Ahhhhh la Côte-Rôtie!

- 7 août 2013

Avec l’Hermitage, la Côte-Rôtie est sans conteste l’appellation la plus qualitative du Rhône Nord. Issu majoritairement de syrah, on permet l’addition de viognier jusqu’à concurrence de 20%, mais les vignerons en ajoutent rarement autant. Les vins sont généralement plus sensuels et plus féminins que ceux de la colline d’Hermitage qui sont plus masculins et souvent sévères en jeunesse. De fait, les vins de Côte-Rôtie sont habituellement plus rapidement accessibles que ceux d’Hermitage. On peut donc se faire facilement plaisir en jeunesse!

Ma petite sœur en raffole! Puisque je n’ai pas l’occasion de la voir souvent, j’en profite pour lui faire plaisir et taquiner le bouchon des vins de cette région quand on est ensemble.

En voici deux qui ont retenu mon attention.

 

La folie nature

Domaine Jean-Michel Stephan Côte-Rôtie 2011 (65,25$ – 11953616)

Jean-Michel Stephan est connu pour son approche dite « nature » du fait qu’aucun sulfite n’est ajouté durant la vinification. Les puristes vous diront qu’il mèche ses fûts, mais rendu là, on s’enfarge dans les fleurs du tapis. La vérité est dans le verre, comme j’aime à dire. Et là, c’est inévitable, vous allez l’avoir en pleine bouille!

Un bouquet intense dominé par un registre d’abord très animal. « Ça sent les tites foufounes » lance ma sœur en riant. On devine ensuite facilement le caractère variétal de la syrah avec ses tonalités très pures de violette et de poivre. La bouche est explosive, absolument délicieuse, fraîche, croquante tout en étant suave et élancée. Les septique du nez seront immanquablement confondus-du-du-du-du par l’énergie et l’harmonie, mais surtout par la superbe longueur aromatique du vin. Du bonheur pur nature!

ATTENTION : c’est un vin qui demande une certaine préparation au niveau des attentes. On peut facilement rester « bloqué » par les arômes. Il y aussi une certaine variation « expressive » d’une bouteille à l’autre. Le faible taux de sulfite rend le vin fragile et sujet à certaines irrégularités. C’était le cas d’une bouteille au caractère animal/brett entêté. Deux autres bouteilles axées sur le fruit étaient par ailleurs splendides. Un petit passage en carafe est incontournable afin qu’il gagne en précision. À boire sur les trois prochaines années.

17/20

Côte-Rôtie

Le modernisme à son meilleur

Stéphane Montez Vignobles du Monteillet Les Grandes Places Côte-Rôtie 2008 (99$ – 11899306)

Je connais les vins de Stéphane Montez depuis assez peu de temps. Trois ans, peut-être quatre. Dès le départ, j’ai été charmé, pour ne pas dire conquis. Des vins explosifs, denses et précis. C’est aussi un style moderne. Le bois est souvent marqué, ce qui apporte un côté aguicheur au nez et une texture veloutée à la bouche. Au demeurant, l’harmonie d’ensemble m’a toujours semblé présente dans toutes les cuvées. Bref, le gars maîtrise bien!

Les Grandes Places est l’un des meilleurs lieux-dits. Il donne habituellement des vins pleins au caractère masculin. Même si 2008 est un petit millésime, les meilleures parcelles réussissent habituellement à donner une matière de qualité supérieure. Hélas, j’ai l’impression que Montez n’a pas su s’adapter à la « maigreur » du millésime. L’élevage de 36 mois en barrique neuve, même s’il paraît soyeux, empiète sur l’expression fruitée de jeunesse. Possiblement qu’un élevage plus léger aurait été plus adéquat. Toujours est-il que le vin reste diaboliquement bon! Nuancé, sensuel et élancé. Flaveurs de viande fumée, d’encre, de poivre, de cassis, de cigare et de vanille. À boire sur les cinq à six prochaines années.

17-17,5/20

 

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