Carte postale d’Italie

- 27 novembre 2014
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Dans le Piémont, un écran de brume couvre le paysage en permanence .

Qu’est-ce qu’on peut bien aller faire en Italie en novembre, sinon travailler ?

Alors je travaille. J’en connais pour qui visiter des vignobles ce n’est pas du travail, mais quand tu te tapes en ligne Montréal-Paris, Paris-Rome, Rome Alghero (Sardaigne), et que tu enchaînes non-stop avec deux heures de bus, suivie d’une dégustation et que tu en rentres à l’hôtel à minuit, donc plus de 24 après ton départ de la maison, sale et défraîchi du voyage, le teint blanc fantomatique, mort de fatigue, croyez-moi, c’est bel et bien du travail.

La Sardaigne, je disais. Car on y fait du vin, évidemment. En blanc, le Vermentino (qu’on appelle Rolle en France) y est roi, et en rouge c’est le Cannonau di Sardegna.

Mais je vous reparlerai de tout ça en temps et lieu.

La Sardaigne, en novembre, c’est un grand tableau de nostalgie. La Côte Émeraude a perdu de ses couleurs, les plages sont désertes, les grands complexes hôteliers n’ouvrent leurs portes que pour le principe, car il y a quand même deux ou trois traînards comme nous qu’y vont quand même à ce temps-ci de l’année (si le temps est généralement gris, la température est par contre clémente : 16 degrés la nuit, 20-21 le jour).

Dans le Piémont, où je me trouve présentement, ça fait des semaines qu’il pleut comme vache qui pisse.

On repassera pour le tourisme !

Les champs, les vignobles sont complètement noyés et un écran de brume couvre le paysage en permanence (en passant, 2014 a été un millésime… disons «difficile, pour utiliser un euphémisme, même si certains s’en tirent pas si mal).

Et il fait froid. J’oserais même dire, compte tenu du taux d’humidité ici, qu’il fait plus froid qu’à Montréal.

Quand je vous reparle de tout ça ? J’ai bien peur que ce soit après les fêtes.

Car, outre les quelques semaines de chronique qu’il me reste dans le cahier Casa, le Journal fait relâche les 25 et 26 décembre, de même que 1er et 2 janvier. Ce qui veut dire, pour ces deux semaines, ni «Vin de la semaine», ni chroniques, donc.

Mais allez ! Assez de placotage.

Il est tard, je suis crevé, un peu malade aussi (mais je me soigne), et je m’en vais me coucher.

 

 

VIN-dredi ! Clos des Papes à travers le temps

- 21 novembre 2014

C’est VIN-dredi !

Superbe dégustation que celle d’hier soir : une « petite » verticale de huit millésimes de Clos des Papes, l’un des grands vins de Châteauneuf-du-Pape.

La famille de Paul Avril exploite le domaine qui existe depuis le XVIe siècle. Le Clos des Papes tient son nom d’une parcelle de vigne qui faisait autrefois partie du domaine papal et qui se trouve actuellement dans l’enceinte des ruines du château.

AvrilAujourd’hui d’une superficie de 40 ha, le vignoble a l’avantage d’être composé d’une multitude de parcelles représentant la presque totalité des compositions géologiques de l’appellation. La moyenne d’âge des vignes tourne autour de 50 à 60 ans avec plusieurs ceps dépassant les 80 ans. L’approche traditionnelle (travail des sols, enherbement, ébourgeonnage pour maîtriser les rendements et vendanges manuelles avec tri à la vigne) a très peu changé au cours des dernières décennies, bien que les rendements ont volontairement été réduits depuis quelques années (autour de 20 hecto/hectare), ce qui donne un vin plus concentré en jeunesse que par le passé. Ça saute d’ailleurs aux yeux et, surtout, en bouche : avec le temps, les vins semblent perdre du poids et gagnent en complexité aromatique. C’est le gage des grands vins!

Depuis les succès du domaine dans les revues spécialisées américaines (le Wine Spectator a proclamé le 2005 « vin de l’année » de son Top 100 et le 2003 a terminé second auparavant, alors que Robert Parker ne cesse de l’encenser à coup de grosses notes) le prix a malheureusement explosé ces dernières années. Résultat : le 2012 se détaille actuellement à 125$ à la SAQ alors que le 1995 se vendait… 33,50$ !

