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Pintia 2009 de Vega Sicilia: suite et fin de la saga

- 10 avril 2014

Comme l’affirmait, hier, Méchants Raisins, il était inexact de dire qu’il y aurait un rappel généralisé du Pintia 2009 que Vega Sicilia produit dans l’appellation Toro, tel qu’on le laissait entendre ces derniers jours sur différents sites, notamment ceux du Wine Enthusiast, Decanter et The Drink Business.

En fait, comme la bodega l’a fait savoir à ses clients par une lettre signée par M. Pablo Alvarez lui-même, le grand patron de Vega Sicilia, et dont Méchants Raisins a obtenu copie, on s’engage à remplacer le vin auprès des clients que l’abondant dépôt qu’il contient effectivement pourrait gêner. Le Pintia 2008 ou 2010 leur sera alors proposé. D’ailleurs, la quantité de ce dépôt abondant n’affecte pas toutes les bouteilles, précisait M. Alvarez.

Mais il ajoute du même souffle que «la qualité du vin est magnifique» et que, dans la mesure où on prendra la précaution de le décanter avant de le servir, il «garantit personnellement le plaisir» que les amateurs auront à le boire. «La présence de ce dépôt dans le vin n’altère en rien sa qualité», insiste-t-il.

On le sait, la SAQ proposait du Pintia 2009 aux abonnés du Courrier Vinicole, et le tirage au sort effectué le 3 avril a fait en sorte que 225 amateurs d’ici ont pu mettre la main sur l’une de ces bouteilles. Le vin leur sera livré à la mi-juin.
La SAQ va contacter personnellement ces clients afin de discuter de la suite des choses, disait hier Linda Bouchard, des relations de presse de la SAQ.
Mme Bouchard racontait que Pintia 2009 a été l’un des vins les plus appréciés de l’offre du dernier Courrier Vinicole, y compris par plusieurs journalistes.

Par ailleurs, M. Pablo Alvarez ajoute que la présence de dépôt est plus grande encore dans l’Alion 2010, produit par cette autre bodega que possède Vega Sicilia dans le Ribera del Duero, et que pour cette raison, on a décidé dans ce cas de ne pas le commercialiser.

Non, Vega Sicilia ne rappellera pas le Pintia 2009

- 9 avril 2014

Une nouvelle publiée avant hier par le magazine Wine Enthusiast, à l’effet que la prestigieuse maison espagnole Vega Sicilia allait rappeler l’entière production du Pintia 2009 (500,000 bouteilles), est finalement inexacte.
Vega Sicilia doit publier sous peu un communiqué pour rétablir les faits. Pintia est le vin élaboré à la bodega que possède Vega Sicilia en Toro, l’appellation voisine du Ribera del Duero.
Selon ce que rapportait Wine Enthusiast, la décision de Vega Sicilia faisait suite à de nombreuses plaintes concernant la présence importante de particules et de sédiments dans le vin.
En échange du Pintia 2009, écrivait même le magazine, Vega Sicilia allait offrir aux amateurs qui en posséderaient (ou qui en ont acheté) de le remplacer par le millésime 2008, ou par le 2010.
Or, justement, la SAQ en a acheté et le propose même dans dans la présente opération du Courrier Vinicole qui se termine le 18 avril (prix: 60,00 $ Code: 11855768).
Questionné à ce sujet par Méchants Raisins, la SAQ a vérifié ce qu’il en était auprès de Vega Sicilia.
Réponse: la nouvelle publiée par Wine Enthusiast est inexacte; c’est un malentendu, un imbroglio; Pintia 2009 répond parfaitement aux normes de qualité de la bodega, a répondu Vega Sicilia à la SAQ, et non, il n’est pas question de rappeler ce vin et de le remplacer par un autre millésime.11855768_is
Au moment de publier ce texte, alors que nous étions en milieu de soirée en Espagne, le communiqué promis par Vega Sicilia n’avait toujours pas été publié.
On vous tient bien sûr au courant des développements, le cas échéant.
Wine Enthusiast écrivait également qu’un problème de même nature affectait aussi le millésime 2010 de l’Alion, le vin que produit Vega Sicilia dans cet autre bodega qu’elle possède dans le Ribera del Duero et que plusieurs considèrent comme le meilleur vin de l’appellation, après  bien sûr ceux de Vega Sicilia.
On attend de voir les précisions que fera aussi Vega Sicilia sur l’Alion 2010 pour lequel, en revanche, Wine Enthusiast n’annonçait pas de rappel. De toute façon, le millésime de l’Alion proposé présentement à la SAQ est le 2009 (81,75 $ – 750 ml;  195,00 $ – 1,5 L).
Bodegas Pintia est un projet qu’a initié Vega Sicilia au milieu des années 90, avec l’idée de faire un grand vin dans l’appellation Toro. Le premier millésime mis sur le marché a été le 2001.
L’Alion est un autre projet de Vega Sicilia qui voulait, dès 1986, faire un autre vin en Ribera del Duero, différent du sien évidemment, un vin moderne, avec sa propre personnalité. Ce projet ne s’est finalement concrétisé qu’en 1992.

