PFV 2013 Montréal – Dégustation de rêve!

- 16 mai 2013

Un moment proprement magique!

 

À eux seuls, ces mots résument cette exquise dégustation Primum Familiae Vini (PFV) à laquelle la presse spécialisée a eu le privilège de prendre part. C’est d’ailleurs ce genre d’événement qui me fait réaliser à quel point je suis chanceux de pouvoir faire ce métier.

 

Au début des années 2000, sur le défunt forum de discussions Crus et Saveurs, un certain Claude se présentant sous le pseudonyme de Zinfandel a été le premier a proposé une dégustation thématique dite « Dreamer ». Le concept était simple : chaque participant devait proposer une bouteille de sa cave qui, au simple regard, faisait trembler. Autrement dit, une bouteille de rêve de sa cave qu’on allait partager avec les copains.

 

Or, ajoutez la présence et la proximité des producteurs ainsi qu’un menu spécialement préparé par Normand Laprise du Toqué!, vous comprenez que c’était, pour la plupart des journalistes/chroniqueurs présents, une sorte de « Dreamer de presse ».

 

Je vous réfère au billet de Claude pour les tenants et les aboutissants entourant PFV. Je vais plutôt me concentrer sur les vins. Ceux-ci ont été dégustés à bouteille découverte et en deux temps : une première série à caractère plus technique mettant en vedette des vins de jeunesse et, une seconde série misait sur des vins plus âgés et des accords gastronomiques.

 

Avant de me lancer dans la description des vins, permettez-moi d’évoquer le moment qui résume le mieux l’esprit de cette grande dégustation. Julien de Beaumarchais de Rothschild a conclu son discours d’inauguration en soulignant une des valeurs défendues par le groupe : « Et souvenez-vous, la modération a bien meilleur goût! ». Débarque alors au micro Hubert de Billy de la maison familiale Pol Roger en Champagne. Grand gaillard, chic et la voix rieuse, il s’est permis de remettre les choses en perspective : « Disons que je ne suis pas trop en faveur de la modération… On est surtout ici pour avoir du plaisir! ».

 

 

DÉGUSTATION

 

Pol Roger Champagne Brut 2002 (94$ – code SAQ 11856103)

On commence fort! Un assemblage de pinot noir (60%) et de chardonnay (40%) aux parfums éclatants de fruits blancs et d’églantine s’affinant sur un registre d’épices douces et de marmelade. Une matière de densité moyenne et tendue qui gagne en volume et montre une vivacité sentie donnant une impression tannique. Finale longue et élégante sur un fruit aux accents exotiques. Superbe!

17,5-18/20

 

Drouhin Chablis Grand Cru Bougros 2010 (79,25$ – code SAQ 10998610)

Grand, avec le physique d’un sauteur à la perche, Laurent Drouhin a choisi de mettre Chablis en lumière. Non sans raison. Son Bourgos 2010 montre avec brio la race qui peut émaner de ce cru réputé pour donner vins plus virils. Charnu et croquant tout en montrant de la stature, il s’exprime avec gourmandise et finesse. Finale saline donnant l’impression d’extraits secs. Prometteur.

17,5-18/20

 

Château de Beaucastel Roussanne Vieilles Vignes Châteauneuf-du-Pape 2011

J’ai eu le bonheur d’être assis avec Thomas Perrin. C’est donc non sans émotion que je parle ici de ses vins. Qu’à cela ne tienne, la vérité est dans le verre! Des vignes de 90 ans d’âge. Un blanc aux proportions hors normes. Une harmonie parfaite entre l’opulence du fruit, sa précision et son volume aérien. On dit avoir du poids sans être lourd. Fruits exotiques, mirabelle, craie, marmelade, lavande. Tension magnifique, expansif avec une acidité fine et une finale légèrement tannique sur des notes rémanentes de poire. Il n’est pas sans rappeler un Montrachet de la DRC. Grand vin, tout simplement et… de l’émotion.

18,5-19/20

Thomas Perrin et Roussanne VV 2011

Hugel Riesling Jubilee Alsace 2007

Il était audacieux de le placer après autant de vin. Or, cette cuvée phare de la famille Hugel s’en est pourtant fort bien sorti! Élaboré à partir de raisins provenant du grand cru Schoenenbourg, il donne un riesling bien sec, plutôt dense sans paraître compact. Parfums doux et raffinés de miel, de fruits jaunes frais, d’iode et d’hydrocarbure. Finale grasse et fraîche. Belle évolution à prévoir.