Tous les vins ont été dégustés en semi-aveugle, c’est-à-dire qu’on connaît les millésimes (et le vin, évidemment), mais pas l’ordre dans lequel ils sont présentés.

En terminant, j’aimerais remercier mon collègue et ami Nick Hamilton pour l’invitation. Les thèmes de dégustation qu’il propose sont non seulement stimulants, les conditions dans lesquelles elles ont lieu – espace, service, animation, prix – sont quasi parfaites. On se renseigne ici : Les Conseillers du Vin.

 

1. Clos des Papes 1993 Châteauneuf-du-Pape
Robe évoluée. Très joli nez, parfumé, avec des notes secondaires tirant sur le tertiaire : cèdre, épices orientales, fleur séchée, lavande, touche sanguine. Bouche charnue montrant une belle densité. Des tanins fondus, un peu secs, et une impression de chaleur en finale contrebalancée par une acidité haute. Le tout s’étire longuement et gagne en volume. Un vin à point. J’ai misé sur le 1993. Bingo! Payé 31,58$ à l’époque…
17,5/20

2. Clos des Papes 1997 Châteauneuf-du-Pape
On perçoit au visuel une évolution à la robe légèrement moins marquée que le no.1, Le nez paraît plus éclatant, plus frais, quoiqu’un peu moins nuancé et complexe. Attaque ample, assez puissante, elle aussi fondue, de bonne fraîcheur, quoique moins persistante et moins complète. J’ai misé sur le 1997 et… j’ai bien joué!
16,5/20

Verticale Clos des Papes3. Clos des Papes 2011 Châteauneuf-du-Pape
On devine facilement un vin tout en jeunesse avec un nez explosif de fruits mûrs rappelant la cerise a l’eau-de-vie, la viande fumée et un côté raisin sec. Attaque puissante, tout en chair, des tanins gommeux, une impression juteuse, c’est presque cochon. Longue finale, assez chaude sur des notes de prune grillée. Alcooleux, ai-je noté, mais pourvu d’une assez bonne fraicheur qui apporte de l’énergie. Belle évolution à prévoir. J’ai misé sur un millésime solaire comme 2009.
17,5-18/20

4. Clos des Papes 2009 Châteauneuf-du-Pape
Plus timide, moins ouvert avec des notes de cèdre, un côté cuit dans le fruit. Puissant en attaque, la matière semble plus stricte et les tanins plus rugueux, ce qui donne un profil masculin au vin. Peu digeste, il pourrait néanmoins surprendre dans quelques années. Je croyais avoir le 2011 dans mon verre…
16,5-17/20

5. Clos des Papes 2000 Châteauneuf-du-Pape
Petite évolution à la robe, mais pourtour encore bien jeune. Nez discret des parfums solaires de raisins secs, de tomate confite et d’anis. Bouche plus intéressante avec une matière généreuse, des tanins un poil fougueux et un  note de tabac en finale. Manque un peu de fond et d’allonge, mais reste en finesse. J’ai misé sur… 1995!
16/20

6. Clos des Papes 2001 Châteauneuf-du-Pape
Le nez le plus fin et le plus complexe. Registre floral évoluant sur des tonalités de fumée, de lavande, d’orange sanguine, de charbon et d’épices douces. Attaque fine et ample à la fois, matière dense et ciselée, des tanins élégants et une finale longue et parfumée. De loin le meilleur vin de la série et assurément dans la cour des grands! Bien vu en pensant avoir le 2001 dans mon verre.
18,5/20

closdespapes château7. Clos des Papes 2012 Châteauneuf-du-Pape
Vin débordant de jeunesse avec des notes de fruits noirs mûrs, de glaçage à gâteau, de mine de crayon et toujours ce petit côté légèrement fumé en arrière-plan qui donne du panache au tableau. Ample, presque juteux, mais en même temps d’une élégance indéniable dans la façon puissante de se présenter. Un côté tonique et velouté ajoute au plaisir alors que la finale s’étire longuement en évoquant des notes de violette. Cher, évidemment, mais un potentiel indéniable. Bien identifié comme 2012.
17,5-18,5/20

