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Bordeaux 2009 – Saint-Julien tout en dentelle

- 13 février 2012

Retour sur cette grande dégustation des vins de Bordeaux 2009 qui avait lieu à la fin janvier et qui réunissait plus d’une centaine de producteurs de l’Union des Grands Crus (l’UGC). Malgré l’absence des premiers grands crus classés (Haut-Brion, Lafite Rothschild, Latour, Margaux et Mouton Rothschild) de même que d’autres grands noms comme Ausone, Cheval Blanc, Petrus, Léoville Las Cases ou Cos d’Estounel (ces crus ne font pas partie de l’UGC) on a pu se faire une excellente idée de ce millésime encensé et sur lequel tout a pratiquement été dit.

 

Des bordeaux castelneuvois

Un grand millésime donc, avec son lot de réussites. C’est du moins ce que mes notes sur une majorité de crus de Pauillac indiquent. La seule chose qui me tracasse un peu, c’est le style que prendront certains vins à l’évolution. Pour le moment, la plupart montre une charge tannique plutôt bien intégrée, notamment à cause de l’opulence du fruité. La fraîcheur ne fait pas défaut non plus (sauf chez quelques uns) mais les taux d’alcool sont affriolants (souvent autour de 15%) et semblent avoir plus en commun avec des vins de Châteauneuf-du-Pape.

Les vins vont-ils séchés avec le temps? Probablement que non… même si j’ai des doutes à l’égard de certains profils un parfois trop « sucreux ». Une chose est certaine par contre :  pour en avoir dégusté quelques uns à table, je peux vous dire que l’aspect digeste qui fait si souvent le charme de Bordeaux est loin d’être acquis. Il faudra être patient. Et surtout, avec ces niveaux d’alcool, être plus de deux pour écluser une bouteille! Imaginez un magnum…

 

La dentelle

Après Pauillac qui m’a franchement impressionné, l’autre commune qui m’a confirmé qu’on aura droit à de grandes bouteilles pour ceux qui sauront être patients, c’est Saint-Julien. À même titre que les pauillacs étaient pour la plupart typés avec des notes de graphite, le côté suave et souvent en plus en « dentelle » de bien des crus m’a énormément charmé. La plupart des vins montrent des trames tanniques pour le moins serrée, la fraîcheur est au rendez-vous et alors que l’élégance prend le dessus sur l’impression parfois blockbuster de certains.

Du côté de Saint-Estèphe, malheureusement la sélection était trop peu représentative pour s’en faire une idée précise. Ceux dégustés montraient une bonne virilité mais sans pouvoir s’en faire une idée concise.

À nouveau les notes sont sur 20 points. Il est à souligner que certaine note ont été majorée afin de refléter le potentiel de garde manifeste des crus allant dans ce sens.

 

SAINT-JULIEN

Beychevelle

Dense, plutôt ferme sans perdre en définition. Profond sur des notes de cassis frais et de cacao. Longue finale. Un des meilleurs Beychevelle dégustés à ce jour. 17

 

Branaire-Ducru

Nez timide, frais sur le cassis et une touche vanillée. Crémeux en bouche mais impression de mollesse, peu de profondeur et persistance moyenne. Seconde déception avec ce 2009 dégusté lors du dernier Montréal Passion Vin. 15

 

Branaire

Gruaud-Larose

Tendre, charmeur et sérieux, sur un boisé élégant. Opulent, presque massif avec un touché de bouche de bonne précision. Tanins assez fermes et longue finale saline. 17 – 17,5

 

Lagrange

Fruité très pur, boisé est fin et bien intégré. La bouche, plutôt serrée avec un côté assurément gourmand, reprend cette finesse et rappelle la provenance du cru. Longue finale calcaire. 16,5 – 17

 

Langoa Barton

Charme immédiat, gourmand presque sans perdre de sérieux. Gracieux avec une bouche presque crémeuse et préservant une droiture provenant à la fois de tanins fermes et une acidité fine. Superbe allonge et excellent potentiel. 17,5

 

Lagoa Barton

 

Léoville-Barton

Le vin se démarque à la fois par sa précision, sa tenue magistrale et sa profondeur. On le sent d’ailleurs un peu moins exubérant que les autres crus de la commune, un peu replis dans son écrin de velours. Densité remarquable, des tanins fermes et merveilleusement racés. Une finale brillante malgré une réserve liée à la jeunesse. Potentiel énorme. Possiblement le plus beau vin de cette dégustation. 18,5 – 19

 

Barton 2009 deux bouteilles

 

Saint-Pierre

Boisé appuyé. Richement constitué, un peu à l’américaine avec cette impression crémeuse/doucereuse. La masse tannique assez ferme et de bonne finesse permet de relever le tout. 15,5 – 16

 

Talbot

Pur, sur le cassis, le nori et l’encre de seiche. Un moelleux d’un charme irrésistible, des tanins suaves et bien structurés. Finale précise. Un Talbot qui renoue avec le succès d’antan. 17

 

 

SAINT-ESTÈPHE

Cos Labory

Puissant, sur la pâtisserie et des notes chocolatées. Trame veloutée, tanins élégants, finale capiteuse qui évite le piège de la lourdeur. Moderne sans perdre en typicité. 16

 

Phélan Ségur

Le boisé prend beaucoup de place. Notes de café froid et de confiture de framboises. Rond, acidité basse, manque un peu d’éclat. Peut faire mieux. 14

 

 

 

La suite cette semaine avec Margaux et Pessac-Léognan