Toasts et vins généreux

Pour une cinquième année, la SAQ s’associe avec les Banques alimentaires du Québec (B.A.Q.), afin de venir en aide à ceux qui ont des besoins d’aide alimentaire d’urgence au Québec.
Dans la société supposément riche qu’est la nôtre, ces banques alimentaires répondent à plus de 1,5 million de demandes d’aide chaque mois. Vous avez bien lu: pas par année, mais chaque mois.
Bref, de ce jeudi 10 avril au samedi 12, avec chaque achat d’une bouteille de blanc, la SAQ remettra 1 $ aux B.A.Q.
Et sur quatre blancs spécifiques, bien identifiés en succursales d’autant qu’ils afficheront un rabais allant jusqu’à 2 $, cette mise de 1 $ sera doublée par les fournisseurs de ces vins.
À noter que quatre chefs réputés, Martin Juneau (Pastaga et pub St-Joseph), Ian Perreault (Chez Lionel), Marie-Fleur St-Pierre (Tapeo et Meson) et Danny St-Pierre ( l’Auguste à Sherbrooke), associés à cet autre organisme caritatif qu’est La Tablée des Chefs, ont concocté chacun une recette de toast pour accompagner idéalement ces quatre vins
De plus, en passant à la caisse, les clients seront invités à faire un don supplémentaire en «tartinant» un toast symbolique: 1 $ pour du beurre d’arachide, 2 $ pour de la confiture, etc.

Cellier de Pâques

Dans ma chronique de samedi prochain 12 avril, dans le cahier CASA du Journal de Montréal, je vous propose quelques-uns des trente vins qui font partie du «nouvel arrivage » du Cellier de Pâques.
En voici deux autres:

  • Corbaia 2008, Toscana IGT, Castello di Bossi (50,00 $ Code: 12108713): belle évolution au nez qui nous amène sur le sous-bois. La bouche suit, avec un boisé bien intégré; les tannins sont fermes mais de qualité, et le tableau d’ensemble est d’une parfaite netteté. Très bon, il peut tenir encore facilement cinq à huit années supplémentaires. ***1/2 + (17,5 / 20)
  • Ornellai 2011, Bolgheri Superiore, Tenuta dell’Ornellaia (189,25 $ Code 11973238) : à ce stade-ci de son évolution (c’est encore un jeune bébé), le vin est dans sa phase austère (un boisé très présent, une finale un peu asséchante), mais le vin révèle déjà, par ailleurs, un agréable côté floral et épicé, et une bouche large et puissante qui ravira son lot d’amateurs indéfectibles. Du « gros stock» qui, par ailleurs, ne plaît pas forcément à tous les palais. À boire idéalement dans une douzaine d’années. ***1/2 + (17,5 ➝ 18 / 20 )

Baisse du prix des champagnes

- 1 avril 2014

La nouvelle est tellement grosse qu’on imagine facilement pourquoi la SAQ a décidé de la rendre effective le 2 avril plutôt que le 1er avril.
Les amateurs auraient cru à un poisson d’avril. Mais c’est rigoureusement exact. À partir du 2 avril, de demain donc, les prix des champagnes vendus à la SAQ vont baisser.
Mieux, la SAQ s’engage à introduire sur le marché, d’ici la prochaine période des fêtes, cinq nouveaux champagnes dont le prix de détail sera inférieur à 40$.

