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C’est Vin-dredi! Des vins de soif !!!

- 26 septembre 2014

AAAAAAARRRRRRRRRGGGGGGGHHHHHHH!!!!

Enfin, c’est vendredi!

VindrediC’est non seulement vendredi, mais on dirait que l’été a décidé de faire un dernier tour de piste avant de nous faire un pied de nez, tirer sa révérence et nous laisser sombrer du côté obscur de l’hiver.

Vous risquez d’être nombreux à vouloir profiter du beau temps en prenant l’apéro en terrasse et à prolonger la soirée à l’extérieur. Rien de mieux alors que de faire sauter le bouchon de ce qu’on appelle des vins de soif. Des vins frais, léger en alcool et qui pètent le fruit. Le genre de bibine qui donne l’impression que le verre est toujours à marée basse…

Ça tombe d’autant bien que la SAQ vient de recevoir le dernier millésime de trois vins tout indiqués pour ce genre d’occasion. Il faudra faire vite, car les quantités sont petites; ça risque de fondre comme neige au soleil!

 

Occhipinti SP68 2013 IGT Terre Siciliane (28,45$ – Code SAQ 11811765)

Les vins d’Arianna Occhipinti connaissent un tel succès auprès des amateurs québécois, qu’on se les arrache carrément quand ils débarquent. Pour vous donner une idée, la SAQ Atwater de Montréal, la plus grosse succursale au Québec, en a reçu incognito une douzaine de caisses en début de semaine. Jeudi, quand je suis passé, il en restait deux misérables bouteilles! Le 2013 est à nouveau un assemblage à parts égales de frappato et de nero d’avola. Toujours bien parfumé avec des notes d’orange amère, de rhubarbe, de terre humide, de goudron et de fruits secs. On a cependant l’impression d’un côté plus chaud dans le fruité, tant au nez qu’en bouche. Ça reste diablement digeste avec une jolie amertume en fin de bouche qui ajoute au caractère du vin. Petit coup de carafe (30-45 minutes) avant de servir frais (15 degrés). Le seul bémol : son prix qui vient encore de grimper. Je sais que l’euro se comporte mieux que le huard canadien, reste que le 2011 s’est vendu 22,70$  il y a moins de deux ans.

15,5/20

Morgon Breton et SP68

 

Guy Breton Morgon 2012 (27,60$ – Code SAQ 12258885)

Une première présence à la SAQ pour ce morgon de Guy Breton qu’on peut ranger dans le clan des meilleurs producteurs du Beaujolais. L’influence de Marcel Lapierre est bien palpable. Je vous préviens : c’est un vin qui se livre du cul quand vous l’ouvrez; un nez réduit suivi d’une bouche fâchée. Il lui faut beaucoup d’air pour que la grenouille se change en princesse! Dès lors, le nez s’emballe sur des notes de fruits rouges, de violette, de cuir avec un arrière-plan animal mélangé à des notes de ronce/poivre. Le fruité devient croquant, presque juteux dans sa manière de gommer la rusticité agréable des tanins et l’acidité prononcée. Belle allonge en finale et surtout, cette impression de « buvabilité » qui fera la joie d’un plateau de pâtés et charcuteries. Le vin semble avoir les atouts nécessaires pour bien évoluer en cave.

15,5-16,5/20

 

Gauby VV blanc 2011Domaine Gauby Vieilles Vignes blanc 2011 Côtes du Roussillon Villages (51,25$ – Code SAQ : 12391467)

Ceux qui me lisent connaissent l’amour et l’admiration que j’ai pour la famille Gauby. Les vins du domaine font partie de l’élite mondiale. Dès l’ouverture, on sent l’intensité et la précision des arômes : caillou frotté, registre floral rappelant le genet et la marguerite, puis de citron confit, de miel de trèfle et un fond d’iode. L’attaque en bouche donne une impression ample, presque grasse, ce qui vient camoufler une pointe de perlant qui finit par s’estomper au fur et à mesure du contact avec l’air. La richesse du fruité combiné à une acidité qui semble naturellement élevée fait naître une impression de délicatesse en bouche. Tonique, dense et à la fois gracieux, on le sent plus immédiat que le 2010 au même stage, ce qui ajoute au côté hédoniste du vin. La finale se resserre, devient saline tout en gagnant en précision. Une superbe bouteille, du genre à lécher au goulot. Joli potentiel de développement. Oxygénation lente* de deux bonnes heures avant de le servir bien frais, mais pas froid (autour de 10-12 degrés). Ici aussi, le prix continue de grimper : le 2010, encore sur les tablettes de la SAQ, se vend 43,50$…

17-17,5/20

 

*Oxygénation lente : technique qui consiste à faire respirer le vin lentement – par opposition à une oxygénation violente en carafe. Ouvrir la bouteille, retirer environ 20 ml de manière à ce que le niveau du vin touche le haut de l’épaule et laisser reposer quelques heures dans un endroit frais. On ouvre par exemple le midi pour boire le soir. Pour une oxygénation encore plus lente, simplement retirer le bouchon et laisser reposer toute la journée.

