Archives pour avril 2007

VdV #2 : Compte-Rendu

- 27 avril 2007

vdv Les papilles encore toutes collées, je prends le temps de vous faire le compte-rendu de notre deuxième Vendredi du vin que vous avez passé, je l’espère, «Tout en douceur»…

Nous n’avons pas réussi à battre le record de 17 participants de Laurent, mais tout de même, avouons-le, les vins dégustés cette fois-ci sont absolement fabuleux. Voyez par vous-même:

MISE À JOUR: J’avais oublié de vous parler du superbe Jurançon du Domaine Cauhapé « Noblesse du Temps », millésime 2000 dont nous entretient Cyril du blogue «4×5 Vin».

- À tout seigneur, tout honneur, commençons par ce compte-rendu de Laurent, le président du mois dernier, qui a choisi trois excellents vins de trois vignerons qui ont du caractère:
Le Vendémiaire d’Alain Brumont;
L’Audace (un vin passerillé rouge) de Stéphane Tissot;
Un Vouvray moelleux de Jean Paul Roussin

- Lisa de Vinorati, a elle-aussi goûté L’Audace de Stéphane Tissot. On la soupçonne d’avoir passé son vendredi avec Laurent… ;-)

- Iris du blog de Lisson, un Quarts de Chaume du Château de Suronde, de Francis Poirel

- Marsha, la seule et unique Wine Babe, nous parle d’un vin de glace canadien (what else?) de Mission Hill, dans la désertique vallée de l’Okanagan, en Colombie-britannique.

- Olivier, du blog d’Olif, a goûté pour nous (autant dire qu’il s’est sacrifié…;-) quatre vins alléchants:
« Pour un instant de tendresse 2005″, Clos du Gravillas, muscat passerillé sur pied;
Et puis après, un festival de vins de paille:
Arbois vin de Paille 2005, Domaine de la Tournelle;
Raisins confits XL, Vin de Table, domaine Sauvat-Blot (Auvergne);
Arbois 2003, cuvée des Amoureuses, Michel Gahier

- Marc André Gagnon, de Vin Québec, nous raconte sa rencontre avec le Barsac Château Climens 1996 et sa gentille propriétaire, Bénérice Lurton.

- Christophe, de Oeno41, s’en va en Australie pour y goûter un intrigant sémillon botrytisé.
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- Gildas et ses sympathiques amis de Maigremont, ont dégusté un Sauternes 2001 Château Haut-Bommes et un étrange Sancerre Grains nobles d’Alphonse Mellot.

- Avec un peu de retard, j’apprends qu’Emmanuel le sommelier blogueur, a publié sur son blogue ses notes (exhaustives, précises et fascinantes) sur le Château La Caussade 2002, de Sainte-Croix-du-Mont.

- Daniel Sériot, du blogue Rive Droite, lui aussi en Sauternes, mais au Château de Malle, en 1990. Il n’a pas eu le temps de mettre ses notes de dégustation en ligne, trop occupé qu’il est à déoyalTK2000_01guster les primeurs des bordeaux 2006 (allez le lire, c’est passionnant). Je retransmets donc son compte-rendu ici:

De Malle ( Sauternes ) 1990
La robe, de couleur dorée soutenue, évolue vers des teintes orangées, les larmes sont épaisses au bord du verre, le nez est puissant et expressif : abricot (pulpe), miel, ananas, cire , oranges confites; la bouche est riche, onctueuse, avec une grosse matière qui envahit le palais, c’est épais, même un peu visqueux, en milieu de bouche, avec des saveurs intenses d’abricot miellé, et de fruits exotiques; la finale est longue, opulente, très prégnante, avec des notes de noix qui s’ajoutent aux saveurs présentes en milieu de bouche, mais un déficit d’acidité gustative donne une finale un peu lourde. Un presque ****

- Antoon Laurent, a goûté un rare Condrieu liquoreux:

voici mon vin du mois : Condrieu Cépées Caties 1999

C’est un vin particulier, premier en son genre pour nos 3 compère Yves, Pierre et François.
En effet, il provient d’une parcelle oublier de 0.5ha (si ma mémoire est bonne), sur un coteau en terrasse, sud-est, sol micas-granitique, climat continental modéré, 100% viognier (of course), vendanges grain par grain à la coupole en SGN (B.C.) mis ensuite sur cagette pour passerillage. Pressurage au bout du mois (je crois), puis mis en fût de chêne (228L) pour la F.A. Cette dernière s’ arrêtant naturellement du fait du % alcoolique combiné au sucre résiduel qui en fait un milieu trop riche et difficile pour les levures vieillissantes.

