Archives pour la catégorie ‘Franc-parler

Honte aux pompiers de Montréal ! (extrait)

- 28 septembre 2014

Ainsi, les pompiers de Montréal vont en appel.

Ils n’ont pas digéré que la Commission des relations de travail leur ordonne de répondre « de façon normale et habituelle aux appels d’urgence ».

Oui, nous prenons plus de temps qu’à l’habitude pour nous rendre sur les lieux d’un incendie, reconnaissent-ils.

Mais ce n’est pas parce que nous protestons contre le projet de loi 3, nooooon. C’est parce que nous sommes plus prudents.

Nous ne voulons plus tourner les coins ronds en matière de santé et de sécurité au travail.

Alors nous nous assurons que tous les pompiers sont bien attachés avant de quitter la caserne et arrêtons sagement aux intersections.

 

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Drôle en titi

- 28 septembre 2014

On ne le dit jamais assez : un grand comique, c’est d’abord une face.

Darry Cowl avait une face. Fernandel avait une face.

Et Gilles Latulippe avait une face.

Aurait-il été croque-mort qu’on aurait éclaté de rire en le regardant.

Avec une face comme ça, que peux-tu devenir dans la vie, sinon comique ?

 

 

MONSIEUR BURLESQUE

 

 

Soyons honnête : Gilles Latulippe n’était pas l’humoriste le plus fin sur la terre. On était loin de Sol ou d’Yvon Deschamps.

L’homme faisait plutôt dans le tagada-tsouin-tsouin. « C’était une fois un gars qui voulait entrer dans la police, la police s’est tassée et le gars est entré dans le mur. »

Roulement de tambour, rire en cannes, merci beaucoup, j’aime mon public.

Et alors ?

Dans la vie, il y a des moments pour tout.

Parfois, on mange du foie gras. Parfois, un gros steamé all-dressed.

Dans le rayon « deux rires pour cinq cennes », Gilles Latulippe était le meilleur. Avec Olivier, bien sûr.

Avec le temps, les amis de Gilles Latulippe ont pris du galon et acquis un certain vernis.

Après sa performance dans Omerta, par exemple, Claude Blanchard est passé du comique cheap qui faisait Nestor à « Monsieur Blanchard ». Même les grands acteurs qui se spécialisaient dans le théâtre polonais expérimental ont fini par lui baiser la bague.

Mais le fondateur du Théâtre des Variétés n’a jamais connu ce moment de gloire.

Il est toujours resté monsieur Burlesque. Le gars qui fait des farces sur les grosses belles-mères qui attendent leur gendre avec un rouleau à pâte dans la main et des bigoudis sur la tête.

« Belle heure pour arriver !

— Belle heure pour faire des tartes ! »

 

 

TOUT POUR UN RIRE

 

 

Là encore : et alors ?

Quel mal y a-t-il à faire de l’humour populaire ?

C’est ce que j’aimais le plus de Gilles Latulippe.

Cette humilité. Ce manque absolu de prétention. Ce bonheur à faire ce qu’il aimait faire.

Gilles Latulippe n’avait aucune autre ambition que d’être Gilles Latulippe. Il connaissait la place qu’il occupait dans la hiérarchie du « bon goût », et ne s’en plaignait pas.

Mieux : il en était fier.

À quoi sert un Gémeau ou un Jutra quand vous pouvez faire pisser Suzanne Lapointe dans ses culottes ?

Il aurait donné tous les honneurs et tout son argent pour un rire, fut-il gras.

Avez-vous déjà vu les titres des livres de blagues de Gilles Latulippe ?

« Drôle en titi », « Drôle en verrat », « Drôle en tabarouette »… Une ligne, un punch.

« What you see is what you get », disent les Anglais.

 

 

LE CANAL 10

 

 

Quand j’étais petit, j’avais des amis qui ne pouvaient pas regarder le canal 10. Leurs parents leur interdisaient.

« Trop vulgaire, disaient-ils. Regarde Bagatelle, à la place… »

Pendant qu’ils s’emmerdaient en se tapant des films d’animation tchèques, je regardais Symphorien.

Et le lendemain, dans la cour d’école, je racontais toutes les jokes d’Éphrem à mes amis qui avaient la malchance d’avoir des parents qui tripaient sur les jouets éducatifs.

Résultat : je suis devenu un gars populaire. Tellement que les gros toughs me protégeaient !

Vous avez allégé mon enfance, monsieur Latulippe.

Merci.

 

 

Les professionnels de la profession (extrait)

- 25 septembre 2014

« Les citoyens devraient comprendre, et les politiciens devraient se rappeler, que la politique n’est pas un métier, ni un plan de carrière, mais l’honneur fait à quelques-uns d’exercer une fonction représentative de tous », dit l’auteur Romain Guilleaumes.

En d’autres mots, on ne devrait pas vivre de la politique. On devrait plutôt la servir.

La politique devrait être une parenthèse dans une vie. Tu vas en politique pour faire avancer un dossier, pour aider une cause qui te tient particulièrement à cœur, puis tu reviens à ton premier métier, à ta principale profession.

