(VIDÉO) Suggestions vins de Patrick Désy

- 24 mai 2013

Alerte raisin! – Argyros Assyrtiko Santorin 2011

- 22 mai 2013

ArgyrosL’île de Santorin est un endroit qui se rapproche du paradis sur terre. À l’extrême beauté des lieux s’ajoute une production de vins blancs secs proprement stupéfiante. Issue d’assyrtiko, cette cuvée évoque des parfums précis et soutenus de citron frais, d’iode et de fleur blanche. Attaque puissante, matière dense et acidité marquée se chargeant de resserrer le tout. Allonge fine qui perdure un bon moment sur des notes de menthe et de coquillage. Du sérieux et un succès assuré avec les calmars frits.

vinArgyros Assyrtiko Santorin 2011 (22,95$ – Code SAQ: 11901091)

16/20

 

 

 

Chanson: pas une fausse note

- 21 mai 2013

ChansonBtles

D’accord, le jeu de mots est un peu facile. N’empêche que l’exercice, lui, était loin de l’être. Je veux dire que dans une dégustation, surtout une dégustation de quatorze vins comme celle tenue récemment à Montréal par Jean-Pierre Confuron, directeur technique de la maison Chanson, il y a des gagnants et des perdants.

ChansonConfuron

Jean-Pierre Confuron

Or, en ce qui me concerne en tout cas, les vins de Chanson ont fait un parcours sans faute. J’ai aimé tous les vins. Comme je le disais en titre, il n’y a pas eu l’ombre d’une fausse note.
Bien sûr, j’ai eu mes préférés, mais aucun ne m’a semblé terne, quelconque, inintéressant. Tous, au contraire, avaient leur personnalité. Tous exprimaient la singularité de leur appellation, de leur terroir.

Est-ce que le fait que tous ces vins, à l’exception du bourgogne pinot noir générique évidemment, aient été vinifiés en grappes entières y est pour quelque chose?
Sûrement; mais, comment dire, il y a surtout la patte, le talent du vigneron qui est en cause.

Le Domaine Confuron-Cotedidot, propriété familiale que Jean-Pierre Confuron exploite maintenant avec son frère Yves, du Domaine de Courcel à Pommard, produit depuis longtemps quelques-uns des plus grands vins de la Bourgogne.
Non seulement les enfants ont-il brillamment appris de leur père Jacky, mais, tous les deux oenologues, ils ont su pousser encore plus loin leur art, leur savoir-faire.

Or, depuis 1998, avant même que Chanson ne soit racheté par le champenois Bollinger, on était allé chercher le jeune Jean-Pierre Confuron, oenologue mais aussi technicien supérieur en viticulture, afin qu’il fasse une expertise foncière de la maison (dont la réputation, en passant, était déjà très bonne).

Satisfaite de son travail, Chanson lui donne le mandat de réaliser les propositions mises de l’avant dans son étude. Et depuis 2001, outre son travail au domaine familial Confuron-Cotedidot, c’est lui qui est responsable de la vinification des rouges et des blancs chez Chanson, en plus d’être en charge de la viticulture et de l’achat des raisins pour la partie négoce.
L’une des choses les plus fascinantes de cette dégustation est, quant à moi, de constater que, même si tous les vins aient été vinifiés avec les rafles, aucun n’a un goût végétal.
«La vendange en grappes entières, je ne connais que ça», disait-il, en précisant qu’il était le seul, avec son frère Yves au Domaine de Courcel (de même qu’au domaine familial, évidemment) et Mme Laloux Bise-Leroy à la faire sur tous les vins dans tous les millésimes.

ChansonTable

Une dégustation de quatorze vins de la maison Chanson.

Pour en arriver là, il faut bien sûr savoir vendanger à parfaite maturité. Jean-Pierre Confuron expliquait que la partie peut-être la plus importante de son travail, au moment des vendanges, c’est de se promener dans les vignes, de goûter les raisins, et de vendanger dès qu’une parcelle a atteint sa maturité optimale.

Autre point à souligner, la couleur des vins que fait Jean-Pierre Confuron. S’il est vrai que la couleur des bourgognes rouges est souvent légère, ce n’est pas le cas ici.
Mais cela vient aussi du fait que l’on pratique de longues macérations à basse température, comme le faisait déjà le père, et ce bien avant que des techniciens plus à la mode en prône plus tard la pratique.

Enfin, ce qui frappe dans ces vins également, c’est la fraicheur, la netteté, la pureté du fruit, la précision et la race. Quant à moi, tout est à acheter les yeux fermés.

Dégustation

Mais rien ne vaut la dégustation pour bien comprendre le propos.
Je vous donne ici, sans les commenter mais avec mes notes, la liste des vins de Chanson qui sont présentement disponibles à la SAQ. Hélas, les quantités sont petites.
Mais dans le cas du Bourgogne Pinot Noir Générique, s’il reste encore ici et là quelques bouteilles du millésime 2010, il faut savoir que quelques centaines de caisses du millésime 2011 suivront. Tout comme pour d’ailleurs le Givry.