Passons à la degustation, robe jaune Or soutenu, reflet orangé, le voici avec un premier nez réduit, passage en carafe Magnum Riedel (bouteille de 37.5cl), 15 minutes d’attente, et remise dans un verre spieglau expert, la couleur à legerement bruni, le nez exhale des arômes de coing, zeste de mandarine, abricot, une pointe foxé apparait à l’agitation ainsi qu’une odeur surprenante de groseille (est-ce mon imagination ?). L’attaque est souple, le milieu est opulent, la final est surprenament soutenu par une acidité que l’on retrouve dans les agrumes ! La bouche reprend les caractères olfactifs avec une sensation d’épices. Il peut certes se garder encore une paire d’années mais là il est riche et complexe sans parler d’un effet exotique garanti ! Bref, j’AIME. Bu seul en soirée, il se mariera parfaitement avec une tarte façon : un biscuit beurre (entre feuilleté et brisé) garni d’une salade d’agrumes tenu par un sirop de gelée.

Un retardataire sympathique, Philippe Rapiteau, de la Pipette aux quatre vins, nous parle du Côteaux-de-l’Aubance 2005 du domaine au fort joli nom, La Grange aux Belles.

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Bon, maintenant, c’est à mon tour.

J’avais pensé vous parler d’un vin santo hallucinant, dégusté plus tôt cette année, mais il ne restait plus de bouteilles dans les réserves de ma société d’État préférée. Puis j’ai pensé renouer avec le premier vin liquoreux qui m’a fait rêvé, il y a 18 ans, quand j’ai commencé à m’initier au monde du vin. Rien d’autre que le «roi des vins et le vin des rois», le Tokaji Aszù hongrois. D’autant plus que j’étais tombé récemment sur une toute mignonne bouteille de 250 ml du Tokaji Aszù 5 puttonyos 2000 de la Royal Tokaji Cie. Format pratique sur lequel j’avais déjà choisi d’écrire un billet. Faisons alors d’une pierre, deux coups…

Puis, je me suis dit, bon, on a des invités européens qui ne connaissent rien de nos vins québécois. Ok, vous connaissez peut-être nos vins de glace ontariens ou de Colombie-britannique (comme le Mission Hill dont nous a parlé Marsha plus haut), mais le vin au Québec, c’est plus extrême. J’avais dans ma cave un vidal de vendanges tardives du vignoble La Mission (le même vignoble dont je vous ai parlé lors du dernier VdV: moins de 12). Autre heureux hasard, la Société des alcools du Québec mettra en vente ce vin jeudi prochain, lors de son opération Vins des Amériques.

Allons-y donc pour une dégustation d’un des vins les plus anciens du monde aux côtés d’un vin d’un vignoble à peine naissant:

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RT3Blue Label 2000, Tokaji Aszu 5 puttonyos, Royal Tokaji Company, Hongrie
20,50 $ pour 250 ml (spécialités, SAQ – 10274321) ou
38,50 $ pour 500 ml (spécialités, SAQ – 10274312)

Couleur dorée profonde, tirant sur l’ambré. Bouquet très complexe et très beau de thé «orange pekoe», de tabac, de sirop d’agrumes et de figues séchées. En bouche, le vin est onctueux, liquoreux, avec une vive acidité en milieu de bouche. Les saveurs de zeste d’orange reviennent en force en finale. Très bel équilibre entre le sucre, l’acidité et l’alcool. Un régal royal.
**** à **** 1/2

VVT3Vidal Vendanges Tardives 2005, Brome Missisquoi, Vignobles La Mission, Québec, Canada
24,25 $ pour 375 ml (spécialités, SAQ – 10676910)
disponible via l’opération Vins des Amériques et le magazine Cellier de la SAQ, le 3 mai prochain.

