Bordeaux 2009: Pessac-Léognan

- 20 février 2012

On poursuit ce survol des grands vins de Bordeaux 2009 avec la commune de Pessac-Léognan. Plusieurs réussites tant en rouge qu’en blanc, ce qui n’est pas rien. Certains vins m’ont paru un poil trop joufflu pour l’appellation mais pour la plupart je ne peux m’incliner devant la richesse superbement maîtrisée. Au demeurant, c’est encore l’appellation qui offre parmi les meilleurs rapports qualité/prix à Bordeaux.

En relisant mes notes de dégustation, j’ai l’impression de tourner souvent autour des mêmes termes et expressions. Les vins étant terriblement jeunes, il est difficile de faire dans la nuance. D’autant que le temps passé sur chacun des vins demanderait (si on le pouvait!) qu’on y retourne pour les voir évoluer. Au final, on arrive tout de même à s’en faire une certaine idée et à en juger le potentiel.

Les notes sont sur 20 points. La majorité des vins sont dotés d’un excellent potentiel de garde qui est pris en compte dans le pointage final.

 

R : Rouge

B : Blanc

 

Graves/Pessac-Léognan


Bouscault

R : Charmeur, notes de pâtisseries, vanille, un fruité juste, frais. On aime sa finesse. Souple, en chair et s’accommode bien de sa richesse fruitée. 15

B : À parts égales de sémillion et de sauvignon. Le vin montre des notes plus végétales : épinette, meringue et buis. Bouche ronde, acidité basse, il joue sur le plan aromatique en finale mais manque un peu d’élégance. 14

 

Carbonieux

R : Puissant mais classique dans la forme. Nez un peu en retrait. Bouche ciselée, expansive, presque capiteuse avec un boisé qui ressort en finale. Ça devrait se placer avec le temps. 15,5

B : Il surprend par sa vivacité et sa netteté : sapinage, fruits blancs. Du gras qui fait place à une expression minérale et se traduit par une finale sèche et aux allures salines. Chic. 16

 

Chevalier

R : Précis et assez typé sur des notes de fruits noirs, de fumée et de résine. Soyeux, frais avec tout de même ce côté rond du millésime qui m’agace un peu pour le cru. Bonne finale. 17

B : Fruité explosif, crayeux et formidablement charmeur. Une bouche concise, dense et aérienne à la fois. Finale exotique où le boisé ressort avec une élégance royale et donne vie à une persistance aromatique magistrale. Le meilleur blanc sec de cette dégustation. 18,5

 

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Fieuzal

R : Un vin de mâche, dense et enveloppé par une matière nourrie. Cerise noire, fumée, de l’épice. Élégance en finale. Un boisé qui s’est raffiné. Très bien. 16

B : C’est moins le cas du blanc dont le bois ressort beaucoup plus. Fruité riche et expressif sur des notes primaires d’abricot et de basilic. Acidité basse sans manquer de vigueur. Bonne finale. Bien. 15

 

Haut-Bailly

R : C’est la nouvelle coqueluche de Pessac. Quand je dis nouvelle c’est que Parker a (malheureusement) commencé à vraiment s’y intéresser. Pourtant, le style « bourguignon » n’a pas changé. La richesse du millésime n’a fait qu’accentuer la finesse et la race du cru. 98 points plus tard, le flacon a pratiquement triplé de prix. C’est triste pour ceux qui ne pourront plus se le payer car le vin est époustouflant. 18

 

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La Louvière

Le vins ont gardé le classicisme qui a fait réputation du cru. Le rouge apparaît légèrement moins précis qu’à l’habitude alors que le blanc conserve cet équilibre tonique entre exotisme et sévérité. Impeccable vue les prix pratiqués. R (15,5) B (16)

 

Larrivet Haut-Brion

R : Sur deux bouteilles, il a semblé souffrir de réduction. Des airs de vieux bandol, parfums virils de viande, d’épices et d’eucalyptus. Bouche convaincante, enveloppée, texture caressante sur une finale foxée. Bien 15

 

Latour-Martillac

R : Sombre. Tonalités de nori, de pharmacie sur fond de confitures de fruits noirs. Bonne densité, plutôt corsé avec des tanins enrobés et un boisé marqué en finale. Un peu fâché pour l’heure, il a du potentiel. Très bien. 16,5

B : Aguichant et bien défini sur des notes mielleuses, de fleur, de meringue et de pêche. Beaucoup de gras, l’acidité préserve sa droiture et le côté salin en finale lui donne du panache. 16,5

 

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Malartic Lagravière

R : Un cru qui ne cesse de progresser avec une densité remarquable. Un fruité expressif (près de 40% de merlot) jouant habilement sur des notes finement boisées. Distingué et énergique. Belle réussite similaire à 2005 mais avec plus de gras. 17

B : Un nez en replis, sur la fleur violente (aubépine) et le miel. Malgré la prépondérance du sauvignon, l’ensemble paraît un poil trop amble sans toutefois manquer de forme. Bien 15

 

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Olivier

R :Un cru à surveiller. Il n’a peut-être pas la profondeur des ténors de l’appellation mais il possède un élégance digne des meilleurs et une typicité admirable. Cassis frais, fumée dans un registre classique et frais. Déjà délicieux. 16,5

B : Un blanc qui joue sur la précision des arômes, la fraîcheur et l’exubérance de son fruité. Fines notes calcaires en finale. Très bien. 15,5

 

Pape Clément

R : Fine expression fumée laissant place à des parfums de grande intensité. Suave, tannique sans jamais paraître ferme ou tendu. Longue finale sur des notes de graphite. Grand vin. 18

B : Riche, complexe et tapissant littéralement la bouche. La richesse demeure néanmoins finement contenue. Frais et porté par une impression calcaire en finale. Superbe. 18

 

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Smith-Haut-Lafite

R : La cerise noire, un fumé peut-être plus exotique, exubérant sans jamais lasser. Matière dense, magnifiquement extraite, douce et ferme à la fois. Profond et doté d’une longue finale. Grande réussite pour le cru. 17,5

B : Grande maîtrise des maturités et une vinification donnant un vin qui se situe à mi-chemin entre Pape Clément et Chevalier avec peut-être un peu moins de profondeur. Finale élégante sur une impression d’extrait sec. 16,5

 

 

À venir : Saint-Émilion, Pomerol et Barsac-Sauternes

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