Concours: trouvez un nouveau nom au Bloc!

- 25 août 2014

Il ne reste plus que deux députés au Bloc.

 

Étant donné qu’un bloc est censé être une « masse pesante et solide », le temps est venu de trouver un autre nom à cette formation politique qui était censée n’exister que pour un seul et unique mandat.

 

Quels noms proposez-vous? Le Fragment Québécois? Le Caillou? La Gravelle?

 

 

La charité spectacle

- 25 août 2014

Cette semaine, une personnalité que je respecte beaucoup m’a mise au défi de participer au fameux « Ice Bucket Challenge ».

Je vous le dis tout de suite : ça n’arrivera pas.

Si j’ai envie de donner de l’argent à un organisme de charité ou à une fondation, je le ferai discrètement.

Sans me jeter de l’eau sur la tête. Et loin des caméras.

 

LE SPECTACLE DE LA CHARITÉ

 

Il fut une époque où la charité se faisait timide, prude, discrète…

Aujourd’hui, elle est érigée en show.

Normal : tout est public, maintenant. Tout doit être partagé sur les réseaux sociaux. « Je suis sur le Net, donc j’existe. »

Tu manges au restaurant ? Tu publies une photo sur Facebook.

Tu vas aux toilettes ? Tu publies une photo sur Instagram.

Tu donnes de l’argent à un organisme caritatif ? Tu publies un vidéo sur YouTube.

Tout doit se montrer, tout doit se dévoiler, tout doit se savoir.

Tu refuses de te mettre à nu devant les caméras ? Tu dois avoir quelque chose à cacher…

En cette ère de transparence obligatoire, la discrétion et la pudeur sont perçues comme une forme de maladie mentale, une perversité. Ne se cachent que les coupables, les tordus.

Les méchants.

Aujourd’hui, la générosité et la compassion se portent à la boutonnière comme des médailles ou des décorations.

Un bracelet pour le cancer du sein, un ruban pour la violence faite aux femmes… « Regardez comme ma conscience est propre, comme mon âme est grande, comme mon empathie ne connaît aucune limite… »

 

 

« DONNEZ, C’EST UN ORDRE ! »

 

Question quiz : qu’est-ce que j’ai appris sur la maladie de Lou Gehrig en regardant certaines vedettes se verser un seau d’eau sur la tête ?

Rien. Ça ne me dit rien sur ses symptômes, les souffrances qu’elle cause, où en est la recherche…

Véronique Cloutier a la maladie du Lou Gherig à cœur ? Alors qu’elle fasse le tour des talk-shows et qu’elle en parle en long et en large…

Le pire, avec ce défi, est que si vous refusez de le relever, vous passez pour un sans-cœur.

Eh bien, soit. J’en prends le risque. Pensez ce que vous voulez, je m’en balance. Je sais à quel organisme je donne, je sais combien je donne, et je ne ressens pas le besoin de rendre ma générosité publique pour sentir que je suis une bonne personne et redorer ma réputation à vos yeux.

Donner devrait être un choix libre, pas un ordre ou une admonestation.

Je donne parce que je trouve que c’est la bonne chose à faire, pas parce que j’ai peur de ne « pas faire partie de la gang ».

 

L’ARGENT JUSTIFIE TOUT ?

 

Vous me direz que cette réflexion existentielle ne pèse pas lourd à côté des sommes d’argent colossales que ce défi a permis de rapporter.

Vrai. Et alors ?

L’argent serait le fin mot de tout ? Il rendrait toute réflexion caduque ?

Notre sens critique devrait s’éclipser devant une liasse de billets ?

Bravo pour ceux qui ont participé au défi. Moi, j’ai décidé de ne pas le faire.

Ça ne veut pas dire que je suis moins généreux…

 

 

Tout un ministre de l’Éducation !

- 24 août 2014

Le ministre Yves Bolduc n’a aucun problème à ce que les commissions scolaires coupent dans leur budget d’achat de livres.

L’important, pour lui, est qu’elles coupent. Si c’est dans le budget de la biblio, ben coudonc, elles le feront, ce sera leur décision.

Après tout, il n’est que le ministre de l’Éducation. Qui est-il pour leur dire où couper et ne pas couper ?

De toute façon, de dire monsieur Bolduc, il y a suffisamment de livres dans les bibliothèques comme c’est là. Pas besoin d’en rajouter d’autres.

 

DES PROPOS EFFARANTS

 

Qu’un ministre des Finances lance ce genre de propos est une chose.

Mais que ce soit le ministre de l’Éducation qui s’exprime de la sorte est effarant.

Si le ministre de l’Éducation lui-même ne défend pas l’achat de livres supplémentaires dans les écoles, bon sang, qui va le faire ? Le Président du Conseil du Trésor ? Le ministre de la Santé ? Celui du Transport ?

On est vraiment rendu là, au Québec ? À couper dans le budget des bibliothèques ? Il n’y a plus de gras à couper ailleurs ? On est rendu à l’os, aux muscles ? À amputer le patient pour l’empêcher de mourir, à tuer la mère pour sauver l’enfant ?