8. Clos des Papes 1995 Châteauneuf-du-Pape
Peu d’évolution à la robe avec un cœur jeune et un tuilé léger à l’extrémité du ménisque. Bouqueté et racé au nez avec des notes d’épices, d’encens, d’écorce d’orange, de réglisse et de fruit à noyau. Impression fine en attaque couplée à une structure tannique encore puissante, un peu sèche, notamment en finale, mais la générosité du fruit et de la matière vient compenser pour donner un équilibre impressionnant. L’acidité, quant à elle, semble donner des ailes à un ensemble qui ne semble pas complètement fondu et qui devrait gagner encore en finesse. J’ai hésité longtemps, mais le côté adolescent du vin m’a fait miser sur 2000 plutôt que le 1995 avec lequel je l’ai inversé. Une preuve, à nouveau, que les vins de Paul-Vincent Avril méritent d’être attendus.
17,5-18/20

 

Les vins nouveaux 2014: quoi acheter?

- 20 novembre 2014

L’arrivée des vins nouveaux est-elle devenue un événement complètement «off» au Québec ?

Peut-être pas complètement, mais pas loin, dirait Pôpa, quand on sait que dans ses plus belles années, comme en 2000 par exemple, une année record absolue au Québec, on en a vendu 48 500 caisses alors que cette année, la SAQ en n’a acheté que 4 300 caisses.

Par contre, le phénomène du vin du nouveau est à son comble au Japon (c’est là qu’on en consomme le plus dans le monde), et même en Chine (on le boit avec des fromages bleus et des camemberts), la Chine, il est vrai, où le vin commence à devenir chic, fut-il nouveau.

Les États-Unis demeurent un bon acheteur (1,8 million de bouteilles contre 7,9 millions au Japon) alors que certains bars et restos de New York continuent à le jouer trendy, de même qu’en Allemagne (730,000 bouteilles).

Mais la bonne nouvelle, pour le beaujolais nouveau, c’est que les grandes tables et les bons bistros de Lyon qui l’avaient boudé pendant des années (alors que c’est quand même là que le beaujolais nouveau est né, pratiquement) ont recommencé à l’offrir à leurs clients.

Pourquoi ? En grande partie parce que les producteurs du «n’importe-quoi-nouveau» ont à peu près disparu de la carte, et que des plus sérieux ont pris la relève, offrant des vins nouveaux sinon naturels (lesquels, hélas, ne pourraient pas survivre à une traversée de l’Atlantique), à tout le moins des vins plus sérieux, dans la mesure où peut l’être le vin nouveau, évidemment.

Puisqu’on parle de vin sérieux,  les odeurs de banane et de bonbons anglais ont pratiquement disparues des vins nouveaux aujourd’hui, à tout le moins des beaujolais, car on s’est rendu compte que ces odeurs étaient introduites par une levure sélectionnée qu’on a maintenant écartée.

DégustationVinNouvo

Tout ça pour dire que j’ai goûté les sept vins nouveaux que nous propose la SAQ et qui sont en vente aujourd’hui même dans plusieurs SAQ du Québec, à savoir un vino novello italien, une syrah primeur du Languedoc-Roussillon, et cinq beaujolais.

Mes trois étoiles vont au :

1 – Beaujolais Nouveau 2014 L’Ancien, Terres Dorées, Jean-Paul Brun (19,70 $ Code11923994) Note : **1/2
Ceux qui connaissent les vins de Jean-Paul Brun ne seront pas étonnés de savoir que son vin coiffe tous les autres d’une bonne tête. Le fruit a de l’éclat, du volume, et on note toujours cette précision dans l’expression qui est la signature de la maison. 250 caisses.

