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Côté bulles, ça va ?

- 29 octobre 2014

En goûtant encore une fois cette année, à l’invitation de l’AQAVBS ( l’Association  québécoise des agences de vin, bières et spiritueux) pas loin de 80 bouteilles de bulles, je me suis rappelé que les millésimes passent et, quoi qu’on en dise, la qualité fluctue, et même parfois énormément.

Les grandes maisons de champagnes surtout (mais aussi à l’occasion de mousseux) aiment bien nous dire que, d’année en année, elles reproduisent le plus fidèlement possible le style de leurs bulles, afin de respecter les attentes de leurs clients.

Et pour ce faire, évidemment, elles ont recours à des assemblages savants que, comme dirait l’autre, seul connait son maître de cave.

Mais depuis le temps que je goûte ces vins, comme aussi la plupart de mes collègues (l’AQAVBS organise cette dégustation annuelle depuis longtemps, histoire de permettre aux journalistes et chroniqueurs de faire leurs recommandations pour les fêtes), je dois dire que, justement, l’une des choses qui m’a le plus frappé au fil du temps, c’est de constater à quel point les vins d’une même marque étaient différents d’une année à l’autre.

Tout cela pour dire qu’entre le désir et le marketing des maisons de gommer les différences entre les millésimes pour maintenir un style et la bête réalité qualitative d’une vendange, il y a une marge.

En écoutant, l’autre jour, Laurent Fresnet, qui est chef de cave chez Henriot, une maison particulièrement respectée en Champagne, j’ai mieux compris pourquoi.

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Laurent Fresnet, chef de cave chez Henriot

Assemblage

Voici, expliquait-il, comment est élaboré le Henriot Blanc de Blanc Brut (74,35 $ Code 10796946), lequel est au coeur du savoir-faire de la maison, puisque cette cuvée est celle qui est produite en plus grande quantité.

Typiquement, cette cuvée est constituée de 60% du vin du millésime courant, et de 40% de vins de réserve (donc de millésimes plus anciens), ce qui comprend 20% du vin de l’année précédente.

Vous me suivez ? Ça devient complexe quand on songe que les 20% du vin de l’année précédente sont eux-mêmes composés de la même façon, à savoir d’une base de 60% du vin du millésime de l’année qui le précédait, à laquelle base on avait ajouté 40% de vins de réserve, ce qui incluaient 20% du millésime qui précédait le précédent, lequel était lui-même composé de… etc.etc.

C’est la logique des poupées russes, en somme.

Mais ce qu’il faut retenir ici, c’est que la base d’un champagne non millésimé est composée d’une grande proportion du vin du millésime courant.

Bien sûr chaque maison a ses propres assemblages, sa propre recette, en quelque sorte, mais il est permis de déduire que de façon générale, et ce dans des proportions diverses, c’est comme cela que les choses se passent et, qu’en conséquence, il est normal qu’il y ait des fluctuations d’une année à l’autre, au delà du style qu’une maison veut maintenir. Voilà.

Chiffres

Cela dit, je regardais cette semaine les chiffres du marché des bulles au Québec, afin de voir si la décision de la SAQ de baisser un peu les prix de plusieurs champagnes, en avril dernier, avait eu des répercutions sur les chiffres.

Or, il semble qu’il soit trop tôt encore pour le savoir. On remarquera, par contre, que les ventes, en valeur et en volume, n’ont cessé de progresser ces trois dernières années, bien que de façon modeste. La vente des mousseux, au contraire, est beaucoup plus marquée.

 

 

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J’ai aussi pris la liberté d’ajouter ici le tableau des meilleurs vendeurs en champagnes et en mousseux.

Trois remarques, à ce propos. D’abord. Il est impressionnant de voir que le Dom Pérignon 2004 à 239,75 $ la fiole, est le septième meilleur vendeur,

J’explique ça, pour ma part, par le fait que c’est une bouteille emblématique et que c’est le genre de cadeau qui est assez courant de voir dans la vie de tous les jours, soit les collègues se cotisant au bureau pour souligner le départ ou l’anniversaire de l’un d’eux, soit ce sont les membres d’une même famille qui font de même pour marquer un événement particulier concernant un être cher.

Deuxièmement, je n’en reviens pas de la force des marques qui réussissent toujours à s’imposer dans le marché, et ce bien au-delà de ce qu’en pensent les supposés connaisseurs de tout acabit (je m’inclus évidemment dans le lot, avec les autres chroniqueurs, blogueurs, journalistes spécialisés et sommeliers).