Blancs

  • Viré-Clessé 2010 Prix 19,75 $ Code 11890811 Note **1/2
  • Pernand-Vergelesses Les Caradeux 1er Cru Prix 43,00 $ Code 11853527 Note ***1/2
  • Clos des Mouches Beaune 1er Cru 2010 Prix 89,00 $ Code 11846141 Note ****1/2
  • Chassagne Montrachet Les Chenevottes 1er Cru 2010 Prix 77,25 $ Code 11849763 Note ****
  • Corton Vergennes Grand Cru 2009 Prix 122,25 $ Code 11846124 Note ****

Rouges

  • Bourgogne Pinot Noir 2011 Prix 20,20 $ Code 11598394 Note ***
  • Givry 2011 Prix 22,90 $ Code 966176 Note ***
  • Pernand Vergelesses Les Vergelesses 1er Cru Prix 40,00 $ Code 11818537 ***1/2
  • Beaune Bastion 1er Cru 2009 Prix 41,75 $ Code 11094559 Note ***1/2
  • Beaune Champimonts 1er Cru 2009 Prix 56,00 $ Code 11957414 Note ****
  • Clos des Mouches Beaune 1er Cru Prix 68,25 $ Code 11849755 Note ****
  • Clos des Fèves Monopole Beaune 1er Cru 2009 Prix 73,25 $ Code 11846132 Note ****
  • Savigny Dominode 1er Cru 2010 Prix 38,75 $ Code 11873595 Note ****

 

(VIDEO) Suggestions vins du week-end

- 17 mai 2013

PFV 2013 Montréal – Dégustation de rêve!

- 16 mai 2013

Un moment proprement magique!

 

À eux seuls, ces mots résument cette exquise dégustation Primum Familiae Vini (PFV) à laquelle la presse spécialisée a eu le privilège de prendre part. C’est d’ailleurs ce genre d’événement qui me fait réaliser à quel point je suis chanceux de pouvoir faire ce métier.

 

Au début des années 2000, sur le défunt forum de discussions Crus et Saveurs, un certain Claude se présentant sous le pseudonyme de Zinfandel a été le premier a proposé une dégustation thématique dite « Dreamer ». Le concept était simple : chaque participant devait proposer une bouteille de sa cave qui, au simple regard, faisait trembler. Autrement dit, une bouteille de rêve de sa cave qu’on allait partager avec les copains.

 

Or, ajoutez la présence et la proximité des producteurs ainsi qu’un menu spécialement préparé par Normand Laprise du Toqué!, vous comprenez que c’était, pour la plupart des journalistes/chroniqueurs présents, une sorte de « Dreamer de presse ».

 

Je vous réfère au billet de Claude pour les tenants et les aboutissants entourant PFV. Je vais plutôt me concentrer sur les vins. Ceux-ci ont été dégustés à bouteille découverte et en deux temps : une première série à caractère plus technique mettant en vedette des vins de jeunesse et, une seconde série misait sur des vins plus âgés et des accords gastronomiques.

 

Avant de me lancer dans la description des vins, permettez-moi d’évoquer le moment qui résume le mieux l’esprit de cette grande dégustation. Julien de Beaumarchais de Rothschild a conclu son discours d’inauguration en soulignant une des valeurs défendues par le groupe : « Et souvenez-vous, la modération a bien meilleur goût! ». Débarque alors au micro Hubert de Billy de la maison familiale Pol Roger en Champagne. Grand gaillard, chic et la voix rieuse, il s’est permis de remettre les choses en perspective : « Disons que je ne suis pas trop en faveur de la modération… On est surtout ici pour avoir du plaisir! ».

 

 

DÉGUSTATION

 

Pol Roger Champagne Brut 2002 (94$ – code SAQ 11856103)

On commence fort! Un assemblage de pinot noir (60%) et de chardonnay (40%) aux parfums éclatants de fruits blancs et d’églantine s’affinant sur un registre d’épices douces et de marmelade. Une matière de densité moyenne et tendue qui gagne en volume et montre une vivacité sentie donnant une impression tannique. Finale longue et élégante sur un fruit aux accents exotiques. Superbe!

17,5-18/20

 

Drouhin Chablis Grand Cru Bougros 2010 (79,25$ – code SAQ 10998610)

Grand, avec le physique d’un sauteur à la perche, Laurent Drouhin a choisi de mettre Chablis en lumière. Non sans raison. Son Bourgos 2010 montre avec brio la race qui peut émaner de ce cru réputé pour donner vins plus virils. Charnu et croquant tout en montrant de la stature, il s’exprime avec gourmandise et finesse. Finale saline donnant l’impression d’extraits secs. Prometteur.

17,5-18/20

 

Château de Beaucastel Roussanne Vieilles Vignes Châteauneuf-du-Pape 2011

J’ai eu le bonheur d’être assis avec Thomas Perrin. C’est donc non sans émotion que je parle ici de ses vins. Qu’à cela ne tienne, la vérité est dans le verre! Des vignes de 90 ans d’âge. Un blanc aux proportions hors normes. Une harmonie parfaite entre l’opulence du fruit, sa précision et son volume aérien. On dit avoir du poids sans être lourd. Fruits exotiques, mirabelle, craie, marmelade, lavande. Tension magnifique, expansif avec une acidité fine et une finale légèrement tannique sur des notes rémanentes de poire. Il n’est pas sans rappeler un Montrachet de la DRC. Grand vin, tout simplement et… de l’émotion.