 

 

C’est Vin-dredi! L’effet WOW!

- 19 septembre 2014

Vin-drediPris dans l’absolu, c’est ce que tout amateur recherche au moins une fois dans sa vie : tomber le cul par terre et se pâmer de bonheur devant un verre de vin. C’est avoir le frisson, sentir tous ses sens s’emporter, avoir l’impression de trouver le chemin d’Éden. Le vin qui marque l’esprit, le cœur et vient trouver résidence dans votre âme. Le genre de vin dont on se souvient toute sa vie.

Le Wine Spectator l’appelle le X factor. C’est d’ailleurs un élément déterminant lorsque le magazine établit son fameux classement Top 100 chaque année. Autrement dit, à pointage égal, on choisira le vin qui fait vibrer le plus, celui le plus excitant.  C’est manifestement le côté le plus subjectif du vin. À chacun son WOW! pourrait-on dire, quoiqu’il y a des vins qui ont tendance à procurer l’extase plus facilement que d’autre,

Clos de la Roche et Clos St-DenisC’est du moins ce que je me suis dit hier soir en prenant connaissance des vins que nous allions déguster à l’occasion d’une soirée « Bourgogne » organisée par un : Clos de la Roche 1999 et Clos des Ruchottes Charmes-Chambertin 2002 de Rousseau, Clos St-Denis 1999 de Dujac, Meursault Goutte D’Or 1995 de Lafon, Corton-Charlemagne 2002 de Bouchard, Volnay Santenots 1969 de Remoissenet, Chevalier-Montrachet 2010 de Philippe Colin et j’en passe! Bref, une soirée d’exception de laquelle je m’attendais à quelques WOW!

Et bien, figurez-vous qu’il n’en fut pas ainsi!

Vous vous dites que si je n’arrive pas à prendre mon pied avec ce genre de vin, je mérite de mourir gavé au Petrus 1947 – ce que je pourrais éventuellement considérer – mais sachez que le sentiment était partagé par à peu près tout le monde à table! Évidemment, plusieurs  vins étaient absolument superbes. On a même frôlé l’extase avec certains, mais ultimement, pas de poils qui se dressent ou de cortex qui disjoncte.

Or, je me suis amusé à ouvrir deux ou trois pirates à l’aveugle dont le petit Ginglet à base de trousseau dont je vous ai parlé il y a deux semaines. Certes, ça n’a pas été le meilleur vin de la soirée,  mais force m’est d’avouer qu’au fil des bouteilles que j’ai le plaisir d’écluser, j’ai l’impression de retrouver chaque fois ce brin de magie et d’étoiles filantes.

Il y a plusieurs éléments qui peuvent expliquer une telle situation, notamment le contexte : l’état psychologique et physique du dégustateur, ceux qui l’entourent, l’endroit où l’on se trouve, le temps qu’il fait (température, humidité, pression barométrique, phase de la lune, etc.) et, évidemment, le vin lui-même; c’est-à-dire la façon avec laquelle il décide de se livrer ce jour-là.

J’ai beaucoup aimé une phrase que ma collègue et amie Nadia Fournier m’a dite cette semaine : on ne peut pas être déçu si on n’a pas d’attente. Ça peut aussi être une piste d’explication.

Ce qui me fait penser : essayer de faire le même coup avec vos proches. Passez-leur un vin à l’aveugle duquel ils ne s’attendent à rien et surveillez leur réaction. Je vous en recommande d’ailleurs un : le « petit » pinot noir 2013 de Carmen. Oui, oui, un pinot chilien. Servez-le frais (14-15 degrés), vous allez vous régaler. Ne cherchez pas le Grand Cru de Côtes de Nuits, ici, mais l’esprit vibrant et sapide du pinot noir est pour le moins étonnant!

Carmen Reserva Pinot Noir 2013 Valle de Casablanca

(15,45$ – Code SAQ  11579644 exclusif à SAQ Dépôt)  ** ½

 

Goutte d'Or

 

 

C’est Vin-dredi! Manifeste pour la finesse!

