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Le Sancerre rosé de Joseph Mellot

- 18 août 2014

sancerreRose - copieDans ma tête, et j’avais de toute façon vérifié à quelques reprises au début du mois de juin, il n’en restait plus de ce Sancerre Rosé Le Rabault 2013 de Joseph Mellot.

Je le savais d’autant mieux que j’étais moi-même allé chercher les six dernières bouteilles à la SAQ de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Le site de la SAQ indiquait bien qu’il en restait une bouteille ici et là, mais l’expérience a montré depuis longtemps que dans une telle situation, on ne trouve généralement pas la bouteille en question.

Soit elle a été cassée, soit elle été volée ou soit c’est tout simplement une erreur d’inventaire.

Alors, non, j’étais formel, il n’en restait plus de ce rosé.

Et voilà qu’à la suite de ma chronique de samedi dernier dans le Journal de Montréal dans laquelle j’implorais la SAQ de tripler la commande de ce rosé, le printemps prochain, en plus de nous proposer, si possible, le petit pinot noir rosé du même producteur goûté cet été aux États-Unis, voilà donc que je reçois un coup de fil d’un ami.

Qu’est-ce que tu racontes, qu’il me dit ? Il en reste quatre caisses aux Galeries des Sources, à Dollard-des-Ormeaux et plus de trois caisses sur Côtes-des-Neiges ?

Impossible, lui dis-je, tout en pitonnant rapidement sur mon ordi. Ça fait deux mois qu’il n’en reste plus nulle part et…. ciel de ciel, tu as raison, mais comment cela se fait-il ?

Ça, c’était samedi dernier. Dans la demi-heure qui a suivi, je me suis dépêché d’aller m’en chercher quelques bouteilles.

Et ce matin, juste avant de publier ce texte, j’ai revérifié et il y en avait encore environ six caisses dans ces deux mêmes succursales.

Que s’est-il passé ? Il s’est passé que quelques conseillers en vin plus rapides sur le piton que d’autres en ont vite recommandé en juin, et il s’est trouvé qu’il y en avait encore quelques caisses en entrepôt.

Mais, encore une fois, allez-vous me dire, qu’est-ce que cette folie pour ce sancerre rosé ?

Tous ceux qui ont eu la chance de le goûter vous le diront, c’est non seulement le meilleur rosé qu’ils ont bu cet été (moi le premier), mais tout simplement un des meilleurs, sinon le meilleur rosé jamais bu à vie.

Je reprends ici mes commentaires publiés sur ce vin à la fin mai :

Le Rabault 2013, Sancerre Rosé, Joseph Mellot, 12,5%, France, Prix 24,65 $ Code : 12228539

Ceux qui trouvent que les rosés sont tout au plus rafraichissants, au mieux divertissants, doivent absolument goûter à ce rosé fait de pinot noir à 100%. Ça sent le pinot et ça goûte le pinot. Bien sûr, tout ça en mode mineur, mais le vin a de la présence, du caractère et, se démarque complètement de ce que j’ai goûté en rosé, jusqu’à maintenant, cette année. Et j’ajouterai même que son prix élevé, pour une fois en rosé, est mérité. Bravo. *** (16,5 /20)

Je n’ose en mettre davantage, de peur d’ajouter à votre frustration au cas où vous ne pourriez le goûter. Bonne chance.

Quatre vins à acheter avant qu’il n’en reste plus

- 13 août 2014

Je ne dis pas ça pour me plaindre, mais ça m’énerve quand je goûte un bon vin dont je me promets bien de parler, mais que je dois finalement ignorer parce que les quantités restantes dans le réseau de la SAQ sont trop petites.

Dont je me promets bien de parler dans ma chronique du samedi du Journal de Montréal, je veux dire, ou alors le jeudi, en le choisissant comme vin de la semaine.

L’avantage d’un blogue comme Méchants Raisins, suivi par des amateurs plus «assoiffés», oserais-je dire,  par les bonnes affaires, et ce même s’il faut se démener un peu plus pour en trouver, donc plus au fait des limites du marché du vin au Québec, l’avantage, disais-je donc, c’est de pouvoir parler ici de ces vins sans se faire lancer des tomates parce qu’il n’en reste plus assez.