Voici quelques exemples de ces baisses, parmi les champagnes les plus populaires : Veuve Clicquot Brut baisse de 71$ à 66,75$, Moët & Chandon Impérial de 65$ à 60,75$, Mumm Cordon Rouge Brut de 64$ à 59$, Duval Leroy Cuvée Design Paris de 75,25 à 69,00 $, Nicolas Feuillatte Brut de 49,50 à 46,25 $, Lallier Grande Reserve Brut  52,25 à 48,75 $, Pommery Brut Royal de 66,75$ à 62,50$, Laurent-Perrier Brut de 65,00 $  à 60,75 $, Pol Roger Brut de 64,00 $ à 60,00 $, Roederer Brut Premier de 66,50 $ à 62,25 $.
Une nouvelle étonnante, donc, mais en même temps attendue par eux qui lisent ce bloChampagnegue et ma chronique dans le Journal de Montréal.

Le 11 janvier dernier, dans une chronique intitulée  2014, une année charnière pour la SAQ, j’avais en effet écrit que le nouveau grand patron de la SAQ, M. Alain Brunet, était conscient que le prix des champagnes était trop élevé.
Et qu’il allait vraisemblablement baisser le prix des bulles. Un peu moins de deux mois plus tard, le 27 février, la SAQ émettait une capsule d’information avisant les agents et les fournisseurs qu’elle allait effectivement réviser à la baisse sa majoration des champagnes. Et c’est demain que ce changement entre en vigueur.

Bon, vous allez me dire que la baisse aurait pu être plus grande. Bien d’accord. Mais, comme dirait l’autre, c’est mieux qu’une claque dans la face.

Des nouvelles

De quelle boîte à surprise je sors, moi, comme ça ? C’est vrai qu’après six semaines de silence sur ce blogue et dans ma chronique du Journal de Montréal ( merci, Patrick, d’avoir tenu le fort), il serait normal que je donne quelques explications. Elles sont simples : j’ai pris de longues vacances. «Faire le vide pour faire le plein», disait mon oncle Gérard, et c’est exactement ce que j’ai fait.

Pour tout dire, j’ai passé quasiment tout ce temps en Australie, mais c’était un voyage personnel, aucunement lié au monde du vin. D’ailleurs, je n’ai visité aucune winery durant mon séjour là-bas et n’ai participé à aucune dégustation.
Par, contre, oui j’ai bu du vin. Mais, comme je l’explique dans ma chronique du journal, ce samedi 5 avril, l’offre des vins auxquels j’ai eu accès dans une large portion de ce voyage était très limitée, de telle sorte que je n’ai pas eu vraiment le choix de me tenir relativement à distance du monde du vin.

Je retiens quand même, pour l’autre portion de ce voyage, que le prix des vins australiens dans les magasins, même ceux produits localement, était très élevé.
À peu près au niveau, en fait, des vins australiens vendus à la SAQ. Un exemple parmi plusieurs : entré un jour dans une wine shop pour acheter du riesling (j’adore les rieslings australiens, minéraux, croquants, parfaitement secs), j’en suis ressorti avec deux bouteilles de Mâcon de la Cave de Lugny, moins chers que la vaste majorité des blancs australiens qui y étaient proposés.

Pourtant, ils étaient bien peu nombreux les vins français dans les boutiques de vins australiens. Encore moins sur les cartes des restaurants. N’empêche, cette autre anecdote : un soir, sur la carte d’un restaurant italien, le moins cher des vins proposés était un… Gentil Hugel à 38 $ ! On en a du coup acheté deux bouteilles.
Nous n’étions pourtant pas très loin de Melbourne et de la Yarra Valley, à ce moment-là. En fait, la marge que se prennent les restaurateurs sur les vins australiens est hallucinante. Toujours deux fois et demie le prix de détail, souvent trois et quelques fois davantage encore.

Tiens, un autre soir, dans un resto de tapas, le verre de bulles du Raventos i Blanc coûtait 19 $ (la bouteille est vendue 21,10 $ à la SAQ). Ça vous donne une idée!
Pourquoi les prix des vins australiens sont-ils si chers localement, contrairement à la France, l’Italie ou l’Espagne, par exemple, alors qu’au resto on peut toujours dénicher une bonne bouteille à bon prix ? Je l’ignore mais, comme on dit, j’ai mis un homme là-dessus et on s’en reparle.

