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Angelo Gaja, le pape d’Alba

- 22 octobre 2014

« Qui sait boire sait vivre! »

Angelo et ClaudeCette toute petite phrase d’Angelo Gaja résume à elle seule l’esprit de celui que plusieurs appellent le « Pape » d’Alba, dans le Piémont. Or ces mots, ce sont ceux lancés par son grand-père en réplique à la grand-mère qui trouvait que du haut de ses 14 ans, le petit Angelo était trop jeune pour boire du vin.

Vif, enjoué et attentionné, il m’a rappelé un autre grand du vin : Gérard Gauby. Tous deux ont d’ailleurs à cœur de préserver la terre. Ils appellent ça la « résilience du terroir ». Ou, plus simplement, comment donner à la vigne les moyens de se défendre par elle-même tout en poussant toujours plus loin l’expression du « terroir » dans le vin.

Tous les vins ont été dégustés à bouteille découverte avec trop peu de détails ou de présentation; comme si Monsieur Gaja considérait que les vins se suffisaient à eux-mêmes. Disons qu’il n’a pas tellement tort… En voyant la prime jeunesse de ces vins à base de nebbiolo, vous vous dites qu’on a probablement eu droit à un merveilleux concert de silence et d’austérité… Détrompez-vous! Sans dire que les vins étaient au zénith, j’ai été renversé par leur expression et la manière avec laquelle ils se sont livrés. Comme quoi, un grand vin, c’est celui qui est capable d’être grand à tous les stades de sa vie.

 

Gaja Rossj-Bass 2013 Langhe (79$ – Code SAQ 863829)

Exotique et précis. Parfums de miel, d’amande, de crème fraîche et de poire. Ample, fine et caressante, la bouche paraît gourmande tout en affichant de la retenue, ce qui contribue à l’élégance du vin. Un chardonnay charmeur et sérieux à la fois. 17/20

Rossj-Bass 2013

Gaja Ca’ Marcanda Promis 2012 Toscana (48,75$ – Code SAQ 746941)

Nez distingué par son boisé fin autour duquel s’articulent des parfums de cerise noire, de viande sanguine et un fond de fleur d’été. Suave et harmonieux, il gagnera en définition avec 3 ou 4 ans de cave. Jolie bouteille. Merlot 55%, syrah 35% et sangiovese 10%. 16-16,5/20

 

Gaja Ca’ Marcanda Magari 2012 Bolgheri (66,50$ – Code SAQ 10217721)

Plus moderne de style. Impression joufflue du fruité. Parfums invitants de viande fumée, de jeune prune et de réglisse. Digeste, c’est le vin qui m’a semblé le plus « facile » de la série. Un peu cher. Merlot 50%, cabernet franc 25%, cabernet-sauvignon 25%. 16/20

 

Gaja Ca’Marcanda Camarcanda 2009 Bolgheri  (118,75$ – Code SAQ 11895487)

Du sérieux. Nez fin, profond et sur la réserve : graphite, bleuets sauvages, épices. Riche et puissant en attaque le vin paraît néanmoins sur lui-même avec un milieu de bouche stricte, mais la finale se prolonge longuement tant au niveau structurel qu’aromatique. Touche confite en finale, mais l’ensemble garde ce qu’il faut de fraicheur. Merlot 50%, cabernet-sauvignon 40%.cabernet-franc 10%. Il devrait, lui aussi, gagner en prestance avec quelques années en cave. 17-17,5/20

Trio

Gaja Pieve Santa Restituta 2009 Brunello di Montalcino (69,25$ – Code SAQ  11817315)

Facile et bien expressif au nez avec un profil gourmand de chocolat fin et d’épices douces. Beaucoup de fraicheur avec une bouche soyeuse, des tanins fondus, une acidité plutôt basse et une bonne rémanence des parfums en finale qui se montre légèrement capiteuse avec une impression de fruit mûr (14,5% d’alcool, quand même!) Sangiovese 100%. 16,5/20

 

Gaja Sito Moresco 2012 Langhe (62$ – Code SAQ 10230926)

Délicat, presque féminin au nez avec profil floral de lavande, de petits fruits rouges et de chocolat au lait. Bouche précise, pas spécialement profonde, mais dotée de tanins fermes et d’une finale soutenue. Côté gourmand en finale donnant une belle réplique à la structure tannique du vin et donne une impression d’austérité fine. Belle bouteille à oublier en cave pour les 5 à 8 prochaines années. Nebbiolo 35 %, merlot 35 %, cabernet-sauvignon 30 %. 16,5-17/20

