée. Le père a réuni sa femme et ses enfants pour leur annoncer une mauvaise nouvelle.

 

— J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. On ne pourra pas aller à Walt Disney cet été.

 

— Hein ? Pourquoi ?

 

— J’ai perdu ma job hier.

 

— Et alors ?

 

— Et alors, j’ai pas les moyens d’acheter quatre billets pour la Floride, c’est pas le bon moment.

 

— Mais tu l’as promis, papa !

 

— Je sais bien, mais la situation a changé.

 

— Mais tu peux mettre ça sur ta carte de crédit ou emprunter de l’argent à la banque, non ?

 

— Et je vais rembourser ça comment ?

 

— Maman pourrait vendre ses bijoux, elle en a plein ses tiroirs… Ou tu pourrais hypothéquer la maison !

 

— Tout ça pour aller en Floride cet été ?

 

— Une promesse c’est une promesse, papa !

 

— Non, désolé. Je sais que c’est plate, mais on n’a plus les moyens qu’on avait. Tout le monde devra faire des sacrifices…

 

Les enfants se jettent par terre et commencent à faire la danse du bacon en hurlant.

 

— Noooooon, tu l’as promis, tu l’as promis !!!!

 

La mère se tourne vers son mari.

 

— Jacques, fais quelque chose ! Tu ne vois pas que tu leur fais de la peine ?

 

— Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? On est sur la paille ! Je suis pris à la gorge !

 

— Je vais demander à ma mère de nous passer de l’argent.

 

— Voyons, Ginette, ta mère vis dans un CHSLD ! Elle n’a pas une maudite cenne ! On ne va tout de même pas lui demander de s’endetter pour payer des vacances à des enfants qui vont à l’école privée !

 

— On ne peut pas revenir sur une promesse, Jacques, c’est un principe ! Je vais demander à ma sœur si elle ne peut pas nous aider…

 

— Elle vit dans un 3 ½ à Limoilou et vend des beignes chez Dunkin’s. Et tu voudrais qu’elle se serre la ceinture pour qu’on puisse aller à Walt Disney cet été ? Elle ne peut même pas y aller elle-même ! Elle prend l’autobus pour aller travailler ! Et elle nous paierait des billets d’avion ?

 

— Et alors ? La famille, c’est là pour ça !

 

— Pourquoi on leur demanderait de nous payer des choses qu’ils ne peuvent même pas se payer eux-mêmes ?

 

— Parce que les enfants sont habitués de voyager ! C’est ça, l’entente : un voyage par année ! On leur a promis !

 

— Mais les enfants de ta sœur n’ont jamais fait un maudit voyage de leur vie ! Ils ne savent même pas ce que c’est !

 

— Justement, ça ne leur manque pas… Tandis que nous, ça fait partie de nos habitudes.

 

De guerre lasse, le père hausse les épaules et regarde ses enfants qui gigotent sur le plancher du salon.

 

— O.K., les enfants, vous avez gagné. On va demander à la famille de nous passer de l’argent… On y va les deux dernières de juillet, comme l’an dernier ? En première classe ?

 

(Ce conte est dédié aux fonctionnaires municipaux qui ont manifesté samedi…)

 

 

Les Péquistes veulent perdre comme les Écossais!

- 22 septembre 2014

« Les péquistes inspirés par les indépendantistes écossais »

Quand j’ai lu cette manchette, hier, en revenant de luncher avec un ami, je me suis dit : « Ça y est, il y a eu un recomptage en Écosse, et le Oui a gagné ! »

 

 

L’IMPORTANT EST DE PARTICIPER

 

 

Mais non.

Le Non était toujours gagnant. Et pas par la peau des dents : par dix gros points.

Alors, pourquoi les péquistes se disent inspirés par l’expérience écossaise ? Qu’est-ce qui les fait triper dans cette cuisante défaite ?

Fouillez-moi.

C’est comme si un jeune hockeyeur qui rêve d’évoluer dans la LNH se disait : « Cette saison, j’espère que je vais jouer comme le Canadien, l’année dernière ! »

Désolé, amis péquistes, mais un référendum sur la souveraineté, ce n’est pas comme les Jeux Olympiques.

L’important n’est pas de participer. L’important est de gagner.

Ce sont les gagnants qui écrivent l’histoire. Pas les perdants.

Je comprends que les indépendantistes ont le caquet bas et qu’ils préfèrent voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Mais il faut cesser de faire du jovialisme et appeler les choses par leur nom.

Les séparatistes écossais se sont faits torcher.

Qu’importe s’ils sont passés de 30 à 45 %. Ils ont perdu..

Ils ont mordu la poussière, en ont pris plein les gencives, se sont faits laminer, laver, essorer.

 

 

VIVE LES PERDANTS !

 

 

Je sais qu’au Québec, nous avons une peur bleue des gagnants et préférons le cancre qui est passé de 49 % à 52 % plutôt que le bollé qui se tape des 95 % à chaque examen.

Mais il y a quand même une limite !

« C’est une grande avancée du mouvement souverainiste. Je reviens au Québec inspiré par la démarche écossaise », a déclaré Alexandre Cloutier.

Je rêve ou quoi ?

C’est ce que souhaitent les péquistes : perdre par dix points, plutôt que perdre par vingt points ? Ça ferait leur affaire, ça les remplirait de joie ?

Ben coudonc. Il y a des gens qui se contentent de peu.

Ça ferait un maudit beau slogan pour le prochain référendum : « Perdons la tête haute ! »

C’est ce que répète sans cesse un de mes amis : « Le PQ ne veut pas gagner, il veut avoir raison. »

Malheureusement, ça ne fait pas des enfants forts.

