Il y a agression et agression

- 20 novembre 2014

Depuis quelque temps, le Québec est en guerre contre l’intimidation et le harcèlement.

Tant mieux. On ne devrait jamais accepter ce genre de comportements.

Les femmes ont le droit de marcher dans la rue et les enfants ont le droit d’aller à l’école sans se faire écœurer.

Mais en même temps, il ne faut pas exagérer.

À force de grimper aux rideaux à la moindre niaiserie, on finit par nuire à la cause que l’on veut défendre.

 

 

DE L’INTIMIDATION ?

 

 

Prenez Sophie Desmarais.

La fille du financier Paul Desmarais a révélé à Jasmin Roy avoir été victime d’intimidation quand elle était jeune.

« En classe, on me soufflait avec un crayon des boulettes de papier sur la tête. On m’écrivait sur des bouts de papier que j’étais conne, bête, laide », s’est-elle plainte.

Bon, effectivement, ce n’est pas drôle. Mais de là à crier à l’intimidation, il y a un pas.

L’intimidation, c’est un p’tit gars qui se fait casser la gueule jour après jour après jour dans la cour de récré.

Il a tellement peur d’aller à l’école, le matin, qu’il vomit. Certains enfants préfèrent s’enlever la vie plutôt que d’avoir à subir ce traitement un jour de plus.

C’est ça, de l’intimidation, du harcèlement.

Pas des niaiseux qui te lancent des boulettes de papier pendant un cours !

Qui ne s’est pas fait écœurer à l’école ?

On n’est toujours bien pas pour appeler la police, fait venir un psy et mettre sur pied un plan d’intervention chaque fois que deux, trois idiots font une niaiserie !

Qualifier d’ « intimidation » ce que Sophie Desmarais a vécu, c’est banaliser le calvaire que vivent les vraies victimes d’intimidation.

 

 

ÉLEVÉS DANS DU PAPIER BULLE

 

 

Non seulement rend-on les examens plus faciles afin de protéger les jeunes des « affres » de l’échec (Dieu sait ce qui pourrait se passer si l’un de nos chérubins avait le malheur de couler un examen…), mais on grimpe dans les rideaux et fait une syncope dès qu’ils s’égratignent un genou ou se font niaiser dans la cour de récré.

Tout de suite, c’est le branle-bas de combat.

« Quoi ? Mon fils a eu une mauvaise note ? Il est tombé de la balançoire ? Il s’est fait insulter par un autre enfant ? Mais quelle sorte de directeur êtes-vous ? Je vais porter plainte, ça ne s’arrêtera pas là ! »

On fait comme si nos enfants étaient de petits bibelots fragiles incapables d’encaisser le moindre coup. On les enveloppe dans du papier bulle, on les materne, on les catine…

Résultat : ils sont tellement surprotégés qu’ils se brisent en mille morceaux au moindre revers…

 

 

DU HARCÈLEMENT SEXUEL ?

 

 

Autre exemple d’exagération : le « scandale de harcèlement sexuel » qui secoue présentement l’UQAM…

« Un prof m’a dit que j’avais de beaux yeux », a confié une étudiante à l’un de nos reporters.

Certes, la remarque de l’enseignant est déplacée, mais de là à crier au harcèlement, à l’intimidation et à l’agression, il y a une marge !

On n’est toujours pas pour crier au loup au moindre écart !

À quand des contraventions aux hommes qui regardent les jambes des femmes dans la rue ?

 

 

Une émission couleur de Radio-Canada

- 19 novembre 2014

Désolé, mais au risque de passer pour un sans-cœur, je ne suis plus capable d’entendre les employés de Radio-Canada profiter des ondes de Radio-Canada pour critiquer les compressions à Radio-Canada.

Gardez-vous une petite gêne, les amis !

 

 

UN PHÉNOMÈNE MONDIAL

 

 

Des coupures, il y en a partout, ces temps-ci.

Pourquoi les pertes d’emplois à Radio-Canada seraient-elles plus tristes et plus choquantes que celles qui affectent d’autres secteurs de la société ?

Seulement au cours du mois d’octobre, 30 000 emplois à temps plein ont été perdus au Québec.

Ces 30 000 nouveaux chômeurs ont-ils tous été invités à Radio-Canada pour aller se plaindre ? La Société d’État leur a-t-elle donné un micro ?