Je suis né dans une famille modeste. On demeurait à Verdun, près de Pointe-Saint-Charles, et mon père travaillait dans une imprimerie. Mais l’idée de ne pas m’acheter de livres n’aurait jamais traversé la tête de mes parents.

Chaque semaine, ils mettaient de l’argent de côté pour m’acheter un fascicule de l’encyclopédie Alpha. Mes parents savaient que j’aimais lire, et ils nourrissaient ma passion. Je crois qu’ils auraient préféré couper dans le lait plutôt que dans l’achat de mon fascicule hebdomadaire.

Jamais ma mère ne m’aurait dit : « J’ai parlé à ton père et on trouve que tu as assez de choses à lire comme c’est là. Débrouille-toi avec ce que tu as, de toute façon, ça va te prendre trois ans pour lire tout ça… »

 

PAR PETITS PAS

 

C’est quoi, la suite ?

Le ministre de la Santé va dire qu’on a suffisamment de médicaments comme c’est là dans les hôpitaux ?

La meilleure façon d’amener les jeunes à lire est de mettre à leur disposition les livres « hot » de l’heure.

« Tu as entendu parler du nouveau livre de Bryan Perro et ça te tente d’y jeter un coup d’œil pour voir si t’aimerais ça ? Eh bien, on l’a. Emprunte-le, tu verras… »

Qui sait ? Avec un peu de chance, le jeune ira de Bryan Perro à Stephen King. Puis de Stephen King à Edgar Allan Poe…

Monsieur Bolduc, vous êtes le ministre de l’Éducation. C’est la qualité de l’éducation que vous devez défendre d’abord et avant tout au Conseil des ministres.

 

 

LA RÉSURRECTION DES MORTS

 

 

Les Libéraux se pètent les bretelles en disant que le PQ est mort et qu’ils sont assis dans le siège du conducteur pour un bout.

Si j’étais à leur place, je me garderais une petite gêne.

L’électorat du Québec est volatile. Il suffirait de quelques gaffes du genre pour que le vent se mette à tourner et que les morts sortent de leurs tombes.

 

 

Cinq films « respectables » mettant en vedette des acteurs pornos

- 23 août 2014

5) Rage, de David Cronenberg  (1977)

 

La porn star Marilyn Chambers (la « fille d’à côté » qui est devenue célèbre avec Behind The Green Door) interprète le rôle d’une femme qui, suite à une opération qui a mal tourné, se retrouve avec une sorte de dard sous une aisselle. Un film de zombies fauché tourné à l’Île des soeurs et sur la rue Wellington à Verdun… Les débuts modestes d’un grand cinéaste.

 

 

4)  Cry-Baby, de John Waters   (1990)

Tracy Lords (la porn star la plus célèbre des années 80) joue aux côtés de Johnny Depp dans cet hommage irrésistible aux films de délinquants des années 50. Elle s’en tire pas si mal! Faut dire qu’elle joue la « mauvaise fille », un rôle qu’elle connaît par coeur…

 

 

 

3)  The Girlfriend Experience, de Steven Soderbergh   (2009)

La porn star Sasha Grey joue le rôle d’une prostituée de luxe… Un film envoûtant, hypnotique, sur les relations entre l’argent et le sexe… Un des meilleurs films jamais tournés sur le sujet… Ce film sera bientôt adapté en mini-série pour la télé.

 

 

2) Anatomie de l’enfer, de Catherine Breillat   (2004)

 

Une autre « réflexion crypto-philosophique » sur le sexe par la sulfureuse Catherine Breillat (Romance). Avec l’étalon italien Rocco Siffredi filmé en long, en large et au travers…

 



 

1) The Canyons, de Paul Schrader   (2013)

 

Un film vide sur la vacuité par l’un de mes cinéastes préférés, Paul Schrader. La porn star James Deen joue une porn star… Les images sont superbes, Lindsay Lohan — ravagée — est touchante (pas de farce….), mais le scénario de Bret Easton Ellis (American Psycho) ferait passer n’importe quel film porno pour Citizen Kane…

 

 

 

« Se protéger et se servir » (extrait)

- 23 août 2014

Je comprends pourquoi les policiers portent des pantalons de civils, ces temps-ci.

Ils veulent nous montrer qu’ils sont des policiers à mi-temps.

Les centaures étaient mi-hommes, mi-chevaux. Les flics du SPVM, eux, sont mi-policiers, mi-syndiqués en moyen de pression.

Comme m’a écrit un lecteur : la devise des policiers est « Protéger et servir ».

Ces temps-ci, c’est « Se protéger et se servir ».

Quand les étudiants manifestent, c’est la partie supérieure du policier (celle qui porte fièrement l’uniforme et qui représente la loi et l’ordre) qui réagit.

Quand ce sont des employés municipaux qui manifestent et font du grabuge, c’est la partie inférieure du policier (celle qui porte un pantalon de clown pour critiquer le gouvernement et défendre ses privilèges) qui réagit.

Le hic, c’est qu’on ne sait jamais à qui on a affaire.

 

(Pour lire le texte au complet, cliquez ici…)