L’art de se tourner le dos

- 18 juillet 2012

Vous souvenez-vous de l’époque où la principale spécialité gastronomique des régions du Québec était le hot dog steamé et la grosse frite grasse servis dans des cantines installées au bord de la route ?

Cette époque est heureusement révolue. Aujourd’hui, on trouve toutes sortes de produits fins en région : des confitures extraordinaires, du foie gras, des pains hallucinants, des tartes à faire pleurer, des vinaigres, des fromages capables de rivaliser avec les meilleurs fromages français… et de l’excellent vin.

 

DES VINS EN VEDETTE

 

Oui, oui, pas de farce.

Autant, naguère, le vin québécois était synonyme de vinasse, autant aujourd’hui, nous produisons de très bons vins.

Au cours des dernières semaines, j’ai fait le tour de plusieurs producteurs avec ma blonde (Domaine du Ridge, Domaine Vitis, Val Caudalies, Domaine Les Brome de Léon Courville, etc.), et j’ai goûté d’excellents produits, créés par des gens passionnés et passionnants. Des vins rouges, des vins blancs, des vins de glace, des cidres, des rosés… Même Alfonso Gagliano, l’ancien ministre libéral, fait un excellent vin ! (Non, il ne s’appelle pas le Pot-de-vin ou le Château Gomery, mais le Frontenac noir).

Et chaque fois, je me suis posé la même question : pourquoi nos vins régionaux ne sont pas mis en vedette dans les succursales de la SAQ ?

Nous sommes au Québec. La première chose qu’on devrait apercevoir, en entrant dans une succursale de la SAQ, n’importe quelle succursale, est un étalage de vins québécois. Et chaque succursale régionale devrait mettre ses produits locaux en évidence.

Or, ce n’est pas du tout ce qu’on fait…

 

LES BÂTONS DANS LES ROUES

 

Quand on entre dans la boutique d’un marchand de vins en Italie, la première chose qu’on voit, ce sont des vins italiens. Ici, les vins québécois semblent être boudés par la Société d’État.

Pourquoi ?

Le Québec a le don de se tourner le dos.

Tenez, l’an dernier, je vous parlais d’un commerçant de l’Estrie qui fait un excellent saumon fumé à l’érable. Un vrai délice, qui fond littéralement dans la bouche.

Le gars a eu l’idée de développer un réseau de distribution dans sa région, afin de vendre son produit dans les épiceries locales, les boutiques gourmandes, etc. Or, il s’est fait taper sur les doigts par la Ministère de l’Agriculture : il peut seulement vendre son saumon à l’endroit même où il le fume, c’est-à-dire au marché Tradition, à Frelighsburg.

Nulle part ailleurs.

Résultat : dans les grosses épiceries de Bedford, de Granby, de Bromont ou de Sutton, vous pouvez trouver du saumon venu d’un peu partout — mais pas le fameux saumon qui est fumé à quelques kilomètres de là !

Au lieu d’encourager les entrepreneurs québécois, la machine étatique (toujours plus encline à servir ses propres intérêts que ceux des citoyens) s’évertue au contraire à leur mettre des bâtons dans les roues.

Drôle de façon d’envisager le développement des régions…

 

DES TRIPEUX

 

Un conseil, donc : cet été, profitez du beau temps et de vos vacances pour visiter le Québec et encourager les producteurs régionaux qui luttent souvent contre vents et marées (et nos propres institutions, engluées par la bureaucratie) pour faire triper nos papilles…

Vous ne rencontrerez pas de personnes plus enthousiastes, plus trippantes.

 

 

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19 commentaires

  1. pierre Ross dit :

    Faut il fournir à la caisse du parti pour avoir droit de s’émanciper et faire des affaires ,

    Penser Québec en premier M.Charest avant de penser Canadian.

  2. Robert Patry dit :

    pierre Ross a dit :

    “Faut il fournir à la caisse du parti pour avoir droit de s’émanciper et faire des affaires ,

    Penser Québec en premier M.Charest avant de penser Canadian.”