Sito

Gaja Dagromis 2008 Barolo (69$ – Code SAQ 11212501)

Belle exubérance des parfums.  On sent la richesse du millésime avec petit côté cuit dans le fruité et une masse tannique moins ferme, plus fondue à la matière qu’on devine riche. Digeste et déjà gourmand, il sera à boire en jeunesse. Nebbiolo 100 %. 16/20

 

Gaja Barbaresco 2010 (225$ – Courrier vinicole novembre 2014)

On passe dans une autre dimension. Nez profond donnant une impression de fumée, de cerise et de goudron avec un arrière-plan rappelant les épices et la vanille d’un vieux rhum. Ample, riche, mais aérien et précis avec trame serrée devenant expansive, des tanins fins, presque gommés, mais apportant une structure impressionnante tout en laissant l’impression de volume et de chair. Longueur superbe et devenant massive. Bouteille qui fera date. La plus vieille cuvée du domaine (1859), elle est issue uniquement de nebbiolo provenant de 14 parcelles différentes. 18-19/20

Barbaresco

Gaja Costa Russi 2010 Langhe (490,25$ – Courrier vinicole novembre 2014)

Parcelle acquise en 1967. Costa indique vient du fait que la parcelle est orientée plein sud alors que Russi est le surnom de l’ancien propriétaire. 95% de nebbiolo avec le reste de barbera. Nez discret de goudron et de réglisse fumée. Côté graphite. Impression de richesse, presque glycérinée, mais aussi dense et dotée d’une acidité fascinante. Longue finale vaporeuse sur laquelle on peut méditer longtemps. Potentiel immense, même s’il reste accessible. 18,5-19/20

 

Gaja Sorì Tildìn 2010 Langhe (524,50$ – Courrier vinicole novembre 2014)

Sorì veut dire haut de la colline exposée au sud en vieux piémontais alors que Tildìn est le surnom de la grand-mère d’Angelo. Même encépagement que la cuvée précédente. Un bouquet assez discret avec une impression florale plus marquée. On sent le vin plus riche que le Costa Russi, plus plein, avec une ampleur et une finale encore plus impressionnante. Superbe distinction avec une matière veloutée, une structure tannique grandiose. Un bois d’une grande finesse. Finale splendide. On tutoie la perfection. Très grand vin. 19-20/20

Grand trio

Gaja Sorì San Lorenzo 2010 Langhe (545,50$ – Courrier vinicole novembre 2014)

Parcelle acquise en 1964 et qui tire son nom du saint patron de la Cathédrale d’Alba. Un style plus à l’ancienne faisant paraître le vin plus austère que les deux autres à ce stade. Grande élégance. Un vin plus cérébral, avec une trame tannique et acide plus marquée alors que le fruit semble sur lui-même. Plus puissant, moins suave, mais d’une longueur époustouflante. Un coureur de fond au potentiel immense. Vin d’exception. 18,5-19,5/20

 

Angelo et Patrick

VIN-dredi ! La folie des huîtres!

- 17 octobre 2014

Viiiiiiiiiiiiiiiiiin-dredi!

Enfin!

HuîtresLa saison des huîtres est actuellement est à son meilleur. On en trouve de partout, pour tous les goûts et souvent à bon prix, notamment quand on les achète en vrac. Renseignez-vous auprès du poissonnier de votre supermarché ou, mieux encore, passez dans une poissonnerie. Personnellement, j’ai un faible pour La Mer, sur René-Lévesque à Montréal.

Chose certaine, rien de mieux qu’une bouteille de Chablis pour mettre en valeur ces petits mollusques. La combinaison unique entre le chardonnay et son sol kimméridgien de marne et de calcaire imprégné d’exogyra virgula, ces minuscules huîtres fossilisées, explique pourquoi l’accord entre les deux est aussi magique que connu.