Pas étonnant que notre cinéma soit si déprimant. On se complaît dans la défaite.

C’est probablement notre tradition catholique : « Les perdants seront les gagnants. »

On l’aura, notre Terre Promise ! Mais après notre mort…

 

 

PERDRE DIGNEMENT

 

 

Savez-vous ce qui m’inspire, moi, dans la défaite écossaise ?

La dignité d’Alex Salmond.

Il ne s’est pas bourré la gueule, n’a blâmé personne pour expliquer sa défaite, n’a pas cherché de boucs-émissaires et n’a pas dit : « À la prochaine ! »

Il a encaissé le coup, a pris acte de la décision du peuple. Et a dit que l’Écosse allait travailler de concert avec le Royaume-Uni, au lieu de bouder dans son coin en préparant le prochain référendum.

Ça, c’est un chef d’État !

Ça, c’est un homme qui mérite de se faire appeler Monsieur.

 

 

Les indépendantistes québécois et l’Écosse: se contenter de peu…

- 19 septembre 2014

«C’est une grande avancée du mouvement souverainiste. Je reviens au Québec inspiré par la démarche écossaise», a déclaré Alexandre Cloutier.

Je rêve ou quoi?

C’est ce que souhaitent les péquistes: perdre par 10 points ? Ça ferait leur affaire, ça les remplirait de joie?

Ben coudonc. Il y a des gens qui se contentent de peu.

 

 

Au théâtre ce soir: l’amitié en question

- 19 septembre 2014

ART, de Yasmina Reza… Trois amis se disputent parce que l’un d’eux a acheté une toile trop « conceptuelle »…

 

 

 

 

Une pièce géniale sur l’amitié…. Et si, derrière toute relation amicale, se cachaient de la haine, du ressentiment, de la jalousie et de l’agacement?

 

Et si c’était effectivement le cas… So what? N’est-ce pas le lot de toute relation humaine?

 

Contrairement à trop de pièces contemporaines, ce n’est pas la mise en scène qui prime, ici, mais — ô scandale — le texte et le jeu des comédiens…

 

Pierre Arditi est particulièrement génial…

 

 

Acheter des votes avec l’argent public

- 19 septembre 2014

On dit souvent que le gouvernement doit gérer comme « un bon père de famille ».

Quand tu es endetté jusqu’au cou et que tu n’as pas une cenne dans tes poches, tu n’achètes pas une console XBox à tes enfants.

Et quand tu viens de perdre ton emploi, tu n’amènes pas ta blonde dans le sud même si tu lui avais promis il y a six mois.

Tu lui dis : « J’aurais bien aimé respecter ma promesse, mais la situation a changé et je n’ai plus les moyens de t’offrir ce cadeau. J’espère que tu comprends… »

 

 

C’EST MA TOURNÉE !

 

 

Le hic, avec la situation actuelle, est que le gouvernement dit à ses « enfants » qu’il n’a plus les moyens de respecter les ententes qu’il avait signées quand il roulait carrosse… alors qu’il continue de dilapider son fric à droite et à gauche !

Comment veux-tu convaincre ta famille de se serrer la ceinture si tu continues de faire la bamboula, de manger dans des restaurants quatre étoiles et de payer des tournées à tes chums ?

Ou t’es sur la paille, ou tu ne l’es pas. Ça ne peut pas être les deux à la fois.

C’est sûrement ce que vous avez pensé lorsque vous avez lu l’excellent dossier de mon confrère Jean-François Cloutier sur Investissement Québec, hier.

Comment le gouvernement peut-il dire qu’il est au bout du rouleau et pris à la gorge, alors qu’il pompe des millions de dollars dans des entreprises qui ont un pied dans la tombe ?

Aider une entreprise en santé qui traverse un moment difficile, soit. Mais quand tu investis des millions de dollars dans une entreprise bancale qui déclare faillite quelques mois après avoir reçu ton chèque, c’est que quelqu’un n’a pas fait sa job.

 

 

ACHETER DES VOTES

 

 

Une de mes anciennes voisines a déjà travaillé pour la Société générale de financement. Elle analysait les dossiers de différentes entreprises pour savoir si l’État québécois devait les aider ou pas.

Elle m’a dit qu’il lui arrivait souvent de rejeter des dossiers. Les entreprises qui demandaient de l’aide n’avaient pas les reins assez solides, leur santé financière était trop fragile, leurs chances de se sortir du trou ne semblaient pas assez grandes, etc.

Bref, le risque lui paraissait trop grand.

Or, même si ma voisine recommandait à ses patrons de ne pas donner un sou et de passer leur tour, il arrivait souvent, me dit-elle, que la SGF décide quand même d’investir dans ces entreprises qu’elle jugeait moribondes !

Pourquoi ? « Parce que c’était des dossiers politiques », croit-elle.

On n’investissait pas de l’argent dans ces entreprises parce qu’on croyait que ça rapporterait des sous et que ça sauverait des emplois, non.

On investissait de l’argent dans ces entreprises parce qu’on savait que ça rapporterait des votes !

 

 

DÉTOURNEMENT DE FONDS

 

 

Le gouvernement du Québec pompe chaque année des centaines de millions de dollars dans un fonds spécial discrétionnaire administré par Investissement Québec pour répondre aux demandes des élus !

Cet argent ne va servir qu’à une seule chose : acheter des votes.

Vous trouvez ça normal, vous ?

Quelle est la différence entre ça et ce qu’on entend à la Commission Charbonneau ?