Une chose est sûre, tout est cher en Australie. Le salaire minimum n’est pas loin du 17 $ l’heure mais quand le travail est minimalement spécialisé, ou même dans un resto, un supermarché ou une boutique de vêtements, il peut facilement atteindre 25 $.
Cela dit, de retour à la maison, j’ai passé en revue les rieslings australiens disponibles ici, c’est-à-dire ceux qui sont secs, droits et vibrants, comme je les aime.
Je vous en propose ici quelque-uns :

  • McWilliam’s Hanwood Estate Riesling 2011 (15,80 $) Code 10754607): simple, mais fort convenable. Quand même bien typé, il fait la job, comme on dit, et plutôt bien que mal.
  • The Dry Dam Riesling 2012 D’Arenberg (18,50 $ code 11155788) peut-être un peu plus allemand de style que les autres, c’est-à-dire moelleux en milieu de bouche, mais en revanche sec en final.
  • Hewiston Gun Metal Riesling 2012 (20,50 $ Code 11034134) : peu aromatique mais bien campé. Assez typique des nombreux rieslings (relativement) abordables qu’on trouve souvent en Australie : simple mais impeccable et parfaitement rafraîchissant.
  • B3 Eden Valley Riesling 2009 (24,55 $ Code 11034935) joli nez de riesling, avec des accents minéraux typiques (un peu «pétrole» quoi) mais aussi de fleurs blanches ; un brin moelleux ici aussi en milieu de bouche, mais droit et fringant en finale.
  • Mesh Eden Valley Riesling 2011 (29,15 $ Code 11075930) : à la fois floral et minéral, du fruit (mais il a besoin un peu d’aération), un certain volume, des saveurs plus détaillées aussi. Mon préféré.

 Festival des vins de Californie

Comme j’ai été absent un long moment, je n’ai pas pu vous parler du Festival des vins de Californie qui se tient demain, 2 avril, au Centre Sheraton de Montréal à compter de 19h00. À Québec, c’est ce soir à la même heure aux Espaces Dalhousie, 84 rue Dalhousie.

Les billets sont en vente au coût de 150 $ et, comme d’habitude, les profits sont remis à la Fondation des maladies du cœur, dans le cas de l’événement Montréal ( 514 871-8038 poste 247 pour les billets), et à Québec à la Fondation Élan (418  529-9141, poste 4229). Une centaine de wineries y feront goûter à plus de 400 vins.

www.calwine.ca/winefair2014/wine_fair.php

 

 

 

 

Sur la piste des grands vins oubliés

- 4 février 2014
Banyuls

Des bonbonnes de verre à ciel ouvert où sont élevés en partie les vins du domaine du Mas Amiel, à Maury.

Je me rappelle encore de ce moment très précis, dans les caves d’Emilio Lustau, à Xérès, où j’ai eu soudainement le grand flash, la vision, la certitude, que nous étions en train de goûter, littéralement, un moment d’histoire.

Bien sûr, chaque vin était merveilleux, éblouissant, bouleversant quelques fois comme cette fabuleuse East India Solera, ou, au contraire, avec cette délicate, pure et un rien saline Manzanilla Papirusa, au parfait diapason avec la totale légèreté de l’être qui nous habitait alors.

Mais c’est tout à coup devenu une évidence : nous goûtions des vins qui appartenaient à un autre monde, à un autre univers, à un autre temps, à un autre moment de l’histoire. Et cela n’était rien de moins qu’émouvant.

En flash-back, je me suis revu à Madère, vingt-cinq ans plus tôt, alors que je faisais l’un de mes tout premiers voyages de presse.

Je me souviens être resté absolument sans mot lorsque nos hôtes nous ont fait goûter une série de madères centenaires.

«C’est après cent ans qu’ils commencent à être bons», nous avait alors dit, mi-sérieux, mi-blagueur, notre hôte de la maison Henriques & Henriques. Et, entre nous, il avait parfaitement raison !

Solera1847Mode et style

Il y a cent ans, justement, ces vins étaient très prisés. On appréciait l’amertume, le caractère rancio de ces vins, la complexité des arômes et des saveurs qu’une oxydation ménagée peut apporter aux vins.

Aujourd’hui c’est le fruit qui a la cote ; à l’époque, c’était le caractère oxydatif des vins, peut-être justement parce qu’on maîtrisait mal les vinifications «pur fruit», qui sait ?

Peu importe, ce que je veux dire, c’est que chaque époque a ses goûts. Chaque culture aussi. Et la chance extraordinaire que l’amateur de vin a, aujourd’hui, c’est qu’il peut refaire ces voyages dans le temps quand bon lui semble.