Les chômeurs de Radio-Canada font-ils plus pitié que les chômeurs d’Électrolux, de SNC-Lavalin ou de Rio Tinto Alcan ?

Le monde des médias traverse une crise majeure. C’est un phénomène mondial.

Il y a eu des coupures chez Transcontinental, chez Sun Media, à la Presse Canadienne, au Devoir, au Journal de Montréal, à Libération, au New York Times, au Washington Post, partout.

En 2011, la BBC a mis 800 employés à pied. Depuis le début des années 2000, les journaux américains ont coupé 28 % de leurs effectifs rédactionnels.

Entre 2006 et 2011, les recettes publicitaires des télévisions généralistes francophones québécoises ont diminué de 45 millions de dollars.

Selon les données de l’Association des journaux canadiens, les recettes publicitaires des versions papier des quotidiens payants ont baissé de 25 % entre 2006 et 2011.

Bref, Radio-Canada n’est pas un cas à part. Ça va mal dans tous les médias partout sur la planète.

Dans les médias privés comme dans les médias publics.

 

 

LA RIBOULDINGUE

 

 

Les animateurs vedettes de Radio-Canada trouvent ça dégueulasse que certains de leurs confrères et consœurs perdent leur emploi ?

Qu’ils proposent de diminuer leur salaire ! Ça ne règlera pas le problème mais ça sera un pas dans la bonne direction.

Radio-Canada reçoit un milliard de dollars par année de gouvernement fédéral. Quel pourcentage de ces subventions sert à payer le salaire des méga vedettes de la station ?

On peut poser la question, non ?

On fait tout un plat de la fermeture du département de costumes de Radio-Canada.

Oui, c’est triste, humainement parlant. Ce n’est jamais rigolo quand des employés se retrouvent sans emploi.

Mais… Quelle est la dernière fois que Radio-Canada a diffusé un télé-théâtre historique ?

La plupart des émissions diffusées à Radio-Canada sont produites par des firmes privées. Les costumes, ces firmes les louent.

On n’est plus en 1960, à la belle époque de La Ribouldingue, du Monde de Marcel Dubé ou des Grands Esprits…

 

 

LA GRANDE MUTATION

 

 

Le monde change. À la vitesse grand V.

Les clubs vidéos ferment. Les librairies ferment. Les disquaires ferment. Les cinémas ferment. Plus de courrier à domicile.

Un jour, avec la cigarette électronique, ce sera au tour des fabricants de cigarettes de couper. Puis l’industrie pétrolière, à cause des autos électriques.

Les jeunes regardent plus Internet que la télé traditionnelle. Cela va avoir des conséquences sur tout le milieu.

Les emplois vont migrer. Les habitudes vont changer. Le paysage médiatique va se transformer.

Radio-Canada ne vit pas dans un monde parallèle, sous une cloche de verre.

 

 

UQAM: comment faire déraper une cause

- 19 novembre 2014

Pas besoin d’être un devin pour savoir que cette vague de dénonciations allait déraper un de ces jours.

C’était écrit dans le ciel.

Grâce aux Hystériques de l’UQAM (jamais groupe ne fut aussi bien nommé), c’est maintenant chose faite.

Un mouvement qui était pourtant tout à fait respectable fait maintenant froncer les sourcils.

 

 

LA COMPLAINTE DU FUCK

 

 

C’est toujours la même histoire.

Vous avez une cause qui se défend, vous voulez manifester pacifiquement pour vous faire entendre, et soudainement, une bande d’énervés squattent votre événement et en profitent pour briser des vitrines, lancer des boules de billard aux flics et renverser des autos-patrouilles.

Une fois que le bordel est bien pogné, ils sacrent le camp en courant et vous laissent gros Jean comme devant, vos banderoles à l’air.

En 2012, c’était le Black Block.

Là, ce sont les Hystériques et autres agités du bocal.

Toujours la même tactique.

Fuck le système, fuck les institutions, fuck la justice, fuck la démocratie.

Regardez les deux Che Guevarounes qui ont jeté des cocktails Molotov contre un concessionnaire Nissan au Mexique afin de lutter contre « la société ».

Ça lit deux, trois livres anarchistes et ça se prend pour des combattants de la Révolution.

Le même processus qui amène d’autres zigotos à se faire sauter dans des marchés publics.

 

 

SALADE D’AVOCATS

 

 

Que des jeunes exaltés tripent sur le romantisme de la Révolution est une chose. C’est le propre de la jeunesse d’avoir soif d’absolu.