2 – Gamay Nouveau 2014, Vin de pays de l’Ardèche, Georges Duboeuf (12,45 $ Code 12232941) Note : **+
C’est à mon sens le meilleur rapport qualité-prix du lot. Ce gamay de Duboeuf est, quant à moi, encore mieux réussi que son beaujolais nouveau qui coûte 6$ de plus. Jolies notes épicées au nez, minéral, crayeux même ( en tout cas à l’ouverture de la bouteille), sur une bouche harmonieuse et délicieuse. Une réussite à ce prix. 1000 caisses.
3 – Beaujolais Nouveau 2014 Le Clos du Vieux Bourg à Corcelles, Dominique Piron (18,75 $ Code 12232503) Note : **
Pas particulièrement typé «nouveau», on a même l’impression que le vin a un peu évolué… dans le bon sens du terme, cependant. Car le vin a de la substance et, comme dirait l’autre, c’est «vraiment» du vin. 200 caisses.

Et les autres

Par ordre décroissant de notation :

4 – Beaujolais Nouveau 2014 Mommessin (16,75 $ Code 10704247) Note : *1/2 +
Nez peu expressif ; la bouche est mieux, le vin a une certaine densité, il est vineux, mais l’ensemble manque de définition. 500 caisses

5 – Syrah Primeur 2014, Couleurs d’automne, Pays d’Oc, Jeanjean (12,95 $) Note : *1/2
Très primeur, au nez comme en bouche, avec ce côté jus de fruit qui a son charme. Bien sûr, ça reste court. Mais le prix est bon, pour qui veut boire «nouveau» à petit prix. 500 caisses.

6 – Beaujolais Nouveau Georges Duboeuf (18,60 $ Code 10704221) Note : *1/2
Bien qu’il ne titre officiellement que 12 degrés, c’est l’alcool en final qui m’a gêné ; le vin est simple, peu expressif, au mieux correct. Comme je le disais plus haut, le simple gamay nouveau de Duboeuf est nettement mieux réussi. 250 caisses.

7 – Sangiovese Novello 2014, Rubicone IGT, Botter (11,95 $ Code 10479166) Note : *
Premier nez vert et végétal. Ça s’améliore un peu à l’aération, par contre une amertume prononcée en bouche n’arrange pas vraiment les choses. 1600 caisses.

VIN-DREDI ! Splendeurs d’Italie

- 14 novembre 2014

Journalistes et chroniqueurs présents à la dégustation de presse étaient à l’unisson: quel Courrier Vinicole! L’un des plus beaux depuis longtemps. Le premier depuis 2009 qui porte uniquement sur l’Italie. La sélection effectuée par l’équipe du CV est remarquable d’un point de vue qualitatif avec tous les grands noms. Les vins du Piémont occupent une place de choix. On trouve également, en fin de catalogue, une courte liste des vins provenant de la cave mythique de Champlain Charest dont le bistro éponyme a connu ses derniers bruits de cuisine et de service au début du mois. Une belle façon de lui rendre à nouveau hommage.

Tel que l’évoquait le Raisin Claude en début de semaine, le principal écueil de ce CV, et il est de taille, ce sont les prix. On a beau pointer vers la force de l’Euro pour trouver un coupable, il n’en reste pas moins que la majorité des vins habituellement disponibles à la SAQ (ou à la LCBO) affichent des augmentations tournant généralement autour de 20-30%.

Sur la quarantaine de vins goûtés parmi les 104 offerts, voici ceux qui représentent à mon sens les meilleurs achats. Comme à l’habitude, j’ai tout dégusté à l’aveugle. Vous avez jusqu’au lundi 24 novembre, midi pour commander.

 

Castello di Fonterutoli, Chianti Gran Se 2010 (46$ – no.69)

Timide et gourmand à la fois. On sent une belle patine du bois sur les parfums de fruits mûrs qui donne une impression de pâtisserie à laquelle s’ajoute des notes fumées. Nourrie et élégante, la bouche paraît moderne et offre une belle persistance. Très bien.

16-16,5/20

 

DomenicoFontodi Vigna del Sorbo Chianti Classico Riserva 2010 (65$ – no. 75)

Style plus sérieux, mais qui reste sur des bases modernes, pour ne pas dire convenues. Torréfaction, fruits noirs et cacao. Nourri et bien détaillé, le vin possède de la mâche tout en étant pourvu d’une acidité haute et d’une bonne persistance. Potentiel intéressant.