J’ai mentionné les madères, les xérès, mais on pourrait ajouter les marsalas, les banyuls, les rivesaltes, les maurys, les vins jaunes du Jura, les portos tawnys…

Je dois dire que j’adore ces vins et que chaque fois que j’en goûte un, j’en suis tout remué.

Comme dit un ami, je devais être une vieille barrique de sherry dans une ancienne vie ( en passant, l’appellation permet l’utilisation des trois noms : sherry (en anglais), xérès ( en français) ou jerez (en espagnol).

Mais hélas, ces vins ne sont pas très populaires et c’est bien sûr la raison pour laquelle il y en a peu à la SAQ.

Mais il y en a et j’en ai justement goûté quelques-uns, récemment.

Alvada 5  ans  Rich Madeira, Blandy’s, Madeira Wine Company, 19%, Portugal Prix 21,95 $ – 500 ml Code 10365513
La couleur est cuivrée, le nez est sur les noix, le curry, sur fond de fin rancio, avec aussi un peu de caramel et, à la limite, de sirop d’érable. Ce vin est un assemblage de mamsley (malvoisie) et bual. Un brin sucré, mais moins qu’un porto tawny, par exemple, avec qui il a quelques similitudes. Voyez ce vin comme une introduction aux grands vins de Madère. À boire avec les fromages, les desserts, ou seuls, en digestif.
***

Gonzales

Une partie du chai chez Gonzalez Byass, à Jerez.

Domaine de La Tour vieille, Banyuls Reserva, 16,5%, France Prix 26,70 $ Code 884916
Les banyuls Reserva ne sont pas millésimés. On considère que le fait de faire vieillir ces vins en partie dans des bonbonnes de verre à ciel ouvert, a pour effet de gommer l’effet millésime. Car c’est le caractère oxydatif qui l’emporte. L’autre partie du vin a été vieilli pendant quatre à cinq ans dans des foudres et dans des cuves. Nez sur les noix, pointe d’écorce d’orange, le vin est vineux sans être chaleureux en bouche ; les saveurs se détaillent sur la cannelle, les fruits confits, tandis que la texture est légère, plus fluide, je dirais, que celle d’un porto tawny. Il a aussi une tenue en alcool légèrement moins élevée qu’un tawny. Encore ici, sur les fromages à pâtes persillés ou forts (vieux cheddar, vieux gouda, parmigiano…), ou alors en digestif.
***

Manzanilla Papirusa Solera Reserva Lustau, 15%, Espagne Prix 10,00 $ – 375 ml Code 11767565
La manzanilla est, enfait, un xérès fino qui vient de Sanlucar de Barrameda, sur le bord de la mer, et qui constitue l’une des pointes de ce «triangle du xérès» où, avec Jerez, l’élevage de ce vin est permis, l’autre étant El Puerto de Santa Maria. Le fino est un xérès qui a évolué sous un voile de levures (flor), puis est élevé et assemblé selon la méthode solera, un système de vieillissement où les jeunes vins, contenus dans les barriques situées au-dessus de l’empilement, sont en quelque sorte élevés par les plus vieux vins qui sont contenus dans les barriques au niveau du sol. Le vin soutiré de ces dernières est remplacé par celui des barriques qui sont juste au-dessus, et celui de ces derniers par le jeune vin de la rangée supérieure. Personnellement, j’ai toujours eu un faible pour la manzanilla, plus légère, plus délicate que le fino de Jerez, plus aérien, sans oublier, comme je le disais, ce petit côté salin apporté sans doute par les embruns marins. Le vin, comme le fino, est évidemment très sec. En apéro, avec des olives et des amandes, c’est un grand moment de bonheur. À ce prix, on serait fou de ne pas au moins essayer.
***

 

 

Les bourgognes du Courrier Vinicole : une courte sélection

- 30 janvier 2014

Bon, c’est vrai qu’on n’a pas tout goûté. Seulement une quarantaine de vins sur les 122 mis à la vente dans le Courrier Vinicole (en passant, la vente commence le 7 février et se termine le 17 février à midi).

Forcément, il y a sûrement d’autres bons achats à faire. Hélas, il faudra alors y aller «par oreilles», si je peux dire, en songeant à la notoriété des vins, ou en consultant les commentaires des chroniqueurs européens ou américains, puisque nous ne les avons pas goûtés.

Tous les bourgognes sont du millésime 2011, à l’exception notable des vins du Domaine de la Romanée Conti qui sont du millésime 2010.