Mais que des membres en règle du Barreau s’abreuvent au même Kool-Aid en est une autre.

Vous avez lu les propos de Sibel Ataogul, présidente de l’Association des juristes progressistes du Québec (AJP) ? Hallucinant.

Oui, la réputation de certains hommes sera entachée à tort par des dénonciations anonymes, mais que voulez-vous, c’est un dommage collatéral de la lutte contre le sexisme. La fin justifie les moyens.

On ne peut pas faire de beurre de pinottes sans broyer des pinottes.

Elle a étudié le droit où, cette dame ? En Corée du Nord ?

Le programme de l’AJP est tellement délirant qu’il semble avoir été écrit par des humoristes.

« Notre mission est de rassembler toutes celles et ceux qui constatent que le droit actuel est la résultante des rapports de force existants dans la société et qui reconnaissent le besoin d’éliminer les inégalités qui en découlent et qui reconnaissent également le besoin de préserver et d’améliorer les droits de tous les groupes opprimés et exploités. »

Des avocats comme ça, j’en ai vu chez Provigo, l’autre jour, entre les concombres et les navets.

 

 

MÉCHANT PROGRÈS

 

 

C’est comme ça que le fascisme s’est installé en Europe dans les années 30.

Des groupuscules radicaux trouvaient que la démocratie était trop molle, trop lente et pas assez agressive.

Alors ils ont lutté pour installer un régime plus autoritaire.

Pourquoi se contenter de vivre dans un monde imparfait, quand on peut modeler la réalité pour qu’elle devienne aussi lisse, aussi ronde, aussi parfaite qu’une idée ?

Pourquoi mettre un système au service des hommes quand on peut mettre les hommes au service d’un système ?

Et ça se dit « progressiste »…

Il n’y a qu’un seul type de progrès. Celui qui refuse de justifier l’injustifiable.

 

 

La pêche à la dynamite

- 17 novembre 2014

Je n’ai pas un passé de Casanova, je ne pourrais pas donner des ateliers sur l’art du flirt ni écrire L’ABC de la séduction pour les nuls, mais il y a une chose que je sais à propos des filles.

Quand une fille dit Non, ça veut dire Non.

 

 

LA FOLIE SELON EINSTEIN

 

 

En fait, la fille n’a même pas besoin de dire Non.

Quand une fille n’est pas intéressée, on le sent.

(Note aux nouveaux venus sur le marché de la cruise : quand tu te rapproches d’une fille pour créer un climat d’intimité et qu’elle recule de cinq pieds, c’est un signe…)

C’est déjà assez dur d’être un gars, d’avoir à faire les premiers pas et de se faire revirer comme une crêpe, voulez-vous me dire pourquoi certains hommes s’entêtent à écœurer des femmes qui ne veulent rien savoir d’eux ?

Ça vous fait triper que l’objet de vos désirs refuse vos avances quinze fois de suite ? Vingt fois ? Cinquante fois ?

Comme le disait Einstein : « La folie, c’est de répéter constamment les mêmes gestes en espérant obtenir un résultat différent à chaque fois. »

C’est quoi, l’affaire ?

Vous pensez qu’après vingt tentatives, la fille va dire : « Ah, finalement, je le trouve de mon goût » ?

Ou : « Je continue à le trouver moche mais sa persistance mérite d’être récompensée » ?

 

 

LE SYNDROME DU DOUCHEBAG

 

 

La cruise, c’est comme la pêche à la ligne.

T’accroches un bel appât après ton hameçon (habituellement, une bonne blague), tu lances ta ligne dans la bonne direction et t’espères que ça va mordre.

Si ça ne mord pas, tu déplaces ton canot à l’autre bout du lac et tu trouves un autre spot…

Malheureusement, certains gars préfèrent pêcher à la dynamite.

La beauté du sport, ils s’en foutent. Ce qu’ils veulent, c’est le résultat : un poisson dans le canot.

Qu’importe s’il est mort ou déchiqueté. L’important est que l’animal est à eux.

Il y a trois mots pour décrire ces hommes : caves, zoufs.

Douchebags.

J’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas l’intérêt de harceler une fille qui ne veut rien savoir de moi. Ou de peloter une femme qui se débat.

Vous ne voyez pas le dégoût sur le visage de vos proies ? Ou la peur dans leurs yeux ?

