Trois blancs, un rouge

- 17 avril 2014

Comme disait je ne sais plus quel p’tit comique, «les statistiques, les statistiques, je n’y suis jamais, moi, dans les statistiques».
En matière de consommation de vin, par exemple, c’est exactement mon cas. Prenez les vins blancs, tiens. J’en bois personnellement tous les jours et, mieux encore, j’en bois presque autant que de vin rouge.
Or, que disent les statistiques les plus récentes? 68,6% des vins vendus à la SAQ sont des rouges contre 26,9% pour les blancs (4,5% de rosés). Bon, on note une légère tendance à la baisse des rouges par rapport aux blancs, paraît-il, mais pas assez pour me mettre dans les statistiques.
Avec mes recommandations du jour, je suis complètement hors statistiques également quand on sait que le prix moyen d’une bouteille de vin vendue à la SAQ tourne autour de 15,20 $ (chiffre de 2012).
Mais je m’assume. De toute façon, je n’ai jamais fait bon ménage avec les chiffres. Et en plus, c’est Pâques, non? Ça vaut bien quelques dollars de plus par bouteille?
Voici donc trois blancs, et un rouge.

KamptalerRiesling

 

 

 

Riesling Kamptaler Terrassen 2012, Weingut W. Bründlmayer, 12,5%, Autriche (23,90 $ Code 10369311): vrai beau nez de riesling, avec de fins accents minéraux et des nuances de fleurs; la bouche est droite, s’arrondit légèrement en milieu de bouche, mais le vin est parfaitement sec en final. J’adore. ***
La même maison fait aussi un Grüner Veltliner intéressant, moins aromatique forcément (c’est dans la nature de ce cépage), qui coûte quelques sous de moins également (23,70 $ Code 10707069), moelleux en milieu de bouche, un peu épicé, droit en final lui aussi. Sur une entrée d’asperges gratinées, tiens. **1/2

 

AzeGarenneDomaine de la Garenne 2011, Mâcon-Azé, Famille Beaumont, 12%, France (24,05 $ Code 12178789): dans ma chronique de samedi qui vient dans le Journal de Montréal, j’explique un peu pourquoi les vins français ont autant augmenté ces derniers mois. Essentiellement, c’est la faute à l’euro, ou plutôt à la faiblesse de notre dollar. Sinon, ce mâcon aurait sûrement coûté quelques dollars de moins. Ce qui ne change rien au fait que c’est un très beau mâcon, subtilement citronné au nez, notions homéopathiques de chèvrefeuille à l’aération (les blancs aussi gagnent à être passés en carafe quelques fois), net, précis. J’aime. ***

 

 

 

Laffitte-Tram

 

 

Château Lafitte-Tramier 2003, Médoc, Cru Bourgeois, 13,5%, France (32,00 $ Code 890244) Nez un peu moka, bouche bien pourvue en fruit, le vin est moyennement corsé, et c’est à l’aération qu’on apprécie son amplitude et sa profondeur (on le passe en carafe, donc). 2003 est un millésime chaud,  qui a donné des vins avec des taux d’alcool généralement élevés, mais bien que celui-ci soit vineux, il est plutôt bien équilibré et on ne sent pas la chaleur de l’alcool. C’est un bordeaux de moyen de gamme, certes, mais qui a quand même onze ans, qui a bien vieilli, qui a un certain style et qui, à ce prix, constitue à mon sens une bonne bouteille à ouvrir à Pâques. Surtout si vous avez la bonne idée de faire un rosbif. ***

 

Vins généreux

Beau succès pour les «toasts aux vins généreux», cette année, puisque la SAQ a remis un chèque de 583,000 $ aux Banques alimentaires du Québec.
Outre la remise d’un dollar que la SAQ faisait sur chaque bouteille de vin blanc achetée (mise doublée avec un certain nombre de vins), 37 000 clients ont fait des dons supplémentaires en «tartinant» un toast symbolique.
Depuis quatre années que la SAQ mène cette campagne en faveur de cet organisme, 1,7 $ million ont été versés afin de venir en aide à ceux qui ont des besoins alimentaires d’urgence.
Bravo!

Rabais 10% à la SAQ – Les meilleurs vins entre 15$-25$

- 17 avril 2014

À partir d’aujourd’hui et jusqu’à samedi, la SAQ offre 10% de rabais sur tout achat de 100$ et plus. C’est le temps de faire des réserves de vins légers qui se laissent boire tout seul afin de profiter du printemps qui tarde à s’installer.

Pour vous aider à atteindre votre 100$, voici dans cette gamme les meilleurs vins entre 15$ et 25$ présentement disponibles sur les tablettes de notre monopole.