Couleur or pâle. Nez à dominante florale (jasmin, chèvrefeuille), avec des notes de miel, de mangue, d’agrumes. Bouche tendre qui enveloppe le palais avec des saveurs de poires notamment, un brin trop chaleureuse (on y sent les 13 % d’alcool). Pas très liquoreux, plutôt moelleux. Finale un peu amère. Très beau vin pour le terroir québécois qui commence à étonner. Un peu cher toutefois.
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——> Merci à Laurent et Lisa pour avoir lancé cette belle idée des Vendredis du Vin et de m’avoir demandé gentiment d’en être l’hôte ce mois-ci.
Je vote pour ma compatriote exilée Marsha pour le mois prochain!
Longue vie aux VdV!

Demain, c’est le Vendredi du Vin!

- 26 avril 2007

Message à tous les blogueurs de la vinosphère et à tous les lecteurs du Méchant Raisin:

Demain, c’est la 2ème édition des Vendredis du Vin et c’est ici, sur ce blogue, que ça se passe. Le thème est sucré, collant et cochon: les vins doux, les vins liquoreux, les vins moelleux, les vins de vendanges tardives, de glace, de botrytis. Bref, il faut que ça soit plein de calories et que ça explose dans la bouche.

Ne me dites pas que ce n’est pas tentant, ça?

Alors, trouvez-vous une bouteille de vin doux, allez lire comment ça fonctionne sur ce billet et venez nous raconter votre expérience moelleuse. Si vous êtes un lecteur du MR, utilisez l’espace des commentaires pour nous parler de votre vin. Si vous êtes un blogueur, envoyez-moi un courriel pour me confirmez que vous avez écrit sur le sujet et je redirigerai mes lecteurs vers vos blogues.

Je vous attends!

Tango et Pinot

- 26 avril 2007

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Le tango et le pinot noir de Bourgogne ont beaucoup en commun: ils sont tous deux racés, sensuels, mystérieux, à la fois puissants et délicats, raffinés et fougueux. Ils portent tous deux une longue histoire qu’il faut raconter. Ils ont tous les deux, tour à tour, été très à la mode, puis oubliés. Mais ils ne meurent point.

La prochaine dégustation «Tango y Vino», animée par le Méchant Raisin, aura donc pour thème: le pinot noir de Bourgogne. L’invitation s’adresse tout autant aux amateurs de tango que de pinot.

Quand?: le samedi 12 mai 2007, à 19h30.
Au menu 5 grands crus de Bourgogne
(fromages et pâtés en accompagnement).
Prix: 40$
Dégustation commentée, suivie d’une soirée de tango.

Pour réservations, communiquez avec l’équipe de Tango Libre au 514-527-5197 ou passez chercher vos billets au 2477, Mont-Royal, Montréal.

Au plaisir de vous y rencontrer!

Le Clos Jordanne: wow!

- 22 avril 2007

Tous les chroniqueurs et les dégustateurs de vins canadiens s’intéressent ces jours-ci au Clos Jordanne, ce vignoble ontarien planté, cultivé et vinifié par la maison Boisset de Bourgogne.

closjLes premières bouteilles du Clos Jordanne arrivent sur les tablettes au Québec dans les jours qui viennent. Après avoir attendu longuement, j’ai finalement pu goûter cette semaine à deux des vins du Clos Jordanne (les deux moins chers: un chardonnay et un pinot noir).

Ce qui est comique dans cette affaire, c’est que je ne savais pas que je les dégustais. Je m’étais rendu à une dégustation organisée par la SAQ dans le cadre de son opération «Vins d’Amérique» au cours de laquelle notre société d’État mettra en vente, via son excellent magazine Cellier, environ 75 vins nord et sud-américains.

J’ai donc dégusté à l’aveugle, sans regarder les noms des vins devant moi. Une fois, les vins blancs terminés, j’ai regardé la liste des vins. De loin, mon blanc préféré avait été le Chardonnay Village Reserve 2004 du Clos Jordanne. Voici ce que j’ai noté:

Nez intéressant de cire, de beurre, avec des notes de miel, d’amandes. Belle couleur jaune profonde. En bouche, l’attaque est d’abord boisée (vanille) puis vive en milieu de bouche avec une finale sur la poire, la pomme. Très fin. On ne croirait pas un vin californien (note: c’est ce que je croyais déguster).
Ma note: de *** 1/2 à ****

Puis, au moment de déguster les vins rouges (toujours à l’aveugle), là j’ai eu un pressentiment. Arrive donc un pinot noir que j’ai tout de suite identifié (deviné). Voici mes notes:

Couleur assez légère. Nez très charmeur, au fumé et au fruité (fraises) typique du pinot noir de Bourgogne, sans lourdeur, sans excès de bois, quasi floral. En bouche, une attaque vive, bien acidulée mais sans être aggressive. Les saveurs de cerises rouges croquantes dominent. Des tanins fermes mais mûrs. Serait intéressant à revoir après trois ou quatre ans.
Ma note: *** 1/2

Je n’ai toujours pas goûté les grands vins du domaine, Le Clos Jordanne ou le Claystone Terrace, qui seront mis en vente respectivement à 42,25 $ et 39,75 $, le 3 mai prochain.