En voici un sur lequel j’ai tripé cette semaine et qu’on trouve facilement à la SAQ:

Bois d'YverDomaine de Bois d’Yver, Chablis Premier Cru Montmain 2012 (34,25$ – Code SAQ 11635108)

Georges Pico mène avec brio les destinées du Domaine de Bois d’Yver. À la différence de son fils Thomas qui se consacre désormais entièrement à son domaine Pattes Loup et privilégie les élevages sous bois, le paternel préfère l’inox. Nez au départ sur la réserve. Il lui faut une grosse heure pour bien s’exprimer. Registre de craie, de citron confit, de pomme verte, de miel et d’embrun marin. Matière pleine et dense tout en étant ciselée et gracieuse. On sent que le vin a du fond. Allonge expansive et tannique qui fait à la fois saliver et donne une impression d’extraits secs. Avec trois ou quatre ans de cave, il devrait gagner en chair, s’assouplir et se complexifier pour encore plus de plaisir. Une superbe bouteille à petit prix. 16,5-17/20

Il n’y a pas que Chablis, me direz-vous avec raison. D’où cette autre suggestion. Toujours en Bourgogne, tout au sud, dans l’appellation Montagny, en Côte Chalonnaise. On y produit exclusivement du blanc à partir de chardonnay.

CognardDomaine Laurent Cognard, Montagny Premier Cru, Le Vieux Château 2010 (27,80$ – Code SAQ  11939890)

Un tout petit domaine créé en 1997 et dont l’exploitation couvre tout au plus 8 hectares. Nez de fruits blancs légèrement grillés avec un arrière-plan de silex. Le vin est bien droit, avec de la chair, presque tendre en milieu de bouche, mais la tension revient en finale et permet au caractère calcaire et salin de prendre le devant de la scène. À l’aveugle, j’aurais misé sur un premier cru de chablis. Joli développement et très peu de signe de déclin tout au long des 48h où je l’ai siroté, ce qui laisse présager un potentiel de garde intéressant (3-5 ans).Une très belle découverte. Les quantités disponibles sont petites, alors dépêchez-vous! 16/20

Le Jugement de Montréal 4e édition – Meilleurs rouges sous 25$

- 7 octobre 2014

C’était ce matin au restaurant Toqué! Les membres du RASPIPAV ont choisi cette année un thème plus porteur et rassembleur: vins rouges disponibles en importation privée sous la barre des 25 $. Au total, trente-trois vins ont été sélectionnés, avec un tarif moyen de 22,75 $. Tout a été dégusté à l’aveugle (évidemment!)

Comme membre du jury, j’ai trouvé la qualité très bonne et homogène. Il y avait bien sûr un petit biais en faveur des vins de maturité, en provenance du bassin méditerranéen, ce qui a certainement fait plaisir aux jurés.

Suivant les résultats, l’Italie et la France prennent le haut du pavé avec quatre vins chacun parmi les dix premiers. Le Portugal et l’Espagne se partageant les deux autres places. Le Nouveau-Monde est presque absent, mais il faut dire que très peu de vins ont été présenté.

Mention spéciale aux agences Les Vins Alain Bélanger et La QV qui volent la vedette avec deux vins chacun dans le top dix chacun. Bravo !

Vous pouvez passer commande dès maintenant auprès des agences ou attendre (en croisant les doigts qu’il en reste) la 7e Édition du Salon des Vins d’Importation Privée du RASPIPAV se tiendra au marché Bonsecours les 1er, 2 et 3 novembre 2014.

Voici le classement des 10 meilleurs :

1 – Colli Piacentini Guttorni Superiore 2012, Luretta, 22,95$

Agent : Alain Bélanger

2 – Beaumes-de-Venise Terres Jaunes 2012, Ferme St-Martin, 24,80$

Agent : Rézin

3 – Douro Quinta Esteveira 2012, Casal dos Jordoes, 20,00$

Agent : La QV

4 – Rioja Crianza 2010, Bodega Fernando Pierola, 25,00$

Agent : Mon Caviste

5 – Côtes du Rhône 2011, Château de Montfaucon, 20,70$

Agent : La Fontaine

6 – IGT Toscana Erta & China 2011, Renzo Masi, 23,05$

Agent : Société Roucet

7 – Aglianico del Vulture Gricos 2011, Grifalco, 23,37$

Agent : Symbiose

8 – IGT Lombardie Perlavillas 2011, Triacca, 22,95$

Agent : Sélection Caviste

9 – Cheverny Envol 2012, Huards, 24,95 $

Agent : La QV

10 – Régnié 2012, Domaine Dupré, 25,00$

Agent : Alain Bélanger

Votre humble serviteur tout sérieux

Votre humble serviteur tout sérieux

Vin-dredi! Soif, la passion de Véronique Rivest

- 3 octobre 2014

Jamais je n’ai été aussi content de poser mes pénates pour quelques jours à Gatineau. Gatineau? Je sais : même si le nom a changé, ça reste toujours Hull. Hull la « dull », tout le monde connaît l’expression. J’exagère un peu…