Voici quelques-uns de ces vins goûtés durant mes vacances, trois rouges et un blanc. En espérant que ces bouteilles feront aussi votre bonheur.

PradoRey

PradoRey 2011, Ribera del Duero, 15%, Espagne, Prix 15,60 $ Code 585596

Quelle jolie sève riche et enveloppante ! La bouche est ample, les saveurs sont sur la cerise et un élevage sous bois a aromatisé légèrement le vin. Il est vineux, certes, mais pas au point de percevoir ses 15 degrés d’alcool. Vraiment très bon pour le prix.*** (16/20)

Clos deFouss Fous 2011, Grillos Cantores, Alto Cachapoal, Valle Central, Cabernet Sauvignon, 14%, Chili Prix 20,25 $ Code 11927813

Enfin un vin du Chili qui n’est pas «bretté». Le nez est franc, très «cab», la bouche est vineuse, un brin chaleureuse même, mais le fruit a de l’éclat et le vin est bon. À l’aération, il fait un peu «feuille de tomate» comme la plupart des vins du Chili, mais rien ici pour nous faire bouder notre plaisir. Dans mon cas, je dois dire que ça m’a réconcilié un peu avec le Chili. C’est toujours ça de pris. **1/2 (15/20)

 

 

Marie de Beauregard 2011, Chinon, Saget La Perrière, 12,5%, France Prix 21,25 $ Code 1210991Chinon

Un beau chinon frais et digeste, bien élevé dans des barriques de 2 à 3 ans, ce qui lui a donné rondeur et souplesse ; franches saveurs de cabernet franc bien mûr. J’aime. **1/2 + (15,5/20)

 

 

Clemence

Cuvée Clémence 2012, Entre-Deux-Mers, Cheval Quancard 12,5%, France Prix 17,056 $ Code 10392394

Un très joli blanc aux arômes de pamplemousse, mais dont les ardeurs du Sauvignon ( 60% de Sauvignon blanc et gris) sont sérieusement tempérées par le Sémillon (25%) tandis que la Muscadelle (15%) apporte de jolies notes florales. **1/2+ (15,5/20)

 

 

 

 

 

Chianti Classico : un échelon qualitatif de plus

- 25 juin 2014

LogoChianti

Allons droit au but, le Chianti Classico vient de se doter d’un nouvel échelon dans sa hiérarchie qualitative.

C’est le Chianti Classico Gran Selezione. Cet échelon se situe au sommet de la pyramide qualitative du Chanti Classico.

Au-dessus, donc, du Chianti Classico Riserva et du simple Chianti Classico appellé officiellement Chianti Classico Annata (annata qui veut dire année, par extension «millésimé»).

Ce n’est pas une nouvelle appellation, il faut le préciser, puisque le Chianti Classico est déjà depuis 1984 une DOCG (denominazione di origine controllata e garantita), et était, avant celle-ci, une DOC depuis 1967.

Une délégation d’une cinquantaine de vignerons du Chianti Classico qui ont vu certains de leurs vins obtenir cet ultime sceau qualitatif était de passage à Montréal, récemment, afin de faire goûter ces vins.

Au printemps

Aucun de ces vins n’est présentement disponible au Québec, pour cette bonne raison  que la création de cette nouvelle hiérarchie n’a été approuvée par le Consorzio Vino Chianti Classico qu’en 2013.

Ce qui fait que la plupart des premiers vins qui pourront se prétendre de cette nouvelle mention sont du millésime 2010, bien que certains Riserva de millésimes un peu plus anciens comme 2008 ou 2009, ont pu aussi avoir cette autorisation après avoir démontré que leurs vins répondaient au nouveau cahier des charges de la Gran Selezione.

Lequel précise que le vin doit être issu d’un même vignoble ou d’une parcelle d’un vignoble, ou alors d’une sélection des meilleurs raisins du vignoble.

Il faut aussi que le vin ait vieilli au moins 30 mois dont trois en bouteille (le vin doit titrer minimalement aussi 13 degrés), contre 24 mois dont trois en bouteille pour le Riserva.