Mais pas besoin de dépenser tant pour goûter deux très bons et surprenants vins.

Le Chardonnay Village Reserve 2004 (21,95 $ – spécialités, SAQ – 10689964) et le Pinot Noir Village Reserve 2004 (24,30 $ – spécialités, SAQ – 10745487) seront eux-aussi en vente le 3 mai. Surveillez le site web de la SAQ pour savoir dans quelle succursale les trouver.

—–> À noter que ces deux vins se vendent 25 $ chaque en Ontario (la province où ils ont vu le jour!!!) Une situation un peu particulière, avouons-le.
Par contre, les grands vins du domaine (il y a quatre vins de parcelles) se vendent 35 $ en Ontario (contre environ 40 $ au Québec).

Guy A. ne m’a pas convaincu…

- 22 avril 2007

Je parle évidemment de cette histoire de placement de produits révélée par le journal Les Affaires.

Guy A. Lepage a admis ce soir (dimanche) qu’une agence (Sopexa) lui fournissait gratuitement 5 caisses de 12 bouteilles de vin (60 bouteilles!!!!) à chacune des émissions de Tout le monde en parle.

Mais pour s’en défendre, il a dit, en gros, qu’il n’y avait rien là puisqu’il faisait «ce qu’il voulait» avec le vin. Qu’il avait même déjà dit d’un vin «qu’il sentait la balloune». Grosse critique. Une fois sur des dizaines. Le reste du temps, soyons sérieux, Guy A. fait une belle place (on pourrait dire: un beau placement) à son «vin de la semaine»:
- présentation du vin («Qu’est-ce qu’on boit, Manon?»)
- une pleine page de promotion du vin sur le site web de Tout le monde en parle, avec photo de l’étiquette et description positive rédigée par le fournisseur.

À mes yeux, c’est ce qu’on appelle un placement de produit. On peut être pour ou contre les placements de produits, ça se défend. Mais on ne peut pas dire que ceci n’en est pas. C’est un placement de vins français pour une agence qui représente les vins français. Guy A. n’est pas libre de parler un soir d’un vin italien ou d’un vin argentin. Il DOIT parler d’un vin français, car c’est ce que lui dicte le «deal» qu’il a avec Sopexa. Point à la ligne.

Pour que vous compreniez mieux ce dont il s’agit, laissez-moi vous donnez deux exemples fictifs:

1- Imaginez que ce blogue ne parle que de vins français. Et que la raison derrière cela ne soit pas mon amour des vins français, mais plutôt un deal que j’aurais avec une agence représentant les intérêts commerciaux des producteurs de vins français. Peu importe si, une fois de temps à autres, je plante un vin si, dans les faits, je parle TOUJOURS des vins français. Ça leur donnerait une vitrine privilégiée, non? Trouveriez-vous ça normal? Serais-je assez crédible alors pour aller parler de vin à Tout le monde en parle? Probablement pas.

2- Imaginez un journal qui ne parlerait que de l’Italie dans sa section «Voyages», semaine après semaine, parce que ce journal aurait conclu une entente avec la Délégation commerciale italienne. Tous les voyages en Italie seraient payés par la délégation commerciale et le journal, en retour, aurait toute la «liberté» de dire qu’il a aimé ou non le voyage. Même qu’une semaine, il aurait dit que les rues de Rome étaient sales! Ça serait un placement de produit, non?

Je le répète: que Guy A. Lepage fasse ou non du placement de produit, je m’en balance un peu. C’est une émission de divertissement. Ce qui me dérange, c’est d’entendre Guy A. Lepage, une semaine, parler de placement de produit comme une réalité «horrible et détestable» (c’est lui qui l’a dit) et de découvrir, la semaine suivante, qu’il fait la même chose. Mais que, évidemment, dans son cas à lui, ce n’est pas grave.

Fin des émissions.