Un code vestimentaire pour le Plateau Mont-Royal?

- 26 juillet 2014

Ainsi, le maire du Plateau Mont-Royal, Luc Ferrandez, oblige le propriétaire du Café Cherrier (une institution depuis 30 ans) à changer ses chaises de terrasse sous prétexte qu’elles ne cadrent plus avec « l’esthétisme voulu de l’arrondissement ».

Paraîtrait que le plastique n’est plus le bienvenue au royaume des bobos.

À quand un code esthétique et vestimentaire pour les habitants du chic Plateau ?

« Tu veux habiter parmi nous ? Tu veux avoir l’extraordinaire privilège de nous côtoyer tous les jours ? Alors ton apparence physique devra être conforme aux règlements de l’arrondissement, tels qu’adoptés par Luc Premier.

« Ton poids devra être proportionnel à ta taille, tu devras avoir du poil au visage (une moustache vintage ou une barbe hipster), et tu devras porter un tatouage sur la nuque ou sur une cheville (de préférence, une phrase en japonais que tu crois être remplie de sagesse et de profondeur alors qu’en fait, elle veut dire : « Je pue des pieds et j’habite chez mes parents »)… »

 

À LA MODE DU PLATEAU

 

 

« De plus, tu devras faire preuve d’ironie dans ton habillement pour montrer à tout le monde que tu as de l’esprit.

« Genre : je porte une chemise orange et brune à manches courtes, mais étant donné que je sais que tu sais que je sais que ce genre de chemise est habituellement considérée comme quétaine, c’est la preuve que je suis vachement à la mode… »

Compris ?

 

 

Vive les vacances!

- 25 juillet 2014

Enfin les vacances !

On va pouvoir se reposer.

Es-tu contente, Ginette ? Rien faire. Un peu de bouffe. Un peu de vino. Un peu de lecture.

La vraie vie.

Même pas de Facebook, tiens. Je décroche.

Bye Bye boss, de retour dans deux semaines !

 

 

DU GROS FUN EN FAMILLE

 

 

Samedi matin. Direction le zoo.

Une heure et demie pour sortir de la ville. Des cônes oranges jusqu’à l’horizon. Le pont bloqué. Des détours partout.

Les p’tits qui crient sur le siège arrière.

« Marcel, on a oublié d’acheter de la crème solaire. »

Ça fait rien, on va en acheter là-bas.

As-tu mis du jus dans la glacière ? As-tu les flotteurs du p’tit ? Le ballon de la grande ?

As-tu vu, le parking est plein. On n’est pas les seuls à avoir eu l’idée de venir ici.

On trouve une place de stationnement à l’autre bout du monde, entre deux Winnebagos. On marche jusqu’à la billetterie. Maudit, j’ai oublié les serviettes. Retourne au char. Prends les serviettes. Retourne à la billetterie.

Trente minutes d’attente. Cibole, ça coûte ben cher ! À ce prix-là, j’aurais pu acheter une famille de kangourous. Venez, je vais vous attacher vos bracelets.

Manon, arrête d’écoeurer ton frère. Julien, mets ton chapeau. J’t’ai dit d’arrêter d’écoeurer ton frère !

On va voir les éléphants.

« Non, les chameaux ! » « Non, les lions ! »

Dix mille personnes devant la cage des lions. On ne voit rien. Je prends la grande sur mes épaules. Vois-tu les lions ?

« Non, il doivent dormir dans la grotte. »

O.K., d’abord, on va voir les éléphants.

 

 

 

NOS AMIS LES ANIMAUX

 

 

L’éléphant pisse. Une vraie rivière. Le p’tit rigole tellement qu’il se pète la fiole sur la clôture.

As-tu du mercurochrome ? Non, je l’ai oublié à la maison.

Va voir les babouins. Les babouins nous montrent leur cul. Va voir les perroquets. Le gros jaune chie sur la tête de Manon.