    Mister Ross, Canadien ou comme vous écrivez Canadian c’est penser à nous car les Québécois sont Canadiens et le Québec est une province du Canada et non un pays.

    Quand est-ce allez-vous réalisez cette vérité? Les Québécois ont dit NON deux fois et depuis que l’on sonde les Canadiens vivants au Québec, il n’y a même pas eu un sondage qui appuyait la séparation.

    Il faudrait un jour se rallier à la majorité et arrêter de nuire au Québec.

  3. Miche dit :

    LES BÂTONS DANS LES ROUES
    Combien de fois Daniel Pinard s’est révolte lors de ses émissions lorsqu’on voit des producteurs se battre contre l ’UPA ou autres afin de commercialiser leur(s) produit(s)!!!
    Quand tout est en règle dans la fabrication d’un produit pour la sante et la sécurité des consommateurs, pourquoi empêcher sa mise en marche???
    Illogique
    Dans le présent cas du saumon fume, on permet a ce producteur de vendre son produit, mais seulement dans sa petite localité!!! pas ailleurs??? Aie! Réveillez-vous! Pourquoi???
    Ou est la logique?
    Même chose pour les vins(Ah! La SAQ…) ou autres produits!
    Existe t-il une mafia dans ce domaine (tout comme dans la construction) et dont les instances
    gouvernementales en seraient les boss???
    PRESSION
    La seule solution, c’est la pression! Plus les gens seront nombreux a exiger, demander que des produits québécois se retrouvent sur le marche, sur les tablettes, ça va débloquer!!!
    Lobbyisme
    Peut-être que les producteurs ou un représentant devraient s’y mettre!!! (Ça l’air de marcher pour bien des causes…)

  4. Ivan Champetier dit :

    C’est toujours ça que ça donne quand on a une fonction publique obèse et paresseuse comme celle du Québec,et en passant les péquistes n’ont pas été mieux que Charest la-dessus!
    Certains pourtant nous disent qu’il faut continuer dans cette voie!

  5. Stevest dit :

    @Miche: Je suis d’accord avec vous, mais en connaissez vous beaucoup de québécois qui vont boycoter leur SAQ locale??

    Sans en faire un débat souverainiste/fédéraliste comme messieurs Ross et Patry, le problème ne se situe pas au niveau national, mais au niveau strictement provincial: Si tu va dans une commision des liqueur en Ontarion ou au Nouveau Brunswick, tu as plus de vins québécois qu’ici-même. Et c’est la même chose aux US!!

    Près de chez moi, à Saint-Hyacinthe, y’a un vignoble qui fait de l’excellent vin (rouge, blanc, rosé, mousseux…) mais ne peut ABSOLUMENT PAS vendre dans les SAQ. Résultat, ses principaux clients son américains!!

    Très désolant le contrôle abusif ou la lenteur extrème (lire laxisme) de nos sociétés paragouvernementales qui, rappelons-le, existent en principe pour servir et faire économiser les contribuables…(et c’est là que vous vous étouffez de rire)

  6. Pierre-Luc dit :

    Allez voir le programme du Parti Québécois. Ils veulent instaurer la «souveraineté alimentaire». C’est à dire de faire passer la consommation de produits québécois de 30 à 50% et plus. Bravo Mme Marois!!

  7. Robert Patry dit :

    Pierre-Luc a dit :

    “Allez voir le programme du Parti Québécois. Ils veulent instaurer la «souveraineté alimentaire». C’est à dire de faire passer la consommation de produits québécois de 30 à 50% et plus. Bravo Mme Marois!!”

    On pourrait croire qu’augmenter à 50% serait une bonne affaire mais sachant que 75% de nos exportations vont aux USA, imaginez l’effet dévastateur sur notre économie si nos voisins décidaient de répliquer et d’acheter US au lieu d’acheter Québec.

    Le protectionnisme n’aide pas le Québec. Une vue simpliste pourrait nous emmener à croire que c’est vrai, mais c’est totalement faux.

    Alors ceux qui félicitent Marois ne font que supporter une déclaration démagogue et électoraliste.

