Archives pour la catégorie ‘Franc-parler

Noms des stations de métro: de kessé?

- 28 juillet 2014

Ainsi, plusieurs stations changeront de nom…

 

- Acadie devient de L’Acadie
- Assomption devient de L’Assomption
- Cadillac devient De Cadillac
- Champ-de-Mars devient du Champ-de-Mars
- Côte-des-Neiges devient de la Côte-des-Neiges
- Côte-Sainte-Catherine devient de la Côte-Sainte-Catherine
- Côte-Vertu devient de la Côte-Vertu
- Longueuil—Université-de-Sherbrooke devient de Longueuil—Université-de-Sherbrooke
- Mont-Royal devient du Mont-Royal
- Namur devient de Namur
- Outremont devient d’Outremont
- Parc devient du Parc, etc.

 

Et «Argent dépensé pour rien» deviendra «Ostie d’argent dépensé pour rien»…

 

 

 

 

Plaignez-vous!

- 28 juillet 2014

Il y a quelques années, un octogénaire français a connu un succès international avec un pamphlet intitulé Indignez-vous !, un appel aux armes pour la jeune génération.

On devrait publier un livre du genre pour les Québécois.

Il s’intitulerait Plaignez-vous !

 

 

ON EST TELLEMENT FIN !

 

 

Je suis allé plusieurs fois en Europe. Et chaque fois, ça me saute aux yeux : quand quelque chose ne fait pas leur affaire, les Européens n’acceptent pas passivement leur sort.

Ils se plaignent.

Ils crient, ils gueulent, ils gesticulent, jusqu’à ce qu’on prenne leurs doléances en compte.

Ici, au Québec, c’est l’inverse. Se plaindre est vu comme un manque de savoir vivre.

On nous fait poireauter pendant des heures ? On poireaute. Sans rechigner.

On prend notre mal en patience, on accepte notre sort.

On fait sagement la queue, sans faire de vague.

« On est fin, au Québec, répétons-nous sans cesse. On est chaleureux, on est gentil. »

Désolé, mais on n’est pas gentil. On est bonasse. On a une peur bleue de la chicane.

On se fait tondre la laine sur le dos sans dire un mot, en espérant que notre gentillesse légendaire nous vaudra des indulgences.

 

 

DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ

 

 

J’ai passé les deux dernières semaines en Italie.

Ma blonde et moi avons loué une maison en compagnie de deux autres amis.

Quand nous sommes arrivés au village, le représentant de la firme de location nous a dit que la maison que nous avions choisie par Internet n’était malheureusement plus disponible. Il y avait eu un dégât d’eau, et la demeure n’était plus habitable.

À la place, le bonhomme nous a offert une autre maison, beaucoup moins intéressante. Une petite chambre humide sans fenêtre qui sentait le renfermé. Une plage rocailleuse grande comme le fond de ma poche.

On aurait pu réagir comme des Québécois, hocher la tête et dire : « Merde, on n’est pas chanceux, mais qu’est-ce qu’on peut faire, c’est quand même pas de leur faute… » C’est ce que notre nature nous dictait.

Mais on a pris notre courage à deux mains et on a décidé de réagir comme des Européens.

On a dit au gars que ce n’était pas acceptable, qu’on allait engager des poursuites, qu’il allait entendre parler de nous, etc.

Bref, le grand jeu. Tout juste si on n’a pas promis de lui envoyer une tête de cheval par Fedex.

Résultat : le gars s’est confondu en excuses et nous a relocalisés dans une superbe villa, qui dépassait de loin notre budget et que nous n’aurions jamais pu louer autrement.

 

 

DES BONNES PÂTES

 

 

Au Québec, nous payons une fortune pour notre beau système public.

Pourtant, malgré les milliards que nous y engloutissons, les patients continuent de s’empiler dans les corridors, les malades continuent de poireauter dans les urgences, les vieux continuent de prendre un seul bain par semaine, les élèves éprouvant de sévères troubles d’apprentissage continuent d’engorger les classes régulières — bref, ça continue de craquer de tous bords, tous côtés.

Et qu’est-ce qu’on fait ? Rien.

On hausse les épaules en se disant : « C’est ça qui est ça… »

Et si on pognait les nerfs et demandait des comptes, pour faire changement ?

Après tout, on n’a rien à perdre…

 

 

 

Les vedettes (extrait)

- 28 juillet 2014

Pour chaque vedette arrêtée, combien s’en sont tirées avec un simple autographe et une claque dans le dos ?

Voilà pourquoi les vedettes sont si fâchées et si scandalisées quand on les punit pour ne pas avoir respecté la loi.

« Quoi ? Moi ? Mais depuis quand la loi s’applique-t-elle à moi ? Je suis une vedette ! Vous me payez pour que je me conduise comme si je vivais dans un autre monde que le vôtre ! »

On élève des humains au rang de demi-dieux. Puis on capote et on pousse de grands cris quand ils se comportent comme s’ils étaient tout puissants…

Faudrait choisir.

 

(Pour lire le texte au complet, cliquez ici…)

 

 

Un code vestimentaire pour le Plateau Mont-Royal?