18,5-19/20

Thomas Perrin et Roussanne VV 2011

Hugel Riesling Jubilee Alsace 2007

Il était audacieux de le placer après autant de vin. Or, cette cuvée phare de la famille Hugel s’en est pourtant fort bien sorti! Élaboré à partir de raisins provenant du grand cru Schoenenbourg, il donne un riesling bien sec, plutôt dense sans paraître compact. Parfums doux et raffinés de miel, de fruits jaunes frais, d’iode et d’hydrocarbure. Finale grasse et fraîche. Belle évolution à prévoir.

17-17,5/20

 

Marchesi Antinori Solaia Toscane 2009 (246$ – code SAQ 11973211)

On passe aux rouges. Alessia Antinori présente son vin. Belle, plutôt grande, l’air espiègle et les yeux pétillants, c’est la plus jeune des trois filles du marquis Piero Antinori. Dominé par le cabernet-sauvignon, complété par le sangiovese avec une touche de cabernet-franc,  c’est un vin fin au nez de cerise noire, de torréfaction, de fleurs sauvages et de vanille fraîche. D’abord soyeux et serré, il devient suave et monte en puissance. Une finale léchée aux accents modernes.

17,5-18/20

 

Tenuta San Guido Sassicaia Bolgheri 2009 (169$ – code SAQ 743393)

La différence avec le Solaia est marquée. Un vin moins « propre » au profil animal et vigoureux. Au nez, l’impression de terroir se fait sentir avec des notes de terre et de fumée. Puissance et richesse magnifiquement contenues. Ensemble suave, précis et énergique. L’ensemble est particulièrement accessible tout en ayant une profondeur indéniable. Pas pour rien qu’il a été le cru fondateur des supers-toscans, Sassicaia montre avec son identité forte qu’il est encore aujourd’hui l’exemple à suivre. Un autre grand vin!

18-19/20

Sassicaia 2009

Torres Mas La Plana Penèdes 2007 (50,50$ – code SAQ 10796410)

Miguel Torres, est un grand monsieur. Initiateur du concept PVF, ses vins sont des modèles de qualité qui continuent d’être vendus à des prix permettant à tout amateur de les goûter. Son Mas La Plana est loin d’avoir eu l’air fou. Bien au contraire! Des parfums précis et aguicheurs de truffe, de prune tournant autour d’un boisé bien intégré. Il n’a peut-être pas la profondeur ou l’amplitude des autres grands vins, mais il affiche une  précision aromatique indéniable tout aussi enviable. Chapeau Monsieur Torres!

17-17,5/20

 

Château Clerc Milon Grand Cru Classé Pauillac 2003

Très classique avec un nez ne pouvant nier la chaleur du millésime L’attaque en bouche montre un bel éclat. Un corps soyeux et une acidité fine pour un ensemble déjà fondu culminant vers une finale d’ampleur moyenne sur des tonalités secondaires de cigare. Seule ombre au tableau : des tanins légèrement asséchants qui laissent penser à un avenir plus limité.

16,5/20

 

Vega Sicilia Unico Ribera del Duero 2004

Une grande première pour cette cuvée habituellement relâchée après un élevage de dix ans suivant le millésime. Un assemblage de tempranillo, cabernet-sauvignon et merlot donnant un vin mystérieux et enjôleur. On perçoit au nez des notes volatiles qui magnifient les parfums de cigare, de prune, d’épices orientales et de sauce hoisin. La bouche est une combinaison merveilleuse de puissance et de soyeux. Finale compacte et énergique qui semble vouloir transcender l’ensemble. Grand vin en devenir.

18-19/20

Primeur! Vega Sicilia 2004

Weingut Egon Müller-Scharzhof Scharzhofberger Auslese Goldkapsel Mosel 2010

Un nectar issu de trois hectares de vignes non greffées et plantées vers 1905. Nez splendide de pureté, de finesse et de précision. Notes de miel, de caramel au sel, d’abricot frais et de poivre blanc. En bouche, c’est le choc! Une matière époustouflante s’articulant autour d’un équilibre singulier entre sucre et acidité. Finale saline et kilométrique. La quadrature du cercle enfin expliquée. J’ai rarement rencontré autant de plénitude dans un aussi jeune vin. La perfection à portée de raisin. Je vous souhaite de pouvoir y goûter une fois dans votre vie.

19-20/20

 

Symington Graham’s Vintage Porto 2003

Difficile de passer après un aussi grand tour de force. Floral, notes de café frais, prune et beaucoup d’épices à l’aération. Bouche grasse et caressante, des tanins jeunes et fougueux laissant place à une longue et puissante finale fruitée aux accents de havane. Grand avenir bien qu’il soit déjà délicieux.

17,5-18,5/20

Egon Müller

 

Je vous reviens d’ici peu avec le compte-rendu du lunch de presse qui a suivi. Mémorable, tout simplement!