17-17,5/20

 

Marchesi Antinori Solaia Toscane 2009 (246$ – code SAQ 11973211)

On passe aux rouges. Alessia Antinori présente son vin. Belle, plutôt grande, l’air espiègle et les yeux pétillants, c’est la plus jeune des trois filles du marquis Piero Antinori. Dominé par le cabernet-sauvignon, complété par le sangiovese avec une touche de cabernet-franc,  c’est un vin fin au nez de cerise noire, de torréfaction, de fleurs sauvages et de vanille fraîche. D’abord soyeux et serré, il devient suave et monte en puissance. Une finale léchée aux accents modernes.

17,5-18/20

 

Tenuta San Guido Sassicaia Bolgheri 2009 (169$ – code SAQ 743393)

La différence avec le Solaia est marquée. Un vin moins « propre » au profil animal et vigoureux. Au nez, l’impression de terroir se fait sentir avec des notes de terre et de fumée. Puissance et richesse magnifiquement contenues. Ensemble suave, précis et énergique. L’ensemble est particulièrement accessible tout en ayant une profondeur indéniable. Pas pour rien qu’il a été le cru fondateur des supers-toscans, Sassicaia montre avec son identité forte qu’il est encore aujourd’hui l’exemple à suivre. Un autre grand vin!

18-19/20

Sassicaia 2009

Torres Mas La Plana Penèdes 2007 (50,50$ – code SAQ 10796410)

Miguel Torres, est un grand monsieur. Initiateur du concept PVF, ses vins sont des modèles de qualité qui continuent d’être vendus à des prix permettant à tout amateur de les goûter. Son Mas La Plana est loin d’avoir eu l’air fou. Bien au contraire! Des parfums précis et aguicheurs de truffe, de prune tournant autour d’un boisé bien intégré. Il n’a peut-être pas la profondeur ou l’amplitude des autres grands vins, mais il affiche une  précision aromatique indéniable tout aussi enviable. Chapeau Monsieur Torres!

17-17,5/20

 

Château Clerc Milon Grand Cru Classé Pauillac 2003

Très classique avec un nez ne pouvant nier la chaleur du millésime L’attaque en bouche montre un bel éclat. Un corps soyeux et une acidité fine pour un ensemble déjà fondu culminant vers une finale d’ampleur moyenne sur des tonalités secondaires de cigare. Seule ombre au tableau : des tanins légèrement asséchants qui laissent penser à un avenir plus limité.

16,5/20

 

Vega Sicilia Unico Ribera del Duero 2004

Une grande première pour cette cuvée habituellement relâchée après un élevage de dix ans suivant le millésime. Un assemblage de tempranillo, cabernet-sauvignon et merlot donnant un vin mystérieux et enjôleur. On perçoit au nez des notes volatiles qui magnifient les parfums de cigare, de prune, d’épices orientales et de sauce hoisin. La bouche est une combinaison merveilleuse de puissance et de soyeux. Finale compacte et énergique qui semble vouloir transcender l’ensemble. Grand vin en devenir.

18-19/20

Primeur! Vega Sicilia 2004

Weingut Egon Müller-Scharzhof Scharzhofberger Auslese Goldkapsel Mosel 2010

Un nectar issu de trois hectares de vignes non greffées et plantées vers 1905. Nez splendide de pureté, de finesse et de précision. Notes de miel, de caramel au sel, d’abricot frais et de poivre blanc. En bouche, c’est le choc! Une matière époustouflante s’articulant autour d’un équilibre singulier entre sucre et acidité. Finale saline et kilométrique. La quadrature du cercle enfin expliquée. J’ai rarement rencontré autant de plénitude dans un aussi jeune vin. La perfection à portée de raisin. Je vous souhaite de pouvoir y goûter une fois dans votre vie.

19-20/20

 

Symington Graham’s Vintage Porto 2003

Difficile de passer après un aussi grand tour de force. Floral, notes de café frais, prune et beaucoup d’épices à l’aération. Bouche grasse et caressante, des tanins jeunes et fougueux laissant place à une longue et puissante finale fruitée aux accents de havane. Grand avenir bien qu’il soit déjà délicieux.

17,5-18,5/20

Egon Müller

 

Je vous reviens d’ici peu avec le compte-rendu du lunch de presse qui a suivi. Mémorable, tout simplement!

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1 commentaire

  1. Fred Fortin dit :

    Et Hubert de Billy, toujours faisant référence à la modération: «D’ailleurs, vous pouvez le constater, j’ai un assez bon coup de fourchette!». Hilarant!

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