    Ça c’est vraiment malhonnête et irrespectueux envers les “bon p’tits Québécois”.

  8. Pierre-Luc dit :

    Robert Patry a dit:

    «On pourrait croire qu’augmenter à 50% serait une bonne affaire mais sachant que 75% de nos exportations vont aux USA, imaginez l’effet dévastateur sur notre économie si nos voisins décidaient de répliquer et d’acheter US au lieu d’acheter Québec.»

    Sachant que NOS terres sont vendues à des intérêts étrangers comme des Chinois faute de relève, il faut absolument se réapproprier notre richesse. Pour connaître personnellement un agriculteur, je peux dire qu’effectivement, il exporte sa viande principalement vers nos voisins du Sud, parce que la demande au Québec est faible! En gardant notre pouvoir d’achat au Québec, les prix pourront diminuer et des emplois seront créés. Aussi, avec nos 42 000 agriculteurs, aucun danger pour subvenir aux besoins.

    Pour vous rassurer, il va en rester amplement pour l’exportation mon cher monsieur!

    «Maître chez nous…»

  9. Robert Patry dit :

    Pierre-Luc a dit :

    “Pour vous rassurer, il va en rester amplement pour l’exportation mon cher monsieur!

    «Maître chez nous…»”

    C’est sur que nous produisons plus que nous avons besoin, donc l’exportation est absolument nécessaire pour la survie du Québec. Si nous favorisons des achats “made in Québec” ce serait alors aussi normal que les Américains favorisent des achats “made in the USA”.

    Il faut regarder plus loin que son nez en priviliègeant un marché protectionniste nous sommes perdants et toute cette production qui devraient aller aux États resterait sur le marché local et notre économie s’écraserait.

    Répondez moi une chose. Si nous on favorise le local pourquoi que les États ne feraient pas la même chose?

    On est bien plus perdants dans ce scenario.

    Le protectionnisme est de la démagogie et de l’électoralisme, ça ne rapporte rien à l’économie du Canada.

  10. Denis Gauthier dit :

    La SAAQ a de très sévères exigences et malheureusement beaucoup de producteurs Québécois ne se qualifient pas. Ces producteurs utilisent des équipements qui souvent ne respectent pas les règles hygiéniques et sanitaires. Les façons de travailler sont aussi souvent inappropriées.

    Dans les pays qui acceptent de vendre des vins qui ne répondent pas à une norme de qualité minimale ( comme HACPP), il y a plusieurs cas, à chaque années, d’empoisonnements alimentaires.

    Ce qui ne veux pas dire que les producteurs Québécois refusés ne produisent des vins de qualité. Mais il faut être capable de le démontrer à la SSAQ. Et pour cela, il faut être détenteur d’un sceau de qualité reconnu.

  11. Donald Briard dit :

    Ce que je trouve hilarant est de voir autant de gens accourir pour commenter sur une situation qu’ils ne comprennent même pas.

    Ce billet est faux, la SAQ possède une excellente sélection de vin du Québec, j’y ai d’ailleurs découvert le vin de mr Gagliano qui est vraiment bon en passant!

    De plus, la SAQ met souvent les produits locaux en vedette dans des sections promotionnelles.

  12. S. Dufour dit :

    Donald Briand: Quoique je ne mette pas votre parole en doute, les seuls vins que je vois toujours en promotion à la SAQ, ce sont des vins français ou italiens. Rien de comparable avec le LCBO où on voit toujours, en arrivant, les vins ontariens bien en vue dans l’étalage en vedette. Je n’ai rien vu comme ça au Québec. S’il y a des SAQ qui le font, tant mieux.
    Les gouvernements successifs ont toujours été forts sur la “valorisation de nos produits du terroir”, mais on dirait bien que quand il s’agit de permettre aux artisans de les vendre, c’est autre chose. Regrettable.

  13. Stevest dit :

    @Donald Briard : euh…excellent sélèction de vins du Québec?? Et ce parce que vous avez trouvé le vin d’un ami du pouvoir?! J’espère que vous faisiez de l’humour! J’ai un ami qui habite en France qui peut se procurer une plus grande sélèction de vin québécois que dans un SAQ SÉLECTION….

