Barriques et géographie

- 9 juillet 2013

Nous étions à Chablis, dans les vignes du Château de Maligny, et Jean-Paul Durup nous expliquait les crus de long en large, et surtout de haut en bas, devrais-je dire, en raison du sol particulier de Chablis, comme on le sait.
Soudainement il nous demande: « Vous savez pourquoi on utilise traditionnellement des vieilles barriques à Chablis et des barriques neuves en Côte d’Or?

Non, nous ne le savions pas. C’est parce que, historiquement, les vignerons de Chablis pouvaient envoyer leur vin à Paris par voie d’eau, nous a-t-il expliqué. Par le Serein, d’abord, qui traverse le vignoble chablisien, puis par la Seine via l’Yonne, qui en est un sous-affluent.

Une fois les barriques vidées de leur contenu, on les retournait à Chablis par la même voie, de telle sorte qu’elles étaient réutilisées.
Mais il en allait tout autrement sur la Côte d’Or, laquelle à l’époque n’avait aucune voie d’eau qui rejoignait Paris (le canal de Bourgogne n’a été ouvert qu’en 1832).

Il fallait donc envoyer les barriques par voie terrestre. Comme il en coûtait plus cher de les faire revenir que d’en fabriquer de nouvelles, chaque année les vins de la Côte d’Or étaient expédiés à Paris dans des barriques neuves.
Et c’est comme ça qu’on découvre que la géographie et l’histoire, au-delà du terroir spécifique d’un lieu, contribuent aussi à façonner un vin. Fascinant, non ?

Ce fait, banal en soit, explique comment il se fait que les vins de Chablis ne sont pas traditionnellement élevés en barriques neuves (et en n’ont donc pas les caractéristiques), contrairement aux blancs de la côte d’Or (les rouges aussi, d’ailleurs) pour qui l’élevage sous bois, au contraire, est devenu non seulement un signe distinctif mais, avec le temps, un véritable art qui consiste, notamment, à l’utiliser judicieusement en pondérant l’usage du bois neuf.

Une caractéristique qui, dans les pays du Nouveau monde, on s’est plu (et on se plait toujours) à copier, à mal copier trop souvent, et ce jusqu’à la caricature, hélas.

 

Ce texte a déjà été publié en partie dans le Journal de Montréal.

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5 commentaires

  1. Jody Rivers dit :

    Prix propriété Voici une des rares cuvées de rouge produites par Jean-Marie Guffens.Sur les terres du Lubéron, il s’est laissé inspirer par le terroir et les paysages pour produire un grand vin rouge. Cette cuvée est un assemblage de syrah et grenache, complété de cabernet-sauvignon. L’élevage se fait en barriques pour les syrah et cabernets et en foudres pour les grenaches.Dans le grand millésime 2005, Jean-Marie Guffens a produit un vin au nez complexe de fruits noirs, d’épices et de notes torréfiées. En bouche le vin est riche, ample et fruité, avec une belle fraîcheur qui équilibre parfaitement l’ensemble. Un joli rouge du Sud, « à la sauce Guffens » que l’on pourra apprécier dès aujourd’hui en prenant soin de le carafer.

  2. Devon Sutton dit :

    un petit message pour vous dire que la visite au Domaine du Colombier a été très sympathique et instructive. Nos provisions en appellation CHABLIS sont faites pour les fêtes ! L’adresse est vraiment à transmettre.

  3. Puis vient le Chablis, « Les larmes de l’oubli », 2008. Nous franchissons une étape dans la dégustation. C’est un vin qui joue dans la cour des grands. Il a d’ailleurs pour cela bénéficié d’un élevage de trois ans en barriques, sans aucune intervention. Disons de suite que c’est un autodidacte de talent ! Son nez est beurré et gras : il me rappelle par certains aspects l’odeur de la sauce béchamel qui s’échappe de la casserole fumante. On distingue également de délicates touches de noix et de fleurs. Le nez est vraiment enchanteur. En bouche, le vin dévoile sa belle structure : tout en tension, assez gras déjà, toujours frais. Il a également une belle longueur que ponctue une finale acidulée.

  4. Gold Price dit :

    Prix propriété Voici une des rares cuvées de rouge produites par Jean-Marie Guffens.Sur les terres du Lubéron, il s’est laissé inspirer par le terroir et les paysages pour produire un grand vin rouge. Cette cuvée est un assemblage de syrah et grenache, complété de cabernet-sauvignon. L’élevage se fait en barriques pour les syrah et cabernets et en foudres pour les grenaches.Dans le grand millésime 2005, Jean-Marie Guffens a produit un vin au nez complexe de fruits noirs, d’épices et de notes torréfiées. En bouche le vin est riche, ample et fruité, avec une belle fraîcheur qui équilibre parfaitement l’ensemble. Un joli rouge du Sud, « à la sauce Guffens » que l’on pourra apprécier dès aujourd’hui en prenant soin de le carafer.

  5. gold price dit :

    Floral, citronné, bouche vive, tendue, note de grillé, bien vif, coupant, bien chablis, pas très complexe mais une vraie structure ; demande à s’épanouir. 8 E.

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