Malheureusement, de plus en plus de gens envisagent la politique non comme un moyen, mais comme une fin.

Pour reprendre les mots du Manifeste des soixante (une critique virulente de la politique signée par 60 ouvriers en 1864) : « Certaines personnes font de la politique par profession, sans conviction. Elles travaillent dans les idées démocratiques comme un capitaliste travaille dans le cuir, le fer ou la chaussure. »

 

(Pour lire ce texte au complet, cliquez ici…)

 

 

Ce soir aux Francs-Tireurs

- 24 septembre 2014

Ce soir aux Francs-Tireurs (T-Q, 21 h), une entrevue avec Bernard « Rambo » Gauthier (héros pour les uns, zéro pour les autres) et Ben rencontre des adeptes des Arts Martiaux Mixtes…

Ça va cogner!

 

 

 

 

Cinq films orgiaques

- 24 septembre 2014

Après ma liste des 5 meilleurs films dans lesquels ont voyait des lesbiennes (une liste qui, paraît-il, a choqué les p’tites soeurs du bon pasteur, les puritains tendance Plateau et les tenants du politiquement correct, descendants directs du clergé constipé des années 50), voici maintenant — ô scandale! — une liste des plus grandes orgies cinématographiques.

 

5) The Devils, de Ken Russell  (1971)

 

Excitées par la venue d’un prêtre viril et macho, des soeurs enfermées dans un couvent sombrent dans un délire érotico-mystique. Mise en scène par l’hystérique Ken Russell, cette fable complètement déjantée (qui ferait le bonheur du psychanalyste Wilhelm Reich) affirme que tous les grenouilles de bénitiers sont des pervers qui s’ignorent. Une attaque frontale contre le puritanisme hypocrite des intégristes… À la fin, les soeurs lubriques finissent sur le bûcher et le prêtre responsable de leurs séances de masturbation frénétiques se fait torturer et démembrer… Ça leur apprendra de trop penser au sexe!

 

 

 

 

4) Le Casanova de Fellini, de Federico Fellini  (1976)

 

Le réalisateur de 8 1/2 détestait le célèbre séducteur vénitien. Il a donc décidé de faire un film pour lui régler son cas. Résultat: une oeuvre funeste qui dépeint Casanova comme un petit garçon à maman qui rêve de retourner dans le ventre de sa mère… Esclave de son désir, incapable de croiser une femme sans lui sauter dessus, le Casanova de Fellini s’épuise dans des orgies mécaniques totalement dénuées d’érotisme… On dirait un automate: vous le crinquez, et il baise tout ce qui bouge… Mon film préféré de Fellini… Venise (entièrement recréée en studio) ressemble à un cimetière, et ses habitants, à des statues de cire…

 

 

 

3) La grande bouffe, de Marco Ferreri  (1973)

 

En compagnie de quelques prostituées, quatre notables blasés (Philippe Noiret, Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi et Michel Piccoli — le meilleur casting de l’histoire du cinéma) décident de s’enfermer dans une maison bourgeoise et de manger jusqu’à ce qu’ils crèvent… Une fable absolument géniale sur la société de consommation… Ça chie, ça pète, ça baise et ça vomit pendant une heure trente… À Cannes, le film a créé un scandale et les pudibonds de l’époque ont poussé des haut cris… Et après, tout ce beau monde est allé manger des petits fours et boire du champagne en espérant s’envoyer en l’air… Une comédie corrosive, que je ne me lasse pas de revoir…

 

 



 

2) Caligula, de Tinto Brass  (1979)

 

Un péplum cochon tourné par Tinto Brass, le maître des comédies érotiques de série Z… Le film (produit par le magazine Penthouse) est atrocement mauvais mais qu’importe, on n’y s’ennuie pas une seconde… Un sommet du mauvais goût, un nanar psychotonique qui défie toute logique… Comment Helen Mirren, Peter Ustinov, John Gielgud, Malcolm McDowell et Peter O’Toole (la crème du cinéma britannique de l’époque) se sont retrouvés dans un tel navet ? Une curiosité… Tinto Brass semble avoir oublié ce qu’est un gros plan… Les acteurs, la plupart du temps filmés en plans super larges, sont écrasés par les décors de carton-pâte… Vous avez dit pompier?

 

 

 

 

1) Salo ou les 120 jours de Sodome, de Pier Paolo Pasolini  (1975)

 

Quatre vieux pervers s’enferment dans un château avec de jeunes gens qu’ils violent et massacrent… Une fable extrême, cruelle,  insoutenable… Probablement l’un des films les plus violents et les plus dérangeants jamais tournés… Mais il s’agit aussi d’un chef-d’oeuvre, une métaphore brillante et sans concession sur le fascisme, qui traite les êtres humains comme des objets jetables… Les personnages sont avilis, humiliés, exploités… Jamais un cinéaste n’est allé aussi loin pour critiquer la société dans laquelle il vit… Détesté par l’extrême droite italienne, Pasolini a été assassiné avant la sortie de son film… Une expérience cinématographique éprouvante mais nécessaire…