Enfin, et cette troisième remarque découle de la deuxième, ça montre à toux ceux qui écrivent et papotent sur les vins, la très relative influence qu’ils exercent, finalement, sur un marché. Ce qui, encore une fois, nous rappelle à tous que c’est un métier qu’il faut exercer avec une grande humilité.

 

 

TopVendeurs

 

Angelo Gaja, artisan

- 22 octobre 2014

De la grande visite à Montréal, récemment, alors qu’Angelo Gaja est venu faire goûter ses vins et, surtout, disserter avec une verve et un enthousiasme que ses 74 ans n’ont pas su modérer.

Tout un personnage que cet homme qui a non seulement donner ses lettres de noblesse au Barbaresco, mais qui a donné une formidable impulsion à tout le vignoble piémontais.

Et ce avec un talent, un génie commercial qui a peu d’équivalents, aujourd’hui, sur la planète vin.

Qui peut se vanter, aujourd’hui, à de rares exceptions près, de demander les prix affichés pour ses vins, en particulier ses grandes cuvées que sont les Langhe Costa Russi 2010 (490,25 $), Sori Tildin 2010 (524,50 $) et Sori San Lorenzo 2010 (545,50 $) ?

Ces vins font partie du prochain Courrier Vinicole consacré à l’Italie et dont la vente commencera le 7 novembre prochain.

Gaja

Langhe

Je signale en passant que ces grandes cuvées,  autrefois en appellation Barbaresco, sont depuis quatorze ans toutes en appellation Langhe.

Un changement uniquement sémantique, a déjà expliqué Gaja, dans la mesure où, devant la montée en popularité des vins d’une parcelle de vignes d’un cru, comme Sori San Lorenzo par exemple, issu du cru Secondine, volait la vedette au Barbaresco traditionnel.

Et c’est en partie pour préserver la notoriété du Barbaresco que Gaja a préféré les exclure de l’appellation, le Barbaresco étant traditionnellement un assemblage de vins provenant de plusieurs vignobles.

Et pendant que nous goûtions ses vins, Angelo Gaja s’est lancé dans une envolée lyrique qui a bien duré une heure.

Les vins de lieu

«J’ai traversé la révolution des vins au cours des 40 dernières années», disait-il, en expliquant sa vision du monde du vin, aujourd’hui.

Il y a d’un côté la production du «vin de lieu», pour reprendre ses mots, qui provient d’un terroir spécifique, fait avec un ou des cépages particuliers et qui ont quelque chose de différent à montrer.

Et puis il y a les vins de «gratification», comme il les appelle, c’est-à-dire des vins qui sont gratifiants pour ceux qui les achètent, soit en raison d’un bon rapport qualité prix ou même pour le plaisir que donnent des vins plus chers comme les champagnes, par exemple.

«Nous, on produit un vin de lieu, avec un cépage indigène (le nebbiolo), un cépage qui a peu voyagé (et c’est vrai qu’on le trouve très rarement en dehors du Piémont, sinon un peu en Californie, dans l’état de Washington et en Austrtalie, mais avec des résultats divers) et qui montre dans son lieu d’origine des caractéristiques particulières.

Et ce lieu, cette zone de production, celle du Barolo et du Barbaresco, elle a été reconnue en juin comme faisant partie du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Ce qui fait, de dire Gaja, qu’il faut préserver le paysage que nous avons, «car les monuments de la nature prennent du temps à se construire», dira-il dans cet excellent français, teinté de la poésie de la langue italienne.

«On ne peut plus permettre que des gens viennent construire des résidences secondaires un peu partout sur nos collines.»

Les changements climatiques

L’autre grand sujet qui passionne Angelo Gaja, ce sont les changements climatiques.

Le phénomène s’est manifesté pour la première fois dans le Piémont dans les années 1995-1997, disait-il,  et depuis 2003, les conditions qu’on connaissait traditionnellement dans la région ont changé.

«Avant, on en avait de temps en temps des étés chauds et très secs, maintenant c’est la règle».

Il ajoutera que de façon générale, ces changements climatiques ont été à l’avantage des cépages du Piémont, alors que les cépages traditionnels y mûrissaient tardivement.

En revanche, ces changements ont eu pour effet de multiplier les maladies végétales.

«On essaie toutes sortes de choses pour venir à bout de ces maladies (on sème des graminées, des fleurs pour ramener la vie, les papillons, les abeilles – «S’il n’y a plus d’abeilles, on est foutu» -, on plante des cyprès pour attirer les petits oiseaux, etc., mais sans trop savoir ce que cela donnera à terme.