16-17/20

 

Carpineto, Molin Vecchio 2004 (55$ – no. 65)

Bien ouvert et d’une belle complexité. Registre légèrement secondaire avec des tonalités de cuir, de paquet de Gauloises fraîchement déballé et un arrière-plan sanguin/viande crue. Bonne densité, tanins fins et fondus s’articulant autour d’une acidité fine qui aide au prolongement des parfums en finale. Digeste et parfaitement à point, il pourra se maintenir sur son plateau quelques années encore.

16/20

 

Bruno RoccaBruno Rocca Rabajà Barbaresco 2010 (85$ – no. 18)

Ferme et riche avec des tanins de grande qualité. Puissant, presque juteux et surtout long/caressant en finale avec des flaveurs de résine/goudron, d’épices exotiques et de cerise. Excellent potentiel.

16,5-17,5/20

Brezza Bricco Sarmassa Barolo 2009 (86$ – no. 19)

Grande intensité aromatique : rhubarbe, rose, côté chaud et mur tant au nez qu’en bouche. Belle rondeur du fruit avec masse tannique ferme et acidité sous-jacente qui rend le tout énergique et sapide malgré l’impression capiteuse de la finale qui s’étire longuement. À oublier en cave une bonne dizaine d’années.

17-17,5/20

 

Domenico Clerico Ciabot Mentin Barolo 2009 (89$ – no. 25)

Nez sur la réserve, mais qu’on devine profond : havane, encre, violette. Bouche riche, puissante, compacte, presque grasse, avec l’apport du bois en finale qui contribue au profil masculin du vin. Il semble posséder les attributs d’un grand vin. Ne pas toucher avant au moins 2019-2020.

17-18/20

 

CorderoCordero di Montezemolo, Enrico VI Barolo 2009 (96$ – no. 39)

J’ai presque reconnu la signature du vin à l’aveugle. Élégant avec son boisé soigné et sa matière soyeuse, presque velouté qui viennent enrober une structure tannique de qualité. Longue finale vaporeuse. Difficile de ne pas succomber.

17,5-18/20

 

Arianna Occhipinti, Siccagno IGT Sicilia 2011 (45$ – no. 94)

Tout de suite au nez on sent que le vin détonne par rapport aux autres. C’est un peu brouillon, pas encore tout à fait en place et ce n’est surtout pas propre, mais alors quelle intensité remarquable! Bienvenu dans le monde du vin nature! Bouche suave et éclatante de saveurs avec une masse tannique fine, fraîche et bien intégrée. Longue finale qui gagne en précision. Pour amateur averti.

17/20

Ochin

Lamborghini Campoleone 2010 (45$ – no. 86)

Original avec des parfums de goudron, de balsamique et de cerise mûre. Ample en attaque, on sent le vin nourri et athlétique tout en restant souple et accessible, ce qui le rend digeste et agréable à boire. Devrait gagner en harmonie avec 2-3 ans de garde.

16-16,5/20

 

Brigaldara Amarone della Valpolicella Classico 2009 (49$ – no. 49)

Déjà au nez on devine une complexité « froide »qui tranche avec l’opulence facile et trop souvent banale des Amarones auxquels on est habitué ici. Plus sérieux, limite sévère, on sent un corps brut évoquant l’eucalyptus, le caramel, le tabac et la cerise fumée. C’est puissant, riche, frais, jamais sucrailleux, ce qui donne une impression tannique plus sentie. Longue finale chaleureuse et caressante.

17-17,5/20

 

COSCOS Pithos bianco IGT Sicilia 2012 (42$ – no.9)

Du graciano. Sept mois de macération pelliculaire dans des amphores d’argile enfouies sous terre. Ça donne d’ailleurs une teinte orangée au vin. Un ovni. Un nez déstabilisant par l’intensité et l’étendue de ses parfums. D’abord riche, on sent ensuite la matière gagner en finesse et en définition sans jamais perdre son impression cylindrique, notamment de par l’impression d’extrait sec qui se dépose en finale et sert de tremplin à une longue finale qui monte en puissance aromatique sur des notes de fleur et de menthe. Déstabilisant, mais combien rafraîchissant et agréable à boire.