- 26 juillet 2014

Ainsi, le maire du Plateau Mont-Royal, Luc Ferrandez, oblige le propriétaire du Café Cherrier (une institution depuis 30 ans) à changer ses chaises de terrasse sous prétexte qu’elles ne cadrent plus avec « l’esthétisme voulu de l’arrondissement ».

Paraîtrait que le plastique n’est plus le bienvenue au royaume des bobos.

À quand un code esthétique et vestimentaire pour les habitants du chic Plateau ?

« Tu veux habiter parmi nous ? Tu veux avoir l’extraordinaire privilège de nous côtoyer tous les jours ? Alors ton apparence physique devra être conforme aux règlements de l’arrondissement, tels qu’adoptés par Luc Premier.

« Ton poids devra être proportionnel à ta taille, tu devras avoir du poil au visage (une moustache vintage ou une barbe hipster), et tu devras porter un tatouage sur la nuque ou sur une cheville (de préférence, une phrase en japonais que tu crois être remplie de sagesse et de profondeur alors qu’en fait, elle veut dire : « Je pue des pieds et j’habite chez mes parents »)… »

 

À LA MODE DU PLATEAU

 

 

« De plus, tu devras faire preuve d’ironie dans ton habillement pour montrer à tout le monde que tu as de l’esprit.

« Genre : je porte une chemise orange et brune à manches courtes, mais étant donné que je sais que tu sais que je sais que ce genre de chemise est habituellement considérée comme quétaine, c’est la preuve que je suis vachement à la mode… »

Compris ?

 

 

Vive les vacances!

- 25 juillet 2014

Enfin les vacances !

On va pouvoir se reposer.

Es-tu contente, Ginette ? Rien faire. Un peu de bouffe. Un peu de vino. Un peu de lecture.

La vraie vie.

Même pas de Facebook, tiens. Je décroche.

Bye Bye boss, de retour dans deux semaines !

 

 

DU GROS FUN EN FAMILLE

 

 

Samedi matin. Direction le zoo.

Une heure et demie pour sortir de la ville. Des cônes oranges jusqu’à l’horizon. Le pont bloqué. Des détours partout.

Les p’tits qui crient sur le siège arrière.

« Marcel, on a oublié d’acheter de la crème solaire. »

Ça fait rien, on va en acheter là-bas.

As-tu mis du jus dans la glacière ? As-tu les flotteurs du p’tit ? Le ballon de la grande ?

As-tu vu, le parking est plein. On n’est pas les seuls à avoir eu l’idée de venir ici.

On trouve une place de stationnement à l’autre bout du monde, entre deux Winnebagos. On marche jusqu’à la billetterie. Maudit, j’ai oublié les serviettes. Retourne au char. Prends les serviettes. Retourne à la billetterie.

Trente minutes d’attente. Cibole, ça coûte ben cher ! À ce prix-là, j’aurais pu acheter une famille de kangourous. Venez, je vais vous attacher vos bracelets.

Manon, arrête d’écoeurer ton frère. Julien, mets ton chapeau. J’t’ai dit d’arrêter d’écoeurer ton frère !

On va voir les éléphants.

« Non, les chameaux ! » « Non, les lions ! »

Dix mille personnes devant la cage des lions. On ne voit rien. Je prends la grande sur mes épaules. Vois-tu les lions ?

« Non, il doivent dormir dans la grotte. »

O.K., d’abord, on va voir les éléphants.

 

 

 

NOS AMIS LES ANIMAUX

 

 

L’éléphant pisse. Une vraie rivière. Le p’tit rigole tellement qu’il se pète la fiole sur la clôture.

As-tu du mercurochrome ? Non, je l’ai oublié à la maison.

Va voir les babouins. Les babouins nous montrent leur cul. Va voir les perroquets. Le gros jaune chie sur la tête de Manon.

Le p’tit rigole tellement qu’il se pète encore la fiole sur la clôture.

Venez, on va manger. Vingt minutes d’attente au buffet. Cibole, ça coûte ben cher ! À ce prix-là, j’aurais pu acheter de la bouffe pour toute la semaine.

C’est à qui le steamé ketchup ? Le cheese au bacon ? Maman, j’haïs ça du Sprite, j’avais demandé un Orange Crush !

Pogne les enfants, direction parc aquatique.

Le p’tit tombe dans la piscine à vagues. Avale de l’eau, vomit partout. La grande a envie de faire pipi. Ça ne te tentait pas d’y aller au resto ?

Va aux toilettes. Quinze minutes d’attente.

Reviens. La grande a oublié son casque de bain aux toilettes. Maudit, Manon !

 

 

UNE BELLE JOURNÉE

 

 

Fais la queue pour le Lazy River. Le p’tit est trop p’tit, peut pas y aller.

Vas-y, Ginette, je vais rester avec lui.

Le p’tit braille. Manon a attrapé un coup de soleil. Ginette a mal au cœur, « Ça brassait trop, avoir su… »

Retourne vers le char. Vingt minutes de marche. Une demi heure pour sortir du parking.

Deux heures de route jusqu’à la maison. Pont bloqué. Détours. Cônes oranges.

Manon, arrête d’écoeurer ton frère !

Première journée des vacances. Il en reste 13.

Misère…