Donc, ces vins ne sont pas encore disponibles, mais quelques-uns devraient arriver à la SAQ cet automne. Mais c’est plutôt au printemps prochain qu’ils seront chez nous en force, alors qu’un numéro du magazine Cellier en proposera un nombre important.

Appellation

Cela dit, j’ai toujours été fasciné par l’énorme fossé qui existe entre les vignerons et le consommateur «lambda», comme ils disent en France, à propos du système des appellations d’origine ou alors aussi de certaines dénominations.

Un système, ou des vocables, sans doute fort simples à comprendre pour le vigneron et l’amateur de vin le moindrement éclairé, mais qui ressemble un peu beaucoup à du chinois quand on en parle à Odette Toutlemonde (merci M. Schmidt).

RuffinoAppellation Côte de Toul, Côtes de Fores, Coteaux du Loir ? Appellation Saussignac, Bellet, Seyssel ?

Bien peu de gens savent où ces appellations se situent exactement, et en ajouter de nouvelles, sorties d’un coin de pays que personne ne connaît, à part les gens de ce coin de pays, ce n’est pas forcément non plus l’idée marketing du siècle pour faire vendre son vin au reste de la planète.

En revanche, pour avoir moi-même pris connaissance, au fil des années, des débats qu’ont pu engendrer les délimitations de certaines appellations, sinon leurs agrandissements ou, mieux encore, la demande de transformation d’un petit coin d’appellation en une appellation à part entière, je comprends l’importance que cela peut avoir pour les vignerons.

L’appellation, pour les vignerons, c’est la reconnaissance de leur différence et de leur travail, c’est l’estampe qualitative, en plus d’être un élément commercial important, du moins en terme de fixation des prix.

Mais il est aussi vrai que la montée des vins de cépage (sinon la  dénomination des vins en fonction de leur principal cépage) dans ce qu’on appelle les pays producteurs du Nouveau Monde, a fait en sorte que le système d’appellation d’origine, pour une large part du marché international, a un peu perdu de son lustre.

Les Super Toscans

Viticcio

Cela dit, il est évident que pour les grandes appellations classiques comme Bordeaux, Bourgogne, Barolo et Chianti, justement, pour ne nommer que celles-là, la situation est différente.

Et à écouter les producteurs de Chianti Classico qui était à ce salon, l’autre jour, on comprend aussi que la création de la mention Gran Selezione a son importance.

Ne serait-ce, comme me l’expliquait M. Davide Profeti, directeur général de la maison San Felice, que pour se démarquer des Super Toscans.

Lesquels, je le rappelle, s’ils ont contribué à amener les vins de la Toscane à une notoriété et à un niveau de qualité que ne leur avait pas permis de faire l’appellation Chianti Classico, ils ont du coup jeté un peu d’ombre sur cette dernière.

Et il est de bonne guerre de rappeler, par la création de cette Gran Selezione, que le chianti classico traditionnel peut lui aussi être d’une très grande qualité.

La Sangria, sur un air d’été

- 17 juin 2014

La sangria qui a sa propre Appellation d’Origine Protégée : doit-on en rire ou en pleurer, se demandait récemment un journaliste français ?

En tout cas les Espagnols, eux, n’entendent pas rire, avec la sangria. Les Portugais non plus, d’ailleurs. À partir du 1er janvier 2015, seule la sangria produite en Espagne ou au Portugal pourra porter le nom de sangria avec la mention «Appellation d’Origine Protégée».

Le Parlement européen en a décidé ainsi, en début d’année.SangriaTube

Les autres pays européens qui en commercialiseront devront obligatoirement préciser ceci, en complément du mot sangria et à la place de la mention d’appellation : «boisson aromatisée à base de vin produite en…» (avec le nom du pays où elle est produite).

Si ce journaliste français se demandait si on ne devait pas plutôt en rire, c’est que la sangria n’a évidemment rien à voir avec un quelconque terroir.

Par contre, il est vrai qu’elle a effectivement comme origine la péninsule Ibérique.

C’est, donc, une boisson aromatisée à base de vin dans laquelle on peut mettre des extraits ou des essences naturelles d’agrumes, de même que des épices et du jus de fruit.

