Archives pour la catégorie ‘Franc-parler

Terrasser le dragon

- 18 juillet 2014

J’aime beaucoup les entrepreneurs.

Ce sont des gens allumés, passionnés, tout autant que les artistes.

Ils ont une vision et sont prêts à faire des tas de sacrifices pour la réaliser.

Et en plus, ils créent des emplois.

 

 

LES MEILLEURS AU MONDE

 

 

Malheureusement, au Québec, on a parfois tendance à considérer les entrepreneurs au mieux comme des fraudeurs, au pire comme des nuisances.

Prenez Nicolas Duvernois. Cet étudiant en sciences politiques, qui gagnait sa vie en lavant des planchers la nuit à l’hôpital Sainte-Justine, rêvait de produire de la vodka.

Pas n’importe quelle : la meilleure au monde. De quoi faire rougir de honte les compatriotes de Poutine.

Tant qu’à rêver, rêvons, non ?

Après deux ans de recherche, Duvernois a réussi à produire une vodka à partir non pas de pomme de terre, comme le veut la tradition, mais de maïs.

Or, non seulement sa vodka est délicieuse, mais en décembre 2009, PUR vodka remporta le prix de la meilleure vodka du monde au World Vodka Masters, à Londres.

Une distinction qui a été suivie par des dizaines d’autres à travers le monde.

 

 

LES BÂTONS DANS LES ROUES

 

 

En mai dernier, le journal Les Affaires a publié une entrevue passionnante avec le nouveau tsar de la vodka.

L’entrepreneur faisait la liste de tous les obstacles qu’il a dû — et qu’il doit encore — affronter. Un véritable parcours du combattant.

« Je vends ma bouteille de vodka 11 $ à la SAQ, qui la revend 42,25 $. De plus, je paie des impôts sur les 11 $. Même en tenant compte des frais de transport, de douanes et autres, je fais plus d’argent en vendant mon produit en Nouvelle-Zélande qu’à la SAQ », dit-il.

De plus, il rêvait d’ouvrir une petite distillerie à Montréal, mais a dû mettre son projet sur la glace car la Ville lui a dit que sa microdistillerie devrait avoir des murs antidéflagration, comme s’il fabriquait de la dynamite !

« Si c’était à recommencer, je créerais probablement mon entreprise dans l’État de New York, a confié Nicolas Duvernois au journaliste Dominique Froment. Sans tous les bâtons dans les roues qu’on nous met au Québec, PUR vodka serait rendue bien plus loin. J’aurais plus de produits sur le marché et plus de ventes. »

 

 

« C’EST LE RÈGLEMENT »

 

 

Il m’arrive souvent de parler avec des entrepreneurs, et plusieurs me racontent la même chose.

Ils ont le sentiment qu’au lieu de les aider, le Québec les freine, entre autres par une bureaucratie trop envahissante.

Je vous ai déjà parlé de cet épicier qui fait un saumon fumé à l’érable absolument fabuleux, à Frelighsburg, en Estrie. Le gars pourrait ouvrir des dizaines de points de vente aux quatre coins de la province, mais le ministère de l’Agriculture lui interdit de vendre son saumon ailleurs qu’à l’endroit où il le fume.

Pourquoi ? À cause du règlement Machin, paragraphe Truc, alinéa Patente.

C’est bien simple, ça serait plus facile pour lui de vendre son saumon au Québec si son entreprise était installée en Ontario !

 

 

UN COMMENCEMENT

 

 

Le Québec dit qu’il veut créer de l’emploi.

Et si on cessait d’embêter ceux qui travaillent d’arrache-pied à créer des produits originaux et développer de nouveaux marchés ?

Ça serait un bon départ…

 

NOTE: Vous êtes un entrepreneur et vous trouvez que le gouvernement vous  a mis des bâtons dans les roues plutôt que vous aider? Racontez-moi votre histoire, je reviendrai sur le sujet bientôt…

 

 

La dette: pas si pire!

- 17 juillet 2014

Hier, dans ma chronique, je vous parlais de la dette québécoise qui — à l’heure où j’écris ces lignes — est de 267 milliards 869 millions.

Cette chronique m’a valu un courriel de l’ex-ministre péquiste Richard Le Hir, que je vous cite in extenso.

« L’endettement du Québec, comme celui de tous les gouvernements, doit s’apprécier de façon relative.

« Notre situation n’est pas bonne, mais elle est moins mauvaise que celle de l’Ontario. Si vous avez à coeur d’informer correctement le public, vous devriez le mentionner. »

Maudit, que je suis écoeuré de ce discours qui consiste à dire qu’on n’est pas si mal quand on se compare !

