Les Québécois, ces ignorants du Champagne

- 20 mars 2013

C’est mon collègue Marc-André Gagnon de Vin Québec qui a attiré mon attention sur un article publié dans le journal français Le Figaro. Sur un ton suffisant dont certains journalistes français ont le secret, l’article dresse un portrait peu reluisant des Québécois quant à leur connaissance du Champagne et des prix prohibitifs de la SAQ.

 

Citant l’expert Guénaël Revel, ce dernier aurait laissé entendre que « les Québécois ne connaissent pas le champagne. C’est encore pire chez les anglophones ».

 

Interrogé sur ces soi-disant propos, le sommelier et auteur du Guide des champagnes et des autres bulles Guénaël Revel, a tenu à préciser les faits : « Ce sont des propos forcément mal rapportés pour mieux créer le « buzz » comme ils disent en France. Les Québécois connaissent mal le champagne, c’est pourquoi j’ai créé ces soirées (NDLR  Les Mardis Pétillants) pour mieux démocratiser ce vin puisque depuis 10 ans, la SAQ a fait de sérieux efforts pour développer sa gamme ».

 

Il revient aussi sur le fait que cette méconnaissance des Québécois s’explique surtout sur le système de monopole et des prix commandés par la SAQ : «  Si personne ne fait un effort en aval et en amont de la chaîne de commercialisation, on aura toujours une moyenne de 60 $ le flacon de champagne au Québec ». Français d’origine et Québécois d’adoption depuis de nombreuses années, Revel tient également à faire le point sur son commentaire à l’égard des anglophones : «  Je pensais surtout aux Albertains suite à un séjour là-bas où j’ai constaté la pauvreté en la matière ».

 

Revel reste tout même furieux quant à l’étiquette condescendante que l’article tend à lui donner : « C’est désolant de lire des propos aussi méprisants envers ma clientèle. On a le droit de ne pas savoir comment est fait un champagne. C’est pour cela que des soirées du genre Les Mardis Pétillants existent, pour apporter des réponses ».

 

Tout ça n’est pas sans me rappeler à quel point l’esprit vieille France reste toujours bien présent en Hexagone. Pas pour rien que plusieurs décident de quitter la mère patrie pour venir s’installer ici. Même si le Moët & Chandon se vend à plus de 60$ le col!

Guide Revel 2013

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6 commentaires

  1. revel dit :

    Le plus drôle finalement est que les Québécois, selon moi, sont bien plus connaisseurs en matière de vin que les Français, justement grâce au monopole et la diversité de vins qu’il propose, et qu’ils connaissent davantage de mousseux du monde entier que le consommateur français.

    Bref, l’article démontre une fois de plus la suffisance journalistique française qui ne peut admettre qu’il y a de réel spécialiste en matière de vin – issu de l’hexagone – à l’étranger et que le consommateur québécois généralement humble, est bien plus ouvert d’esprit que le consommateur français.

  2. André Laurendeau dit :

    Cher Guénaël,

    Je te cite :

    “… la suffisance journalistique française qui ne peut admettre qu’il y a de réel spécialiste en matière de vin – ISSUS DE L’HEXAGONE – à l’étranger …”

    Je me dois de te corriger, non sans un petit sourire en coin : il y a effectivement de réels spécialistes en matière de vin au Québec, mais ils ne sont pas tous issus de l’hexagone, loin de là!

    J’ose croire que tu t’es simplement laissé influencer par le ton chauvin de l’article du Figaro et que tu ne voulais pas remettre de l’huile sur le feu!

  3. marc chapleau dit :

    M. Ludovic Hirtzmann, auteur de l’article en question, qu’avez-vous à dire pour votre défense ? M. Revel pourfend le monopole d’après votre papier, mais il dit maintenant bien s’en garder…

  4. Yann dit :

    Contrairement à d’autres, l’article en question ne m’a pas offusqué.

    D’une part, il est vrai que beaucoup d’efforts doivent encore être consentis pour vulgariser, entre autres, le champagne auprès des consommateurs du Québec.

    D’autre part, l’article permer de confirmer ce que je soupçonnais déjà : les acheteurs de vin au Québec sont réticents à acheter du champagne non pas en raison du snobisme qui y serait associé (comme l’a déjà prétendu à tort Denise Bombardier dans les pages d’un numéro de Cellier paru récemment), mais plutôt à cause des prix prohibitifs qui sont pratiqués ici. Nombreux sont ceux qui, au retour d’un séjour en Nouvelle-Angleterre, m’ont confié leur stupéfaction relativement à l’écart des prix.

    Dès que le champagne sera vendu au Québec à un prix décent, il y a fort à parier que les Québécois manifesteront un engouement à cet égard.

    Santé! :-)

  5. J-F Laberge dit :

    Le Champagne entré de gamme se vend plus cher au Québec mais en aucun cas les grandes cuvées ou grands Champagne se vendent plus chers. D’ailleurs, c’est le cas de tous les vins français, dès que l’on atteint une gamme de prix, la France se retrouve toujours avec des prix inconcevablements élevés! Les États-Unis offrent de meilleurs prix et alors? Les Québécois achètent quand même des Porsche, des Mercedes et des Ferrari ici au Québec même si elles sont plus chers que chez nos voisins du sud. Les québécois n’ont tout simplement pas cette religion de boire un verre de Champagne avant le repas comme les français. Ça ne fait pas de ceux ici qui en raffole de purs idiots.

    On a des trippeux de Champagne au Québec mais on est pas tous des cons n’ont plus! Ce vin mousseux est souvent de piètre qualité et puisqu’il est emballé dans une belle boîte, ça se vend 50,100 voir 500$ la bouteille (je ne parlerai pas du Clos d’Ambonnay etc…). j’ai visité la Champagne trop souvent pour savoir que la qualité y est rare. Des dizaines de millions de bouteilles de Most produitent chaque année, c’est quand même très drôle d’essayer de se moquer de nous après, on est juste pas dupe.

  6. revel dit :

    Pour André Laurendeau : issus de l’hexagone , je parlais là des vins de France.

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