En dépit de la qualité moyenne du millésime et des prix qui ne sont certainement pas à la baisse, faut-il acheter ces bourgognes 2011 ? Dans ma chronique de demain, dans le Journal de Montréal, je réponds que oui, tout de même un peu, et j’explique pourquoi.

Quoi acheter alors ? Mon collègue Patrick Désy fait part de ses choix, et les miens suivent, plus bas. Alors, à vous de jouer. Vous verrez, nos choix sont assez différents. Mais, comme dit toujours un collègue, ça fait partie de la beauté du vin; il y en a pour tous les goûts.

Pour d’autres détails sur cette vente, consulter le texte précédent de Patrick Désy, sur ce blogue, de même que, évidemment, le SAQ.COM

 

Les choix de Patrick

CourrierBourgogne

  • Savigny-lès-Beaune 1er cru La Dominode Pavelot, 13,5% (Prix 52,00 $ Code 12141994)
    Registre animal laissant place à un fruit mûr et de jolies notes anisées. Attaque puissante, pas tout en fait en place, le tout est compensé par une assez bonne chair et une bonne persistance à la fois structurelle et aromatique. Joli potentiel de garde. Irréprochable à nouveau!
    15,5-16,5/20
    Ladoix 1er cru Le Clou d’Orge Domaine Chevalier, 13,5% (Prix 54,00 $ Code 12232212)
    Racoleur. Boisé appuyé, mais bien intégré. On sent une matière mûre, de l’épice et des notes de goudron. Jolie matière, enveloppante avec des tanins de qualité et une fraîcheur qui porte le tout sur une belle allonge. À boire sur le fruit.
    15,5-16/20
    Pommard 1er cru Clos de Verger Camille Giroud, 13%  (Prix 70,00 $ Code 12138437)
    Nez invitant et gourmand. Ça «pinotte» bien! Sapide, plein, matière soyeuse construite autour d’une trame tannique fine. Finale soutenue. Bon potentiel de garde.
    16,5-17/20
    Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers Roche de Bellene,13,5% (Prix 97,00 $ Code 12132174)
    Fruit tendre, bouche enveloppante, presque caressante,  belle énergie, fraîcheur et notes épicées en finale qui perdure longuement. Excellent, mais cher.
    16,5-17/20
    Volnay 1er cru En Caillerets La Pousse d’Or, 13% (Prix 94,00 $ Code 12141951)
    Précis, expressif et racé: olive, réglisse, charbon, fruits noirs. Impression délicate en attaque. Matière croquante et généreuse. Masse tannique fine. Fermeté en finale qui s’étire assez longuement. Dans mon trio de tête en rouge.
    17-17,5/20
    Beaune 1er cru Grèves Vigne de L’Enfant Jésus Bouchard, 13,5% (Prix 119,00 $ Code 12158024)
    Toujours aussi gourmand. Élevage senti laissant beaucoup de place au fruit qu’on devine mûr. Profondeur certaine. Classique et élégance naturelle. L’apport boisé en finale devrait laisser place à beaucoup de pureté avec le temps. Pas donné, mais quel régal!
    17-17,5/20
  • Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux-St-Jacques Dupont-Tisserandot, 13,5% (Prix 98,00 $ Code 12143674)
    Aguicheur et sérieux à la fois. Bouche gracieuse, matière enveloppante et énergique avec masse tannique qui se fait sentir en finale sans rendre l’ensemble sévère. Finale longue et épicée. Lui aussi, dans le trio de tête.
    17-17,5/20
    Clos de Vougeot grand cru Le Grand Maupertui Anne Gros, 13,5% (Prix 180,00 $ Code 12147157)
    Belle finesse au nez avec un registre floral, de ronce et de petits fruits rouges, le tout étant souligné par un trait vert qui semble ici participer à l’équilibre du vin. Plein tout en présentant une matière finement ciselée et des tanins sentis. Longue finale vaporeuse. La grande classe! Mon préféré de la dégustation, mais le prix risque de calmer mes ardeurs!
    17,5-18/20