- 12 septembre 2014

VindrediMême s’il est moins actif qu’avant, l’influence de Robert Parker reste profonde. Tant chez les producteurs que chez les amateurs, la mode est encore aux vins mûrs, extraits et puissants, un goût qui plaît au critique américain et qui permet de décrocher une grosse note plus facilement.

Sans rien enlever à l’immense talent de Gérard Gauby, j’ai l’impression qu’il y a eu une phase « Parker » dans ses vins. La cuvée Muntada illustre probablement le mieux cette évolution.  D’une syrah au profil de bête à concours à la fin des années 1990, le vin s’est affiné de manière spectaculaire à partir du milieu des années 2000. Le grenache et le carignan, mieux adaptés aux terroirs de la famille Gauby, ont pris l’ascendant sur la syrah. Le vin a troqué la puissance pour la finesse

Il faut dire que Gérard travaille aujourd’hui la vigne de manière à obtenir des maturités phénoliques avant celles alcooliques; ce qui permet de faire des vins racés sans rien sacrifier de concentration. De son côté, Lionel, le fils, a accentué cette recherche de finesse en revisitant les vinifications, notamment en priorisant la cuve béton et l’élevage en fût neutre. C’est également Lionel qui responsable de l’arrivée des cuvées parcellaires au domaine.

Lors de ma visite au domaine l’an dernier, on en comptait quatre: Coume Gineste, La Roque, La Jasse et La Foun (Muntada est issue de plusieurs parcelles). Cette cuvée La Foun est récemment débarquée à la SAQ Signature. Je n’ai pas été étonné d’entendre ou de lire des commentaires plutôt mitigés à propos de ceux qui ont pu goûter au vin. Sans dire qu’on s’attendait à la grosse bombe Parker, plusieurs pensaient que le vin allait avoir un profil plus pugiliste. Il faut aussi dire que le prix passablement élevé (123$) a probablement amplifié les attentes.

La Foun 2011Or, c’est un tout autre vin que nous servent ici les Gauby.

La Foun, c’est d’abord une parcelle spéciale. Plantée par le grand-père de Gérard en 1890, on y trouve essentiellement des vieux carignan, un peu de macabeu et une clairette par-ci par-là. Encore plusieurs plans préphyloxéra qui sont francs de pied. Personne n’est autorisé à travailler la vigne autre que Gérard.

Le vin se présente bizarrement à l’ouverture. Ça perle en attaque et les parfums paraissent simples et discrets. L’impression d’un bloc, mais en même temps, on détecte dans la matière un grain fin qui n’est pas sans rappeler celui des grands pinots noirs. Après deux ou trois heures d’ouverture, le vin commence à se déployer. Il gagne en définition et en pureté, au nez comme en bouche tout en conservant un côté mystérieux.

Ce n’est que 24 heures plus tard que j’ai véritablement pu saisir la magie du vin. L’olfactif s’est alors emballé évoquant un registre profond et complexe de tonalités animales, de fruit noir rôti, de havane frais, de garrigue, de graphite, de cuir, de bergamote et de de violette. La bouche a perdu son austérité pour gagner un côté suave, plein et sphérique tout en conservant la délicatesse de la veille. Une main de fer dans un gant de velours! Une longue persistance à la fois aromatique et structurelle vient coiffer le tout.

On peut chipoter sur le manque de profondeur pour véritablement figurer au club de l’élite ou gueuler avec raison contre l’absurdité du prix, mais il faut rendre à César ce qui lui revient : c’est un vin d’une finesse remarquable et qui se distingue d’à peu près tout ce qui se fait dans le Roussillon. Si vous cherchez la grosse bête à concours, passez votre tour, car vous risquez de passer à côté du vin. Par contre, les amateurs de finesse seront comblés de joie en ouvrant une bouteille dans une petite dizaine d’années!

Domaine Gauby La Foun 2011 Côtes du Roussillon Villages  (123$ – Code SAQ 12300377)

17,5-18,5/20

Gérard Gauby

C’est Vin-dredi ! Le bonheur du nature

- 5 septembre 2014

J’ai encore souvenir d’une expérience absolument catastrophique dans un restaurant spécialisé en vin « nature ». Le sommelier qui me conseillait sur une carte bourrée d’importations privées dont je ne connaissais à peu près aucune référence était tellement obnubilé par le caractère nature du vin qu’il en avait oublié le tout premier principe de base : est-ce que le vin est bon? Ce n’est pas une, ni deux, mais bien trois bouteilles qu’il fallut ouvrir (et une bonne prise de tête avec le sommelier) pour qu’enfin le vin ressemble à… du vin!

