La différence entre un bon vin et un grand vin

- 18 juin 2013

Quelle est la différence entre un bon vin et un grand vin? Quand on pose la question aux producteurs, on s’entend généralement pour dire que cela tient à une foule de petits détails. Qui vont du travail à la vigne (choix de culture, rendement, date de vendange…)  aux méthodes de vinification et à l’élevage.
De telle sorte que deux vignerons qui sont sur le même grand terroir et dont les chais sont équipées à peu près de la même façon, pourront produire deux vins bien différents, l’un possiblement un bon vin, et l’autre un grand vin.
Oui, le terroir compte, mais le travail du vigneron, qui consiste à magnifier ce terroir compte tout autant, sinon plus encore. La preuve: de grands vignerons réussissent à faire des vins magnifiques sur des terroirs qui n’ont rien d’exceptionnel, alors que des vignerons moins soucieux feront des vins quelconques sur de grand terroirs, le chef d’oeuvre prenant forme, évidemment, dans la conjonction du talent du vigneron et de la noblesse du terroir.
La différence, encore une fois, tient au souci du détail, à la rigueur du travail, dans le talent du vigneron.
Mais dans la perspective de celui qui boit ces vins, à quoi, encore une fois, tient cette différence entre un bon vin et un grand vin?

Entrevue

En faisant le ménage de mes papiers, l’autre jour, je suis tombé sur cette entrevue qu’avait accordée Denis Dubourdieu à la Revue des Vins de France, il y a quelques années, et il m’a semblé intéressant d’en faire à nouveau état.
Professeur à la faculté d’oenologie de Bordeaux, chercheur émérite, consultant et lui-même vigneron (il est propriétaire des châteaux Reynon, Doisy-Daëne, Cantegril  et du Clos Floridène), Denis Dubourdieu n’a plus besoin de présentation mais quand même; peut-être y a t-il parmi les lecteurs de ce blogue de plus jeunes amateurs qui le connaitraient moins bien. Voici donc ce qu’il racontait. En parlant d’abord de ce qu’est un bon vin.

«Pour moi, un bon vin rouge se distingue par son attaque, veloutée mais sans perception tannique immédiate», expliquait-il.« Ensuite, la saveur, en milieu de bouche, doit être dominée par le fruit, la sensation pulpeuse et juteuse du fruit. Enfin, en finale, de façon très décalée, arrive la perception tannique du vin jeune. Plus cette perception est décalée et modérée, moins le vin vieillira sur des tanins secs.»

Et qu’est-ce qu’un grand vin alors? Denis Dubourdieu poursuit :

« Je ne reconnais pas un grand vin à son attaque: tous les bons vins ont une attaque douce. Pas à la finale non plus: tous les bons vins ont une finale sans sécheresse. Je reconnais un grand vin à son milieu de bouche, à sa densité au milieu de la bouche, cette sorte de «pic» qui prend le palais et captive nos sens. Pour moi, c’est cela, la grâce des grands vins». Et il ajoute :« Mais attention: la concentration du vin, à elle seule, ne suffit pas à créer ce milieu de bouche. Le vigneron qui baisse trop ses rendements risque d’avoir une attaque tannique et une finale sèche: son vin sera déséquilibré».

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3 commentaires

  1. Yves N. dit :

    ??????????????????????????????????????

  2. « cela tient à une foule de petits détails ».

    Leonard da Vinci l’a déjà souligné et cela s’applique pour le vin comme pour une foule de choses:

    « Les détails font la perfection…..mais la perfection n’est pas un détail ».

    Quelle sagesse quand même, non? Très bon sujet d’article M. Langlois.

  3. Kenny Hudson dit :

    Au Salon des vins de Loire d’Angers, les vignerons confient leurs inquiétudes face à une météo fantasque.

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