17/20

 

 

 

 

 

Courrier Vinicole : une sélection de «grands italiens»

- 10 novembre 2014

Une sélection, certes, mais un peu limitée tout de même, dans la mesure où la presse spécialisée n’a pCourrierVinicoleu goûter que 37 des 104 vins proposés.

N’empêche, c’était assez pour prendre le pouls de ce Courrier Vinicole consacré aux grands vins italiens, et d’affirmer, comme je l’ai fait déjà à quelques reprises, que c’est là une offre d’une grande qualité.

À peu près tous les grands noms de la viticulture italienne s’y retrouvent ( Angelo Gaja, Dal Forno, Aldo Conterno, Quintarelli…), comme le savent déjà ceux qui ont déjà consulté le catalogue sur saq.com .

On a l’embarras du choix, surtout si on a les poches profondes, évidemment.

Mais il y a quand même dans le lot des vins au rapport qualité-prix intéressants. J’en suggère d’ailleurs quelques-uns ici.

J’ai donné, sans les commenter, mes cinq coups de cœur de cette dégustation, dans ma chronique de vin de samedi dernier, dans le Journal de Montréal.

Je les reprends, aujourd’hui, et les complète avec une sélection  de onze autres vins qui, à mon sens, méritent d’être achetés.

Mais franchement, il n’y avait rien de vraiment mauvais dans ce qu’on a goûté.

Je rappelle que la vente se termine le 24 novembre et que les vins seront livrés en mars.

 

Coups de coeur

Montiano 2010, Lazio, Falesco, 14,5%, Prix 41,00 Code 728758 No : catalogue 87
Moka au nez, notes florale aussi et pointe d’encens. Bouche toute en fruit, des tannins fermes, mais de qualité, de l’éclat, du tonus. Très bon achat, surtout à ce prix. **** (18/20)

Molin Vecchio 2004, Toscana IGT, Carpineto, 13,3%, Prix : 55,00 $ Code 12270905 No : catalogue 65
Très coloré, presque noir ; les épices du bois au nez avec des notions de sang, de cuir; magnifique bouche, souple, ronde et charnue ; un vin construit sur l’élégance. **** (18/20)

I Sodi di S. Niccolo 2009, Toscana IGT,  Castellare di Castellina, 13,5%, 75,00 $ Code 11711887 No : catalogue 67
Nez plus ou moins ouvert, mais joli (rose, cuir…) ; bouche d’une bonne amplitude, des tannins serrés, voire un peu astringents ; un très beau fruit, de l’éclat, de la lumière même, ai-je noté ; encore marqué par l’élevage, mais c’est du solide. **** (18/20)

Rabaja 2010, Barbaresco, Bruno Rocca, 14,5%, Prix 85,00 $ Code 12291917 No : catalogue 18
Notions de cire et de fleurs au nez ; riche et gourmand en bouche, très belle sève, stylé ; un magnifique barbaresco. ****1/2 (18,5/20)

Monte Lodoletta 2007, Valpolicella Superiore, Romano Dal Forno, 14,5%, Prix 129,00$ Code 12335369 No : catalogue 5
Robe noire comme la nuit ; très joli nez (violette, goudron, réglisse…), dans un registre en fait qui fait penser à la syrah (il n’en contient évidemment pas). Bouche ample, large, à la fois puissante et fine ; des tannins fermes, élevage encore marqué. Une grande bouteille pour la cave.**** (18,5/20)

Autres excellents achats

Cocciapazza 2011, Montepulciano d’Abruzzo, Torre dei Beati, 14%, Prix 35,00 Code 12316379 No : catalogue 88
Couleur noire et opaque ; nez dense (ici aussi on dirait de la syrah) ; riche, plein, saveur un peu «pâtisseries», rond, mais avec une belle acidité. Bon rapport qualité-prix. ***1/2 (16,5/20)

Langhe 2010, Aldo Conterno, 14%, Prix 37,00 Code 11064528 No : catalogue 11
Moka et cerises noires au nez ; fruit éclatant en bouche ; des tannins fermes. Assemblage original et très réussi de freisa, un cépage piémontais, de cabernet sauvignon et de merlot. ***1/2 (17/20)