Bref, à force de moins bonnes expériences comme celle-ci et de nombreuses autres, j’ai eu tendance à me méfier de tout ce qui est nature. Or, depuis un certain temps, j’ai l’impression que les choses se passent un peu mieux. Est-ce que ce sont les meilleures conditions de transport et de stockage, une meilleure compréhension des vignerons de l’approche nature ou peut-être mon goût qui évolue? Chose certaine, mes dernières expériences avec ce type de vin se sont révélées pour le moins enlevantes!

La dernière en liste : les vins de Philippe Bornard, dans le Jura. Certains diront que ce n’est pas vraiment du vin nature, puisque Philippe ajoute un tout petit peu de soufre dans les vins qu’il exporte. Qu’à cela ne tienne, non seulement sa démarche est orientée bio de chez bio, mais vous pouvez être quasi assuré que ses vins ne passent pas les tests de qualité qu’imposent la SAQ aux vins distribués en succursale. Pas filtré, pas collé (ou à peine), du dépôt en veux-tu, en voilà! Bref, rien de bien propre. Mais alors, quels vins! De ceux que j’ai eu la chance de goûter, j’ai retenu celui qui m’a le plus impressionné :

Le Ginglet 2011 Philippe Bornard Le Ginglet 2011 Arbois Pupillin
Robe cerise, limpide et lumineuse aux reflets bruns. Nez déconcertant par sa puissance, sa finesse et sa précision aromatique. L’impression d’entrer dans un souk marocain avec, en arrière-plan, la chasse au grand pinot noir. Ça n’a pas la même profondeur qu’un cru de Chambertin, la finesse aromatique d’un Musigny, la rusticité racée d’un Pommard ou la nuance d’un Vosne-Romanée, mais ça résume assez bien l’état des lieux. Tonalités évoquant le coulis de framboise, la pâte de tomate, la pelure d’orange, la terre cuite, l’aneth, le vieux rhum, le poivre rose et la violette. L’acidité surprend d’abord par sa vivacité. Sa texture, à la fois riche et croquante, laisse place à des tanins un peu bruts, mais bien intégrés. L’ensemble gagne en volume et culmine vers une longue finale aromatique. Je n’ai aucune idée de ce que ce genre de vin peut donner à long terme, mais il montrait toujours autant de vigueur et de nuance après 24 heures d’ouverture.

17,5/20

Bref, un vin absolument déroutant, mais surtout un plaisir comme j’ai rarement l’occasion d’en trouver, ou alors il faut allonger beaucoup de dollars. Je vous préviens, l’agence Glou qui a le génie de les importer n’a presque rien à vendre. Philippe Bornard ne produit pas non plus des masses. Mark Squire, du Wine Advocate commentait d’ailleurs sur mon profil Facebook qu’il était difficile de trouver d’aussi belles perles de Jura aux États-Unis.  Autrement dit, c’est la chance de boire un vin qui ouvre les horizons!

Bon vendredi!

Courrier Vinicole : l’Odyssée

- 30 août 2014

La (presque) fin de l’été sonne la rentrée des classes et… le retour du Courrier Vinicole (CV). Sous le thème de « l’Odyssée : À la quête des trésors à travers le monde » l’offre ratisse large et mise sur des produits qui nichent habituellement chez les amateurs avertis. Une sorte de catalogue « hipster » où l’on trouve, pour rester dans le thème, plusieurs perles!

L’ennui (encore une fois) c’est que les quantités disponibles pour les vins les plus intéressants frôlent le ridicule. Le cas le plus flagrant est sans conteste celui du Clos Rougeard à Saumur-Champigny dont seulement 24 bouteilles de la grande cuvée « Le Bourg » sont disponibles à la vente.

Devrait-on s’en plaindre?

Oui si on se glisse dans la peau de l’amateur décourager à l’avance de voir sur sa feuille de commande un gros 0 dans la colonne quantité allouée. Non si l’on considère que pour une majorité d’entre nous, c’est la chance unique de mettre la main sur des crus disponibles au compte-goutte que les amateurs du monde entier s’arrachent.