Joyeuses Pâques!

Blancs

Hatzidakis Assyrtiko 2012 (23,55$)
Gauby Calcinaires 2012 (25,40$) (nouveau millésime!)
Château Tour des Gendres Cuvée des Conti Bergerac sec 2012 (18,05$)
Ijalba Maturana Blanca Rioja 2012 (21,90$)
Argyros Assyrtiko 2012 (20,95$)
Jean-Claude Boisset Pouilly-Fuissé 2012 (réduit de 3,50$ à 21,45$ auquel s’ajoute 10%)
Domaine Ostertag Riesling « Vignoble d’E » 2012 (25,25$)

Rouges

La Stoppa Trebbiolo Emilia Rosso 2011 (20,60$)
Olga Raffault Les Picasses Chinon 2009 (24,65$)
Paul Jaboulet Crozes-Hermitage Les Jalets 2010 (24,35$)
Dominique Piron Domaine de la Chanaise Morgon 2010 (20,05$)
San Valentino Scabi Sangiovese di Romagna 2012 (18,90$)

À la paille!

- 17 avril 2014

J’ai reçu quelques commentaires d’émoi à l’effet qu’on a « vidé » la bouteille de Musginy 2001 de Vogüé dans deux verres . « Ça ne fait pas très sérieux » m’a t-on souligné, l’air un peu outré.

J’avoue que le geste peut paraître un peu « brusque », d’autant qu’il s’agit d’une bouteille d’exception valant des centaines de dollars. Qu’à cela ne tienne, le verre en question, un Sommeliers Black Tie Grand cru Bourgogne de la vénérable maison Riedel, m’a paru tout à fait approprié pour ce genre de « manoeuvre ». Il peut contenir 37 oz. Une bouteille fait 26 oz, donc autour de 11 ou 12 oz par verre si on laisse un fond de dépôt dans la bouteille. Ça peut paraître beaucoup, mais une fois dans le verre, c’est plutôt agréable, même que vu la dimension, j’ai trouvé que c’était parfait.

En même temps, Monsieur Riedel lui-même nous dit qu’on fait fausse route. Voyez vous-mêmes:

Comment utiliser un Sommeliers Back Tie Grand Cru Bourgogne 

Et bien, nul n’est prophète dans son pays!

Riedel

Sommeliers Black Tie Bourgogne Grand Cru

Personnellement, 4oz dans ce genre de verre, j’ai l’impression que les arômes se perdent plus qu’ils ne se concentrent, surtout après une ou deux gorgées et qu’on se rapproche plutôt de deux oz que de quatre. Il faut verser à nouveau avec le défi de ne pas bouger le dépôt.

J’ai bien aimé la sensation d’avoir une bonne dizaine d’oz dans mon verre. Ça rend le bouquet plus puissant tout en permettant de bien suivre la longue évolution du vin dans le verre. Pas besoin de manipuler la bouteille avec soin. Et puis je vous fais une confidence: ça ajoute une petite touche de décadence à ouvrir ce genre de bouteille à l’apéro, un vendredi fin de journée sans autre raison que de se faire plaisir!

Tant qu’à faire, aussi bien y aller directement à la carafe, voire à la paille, de blaguer d’autres lecteurs. À cela, je réponds que si c’est pour faire « trash« , aussi bien aller voir au fond de la bouteille!

Entre vous et moi, je préfère la façon cravate noire.

Le roi Charlemagne et la magie du Musigny

- 15 avril 2014

Les meilleures soirées sont souvent celles improvisées, comme celle de vendredi dernier qui a vu défiler ces deux grandes pointures. En cela, mon billet dans le Journal de Montréal sur les grands vins ne peut pas mieux tomber pour expliquer la magie de chaque gorgée. Les deux vins ont été dégustés à bouteille découverte. Un grand merci à l’ami JFL pour ces folies!

 

MusignyComte Georges de Vogüé Musigny Grand Cru Vieilles Vignes 2001

Domaine phare de la Bourgogne appartenant toujours à la Comtesse de Caussans et sa sœur Marie, petites-filles du Comte Georges de Vogüé décédé en 1987. Tout petit domaine avec environ 12,5 hectares de vignes, dont plus de la moitié située dans le célèbre Musigny, ce qui en fait le plus important producteur avec 70% du finage!