Altrovino 2011, Costa Toscana, Duemani, 14%, Prix 45,00 $ Code 12339618 No : catalogue 72
Couleur violacée ; notion d’encre au nez qui rappelle un peu Bordeaux (le vin est un assemblage de cabernet franc et de merlot); un très beau fruit en bouche, un fruit éclatant, dans un ensemble qui a du tonus, de l’élan; «la fougue et la beauté de la jeunesse», ai-je noté. ***1/2 (17/20)

Rancia 2010, Chianti Classico Riserva, Fèlsina, 13,5%, Prix 49,00 $ Code 12330496 No : catalogue 74
Certaine évolution dans la couleur, encore marqué par son élevage ( notes boisées, épices douces) ; la bouche suit, un brin évoluée elle aussi, sur des tannins fermes, voire un peu raides, mais en même temps, de qualité ; le sangiovese s’exprime sans détour ici, et avec force ; très beau vin qui livrera le meilleur de lui-même à table. ***1/2 (17,5/20)

Campoleone 2010, Umbria, Lamborghini, 13,5%, Prix 45,00 $ Code 11212519 No : catalogue 86
Très coloré, nez encore fermé ; bouche généreuse et pleine, fraîche acidité ; un vin gourmand, tout sur le fruit. ***1/2 (17/20)

Chianti Classico Gran Selezione 2010, Castello di Fonterutoli, 14%, Prix 46,00 $ Code 12322613 No : catalogue 69
Pour mémoire, le Chianti Classico Gran Selezione n’est pas une nouvelle appellation, mais plutôt un nouvel échelon, l’ultime échelon en fait, qui a été créé l’an dernier, et qui se situe au sommet de la pyramide qualitative du Chanti Classico.
Un peu de pâtisserie au nez ; belle bouche juteuse, charmeuse et ouverte ; les tannins du sangiovese sont bien présents, mais dans un ensemble joyeux, festif même, me suis-je permis de noter, tellement le vin a de la vitalité. ***1/2 (17/20)

Arte 2011, Langhe, Dominico Clerico, 14,5%, Prix 55,00 $ Code 12293040 No : catalogue 24
Très joli nez ouvert toute grande sur la cerise ; la bouche aussi, qui reprend dans les saveurs la partition aromatique du nez, une bouche droite, fraîche, élégante, subtile ; le vin a, comme on dit, un très beau port de tête. ***1/2+ (17,5/20)

Barbaresco 2010, Bruno Rocca, 14,5%, Prix : 64,00 $ Code 12283394 No : catalogue 17
Un barbaresco dans un style que je qualifierais de dépouillé, peut-être plus traditionnel, mais en même temps quel plaisir à boire, avec cette fraîche acidité du nebbiolo et une certaine «légèreté de l’être» qui n’est qu’apparente, dans le fond, et qui rend ce vin irrésistiblement bon. ***1/2 (17/20)

Osso San Grato 2009, Gattinara, Antoniolo, 14%, Prix 89,00 $ Code 12294691 No : catalogue 14
Notion de pâtisserie au nez, avec un peu de girofle. La bouche suit, épicé, fraîche et droite, d’une grande élégance et d’une parfaite «digestibilité». Un grand seigneur. (Gattinara est une appellation du nord du Piémont ; ici le vin est fait à 100% de nebbiolo, appelé spanna localement)) **** (18/20).

Blanc

Contrada Salvarenza 2010, Soave Classico Superiore, Gini, 13,5%, Prix 38,00 $ Code 12401186 No : catalogue 2
Épicé, bouche intrigante, une expression originale et forte du garganega ; un soave vraiment distinctif. ***1/2 (17/20)

Nussbaumer Gewurztraminer 2012, Alto Adige, Tramin, 14,5%, Prix 35,00 $ Code 11300412 No : catalogue 1
Très beau nez de «gewurz», détaillé (muscat, lilas, rose…) ; c’est la rose qui apparaît d’abord en bouche, avec des nuances de cire et de miel ; un vin magnifique, racé, avec sans doute un chouïa de sucre résiduel, mais que la qualité et la netteté du portrait d’ensemble et surtout son équilibre rend complètement fusionnel. ***1/2 (17/20)