C’est comme si je disais : « J’ai le cancer du colon mais ça pourrait être pire, je pourrais avoir le cancer du cerveau comme mon voisin ! »

Vous savez quoi, monsieur Le Hir ? Je pourrais aussi ne pas avoir de cancer !

 

 

ÉMULER LES GAGNANTS

 

 

Pourquoi, au lieu de toujours se comparer aux derniers de classe pour se consoler, on n’essaie pas d’émuler les premiers de classe ?

Ça, ça ferait changement !

Personnellement, je me fous de la dette de l’Ontario. C’est celle du Québec qui m’intéresse. C’est ici que je vis, pas dans la province voisine…

Ce que je souhaite pour mes enfants, monsieur Le Hir, n’est pas que le Québec soit moins endetté que l’Ontario. C’est que les finances du Québec soient en meilleure santé possible.

Comme ça, ça encouragerait peut-être les Québécois à voter Oui au prochain référendum.

On ne part pas de chez ses parents quand on est endetté jusqu’aux yeux…

 

 

Dedans jusqu’aux dents (extrait)

- 16 juillet 2014

Grâce à une nouvelle application mobile, vous pouvez maintenant consulter le compteur de dette de l’IEDM quand vous voulez, où vous voulez.

Chaque fois que j’entends un groupe, quel qu’il soit, exiger plus d’argent de la part du gouvernement, je clique sur mon application mobile.

Les chiffres défilent à une vitesse folle.

Tiens, déjà 10 000 $ de plus.

Ding, ding, ding, faites vos jeux, rien ne va plus !

Plus la dette augmente, plus les chances qu’on va piger de nouveau dans vos poches augmentent aussi.

 

(Pour lire le texte au complet, cliquez ici…)

 

 

Coupe du monde: la guerre des drapeaux (extrait)

- 15 juillet 2014

En juin dernier, lors de la victoire de l’équipe algérienne contre les Russes, des milliers de Français d’origine algérienne sont sortis dans la rue pour célébrer.

« Pourquoi ces immigrants naturalisés français sont fous de joie quand l’équipe algérienne gagne, mais ne sortent jamais dans les rues quand c’est l’équipe française qui gagne ? », se sont demandés plusieurs chroniqueurs.

« Est-ce parce qu’ils se sentent plus Algériens que Français ? »

Voici ce qu’a écrit Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, au lendemain de ces scènes de liesse.

« Ce que nous avons sous nos yeux sont des manifestations d’appartenance et de fierté patriotique, à travers l’exhibition des drapeaux algériens. Dans certaines mairies, le drapeau français a été décroché et remplacé par le drapeau algérien. Visiblement, ces jeunes veulent montrer et faire comprendre qu’ils sont Algériens avant d’être Français.

« C’est un échec flagrant qui nous est donné de voir. Si l’assimilation fonctionnait, ces jeunes seraient descendus dans les rues pour fêter la victoire de la France ! Nous assistons aujourd’hui à un phénomène de communautarisation de la société française, à sa fragmentation, à son éclatement. »

Qu’en pensez-vous?

 

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Grosse faute, petite amende (extrait)

- 14 juillet 2014

Ainsi, la dame qui a laissé son enfant de 7 mois dans son auto pour aller magasiner au chic Centre Rockland pendant 40 minutes a reçu une amende de… 60 $, pour « avoir laissé un enfant de moins de sept ans sans surveillance à l’intérieur d’un véhicule ».

À titre de comparaison, voici quelques histoires qui ont fait la manchette au cours des dernières années…

 

GOMME, ÉCUREUIL ET POUBELLES

 

1) « Pour avoir simplement omis de poser le pied au sol à un stop, puis avoir argumenté avec le policier qui l’interceptait, un cycliste montréalais a été menotté et a écopé de contraventions totalisant près de 500 $. » (Journal de Montréal)

 

2) « Un commerçant de la rue Laurier à Montréal a écopé d’une contravention salée de 637 $ pour avoir déposé ses ordures dans une ruelle située à 20 mètres de son commerce plutôt qu’en bordure de la rue, devant sa boutique… » (Journal de Montréal)

 

3) « Jeter une gomme par terre coûte 169 $, nourrir un écureuil 75 $, et omettre de tenir la rampe d’un escalier roulant dans le métro, 100 $… »  (Le Devoir)

 

4)  Martin, 32 ans, fait partie des personnes itinérantes victimes de profilage social. Ça fait trois ans qu’il est dans la rue. Il y a quelques mois, il a eu affaire aux policiers du centre-ville, qui lui ont donné une amende de 144 $ pour s’être assis sur la table de pique-nique du parc — ce qu’on appelle une mauvaise utilisation du mobilier urbain… » (Journal Métro)

 

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