    Blancs
     

    • Saint-Aubin Premier cru Clos du Meix Hubert Lamy, 113% (Prix 57,00 $ Code 12141978
      Iode, coquillage, abricot, crème fraîche. Assez timide pour l’heure. Bouche assez large, un bois senti, mais ne nuisant pas à la précision du vin. Finale pierreuse qui s’allonge et semble gagner en ampleur. L’attendre 2-3 ans.
      16,5-17/20
      Chassagne-Montrachet 1er cru Les Caillerets Morey-Coffinet, 13,5% (Prix 72,00 $ Code 12124107)
      Joli grillé, touche exotique, melon, poire. Belle définition en bouche, fruit tendre, acidité fine, finale soutenue sur des notes pierreuses. Comme quoi, on peut faire de très jolis blancs à Chassagne! Bel avenir.
      17-17,5/20
      Puligny-Montrachet Étienne Sauzet, 13% (Prix 65,00 $ Code 12124086)
      Nez racé, grillé de qualité, cerfeuil, menthe. Bouche élégante, finement détaillée, matière un peu sur elle-même. Finale élégante et soutenue sur des notes salines. Difficile de se plaindre à ce prix!
      17/20

      Les choix de Claude

    • Beaune Premier Cru Les Bressandes 2011, Domaine des Croix, 13% (Prix 61,00$ Code 12141880) : Joli nez, élevage très fin qui apporte une certaine complexité, enfin du fruit, ai-je noté, après une longue série de vins qui me semblaient en avoir peu, délicat en saveurs, subtil.  Mais cher.
      ***1/2 (17/20)
    • Pommard Premier Cru Clos du Verger 2011, Maison Camille Giroud, 13% (Prix 70,00 $ Code 12138437) : du bourgogne sérieux, de la profondeur, équilibré, construit davantage en finesse que sur la puissance.
      ***1/2 (17/20)
      Gevrey-Chambertin Clos Prieur 2011, Domaine Dupont-Tisserandot, 13% (Prix 65,00 $ Code 12143295) : belle complexité aromatique où les petits fruits se conjuguent avec de jolies notions florales. La bouche est fine et délicate en saveurs, subtile et élancée ; très belle pureté d’expression avec une longue finale sur les fruits mûrs.
      ***1/2 (17/20)
    • Volnay Premier Cru En Caillerets 2011, Domaine de la Pouse d’Or, 13% (Prix 94,00 $ Code 12141951) : encore ici, de belles notes florales ajoutent du détail au nez ; la bouche est dense, le grain est serré. Le vin est encore sur sa réserve, mais on apprécie déjà la profondeur et la qualité de la sève. Un des plus convaincants de la série.
      ***1/2 (17,5/20)
    • Chambolle-Musigny Premier Cru Les Charmes 2011, Jean-Claude Boisset, 13 % (Prix 120,00 $ Code 12158059) : notes minérales comme de graphite, au nez ; bouche sérieuse, harmonieuse, fraîche, déjà invitante bien qu’en tout début de vie. On mise sur le long terme.
      ***1/2 (17/20)
    • Chambolle-Musigny Premier Cru Les Charmes, Domaine Amiot-Servelle, 13% (Prix 118,00 $ Code 12157937) : un beau fruit délicat enrobe ici la structure acide. L’ensemble est droit et élégant, mais le vin est encore dans sa gangue, en devenir.
      ***1/2 (17/20)
    • Corton Grand Cru Clos du Roi 2011, Domaine de la Pousse d’Or, 13% (Prix 120,00 $ Code 12141935) : le grand bourgogne classique, finement épicé par un élevage soigné, bien proportionné, puissance contenue derrière un port de tête élégant et fin ; à mon sens le plus réussi du lot.
      ***1/2 (17,5/20)

      Blancs

      Comme je le disais, les vins étant commentés dans ma chronique de vin de demain, 1er février, dans le Journal de Montréal, je ne donnerais ici que les noms des vins et leur note respective.

      • Saint-Aubin 2011 La Fontenotte, Domaine Marc Collin et ses Fils, 13%(Prix 35,00 $ Code 12157911)
        *** (16,5/20)
        Savigny-lès-Beaune 2011, Domaine Simon Bize et Fils, 13,5%(Prix 44,00 $ Code 12142735)
        ***1/2 (17/20)
        Chassagne-Montrachet Premier Cru Les Caillerets 2011, Domaine Morey-Coffinet, 13,5% (Prix 72,00 $ Code 12124107)
        **** (18/20)
        Meursault Premier Cru Clos des Perrières 2011, Domaine Albert Grivault, 13% (Prix 110,00 $ Code 12159027)
        **** (18/20)
        Beaune Premier Cru Clos des Mouches, Joseph Drouhin, 13,5%(Prix 130,00 $ Code 12145320
        ****1/2 $ (19/20)