Au demeurant, il apparaît curieux de voir la SAQ rassembler dans une opération catalogue plusieurs produits qui s’écoulaient facilement et à moindre coût via la vente en succursale. On peut également s’interroger sur la pertinence de réquisitionner des vins d’importation privée qui permettait à certaines agences de se démarquer auprès d’une clientèle avertie. D’autant que, n’eut été du boulot de ces agences pour convaincre certains vignerons naturellement moins compatibles avec notre monopole d’État, il n’est pas certain que ces bouteilles aient un jour atterri au Québec. Demandez à Laurent Ponsot en Bourgogne, pour voir…

Au moment de lire ces lignes, vous devriez avoir reçu le catalogue papier. Autrement la liste est disponible ici. La vente a débuté hier et prend fin le 15 septembre à midi. La vente en ligne des produits résiduels – c’est-à-dire les vins n’ayant pas trouvés preneur ou refusés par les premiers allocataires – se fera en mode premier arrivé, premier servi à partir du17 septembre à midi. Soyez à l’affût; c’est parfois l’occasion de mettre la main sur des vins qu’on n’attendait pas…

La SAQ a fait déguster à la presse plus d’une trentaine des vins offerts. Vous trouverez à la suite mes impressions ainsi que celles de mon collègue Raisin Claude Langlois. J’ai tout dégusté à l’aveugle. Les vins apparaissent suivant l’ordre de dégustation. De manière générale, les blancs m’ont semblé plus intéressants que les rouges.

Bonne chasse au trésor!

 

Rouges

Hidden Bench Estate Pinot Noir 2010 Niagara (33$ – no. 3 dans le catalogue)

Nuance et fraîcheur. Framboise sauvage et une pointe végétale relevée par des notes d’élevage soigné. Du volume, de la chair et une acidité fine. Il manque de fond et de complexité pour se démarquer, mais l’ensemble est habilement maîtrisé. Belle surprise.

15,5/20

 

Rippon Mature Vine Pinot Noir 2011 Central Otago (53$ – no. 32)

Timide. Profil végétal qui tend à s’imposer. Droit et incisif avec une matière tannique qui le fait paraître un peu dur. Allonge correcte. Difficile à juger pour le moment. On trouve mieux à ce prix.

14-15/20

 

Domaine des Roches Neuves La Marginale 2011 Saumur-Champigny (49$ – no.79)

Bien parfumé : poivron, cèdre, goudron, fruits rouges. Bouche sévère avec une attaque droite et une matière unidimensionnelle qui participe à l’astringence en finale, mais on sent que le vin a du ventre. À attendre un peu.

15,5-16,5/20  (P.D.)

Déjà au nez, on peut saisir la minéralité du sol dont il est issu, alors que s’exprime des arômes de fruit et de fleurs. La bouche suit, «très» Cabernet franc, si jeux peux dire. Le vin a du corps, de la fraicheur et une forte personnalité.

***1/2 ou 17/20 (C.L.)

 

Schubert Block B Pinot noir 2011 Wairarapa Martinborough (48$ – no. 31)

Robe limpide. Parfums aguichants et racoleurs qui profitent de l’élevage marqué, quoique bien intégré : cerise, pâtisseries, vieux bourbon. Matière dense et enveloppante laissant place à des tanins enrobant et une finale chaude. Plaira aux amateurs de pinot qui en mettent plein la gueule.

16/20 (P.D.)

Un joli nez bien typé pinot qui s’ouvre sur la fraise. La bouche est franche et délicate en saveurs, avec encore ici ce rappel de la fraise dans les saveurs, enjolivées de fines nuances florales. Frais, le vin ne fait pas ses 14,5 degrés.

***1/2 ou 17/20 (C.L.)

 

Weingut Gesellmann, Bela Rex 2011 Mittelburgenland (68$ – no. 42)

Rond, puissant avec des tanins gommés. Ensemble se terminant sur des notes épicées apportées pas l’élevage. Un style moderne et charmeur en manque de personnalité, mais qui saura plaire au plus grand nombre. Prix salé.

15,5-16/20

 

Mas Laval, Grande Cuvée 2011 IGP Hérault (36$ – no. 70)

Nez étoffé et bien mûr de raisin de Corinthe, de réglisse, de garrigue avec un arrière-plan floral. Large en attaque, il donne une impression ronde et sucrailleuse, mais l’acidité lui permet d’éviter le piège de la lourdeur. Assez long et digeste. Un choix avisé.

16/20 (P.D.)

Nez moyennement aromatique sur la cerise. La bouche est juteuse, le fruit a de l’éclat, le vin est généreux, tout plein de fruit, sans qu’il ait peut-être à ce stade-ci une réelle complexité, mais on nage que dans le plaisir.