Le p’tit rigole tellement qu’il se pète encore la fiole sur la clôture.

Venez, on va manger. Vingt minutes d’attente au buffet. Cibole, ça coûte ben cher ! À ce prix-là, j’aurais pu acheter de la bouffe pour toute la semaine.

C’est à qui le steamé ketchup ? Le cheese au bacon ? Maman, j’haïs ça du Sprite, j’avais demandé un Orange Crush !

Pogne les enfants, direction parc aquatique.

Le p’tit tombe dans la piscine à vagues. Avale de l’eau, vomit partout. La grande a envie de faire pipi. Ça ne te tentait pas d’y aller au resto ?

Va aux toilettes. Quinze minutes d’attente.

Reviens. La grande a oublié son casque de bain aux toilettes. Maudit, Manon !

 

 

UNE BELLE JOURNÉE

 

 

Fais la queue pour le Lazy River. Le p’tit est trop p’tit, peut pas y aller.

Vas-y, Ginette, je vais rester avec lui.

Le p’tit braille. Manon a attrapé un coup de soleil. Ginette a mal au cœur, « Ça brassait trop, avoir su… »

Retourne vers le char. Vingt minutes de marche. Une demi heure pour sortir du parking.

Deux heures de route jusqu’à la maison. Pont bloqué. Détours. Cônes oranges.

Manon, arrête d’écoeurer ton frère !

Première journée des vacances. Il en reste 13.

Misère…

 

 

Terrasser le dragon

- 18 juillet 2014

J’aime beaucoup les entrepreneurs.

Ce sont des gens allumés, passionnés, tout autant que les artistes.

Ils ont une vision et sont prêts à faire des tas de sacrifices pour la réaliser.

Et en plus, ils créent des emplois.

 

 

LES MEILLEURS AU MONDE

 

 

Malheureusement, au Québec, on a parfois tendance à considérer les entrepreneurs au mieux comme des fraudeurs, au pire comme des nuisances.

Prenez Nicolas Duvernois. Cet étudiant en sciences politiques, qui gagnait sa vie en lavant des planchers la nuit à l’hôpital Sainte-Justine, rêvait de produire de la vodka.

Pas n’importe quelle : la meilleure au monde. De quoi faire rougir de honte les compatriotes de Poutine.

Tant qu’à rêver, rêvons, non ?

Après deux ans de recherche, Duvernois a réussi à produire une vodka à partir non pas de pomme de terre, comme le veut la tradition, mais de maïs.

Or, non seulement sa vodka est délicieuse, mais en décembre 2009, PUR vodka remporta le prix de la meilleure vodka du monde au World Vodka Masters, à Londres.

Une distinction qui a été suivie par des dizaines d’autres à travers le monde.

 

 

LES BÂTONS DANS LES ROUES

 

 

En mai dernier, le journal Les Affaires a publié une entrevue passionnante avec le nouveau tsar de la vodka.

L’entrepreneur faisait la liste de tous les obstacles qu’il a dû — et qu’il doit encore — affronter. Un véritable parcours du combattant.

« Je vends ma bouteille de vodka 11 $ à la SAQ, qui la revend 42,25 $. De plus, je paie des impôts sur les 11 $. Même en tenant compte des frais de transport, de douanes et autres, je fais plus d’argent en vendant mon produit en Nouvelle-Zélande qu’à la SAQ », dit-il.

De plus, il rêvait d’ouvrir une petite distillerie à Montréal, mais a dû mettre son projet sur la glace car la Ville lui a dit que sa microdistillerie devrait avoir des murs antidéflagration, comme s’il fabriquait de la dynamite !

« Si c’était à recommencer, je créerais probablement mon entreprise dans l’État de New York, a confié Nicolas Duvernois au journaliste Dominique Froment. Sans tous les bâtons dans les roues qu’on nous met au Québec, PUR vodka serait rendue bien plus loin. J’aurais plus de produits sur le marché et plus de ventes. »

 

 

« C’EST LE RÈGLEMENT »

 

 

Il m’arrive souvent de parler avec des entrepreneurs, et plusieurs me racontent la même chose.