Bouchon un peu lousse qui laisse craindre au pire l’espace d’un instant. On vérifie… Tout est sous contrôle! Nous sommes que deux à boire, mon hôte décide donc de verser totalement la bouteille dans… deux verres ! Une robe encore jeune, cœur grenat plutôt sombre avec des reflets rubis. On est tout de suite hypnotisé par l’abondance et la profondeur du nez. Un bouquet qui ne cesse de se complexifier sur des tonalités d’encens, de prune, de fumée avec une touche de zan.  Attaque caressante et soyeuse, le vin gagne en ampleur, grand équilibre, pas une once de verdeur comme dans de trop nombreux 2001, superbe finale tout en intensité et en finesse. Ainsi va la magie du Musigny. Il lui manque peut-être un poil de fraîcheur et un soupçon de dimension pour prétendre à une note plus élevée, mais là, on chipote sur notre plaisir ! À point, mais il pourra continuer à se bonifier.

18/20

 

CortonDomaine Leroy Corton-Charlemagne Grand Cru 2004

La SAQ mettait en récemment en vente une curiosité pour le moins douteuse (assemblage de plusieurs récoltes de chardonnay) de cette grandiose maison toujours pilotée par la grande Marcelle (Lalou) Bize-Leroy. Ici, rien à tendance oxydative. Que de la pureté, de la complexité et un bonheur extrême. On parle ici d’une minuscule production. Un millésime moins favorable aux rouges, mais ayant donné de petites merveilles en blanc.

La capsule de cire rouge qui recouvre le bouchon se défait facilement et sans exploser dans tous les sens comme c’est trop souvent le cas avec d’autres. Un très long bouchon encore bien jeune laissant déjà entrevoir une intensité de parfums renversante! Couleur dorée très jeune avec des reflets légèrement verdâtres. Nez absolument fou et d’une rare intensité. Le grillé prend d’abord beaucoup de place et n’est pas sans rappeler les vins d’un certain Jean-François Coche-Dury, autre domaine mythique en Côte de Beaune. Le tout évolue sur des notes de citron confit, de pêche blanche avec des notes de fumée et de noisette fraîche qui se rapprochent du caramel au sel. Bouche tout aussi impressionnante par son volume, son poids, sa viscosité tout en restant aérienne et tendue.  Finale majestueuse, presque tannique avec des extraits secs tout en montrant une impression tactile caressante et beaucoup de fraîcheur. La persistance aromatique sur les épices et le grillé ne semble jamais vouloir s’estomper. Pas pour rien qu’on dit du Corton-Charlemagne qu’il est le roi des blancs (le Montrachet, sa reine?). Un vin spectaculaire qui pourra prétendre à une note parfaite dans quelques années. WOW!

19,5-20/20

Il est de retour!

- 14 avril 2014

C’est une petite merveille! Le genre de blanc sec qu’on ne fait plus et pourtant, on aurait avantage à s’en inspirer. Il est vrai que ce style d’une autre époque, avec ses notes oxydatives, n’est pas facile d’approche, surtout pour les non-initiés. En revanche, on trouve très peu de vins qui peuvent se vanter d’offrir autant de profondeur et de complexité à prix aussi doux!

Ceux qui me lisent depuis un moment l’auront deviné : je parle du « petit » Gravonia de Rafael López de Heredia y Landeta – Viña Tondonia, un domaine de la Rioja fondé en 1877 et dont le nouveau millésime, le 2004, vient tout juste de débarquer à la SAQ. Autrement, je vous invite à aller lire mon billet de l’an dernier sur le 2003.

On est toujours sur 100% de viura (qu’on connaît en France sous le nom de macabeu). Il est toujours question de quatre ans d’élevage en barrique américaine auquel s’ajoute un vieillissement d’un minimum de deux années en bouteille avant la mise en vente.

Issu d’un grand millésime, ce 2004 livre un fruité plus frais, un ensemble moins opulent et une précision remarquable. Parfums toujours aussi captivants de noix, d’amande amère, de tilleul, de miel avec un registre d’épices exotiques rappelant le safran. La magie s’opère en bouche. L’équilibre entre la densité, la richesse et l’acidité est déconcertant. Ensemble bien sec donnant naissance à une grande rémanence aromatique, signature de ce vin d’un autre temps.

À nouveau, les quantités sont réduites et les amateurs aussi voraces qu’à l’affût. Bref, les bouteilles s’envolent habituellement comme des petits pains chauds, même si le vin a grimpé de 3$… Évitez de le servir trop frais – idéalement entre 14-16 degrés. Digeste et versatile, c’est le parfait candidat pour la table. Les abats, les poissons gras à chair blanche, les champignons, les fromages à pâte ferme comme le Comté, les versions 24 mois de l’Hercule de Charlevoix et du Louis D’Or ou le Gruyère de grotte, mais aussi les plats épicés.

Vina Gravonia Rioja Crianza 2004
 (28,25 $ – code SAQ: 11667927)

16/20

Gravonia 2004