*** ou 16/20 (C.L.)

 

Domaines Ott, Château Romassan 2011 Bandol (49$ – no.62)

Registre floral, mine de crayon et fruits noirs. Matière caressante et montrant beaucoup de fraîcheur dans le fruit, mais on sent le vin un peu en surface. Un bandol atypique, facile et flatteur qu’on prendra plaisir à boire en jeunesse. Sauf qu’à ce prix, on s’attend à plus sérieux.

16/20

 

Domaine de Trévallon 2010 IGP Alpilles (69$ – no. 64)

Sérieux et accessible. Plein et expressif : cassis, tomate, balsamique, encre. Ample en attaque, devient serré, côté solaire tout en montrant beaucoup de fraîcheur et de l’élégance. Une bouteille de garde qui comme la plupart des vins du domaine sera à son mieux à 15, voire 20 ans, ce qui en fait une aubaine. Une belle réussite.

17,5-18/20 (P.D.)

****  ou 18/20 (C.L.)

 

Lammershoek Syrah 2010 Swartland (37$ – no. 20)

Belle pureté au nez avec des notes à la fois florales, d’olive, fruits noirs et touche de garrigue. Bouche ample, juteuse avec une masse tannique bien intégrée et encore jeune. Il paraît puissant en finale avec des notes capiteuses, mais le tout garde de l’équilibre et beaucoup de fraîcheur. Miam!

16,5-17/20

 

Antiyal 2011 Valle del Maipo (55$ – no. 8)

Cassis frais, pointe végétale qui rappelle le plant de tomate, un peu de fumée et impression boisée. Bouche nourrie, des tanins de qualité et une finale structurelle porteuse. Amateur de finesse, s’abstenir.

15,5/20

 

Chakana, Estate Selection Red Blend 2012 Lujan de Cuyo (32$ – no.12)

Nez sur la réserve évoquant des notes de charbon, de cassis souligné par un trait végétal. Bouche ample, presque grasse avec une masse tannique bien présente, mais fondue. Bonne persistance. Achat avisé.

15,5/20

 

O. Fournier Alfa Centauri 2010 Valle del Maule (52$ – no.7)

Nez imposant et racoleur. Même chose en bouche. Beaucoup d’extraction. Finale sauvage et alcooleuse. Manque d’équilibre.

14-14,5/20

 

Ktima Gerovassiliou Evangelo 2010 Topikoi Oenoi Macédoine (64$ – no. 45)

Une Côte-Rôtie grecque, mais faite avec de la petite syrah et un peu de viognier. Bouche paraît délicate tout comme le nez assez distingué. Floral avec des notes de fumée. Fruit croquant et impression tannique déjà fondue. Moderne et bien maitrisé, mais un peu banal. Cher.

16/20

 

Ktima Alpha, Alpha One 2008 Florina Macédoine (79$ – no. 46)

Nez bien mûr. Registre animal complété par la pâte de tomates et un côté cerise à l’alcool. Bouche puissante, matière généreuse et possédant ce qu’il faut d’acidité. Nettement trop cher et l’impression d’un vin pouvant venir autant de Californie, que de Bordeaux ou d’Australie.

16/20 (P.D.)

**** ou 18/20 (C.L.)

 

Mvemve Raats de Compostella 2012 Stellenbosch (75$ – no. 22)

Nez concentré de fruits noirs mûrs, de goudron et une pointe de vanille fraîche. Racoleur, gras, avec du volume, bien qu’assez serré et offrant une belle allonge en finale. Fort bien, mais pas donné!

16-16,5/20

 

Sena Chadwick 2010 Aconcagua Valley (118$ – no. 10)

Expressif et puissant avec des notes de bois qui dominent suivi d’un registre empyreumatique, de chocolat et de réglisse. Généreux, limite opulent sans perdre au change en élégance et en profondeur. Moderne, évidemment, mais très bien maitrisé. Pour les amateurs de sensations fortes.

16,5-17/20

 

Blancs

Clos Canarelli BG 2013 Vin de France (46$ – no.65)

Bel éclat au nez avec des notes florales, de miel, de fleur d’oranger, de pâte à biscuit et de citron confit. Bouche ample et charnue, un peu moelle, mais de bonne persistance. Pour les amateurs de vins blancs sudistes.

16/20 (P.D.)

Un beau blanc franc, droit et fringant avec des notions de poire, de pêche et de fleurs qui nous laissent croire, à l’aveugle, que le vin contient peut-être du viognier mais il n’en contient pas puisqu’il est fait avec ce cépage rarissime qu’est le Biancu Gentile. Un blanc intense et tonique, peut-être un peu cher, mais on paie pour sa rareté et son originalité.