Carte SoifMais ça, c’était avant que Véronique Rivest ouvre enfin les portes de son bar à vin il y a tout au plus une semaine : Soif. Situé rue Montcalm, l’endroit est à la fois épuré et chaleureux. L’effet vient en grande partie du liège qui tapisse le plafond et les murs ainsi que le superbe bar  qui trône à l’entrée et derrière lequel s’active l’équipe de sommeliers. À ce sujet, Véro m’a confié que ce n’est pas facile d’avoir du « staff » de qualité à « Dull ». Elle est d’ailleurs touchée par le nombre de personnes qui ont choisi de laisser Montréal pour sauter dans l’aventure avec elle.

Tabouret champagne importé d'Italie - Vero SoifTout a été pensé pour faciliter le service et mettre le vin en valeur. C’est le cas des espaces de dégustation organisés autour de comptoir en U au-dessus desquels trône un support à verres afin de minimiser les déplacements du sommelier afin qu’ils puissent se consacrer plus facilement à l’animation de dégustation. Même chose pour les cartes viticoles amovibles qui décorent les murs de l’estaminet et ajoutent au plaisir de découverte.

Tartare - SoifCôté vin, justement, la carte est splendide; ce qui n’a rien d’évident pour un endroit qui en est à ses tout premiers balbutiements. On en trouve pour tous les goûts et tous les budgets. Du cava festif à un peu plus de 4$ le verre, à un romorantin de Cour-Cheverby sur lequel Véronique m’a piégé à l’aveugle (j’ai trouvé la Loire, tout de même!), en passant par les meilleurs vins de la Grèce, sans oublier les cocktails à base de soda ou de gin artisanaux. Bref, il est quasi impossible de ne pas y trouver son compte, mais vous risquez surtout de vous éclater en sortant des sentiers battus. Côté bouffe, on joue la carte bistro. J’ai trippé sur les huîtres frites et les accras de poisson, mais je suis resté sur ma faim avec le tartare de canard un poil trop relevé. Ici comme ailleurs, il faut donner le temps à l’équipe de trouver l’harmonie du rythme.

Avoir pied dans la BourgogneAu-delà de tout ça, ce qui m’a estomaqué, ce qui m’a jeté le cul par terre, c’est de voir à quel point Véronique a l’air de prendre son pied. Rares sont ceux qui remportent un titre aussi prestigieux comme Rivest (deuxiéme Meilleur Sommelier au Monde, ce n’est pas rien!) et qui décident de se lancer dans le cœur du métier: le service. La plupart préfèrent passer en consultation, gestion ou communication. Véro, elle, a choisi de lancer un bar à vin. Elle essuie des verres, continue de débarrasser des tables et verse de l’eau aux clients tout en jouant la baronne des vins de Gatineau auprès du gratin de la capitale qui va commencé à défiler cher elle.

Bravo!

Vero

L’ouverture de Soif cette semaine m’a permis d’oublier la fermeture prochaine du Bistro à Champlain, à Ste-Marguerite-du-Lac-Masson. C’est une époque qui se termine, une autre qui s’ouvre. Si vous n’avez pas encore entendu Champlain Charest raconter sa partie de tire au poignet  avec Riopelle dans une ruelle sale de Paris, alors dépêchez-vous de réserver. Lui et sa tendre moitié, Monique Nadeau, tireront leur révérence en novembre prochain.

 

 

 

 

C’est Vin-dredi! Des vins de soif !!!

- 26 septembre 2014

AAAAAAARRRRRRRRRGGGGGGGHHHHHHH!!!!

Enfin, c’est vendredi!

VindrediC’est non seulement vendredi, mais on dirait que l’été a décidé de faire un dernier tour de piste avant de nous faire un pied de nez, tirer sa révérence et nous laisser sombrer du côté obscur de l’hiver.