«Le but de tous ces essais, c’est de récupérer la résilience de la plante, de façon à ce qu’elle puisse se défendre par elle-même».

Puis, Angelo Gaja de rappeler que fondamentalement, il est un artisan, comme sa grand-mère le lui a  enseigné, avec les quatre qualités que cela requiert : «Faire, savoir faire, savoir faire faire et faire savoir.»

Le paysage tout en collines du Piémont, avec les Alpes en arrière-plan.

Et effectivement, à la lumière de l’enseignement de sa grand-mère, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute qu’Angelo Gaja est un grand artisan.

Je vous laisse entre les mains de Patrick Désy pour commenter ses vins.

 

 

Plus c’est compliqué, meilleur c’est

- 14 octobre 2014

Quand même incroyable que plus le nom d’un vin est difficile à prononcer, plus les gens ont tendance à trouver que le vin est bon.

C’est pourtant ce qui ressort d’une expérience menée au Goodman School of Business de l’Université Brock, en Ontario, et dont j’ai parlé, samedi dernier, dans ma chronique du Journal de Montréal.

En gros, en faisant une étude sur le nom des wineries, on s’est rendu compte qu’en servant le même vin, mais avec deux noms différents, dont l’un plus difficile à prononcer que l’autre, ceux à qui on a fait goûter les vins ont trouvé que celui au nom difficile était meilleur.

Pourquoi ? Mystère et boulle de gomme et c’est, apparemment, un sujet chaud en marketing, présentement.

Je n’ai pas eu trop le temps de m’étendre, dans ma chronique, mais j’aurais souhaité y ajouter le résultat de cette autre étude, menée aussi au Goodman School of Business.

C’est qu’on s’est également rendu compte que lorsque la signature du producteur apparaissait sur l’étiquette, les ventes augmentaient de 500%.

Mais seulement, dans le cas où le consommateur partageait un sentiment d’appartenance avec le producteur.

Or, les consommateurs, dans cette étude, étaient tous Ontariens et les bouteilles de vin ontarien qui portaient la signature du vigneron étaient préférées de beaucoup à celles qui n’étaient pas signées.

Ce qui est quand même une variable importante et peut-être la portée de cette expérience est-elle uniquement locale.

Sans doute faudrait-il la valider par une étude complémentaire, avec cette fois des vins californiens, par exemple, eux aussi signés par le producteur.

Mais tout cela démontre, malgré tout, l’importance de l’habillage d’un vin dans sa mise en marché.

Et que, quoi qu’on en dise, on se fait tous, à des degrés divers, influencer par l’étiquette d’une bouteille au moment de faire ses achats de vin.

À moins, évidemment, de connaître déjà son contenu.

Pour rester au Canada, on se laisse sur ce vin, le deuxième vin, en fait, d’Osoyoos Larose :

Pétales Osoyoos

Pétales d’Osoyoos 2011, Okanaga Valley VQA, Osoyoos Larose, 13,8%, Canada Prix 27,10 $ Code 11166495 ***+ (16,5 /20) :

À l’aveugle, bien malin qui pourrait dire qu’on est en Colombie-Britannique. En fait, avec cet assemblage type du Bordelais (merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc et petit verdot), on se croit effectivement à Bordeaux.

La bouche est svelte, le vin a de la mâche, c’est élégant, vineux, certes, mais beaucoup de bordeaux ne font-ils pas 14 degrés aujourd’hui ?

Bref, une belle bouteille à bon prix. Hélas, il en reste peu dans le réseau de la SAQ.

 

Où sont passés nos vins de pays ?

- 1 octobre 2014

Je sais que le consommateur normalement constitué ne suit pas l’actualité des appellations de près, et je le comprends fort bien.

Mais à titre de rappel, les petits vins français qu’on trouvait traditionnellement sous la dénomination «vins de pays» n’existent plus officiellement depuis le millésime… 2009. Ils ont été remplacés par les IGP (vins à Indication Géographique Protégée).

Encore une fois, ce n’est pas très grave si la chose vous a échappé et j’avoue que pour moi le premier, les notions d’appellation ont perdu un peu beaucoup de leur intérêt.

Pourquoi ? Parce qu’il y a longtemps que j’ai cessé de juger de la qualité d’une bouteille par son appellation ou sa dénomination, la vérité étant toujours dans le verre, comme on dit.

Mais quand on se promène dans les vignobles européens, français en particulier, on constate en revanche l’importance qu’occupe dans les préoccupations des vignerons la notion d’appellation d’origine.

Et de leur point de vue, effectivement, la chose se comprend aisément.

