On a qu’à dire son nom que déjà les yeux pétillent. Santorin est une île volcanique d’une extraordinaire beauté. On y trouve, bien sûr, des panoramas à couper le souffle, des sites archéologiques de premier ordre et une température idyllique, mais aussi des produits du terroir et de la mer permettant une cuisine hautement savoureuse par des gens accueillants.
Sauf que… qui dit paradis terrestre, dit aussi tourisme de masse. En haute saison (de juin à août), ça peut devenir carrément suffocant de monde!
Fira, la capitale, reste incontournable par la splendeur de ses coupoles bleues et sa situation idéale sur les hauteurs de la caldera. Même chose pour Oìa, plus chic et tout aussi prenante avec ses trottoirs de marbre blanc. Mais c’est aussi là qu’on trouve le plus d’attrapes touristes, ce qui peut facilement faire déchanter.
Au bonheur de visiter l’île, s’est ajoutée la chance d’être pris sous l’aile d’habitants de la place, notamment quelques vignerons. J’ai ainsi pu profiter de leurs judicieux conseils et faire des découvertes qui sortent du circuit touristique. Je me permets donc de déroger un peu de ma ligne habituelle pour vous faire un petit résumé des meilleurs endroits où je suis allé. À cela, j’ai pris soin d’ajouter le nom des producteurs de vin les plus intéressants à visiter.
D’entrée de jeu, il faut savoir qu’en Grèce, comme un peu partout autour de la Méditerranée, on passe à table tardivement. C’est encore plus marqué dans les îles. Le lunch, c’est habituellement autour de 13h et ça s’étire souvent après 16h. Le soir, les locaux ne mangent jamais avant 21h. En revanche, les cuisines restent ouvertes jusqu’à tard dans la nuit.
Pour le lunch, le restaurant Nichteri, donnant directement sur la plage de Kamari, est un incontournable. Une cuisine bistro inspirée mettant en avant-plan les produits de l’île. On y pratique des prix un peu plus élevés qu’ailleurs, mais la qualité est là. L’endroit parfait pour s’arrêter après avoir visité les producteurs des alentours Art Space, Gaia et Argyros.
Toujours pour le lunch, cette fois de l’autre côté de la montagne où se trouve le village antique de Théra, à la plage de Perivolos, la taverne Ta Sixwa, située après l’ancienne usine de tomates reconduite en bar branché. On va d’abord se prélasser à la plage sur les chaises longues mises à disposition. Serviettes gratuites sur demande à la taverne et services aux chaises. On revient manger lorsqu’on a un petit creux. Poissons délicieux, fritures à s’en lécher les doigts, les calmars surtout. Jolie carte des vins à bon prix. Un must!
Le soir, une institution à Oìa, le 1800. Cuisine gastronomique, prix élevés, mais pas déraisonnables. Réservation impérative en haute saison. Demander une place en terrasse pour voir le coucher de soleil. Penser à prendre une veste. C’est frais le soir.
Toujours dans la catégorie gastronomique, le restaurant Selene, l’autre grande table de Santorin, est situé dans les hauteurs du village pittoresque de Pyrgos, Cuisine et cartes des vins exceptionnelles. À mon sens, meilleur que le 1800. Évidemment, réservation obligatoire. Point de vue magnifique en terrasse. Possibilité de chambres d’hôte. La grande classe sans être trop guindé.
Toujours le soir, mais peut s’avérer un excellent choix le midi, la taverne To Psaraki à Vlychada. Terrasse bucolique surplombant un petit port de pêche. Cuisine d’une fraîcheur ahurissante. Spécialité: le thon. Ne manquez pas non plus les herbes bouillies et les légumes de saison. Petits prix. Lieu de rencontre de plusieurs vignerons. Coup de cœur assuré!
Autre endroit sympathique en soirée, Metaxi mas, une taverne crétoise située à Exo Gonia, à la sortie de Pyrgos en allant vers Kamari. Très local, on y mange bien et à bon prix. Le dessert et le raki sont offerts en fin de repas. Beaucoup d’ambiance.
À Fira, le restaurant Asirtico, situé tout près de la place de l’église. Perché sur la caldera. Beaucoup de touristes, mais cuisine raffinée et carte des vins recherchée. Prix en conséquence. Mêmes propriétaires que le Nichteri à Kamari. Réservations suggérées. Coucher de soleil hallucinant.
Enfin, il faut absolument arrêter prendre l’apéro de 11h (et éviter les bus de touristes) sur la terrasse de Santo Wines, la coopérative vin de Santorin. Vers Pirgos, avant l’entrée pour descendre au port. Excellente façon de découvrir les produits du terroir. Point de vue spectaculaire. On accompagne son verre d’assyrtiko ou de Vinsanto d’une assiette de fromages / pâte de tomate / olives.
En plus des vignerons mentionnés plus haut, ceux-ci sont à ne pas manquer : Hatzidakis (voir ma critique), Boutari, Sigalas et Gavalas.
ne vous manque plus que de louer une décapotable pour sillonner les routes pour que votre séjour soit réellement le paradis sur terre!
Et la Crète ?
Je n’y suis pas resté assez longtemps et je n’ai pas eu les mêmes soins qu’à Santorin, mais je me dois de mentionner Avli, une table extraordinaire dans le vieux Réthymnon. Probablement ma meilleure expérience resto du voyage!
Trois suggestions vins
Atlantis Argyros Santorin 2011
(16,80$ – Code SAQ 11097477)
On reste sur l’île grecque avec ce blanc issu d’un assemblage d’assyrtiko, d’aidani et d’athiri. Finement parfumé sur la fleur blanche, le miel et le citron frais. Vif, de bonne densité avec une finale salivante sur des notes d’iode. L’apéro par excellence. ** ½
Vila Regia Douro 2011
(10,25$ – code SAQ 464388)
J’y reviens à chaque millésime parce que… parce qu’à ce prix, on trouve difficilement meilleur petit rouge de tous les jours. Un fruité insolent de fraîcheur, simple et gourmand. Des tanins soyeux et une finale qui tire son épingle du jeu avec des notes de cerise noire et de figue. On le sert légèrement rafraîchi. ** ½
Bonpas Grande Exception Silbertus Vacqueyras 2010
(23,95$ – code SAQ 11676655)
Un vin provenant d’une appellation satellitaire à Châteauneuf-du-Pape pas pour autant moins bon. Dominé par le grenache, la syrah et le mourvèdre (le fameux acronyme GSM), c’est un vin puissant doté de tanins enrobés. Tenue élégante et finale gourmande sur la cerise noire. Vaut amplement son prix. ***