  14. marc dit :

    @ Robert Patry:

    Vous pensez peut-être que les américains ne favorisent pas la production locale ? Le Buy America Act, c’est quoi? Les mesures restrictives comme dans le bois d’oeuvre pour ne nommer que celui-là, c’est quoi?

    Je ne comprends vraiment pas où vous voulez en venir avec ces demi-vérités. Est-ce que vous cherchez à nous faire dire que notre gouvernement est parfait et qu’on vit dans le “plusse meilleur pays du monde” comme disait Chrétien? Si c’est ça, ça va, on a déjà entendu la chanson…

    Et en passant, le dernier référendum, il a été volé par des irrégularités documentées en long et en large. Le scandale des commandites et l’argent investi en faisant fi des règles, ça ne vous rappelle rien? En politique, on dit que l’argent, c’est le nerf de la guerre. Et quand on triche, on ne mérite pas une victoire, surtout à pas à 50,5%…

  15. magiterre dit :

    J, achete le plus souvent Québécois.Je connais un vignoble que je visite régulierement a Napierville il a meme gagné des médailles d’or,mais il est boycoté par la SAQ.Pourtant il y a un péquiste dont M.Parizeau il est devenu vignoble mais en France?????? Encourageons nos producteurs.

  16. Alain Thomas dit :

    C’est réellement n’importe quoi vos textes monsieur Martineau. On ne connait pas tout le contexte de votre producteur, respecte-il toutes les normes du MAPAC?

    Pour les vins, pas dififcile de comprendre que le Québec est nouveau dans le domaine du vin comparé à d’autres pays viticoles. C’est le temps qui fera le reste, faut laissez sécher notre nom dans le livre des producteurs. Le prix aussi est souvent plus élevé pour des vins fait ici, bizarre hein? Rapport qualité égale et prix moindre vous prenez tout de même un vin québécois? Non, sinon on ne verrait pas les stationnement des Wal Mart déborder. On pense à notre poche avant, peu importe le produit. Donc, tout à fait normal qu’on voit moins de vins d’ici.

  17. Denis Chartrand dit :

    Si vous allez en france, malheureusement je dis bien malheureusement les vins français sont mis de l’avant. Souvent de piètre qualité parce qu’en France vous n’avez pas le droit de boire autre chose que le vin Français. L’Italie se rapproche avec les mêmes règles. Dans ces deux pays il n’y a pas de place pour les vins du monde qui sont à mon humble avis de qualité supérieur, la France s’enfarge dans son protectionnisme et tuera à long terme ses meilleurs vignobles.

    M. Martineau je ne connais pas vos goût en matière de vin mais râre sont les vins québécois qui peuvent garantir une qualité, un prix et surtoût une quatité suffisante pour les SAQ. Ne faisons pas comme les pays d’Europe qui protègent et bureaucratisent leur médiocrité.

  18. Stevest dit :

    @ Marc: Je suis d’accord avec votre commentaire sauf que j’apporterais une petite nuance: les USA et le Québec n’ont pas vraiment le même rapport de force quand vient le temps de négocier des accords ou de régler des désaccords… Nous devons nous rendre à l’évidence, indépendance ou pas, qu’on a plus besoin d’eux que eux de nous…

  19. Louis dit :

    Alain Thomas a raison. Nous ne sommes que dans une nouvelle phase de culture du raisin et de développement des vignobles. On ne peut pas fournir du vin dans toutes les SAQ du Québec si on ne cultive que 8 à 10 acres de vignes. C’est à peu près la moyenne d’un vignoble ici en Estrie. Ils suffisent à peine à fournir les groupes de l’âge d’or qui les visitent et les quelques foires de vendanges à l’automne.

    Vous voulez voir de vrais vignobles, allez visiter ceux de la région de Niagara qui sont en existence depuis des générations et qui s’étendent sur des centaines d’acres.

    Laissons le temps faire les choses…

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