Car au-delà des guéguerres de clocher, il y a la fierté d’appartenir à un lieu et d’exploiter un terroir, sans compter qu’il y va ultimement de la valeur même de leurs vins sur le marché, donc de leurs gagne-pain.

Un vin déclassé de son appellation devient du coup très difficile à vendre et se retrouvera, dans le pire des cas, voué à la distillation ou, et ce n’est guère mieux, vendu au vrac pour presque rien.

Mais du point de vue du consommateur normal, surtout nord-américain (ce qui n’est tout même pas banal en terme de marché) qui se soucie, quand vient le temps d’acheter une bouteille de vin du Sud de la France, un soir de semaine, qui se soucie, disais-je, que ce vin provienne du Mont Baudile ou des Cévennes, qu’il soit un vin des Allobroges ou du Vicomté d’Aumelas ?

 Perception

Bien sûr, pour l’amateur éclairé, le problème se présente différemment et il voudra être au fait des derniers changements dans la législation encore que, comme je le disais, il y a longtemps, quant à moi, que la simple appellation d’origine a cessé d’être un critère de qualité convaincant.

Et j’imagine que la révolution apportée à cet égard par tous ces grands vins toscans déclassés en vini de tavola dans les années 80 ( mouvement relativement peu suivi en France, il est vrai) a porté un dur coup à la notoriété de toutes les appellations d’origine, peu importe le pays, auprès de la très grande majorité des amateurs de vins plus pointus.

Bon, hiérarchiquement, ne serait- ce que pour des raisons de densité de plantation et de rendement à l’hectare, et d’autres considérations d’ordre technique qui relèvent du cahier des charges d’une appellation, il est clair que les vins AOP (les AOP, vins d’appellation d’origine protégée, ont maintenant remplacé dans la législation européenne les AOC, vins d’appellation d’origine contrôlée), il est clair que les AOP restent au somment de la hiérarchie.

(À noter, pour ajouter à la confusion, que l’utilisation, en France des AOC est encore permise, tout comme en Italie, celle d’IGT (Indicazione Geogradica Tipica) demeure, parallèlement à celle d’IGP, tout comme aussi le DOC et DOCG (Denominazione de Origine Controlatta e Garantita) parallèlement aux AOP. Pfiouff! )

 Hiérarchie

Une hiérarchie qui, je le rappelle, est importante dans la fixation du prix des vins. Et logiquement et en principe, elle est aussi une indication de la qualité des vins.

Les vins d’AOP sont suivis par les IGP (Indication Géographique Protégée, vins qui ont remplacé eux-mêmes, comme je le disais, les Vins de Pays et les VDQS ( Vins de Qualité Supérieure) et, tout en bas, ceux qu’on appelle les VSIG qui sont des vins sans indication géographique, catégorie qui regroupe les mentioGournierns Vin de France, dont j’ai déjà parlé ici, et de même que les vins de cépages, à l’exception notoire des vins d’Alsace, évidemment.DeMoulines

Pourquoi vous reparler de tout ça aujourd’hui ? Parce que l’autre jour, lors de l’une des grandes dégustations périodiques organisées pour la presse spécialisée par l’AQAVBS, l’Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux, des représentants des 22 nouvelles IGP du Sud de la France sont venus nous rappeler l’existence, donc, de ce nouveau label.

La victoire pour ces vignerons est d’avoir fait reconnaître par les législateurs que chacune de ces IGP correspond à la singularité de son lieu d’origine, des pratiques viticoles qui y ont cours et des hommes qui font les vins.

Et quand on est vigneron, cela est de toute première importance.

Au consommateur, après coup, de juger dans quelle mesure ces particularités s’expriment dans les vins.

Pour l’exercice, j’en ai remarqué quelques-uns de ces vins, lors de cette dégustation; les voici :

  • Domaine de Moulines 2011 Merlot, IGP Pays de l’Hérault (12,50 $ Code 620617) : un brin épicé, vineux sans être chaud, de corps moyen, rond, souple et agréable. **
  • Ponant 2010, IGP Côtes-de-Thongue, Domaine Magellan ( 15,70 $ Code 914218) : un peu bran de scie au nez, consistant en bouche, texture soyeuse, moyennement corsé, tannins fermes, mais bel équilibre d’ensemble. **1/2
  • Domaine de Gournier 2013, Cuvée Prestige, IGP Cévennes (14,20 $) : notes de garrigue au nez, bouche épicée, un peu poivrée avec des nuances de réglisse ; le paysage d’ensemble est net.  **1/2
  • Enseduna Prestige 2011, IGP Coteaux d’Ensérune, U.C. Foncalieu (19,00 $ Code 11338031) : une gouleyance et une légèreté de bon aloi, en même temps qu’un sérieux indéniable dans la prestance. **1/2