*** ou 16,5/20 (C.L.)

 

Domaine des Baumard Clos du Papillon 2009 Savennières (45$ – no.74)

Détaillé et concis : poire, pierre à fusil, citron frais. Matière riche et tendue, registre calcaire imprégné dans l’ADN du vin. Longue finale saline et salivante. Du grand art.

17/20 (P.D.)

Subtil au nez et en bouche avec ces notes de chèvrefeuille et de tilleul, un début d’évolution dans les saveurs pour ce chenin un peu déroutant au premier abord, mais racé et passionnant.

***1/2 ou 17/20 (C.L.)

 

François Cotat Sancerre Mont Damnés 2012 (49$ – no.76)

Bien ouvert avec tonalités d’anis, de pétrole, d’agrume frais. Attaque sévère, la matière semble ensuite gagner en amplitude avec un côté expansif qui sert de tremplin à une finale longue et détaillée donnant l’impression de sucer un caillou. Le temps lui permettra de gagner en volume et en chair. Un grand classique en devenir.

17-17,5/20

 

François Cotat Sancerre La Grande Côte 2012 (55$ – no. 77)

Registre plus exotique. Touche de fumée et côté lactique. Bouche nettement plus grasse, impression de sucre résiduel tout en restant magnifiquement droit et tendue. Finale superbe donnant l’impression d’extraits secs et de marmelade. Grande bouteille de garde.

17,5-18/20

 

Reyneke, Reserve White 2012 Stellenbosch (45$ – no.18)

Sauvignon blanc tout à l’opposé. Bonne intensité des parfums avec un registre de kiwi, de bois grillé et de beignet chaud. Bouche ample, acidité un peu basse, mais le tout est habilement maîtrisé et culmine sur un finale de longueur enviable rappelant l’ananas.

16/20 (P.D.)

Notion de noisette et de fleurs au nez. Bouche ronde et charnue avec un fruit quasi sucré, en même temps que le vin est plein de vitalité et de fraicheur, avec des saveurs qui évoluent sur les fleurs et un rien d’agrumes. Bien malin qui peut dire, à l’aveugle, que ce vin est fait à 100% de sauvignon blanc. Pas moi, en tout cas.

*** 1/2 ou 17/20 (C.L.)

 

Ktima Argyros Assyrtiko French Oak Fermented 2011 Santorin (31$ – no.43)

Racé avec notes pierreuses, touche de miel et pêche blanche. Matière tendue, élevage fort bien maîtrisé donnant naissance à une finale soutenue et légèrement grillée. Impressionné par le progrès constant de cette cuvée. Délicieux.

16,5-17/20 (P.D.)

***1/2 ou 17/20 (C.L.)

 

FX Pichler Gruner Veltliner Loibner Steinertal 2012 Wachau Smaragd (63$ – no.39)

Caractère exotique auquel s’entremêlent des notes d’abricots, de crème fraîche et de tilleul. Attaque perlante, du gras et de l’acidité. Ne semble pas tout en fait en place pour le moment, mais le vin a du fond et devrait gagner en définition.

16-17/20

 

Domaine Trimbach, Riesling Clos Sainte Hune 2007 (205$ – no.50)

Élégance et race. Caractère variétal marqué avec des notes d’hydrocarbure, d’abricots et de silex. Attaque droite et précise. Matière dense, fraîche et gagnant en volume. Superbe allonge en finale avec une impression d’extrait sec. Grand vin, tout simplement.

18-19/20 (P.D.)

Un nez on ne peut plus riesling, avec ces notes de «fins minéraux» qui «pétrolent» finement, avec en bouche des nuances de tilleul, de camomille, de chèvrefeuille et de miel. Le vin a commencé à évoluer, mais il reste d’une grande vitalité. Un grand blanc racé, un riesling exceptionnel.

**** ou 18,5/20 (C.L.)

 

Tawse Winery, Quarry Road Chardonnay 2010 Niagara (35$ – no.1)

Grillé, fait très Côte de Beaune. Matière qui paraît riche et d’assez bonne concision. Bois ressort en finale et rappelle le sirop d’érable. Un peu simple.

15/20 (P.D.)

Joli nez à la bourguignonne sur le camphre et la noisette, nuances que l’on retrouve aussi en bouche uine bouche à la chair tendre, avec une certaine impression de sucrosité quoique le vin soit techniquement sec. Goûté à l’aveugle, on est étonné de constater (quoique de moins en moins, quand même) que ce vin est fait en Ontario. Bravo.