À moins que ça soit justement ce qui vous fait triper : ce sentiment de pouvoir.

Dans ce cas, faites-vous soigner.

 

 

ON CONNAÎT LA LIMITE

 

 

J’entends certains gars demander : « O.K., c’est bien beau, mais elle est où la ligne qui sépare le flirt du harcèlement ? C’est pas toujours clair… »
Come on, les boys, vous savez où elle se situe ! On le sait tous !

On connaît tous la différence entre une joke cochonne qui fait rire et une joke cochonne qui crée un malaise.

Pas besoin d’avoir un post doctorat en relations homme-femme pour le savoir…

Il y a une différence entre : « Ta robe te va vraiment bien » et « T’as un ostie d’beau cul »…

Le harcèlement, c’est comme la porno.

C’est peut-être difficile à définir, mais c’est sacrément facile à reconnaître.

 

 

On est sur la bonne voie!

- 16 novembre 2014

Êtes-vous déprimés lorsque vous regardez ce qui se passe au Québec ?

Non ? Eh bien dites-moi où vous avez acheté vos lunettes roses, j’en ai grandement besoin.

Je ne sais pas si c’est à cause de l’hiver qui approche, mais j’ai la fale à terre, comme dirait l’autre.

Le peu d’optimisme qui me restait est en train de fondre aussi vite que le taux de création d’emplois au Québec.

 

 

ON EST EN BUSINESS !

 

 

Le dernier coup de grâce qui m’a fait plier les genoux : cette histoire hallucinante d’éolienne, qu’a sortie Pierre Couture du Journal de Québec.

On nage dans les surplus d’hydro-électricité, on en a tellement qu’on ne sait plus quoi en faire, mais on continue d’acheter de l’énergie éolienne à coup de millions.

Pourquoi ? Parce qu’on est obligé.

Pour « encourager » les petits producteurs.

On achète cette énergie à 10 sous le kilowatt-heure, puis on la revend à 4 sous aux Américains.

Méchante belle façon de faire des affaires, non ?

Tout ça, pour protéger 5000 emplois.

C’est comme ça que ça marche, au Québec. On est dans le trou, mais on dépense des gonzillions de dollars pour acheter un produit dont on n’a pas besoin et qu’on revend à perte.

 

 

AU GRAND JOUR

 

 

Des histoires comme ça, on en sort tous les jours, au Journal.

Des projets qui devaient coûter 100 millions mais qui coûtent un milliard, des entreprises moribondes qu’on maintient en vie artificiellement, des méga hôpitaux qui coûtent la peau des fesses, des entrepreneurs qui se graissent la patte, des dépassements de coûts colossaux, des bonis astronomiques, des factures gonflables, des crosses, du gaspillage, de la collusion, de la corruption, du copinage…

Tenez, à l’Hôpital général juif, des cadres profitaient des travaux d’agrandissement pour rénover leur maison, et envoyer la facture aux contribuables.

Pas des p’tits pégreux, non : les cadres d’un hôpital !

Les gars n’avaient aucune honte, aucune gêne.

Comme le très respectable Marc Bibeau qui cognait à la porte de SNC-Lavallin pour ramasser de l’argent pour le Parti libéral.

Tout ça se faisait au grand jour.

C’est comme ça que ça marche au Québec.

Tu prends un numéro, tu fais la queue et quand c’est ton tour, on te donne un rasoir et tu peux tondre le contribuable à ton goût.

 

 

LA TONTE DU MOUTON

 

 

Il fut un jour où je croyais que les choses pouvaient changer, au Québec.

« On va se choquer, on va se révolter », me disais-je.

Mais non.

On lit les journaux, on regarde la Commission Charbonneau, puis on hausse les épaules et on fait le lunch des p’tits.

En même temps, qu’est-ce qu’on peut faire ?

Il n’y a que les fonctionnaires municipaux qui ont le temps de manifester pour protéger leurs privilèges.

Les autres doivent bosser. Se faire pousser un peu de laine sur la bedaine en vue de la prochaine tonte.

Et les frais de garderie qui montent, et les tarifs d’électricité, et les taxes scolaires, et les taxes municipales…

Et on se demande pourquoi on gobe des antidépresseurs comme si c’était des M&M.

Faut se geler la bine pour supporter tout ça !

Une visite à la SAQ, et iglou, iglou, iglou…