 

 

AntiOx, un gadget «vin» qui fonctionne

- 23 septembre 2014

Bon, c’est vrai que je suis un incorrigible amateur de gadgets. Gadgets électroniques, ça va de soi, mais évidemment aussi tout ce qui a un quelconque rapport avec le vin.
Aussi, j’avais bien hâte d’essayer ce bouchon antioxydant qui s’appelle AntiOx et qui a été mis au point en Espagne par la maison Pulltex.
Conserver les bouteilles de vin entamées a toujours été l’épine au pied de l’amateur de vin. Bien sûr il y a la petite pompe pour évacuer l’air de la bouteille que tout le monde connaît, mais qui atteint, hélas, rapidement ses limites.
Il y a aussi cette autre solution, très efficace par contre, qui consiste à transvider et à remplir imméPulltex-diatement à l’ouverture de la bouteille, une demi-bouteille de 375 millilitres que l’on remettra dans le cellier.
Mais là, l’inconvénient, c’est qu’il faut arrêter d’avoir soif exactement après une demi-bouteille, si vous voyez ce que je veux dire.

Il y a également ces systèmes de conservation à base de gaz inerte, certes très efficaces également, mais la plupart du temps réservés, vu leur prix, à la restauration.

Ou sinon, cette petite bonbonne d’azote qui s’appelle Private Preserve que j’ai longtemps utilisée (et encore à l’occasion), et que l’on trouve dans les boutiques spécialisées, mais aussi à la SAQ (qui écoule cependant ses stocks et qui ne renouvellera pas le produit. Dommage !)

J’ai aussi testé, l’an dernier, et j’en avais parlé ici même sur Méchants Raisins  la carafe Savino avec des résultats quand même relativement convaincants.

De même que de ce bidule, qui en est une variante puisqu’il s’agit de retirer une petite quantité de vin d’une bouteille à travers le bouchon en lui substituant un gaz inerte et qui s’appelle Coravin ; je n’ai malheureusement pas eu le loisir de le tester.

Un bouchon

Bref, j’avais bien hâte d’utiliser l’AntiOx qui, en passant, est recommandé par l’Académie espagnole des sommeliers.
Ce bouchon ne permet pas de retirer l’oxygène de la bouteille entamée, mais, nous dit-on, il préserve le vin des acidités volatiles du vin qui, sous l’effet de l’oxygène, accélère sa transformation en vinaigre.

Comment ? Grâce à un filtre de carbone actif qui neutralise, ou plutôt ralentit la formation d’acide acétique.
La publicité entourant le bidule, qui par ailleurs est muni d’une bague métallique numérotée, ce qui permet de marquer à quel le jour on a mis la bouteille sous AntiOx, la publicité, disais-je, affirme que le procédé est jusqu’à deux fois plus efficace que la pompe et parle même d’un niveau de conservation qui va jusqu’à dix jours.

Je n’irais pas jusque là, mais mon expérience personnelle avec ce bouchon, utilisé sur quelques semaines et avec des quantités de vin variant du trois quarts au quart de la bouteille, m’a permis de constater en effet qu’il était efficace. Et, effectivement, davantage encore que la pompe.Pulltex-2

Entre trois et cinq jours, dépendamment de la quantité de vin restant et aussi de la qualité du vin, le vin s’est maintenu dans un état acceptable, je dirais.

Entretien

Évidemment, si on laisse en plus la bouteille au frigo avec AntiOx, l’efficacité sera encore plus grande. Ne pas oublier de laisser la bouteille debout et, surtout, de ne pas passer le bouchon à l’eau après usage, ce qui serait dommageable pour le filtre. Pour le nettoyer, il suffit de passer délicatement un linge mouillé.

La durée de vie du fameux filtre de carbone actif n’est pas éternelle. Mais, apparemment, même en l’utilisant de façon très régulière, il gardera son efficacité pendant trois ans.

Son coût : 31, 99 $. À ce prix-là, le jeu en vaut certainement la chandelle, ou plutôt l’essai. Plutôt concluant, en ce qui me concerne.
Il est disponible dans certaines boutiques spécialisées (Vin & Passion, notamment), mais aussi, en ligne, sur le site de Cellier VIP.

Pour voir le bidule en action, c’est ici :

http://www.youtube.com/watch?v=DNJpRrlEfdo