Champagne : la bulle des prix

- 4 août 2012

Quand on se regarde, on se désole, et quand on se compare, loin de se consoler, parfois, on se désole encore plus.

C’est le cas chaque fois que je reviens des États-unis et que j’ai eu le malheur de comparer les prix des champagnes vendus ici et là-bas.

J’entends tout de suite le choeur des pleureuses se lamenter : pas encore la comparaison des prix des vins entre les États-unis et le Québec. Eille ! Chose, fais-toi soigner aux États-unis et tu viendras me reparler des prix des vins au Québec.

Un instant ! Pas de panique. Je suis moi-même le premier à admettre qu’en fin de compte, la différence du prix des vins entre ici et là-bas n’est pas si grande, sauf exception évidemment, et que cela est parfaitement tolérable, en effet, en tenant compte des programmes sociaux qui sont offerts ici et qui sont défrayés en partie par les profits que fait la SAQ.

Sauf que dans le cas des champagnes, on ne parle plus ici de quelques misérables dollars de différence. Dans certains cas, la différence va carrément du simple au plus du double. Et c’est là que tu te dis qu’il y a quelque chose qui ne va pas quelque part. Mais où ? Voilà la question.

Voici deux exemples pris, il y a quelques semaines, au New Hampshire Liquor Store, sur la 81, en revenant à Montréal. Le Moët et Chandon vendu 69,50 $ ici était à 27 $ et le Veuve Cliquot Ponsardin qui coûte 71 $ ici était à 35 $.

Les deux étaient en solde, remarquez, mais quand même ! Je n’ai jamais réussi à me faire expliquer comment la différence des prix des champagnes pouvait être aussi grande.

MARCHÉS

À la SAQ, on répond tout simplement que la marge bénéficiaire qui est appliquée aux champagnes est la même que celle qui est appliquée à tous les autres vins. Point à la ligne.

Du côté des agences, on nous dit généralement que les prix pour notre marché sont fixés par les maisons de champagnes et qu’ils ne peuvent rien y faire.

On comprend donc que les grandes maisons de champagnes vendent leurs vins moins chers aux ÉtatsUnis que chez nous, et ce, probablement, en partie – du moins – pour la même raison qu’invoquent les fabricants d’automobiles dont les prix, au sud de la frontière, peuvent être de plusieurs milliers de dollars inférieurs aux nôtres, comme on le sait, même à un taux de change à peu près égal.

Et cette raison, c’est grosso modo celle de la petitesse de notre marché et, à l’inverse, la grandeur du marché américain. Sans compter, dans le cas des champagnes en particulier, que les États-Unis eux-mêmes sont un producteur important de bulles. D’où une compétitivité plus grande encore, d’autant plus que plusieurs maisons champenoises ont elles-mêmes des vignobles en Californie, ce qui les oblige à se faire concurrence avec leurs propres produits, c’est-à-dire entre ceux élaborés en Californie et ceux qu’ils signent en Champagne.

Pauvres petits nous ! On n’est pas sorti de notre bulle des prix. De toute façon, le prix des champagnes au Québec n’est pas, à l’évidence, un obstacle pour s’en payer une bouteille quand l’occasion veut bien nous faire larron.

Et l’occasion semble s’y prêter souvent, la preuve étant que le Veuve Cliquot Ponsardin, justement, fait partie des 30 meilleurs vendeurs à la SAQ.

ROSÉS

Voici donc deux champagnes rosés que j’ai bien appréciés récemment. Et quelques autres rosés tranquilles, avec des prix beaucoup plus tranquilles également, que je me risque encore à proposer à ce temps-ci de l’année, l’été étant loin — tant mieux ! — d’être terminé.

Ayala Majeur, Champagne Rosé

(56,25 $) : très belle couleur (rose pâle), nez sur le fruit, une petite pointe saline rafraîchissante, peu dosé, on en boit quelques flûtes et on se prend pour un millionnaire. Je blague… En passant, le vin a été dégorgé en septembre 2011. Je voulais justement vous parler, cette semaine, de ce sujet un peu sensible, en Champagne, de l’indication de la date de dégorgement sur la contre-étiquette. L’espace manquant, on s’en reparle une prochaine fois.

Bruno Paillard Brut Première Cuvée, Champagne Rosé

(69,50 $) : d’une couleur rosée très pâle (et très belle, ici aussi), peu dosé, belle amplitude en milieu de bouche, subtil rappel du pinot noir dans les saveurs, fin et élégant. Un quart de coche, à mon sens, au-dessus du précédent. Mais 13 $ de plus !

Billette Bouquet de Provence 2011, Côte de Provence Rosé

(12,15 $) : un rosé tranquille, évidemment ici, comme celui qui suit. Couleur légèrement orangée, simple, mais avec le fruit, la fraîcheur et la gouleyance que l’on cherche dans un rosé.

Marqués de Caceres 2011, Rioja Rosado

(14,75 $) : de couleur rougeâtre, petit côté agrume dans les saveurs ; du corps, comme toujours, suffisamment en tout cas pour passer à table.

 

Vin Plaisir

windypeakpinot

Pinot Noir Windy Peak 2010, Yarra Valley, De Bortoli, 13%, Australie

Un joli pinot noir qui nous épargne, pour une fois, les notes herbacées que l’on trouve dans plusieurs pinots noirs de début de gamme; le vin est rond, charmeur, et peut-être aurais-je souhaité, personnellement, y trouver un peu plus d’acidité. Mais à ce prix, je serais fort mal venu de me plaindre. À servir impérativement rafraichi.

 

Type : vin rouge

Code : 10660985

Prix : 20,20 $

Note : *** $$

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6 commentaires

  1. Pauline dit :

    Le Moët & Chandon dont vous parlez est vendu à 32€ en France, je l’imagine mal moins cher aux USA…

  2. jean jacques allouis dit :

    Je n’achète que mon champagne aux Etats-Unis.
    Moët et Chandon Brut Impérial,Québec 63,95,New-Hampshire:29.95.
    Tout est dit.

  3. gauthierfabien dit :

    Hiiiii Fais pitié le gars. Son champagne est trop cher. Trouve toi d’autre chose men :-(((

  4. Monsieur Langlois nous sommes sur le point annoncé un Investissement Majeur dans un Domaine Champenois qui nous permettra de commercialiser un champagne Brut pour $29.95 aux Québec = le Prix du Mumm de Californie, il Faudrait bien-sûr que la SAQ accepte de commercialiser dans leur réseaux ce Champagne à suivre ….

  5. jean jacques allouis dit :

    A 2 bouteille par année,je bois d’autres choses.Et c’est pas parce que j’en bois peu,que je suis obligé de
    me faire plumer par la S.A.Q..De plus on dit man et non men.

  6. Pauline dit :

    Et puis on peut trouver des champagnes bien meilleurs bien moins chers à la SAQ, l’exemple du Lallier à 44,50$. D’une qualité incroyable, il remporte énormément de médailles d’or et de premiers prix. C’est même celui que Jancis Robinson a préféré lors d’une dégustation à l’aveugle réunissant de nombreux champagnes dont les deux dont vous parlez dans votre article. Il est temps de voir plus loin que les gros noms dont le prix n’est justifié que par la folie des dépenses marketing…

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