Ils ont le sentiment qu’au lieu de les aider, le Québec les freine, entre autres par une bureaucratie trop envahissante.

Je vous ai déjà parlé de cet épicier qui fait un saumon fumé à l’érable absolument fabuleux, à Frelighsburg, en Estrie. Le gars pourrait ouvrir des dizaines de points de vente aux quatre coins de la province, mais le ministère de l’Agriculture lui interdit de vendre son saumon ailleurs qu’à l’endroit où il le fume.

Pourquoi ? À cause du règlement Machin, paragraphe Truc, alinéa Patente.

C’est bien simple, ça serait plus facile pour lui de vendre son saumon au Québec si son entreprise était installée en Ontario !

 

 

UN COMMENCEMENT

 

 

Le Québec dit qu’il veut créer de l’emploi.

Et si on cessait d’embêter ceux qui travaillent d’arrache-pied à créer des produits originaux et développer de nouveaux marchés ?

Ça serait un bon départ…

 

NOTE: Vous êtes un entrepreneur et vous trouvez que le gouvernement vous  a mis des bâtons dans les roues plutôt que vous aider? Racontez-moi votre histoire, je reviendrai sur le sujet bientôt…

 

 

La dette: pas si pire!

- 17 juillet 2014

Hier, dans ma chronique, je vous parlais de la dette québécoise qui — à l’heure où j’écris ces lignes — est de 267 milliards 869 millions.

Cette chronique m’a valu un courriel de l’ex-ministre péquiste Richard Le Hir, que je vous cite in extenso.

« L’endettement du Québec, comme celui de tous les gouvernements, doit s’apprécier de façon relative.

« Notre situation n’est pas bonne, mais elle est moins mauvaise que celle de l’Ontario. Si vous avez à coeur d’informer correctement le public, vous devriez le mentionner. »

Maudit, que je suis écoeuré de ce discours qui consiste à dire qu’on n’est pas si mal quand on se compare !

C’est comme si je disais : « J’ai le cancer du colon mais ça pourrait être pire, je pourrais avoir le cancer du cerveau comme mon voisin ! »

Vous savez quoi, monsieur Le Hir ? Je pourrais aussi ne pas avoir de cancer !

 

 

ÉMULER LES GAGNANTS

 

 

Pourquoi, au lieu de toujours se comparer aux derniers de classe pour se consoler, on n’essaie pas d’émuler les premiers de classe ?

Ça, ça ferait changement !

Personnellement, je me fous de la dette de l’Ontario. C’est celle du Québec qui m’intéresse. C’est ici que je vis, pas dans la province voisine…

Ce que je souhaite pour mes enfants, monsieur Le Hir, n’est pas que le Québec soit moins endetté que l’Ontario. C’est que les finances du Québec soient en meilleure santé possible.

Comme ça, ça encouragerait peut-être les Québécois à voter Oui au prochain référendum.

On ne part pas de chez ses parents quand on est endetté jusqu’aux yeux…

 

 

Dedans jusqu’aux dents (extrait)

- 16 juillet 2014

Grâce à une nouvelle application mobile, vous pouvez maintenant consulter le compteur de dette de l’IEDM quand vous voulez, où vous voulez.

Chaque fois que j’entends un groupe, quel qu’il soit, exiger plus d’argent de la part du gouvernement, je clique sur mon application mobile.

Les chiffres défilent à une vitesse folle.

Tiens, déjà 10 000 $ de plus.

Ding, ding, ding, faites vos jeux, rien ne va plus !

Plus la dette augmente, plus les chances qu’on va piger de nouveau dans vos poches augmentent aussi.

 

(Pour lire le texte au complet, cliquez ici…)