Vous risquez d’être nombreux à vouloir profiter du beau temps en prenant l’apéro en terrasse et à prolonger la soirée à l’extérieur. Rien de mieux alors que de faire sauter le bouchon de ce qu’on appelle des vins de soif. Des vins frais, léger en alcool et qui pètent le fruit. Le genre de bibine qui donne l’impression que le verre est toujours à marée basse…

Ça tombe d’autant bien que la SAQ vient de recevoir le dernier millésime de trois vins tout indiqués pour ce genre d’occasion. Il faudra faire vite, car les quantités sont petites; ça risque de fondre comme neige au soleil!

 

Occhipinti SP68 2013 IGT Terre Siciliane (28,45$ – Code SAQ 11811765)

Les vins d’Arianna Occhipinti connaissent un tel succès auprès des amateurs québécois, qu’on se les arrache carrément quand ils débarquent. Pour vous donner une idée, la SAQ Atwater de Montréal, la plus grosse succursale au Québec, en a reçu incognito une douzaine de caisses en début de semaine. Jeudi, quand je suis passé, il en restait deux misérables bouteilles! Le 2013 est à nouveau un assemblage à parts égales de frappato et de nero d’avola. Toujours bien parfumé avec des notes d’orange amère, de rhubarbe, de terre humide, de goudron et de fruits secs. On a cependant l’impression d’un côté plus chaud dans le fruité, tant au nez qu’en bouche. Ça reste diablement digeste avec une jolie amertume en fin de bouche qui ajoute au caractère du vin. Petit coup de carafe (30-45 minutes) avant de servir frais (15 degrés). Le seul bémol : son prix qui vient encore de grimper. Je sais que l’euro se comporte mieux que le huard canadien, reste que le 2011 s’est vendu 22,70$  il y a moins de deux ans.

15,5/20

Morgon Breton et SP68

 

Guy Breton Morgon 2012 (27,60$ – Code SAQ 12258885)

Une première présence à la SAQ pour ce morgon de Guy Breton qu’on peut ranger dans le clan des meilleurs producteurs du Beaujolais. L’influence de Marcel Lapierre est bien palpable. Je vous préviens : c’est un vin qui se livre du cul quand vous l’ouvrez; un nez réduit suivi d’une bouche fâchée. Il lui faut beaucoup d’air pour que la grenouille se change en princesse! Dès lors, le nez s’emballe sur des notes de fruits rouges, de violette, de cuir avec un arrière-plan animal mélangé à des notes de ronce/poivre. Le fruité devient croquant, presque juteux dans sa manière de gommer la rusticité agréable des tanins et l’acidité prononcée. Belle allonge en finale et surtout, cette impression de « buvabilité » qui fera la joie d’un plateau de pâtés et charcuteries. Le vin semble avoir les atouts nécessaires pour bien évoluer en cave.

15,5-16,5/20

 

Gauby VV blanc 2011Domaine Gauby Vieilles Vignes blanc 2011 Côtes du Roussillon Villages (51,25$ – Code SAQ : 12391467)

Ceux qui me lisent connaissent l’amour et l’admiration que j’ai pour la famille Gauby. Les vins du domaine font partie de l’élite mondiale. Dès l’ouverture, on sent l’intensité et la précision des arômes : caillou frotté, registre floral rappelant le genet et la marguerite, puis de citron confit, de miel de trèfle et un fond d’iode. L’attaque en bouche donne une impression ample, presque grasse, ce qui vient camoufler une pointe de perlant qui finit par s’estomper au fur et à mesure du contact avec l’air. La richesse du fruité combiné à une acidité qui semble naturellement élevée fait naître une impression de délicatesse en bouche. Tonique, dense et à la fois gracieux, on le sent plus immédiat que le 2010 au même stage, ce qui ajoute au côté hédoniste du vin. La finale se resserre, devient saline tout en gagnant en précision. Une superbe bouteille, du genre à lécher au goulot. Joli potentiel de développement. Oxygénation lente* de deux bonnes heures avant de le servir bien frais, mais pas froid (autour de 10-12 degrés). Ici aussi, le prix continue de grimper : le 2010, encore sur les tablettes de la SAQ, se vend 43,50$…

17-17,5/20

 

*Oxygénation lente : technique qui consiste à faire respirer le vin lentement – par opposition à une oxygénation violente en carafe. Ouvrir la bouteille, retirer environ 20 ml de manière à ce que le niveau du vin touche le haut de l’épaule et laisser reposer quelques heures dans un endroit frais. On ouvre par exemple le midi pour boire le soir. Pour une oxygénation encore plus lente, simplement retirer le bouchon et laisser reposer toute la journée.