Le décret d’appellation précise, par ailleurs, que la sangria ne peut être colorée que par «les mRozAngriaatières premières mises en œuvre».

Tout ça pour dire que la SAQ en propose quatre, dont une nouvelle, vendue dans une sorte de gros tube qui s’appelle Fresh Sangria.Cat, sous le principe des wine in a box.

C’est produit en Catalogne par une compagnie qui s’appelle Wine In Tube, et c’est vendu 40,75 $, le format de 3 L, ce qui revient à 10,18 $ la bouteille de 750 ml.

C’est aromatique, pour ne pas dire parfumé, c’est épicé (cannelle, girofle…) et ça me rappelait un peu les rouleaux de petits bonbons roses de notre enfance, si tant est que cela dise quelque chose à quelqu’un.

J’ai goûté aussi, récemment, à un produit qui s’appelle RoZangria, qui est cette fois une boisson aromatisée à base de vin rosé.

C’est produit par le Château Capendu, la même maison qui signe, en blanc et en rouges, ces deux très bons rapports «qualité-prix» que sont Les Jardins de Meyrac, notamment.

La couleur est effectivement celle d’un rosé, c’est parfumé, un peu sucré, ça contient un peu de gaz carbonique, mais c’est léger et ça se boit bien sur le bord de la piscine au milieu l’après-midi, d’autant que ça ne titre que 8,5 degrés.

 

  • Fresh Sangria.Cat, Wine In Tube, 13%, Espagne Prix 40,75$ Format de 3 L Code 11690385
  • Rozangria, Château de Capendu, 8,5%, France Prix 12,40 $ Code 12235544

 

 

LBV en soldeLBVOffley

D’accord, l’été n’est peut-être pas la saison idéale pour boire du porto, quoique servi rafraîchi, autour de 14 degrés, ça peut être très agréable en fin de repas, sur les fromages ou un dessert au chocolat.

Mais à 16,95$ au lieu de 19,95 $, le LBV Offley 2008 devient carrément un must.

Le solde commence ce jeudi 19 juin pour se terminer le 6 juillet.

Et si vous faites coïncider votre achat avec le rabais de 10% que la SAQ accordera les 20,21 et 22 juin sur tout achat de 100,00 $ et plus, ça revient à 15,25$.

Méchant deal.

LBV Offley 2008, Sogrape Vinhos, 20%, Portugal Prix 16,95 $ (en spécial) Code 438024 Note *** (16,5/20)
Beau nez de petits fruits mûrs avec des nuances de sous-bois, mais aussi un peu de cannelle et de bonbons anglais. Superbe fruit en bouche, de la profondeur, de l’élégance, belle texture chaude et veloutée. Un régal, quoi.

 

 

 

 

L’Auxey-Duresses 2011 d’Agnès Paquet

- 9 juin 2014

La technique est un outil formidable. Je suis moi-même un fan de techno. Mais, hélas, quand elle se fourvoie, on a envie d’aller se cacher en dessous du lit. Spécialement quand cela concerne un de ses textes.

Et c’est ce qui est arrivé, samedi dernier, avec la version électronique de ma chronique de vin. On a mis la bonne photo, celle donc de Auxey-Duresses 2011 d’Agnès Paquet, mais avec le texte du Chablis Premier Cru Montmains 2012 de Patrick Piuze.

Heureusement, sur la version papier, tout était correct.

Voici donc ce qu’on aurait dû lire avec cette photo. Mille excuses aux lecteurs.

 

AuxeyA

Auxey-Duresses 2011, Agnès Paquet, Bourgogne, 13%, France

 

Type : vin blanc

Code : 11772946

Prix : 27,95 $

Note : ***1/2 $$$

 

Un nez très fin sur la noisette avec de subtiles nuances de fleurs ; bouche fine et élégante, «une ballerine en équilibre sur ses pointes», ai-je noté, un beau fruit délicat enrobant une structure acide parfaitement dosée. Quel régal ! Le vin n’a pas été filtré et, en conséquence, indique-t-on sur la contre-étiquette, «un léger dépôt peut se former sur l’épaule de la bouteille».