***1/2 ou 17/20 (C.L.)

 

Kumeu River Hunting Hill Chardonnay 2011 Auckland (45$ – no. 30)

Encore plus de bois avec des notes d’hickory, de pétrole et de fruits exotiques.  Malgré le côté ample et tendre, la bouche affiche une belle pureté et offre la fraîcheur adéquate pour maintenir le tout en place. Bonne persistance aromatique en finale qui contribue à l’élégance.

16,5/20 (P.D.)

Un autre chardonnay qu’à l’aveugle on ne manque pas de trouver très bourguignon. Ample en attaque, large, profond, fruit tendre, impression ici aussi d’une certaine sucrosité (il contient de fait 5 g/L), riche et savoureux.

****1/2 ou 18,5/20 (C.L.)

 

Domaine Macle Côtes du Jura 2008 (35$ – no. 51)

Registre oxydatif marqué suivi de notes de caramel, de chanterelle et de fruits secs. Bouche ample et rectiligne à la fois. Impression d’un vin sec, mais on se demande s’il n’y a pas quelques grammes de sucre résiduel ici et là. Finale explosive et rémanente. Originale et peu cher. Pour amateur averti.

17/20 (P.D.)

Nez caractéristique des vins su Jura avec ces notes de «jaune», de flor en fait, de noisettes et de mie de pain. La bouche est riche, miellée, avec des nuances de pomme blette, et ce goût de jaune qui, je le rappelle pour faire mon savant, provient de cette molécule qu’on appelle le sotolon. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce vin fait principalement de Chardonnay et complété avec du Savagnin. Sur les fromages, c’est un mariage royal.

****  ou 18/20 (C.L.)

 

Domaine André et Mireille Tissot Château-Chalon 2007 (95$ – no. 53)

Grande intensité au nez avec un registre complexe de sous-bois, d’épices orientales, de fumée, de morille et de bois d’ébène. Bouche puissante, profonde et d’une magnifique allonge. Très sec, superbe avec un côté capiteux en finale. Grand vin.

18-18,5/20 (P.D.)

Rappelons-le, le Château-Chalon, qui est à la fois un village et une appellation, est le roi des vins jaunes. Et il est toujours commercialisé dans ces bouteilles de 620 ml qu’on appelle «Clavelin». Le nez, complexe, avec toutes ces nuances que développe le vin jaune, mais en plus précis encore que dans le vin précédent. La bouche est fraiche, finement ciselée, avec une vibrante acidité, mais avec aussi une étonnante rondeur, avec dans les saveurs quelque chose qui rappelle les «fins minéraux» du riesling, m’a-t-il semblé. Une émouvante bouteille.

****1/2 ou 19/20 (C.L.)

 

Weingut Emrich-Schönleber Monzinger Halenberg Riesling Trocken 2012 Nahe (54$ – no.36)

Litchis, lys, abricot frais. Matière fine et expansive donnant naissance à une impression gourmande et une finale qui s’étire sur des notes salines. Excellent.

16,5-17/20

 

Weingut Joh. Jos. Prüm Graacher Himmelreich Riesling Spätlese 2011 Moselle (47$ – no.34)

Profil axe sur le côté variétal du riesling : notes d’hydrocarbure et de fruits jaunes. Attaque perlant suivie par une matière en équilibre entre le sucre et l’acidité. On aurait souhaité un peu plus de vivacité en finale, mais ça demeure absolument impeccable.

16/20

 

Weingut Dönnhoff Norheimer Kirschheck Riesling Spätlese 2012 nahe (46$ – no. 35)

Pas le plus profond, ni le plus complexe de ce grand producteur, mais équilibre remarquable et allonge fine sur des notes pierreuses. À cueillir en jeunesse.

16/20

 

Domaine Marcel Deiss Altenberg de Bergheim 2008 Alsace grand cru (99$ – no.48)

Nez détaillé et complexe de miel, de crème, de menthe et de pain d’épices. On est surpris par le côté à la fois ample et délicat de la bouche. Le côté confit et de fruits exotiques ressort en finale qui laisse une impression d’extraits secs et paraît fraîche. Joli tour de force.

17,5-18/20 (P.D.)

Un grand vin complexe, autant au nez et qu’en bouche, avec des notions d’épices, de poivre, de cari même, de fruit très murs et de fleurs ; le vin est large et profond, avec une finesse que n’altère en rien le sucre résiduel important qu’il contient (autour de 50 g/L) et qui, comme tous les grands vins, possèdent cette sorte de contradiction assumée qui les rend à la fois délicats et puissants.

**** ou 18,5/20 (C.L.)