Second arrivage Cellier: Rhône et vins de femmes

- 22 novembre 2012

La SAQ relâche aujourd’hui sa seconde offre commerciale liée au Magazine Cellier. On y trouve plusieurs vins du Rhône, dont plusieurs élaborés par des femmes vignerons (c’est le thème du numéro).

Si j’avais un petit podium des trois vins à ne pas manquer, je dirais :

3. SP68 2011 de Arianna Occhipinti

2. Reflet 2009 de François Villard

1. Château Ferrière 2009

Voici mes impressions sur les vins dégustés à l’aveugle, il y a deux semaines. L’ordre de dégustation a été arrêté par le SAQ. Les notes sont sur 20 points.

1. Château Ferrière, grand cru classé Margaux, 2009 (53,00$ – 11374155)

Excellent  Margaux aux tanins féminins et affichant une texture soyeuse plus ronde qu’à l’habitude. L’ensemble est de bonne densité et montre de la profondeur. Moka, groseilles, bleuets, une touche de graphite. Grande « buvabilité » pour un 2009. Un vrai régal! 16,5–>17,5

2. Tenuta Friggiali, Centolan, Brunello-di-Montalcino, 2004 (83,00$ format 1,5l – 11697958)

Nez bien ouvert montrant des pointes d’évolution. Précis sur des parfums de cacao, terre humide, caoutchouc et cerise confite. Matière fine et aromatique posée sur le fil de l’acidité. Les tanins sont fondus et gardent le tout en place. Longueur moyenne à bonne. À boire. 16

3.  Fratelli Alessandria, Barolo, 2007 (40,25$ – 11797094)

Style moderne. Nez plus simple, mais de bonne intensité. Écorce d’orange, goudron chaud, rose séchée, bonbon anglais. Bouche plutôt ramassée, peu compacte se déliant rapidement sur des tanins faciles, mais de qualité. Bonne finale aromatique. À boire en jeunesse, mais pourra se conserver un peu. 15,5

4. SP68, Arianna Occhipinti, Sicilia,  2011 (22,70$ – 11811765)

Une viticultrice talentueuse offrant ici un vin original et bien parfumé longtemps réservé à l’importation privée. Frais et soutenu : rhubarbe mûre, eucalyptus et fraise chaude. Un vin qui a besoin d’air. Le nero d’avola lui donne du poids alors que l’acidité du frappato apporte de la vigueur. On achète les yeux fermés et on garde jusqu’au printemps. Le vin n’en sera que meilleur! 15,5–>16

5. Bouquet des Garrigues, Le Clos du Caillou, Dom. Pouizin-Vacheron, C.-du-Rhône, 2009 (22,30$ – 11795654)

Nez de bonne intensité, mais assez simple sur la cerise confite, la cannelle et la fumée. Bouche puissante, marquée par l’alcool, finale rêche avec des tanins un peu braqués, voire fâchés. Ensemble rustique. 13,5

6. La Perdendaille, Les Vins de Vienne, Cairanne,2009 (25,65$ -11736929)

Élevage marqué qui lui donne un certain charme : vanille, cacao et pâtisserie. Bouche puissante, attaque un peu piquante, matière serrée, tanins corsés, ensemble un peu sur lui-même, impression d’assèchement en finale. Coup de poing dans la gueule. Manque d’équilibre. 13 –>?

7. Cantarelle,  Domaine la Garrigue, Vaqueyras, 2009 (33,00$ – 11822131)

Charmeur et feutré, avec tonalités de prune, de bacon et… de garrigue. Matière soyeuse avec des tanins de qualité. Riche et capiteux sans être dérangeant, quoiqu’on sent bien l’alcool en finale. Colosse aux contours arrondis. Bien. 14

8. Vin Rare, Dauvergne Ranvier, Gigondas, 2009 (27,55$ – 11737323)

Frais avec beaucoup de fruits : réglisse, poivre et aspect floral. Belle densité, avec une matière soyeuse, presque joufflue, un brin austère à cause des tannins, mais qui montre de la fraîcheur et assez de fond pour penser que l’ensemble pourra bien évoluer sur 3 à 5 ans. Bel achat. 15,5–>16

9. Domaine de Thalabert, Paul Jaboulet Aîné, Crozes-Hermitage, 2009 (38,50$ - 11840427)

J’ai toujours eu un faible pour cette cuvée qui a, par le passé, été l’une des meilleures de l’appellation. Cependant, les derniers grands millésimes remontent à loin : 1989 et 1990, voire possiblement 2003. La famille champenoise Frey, responsable de la maison Jaboulet depuis 2006, semble revenir sur terre avec un prix sous les 40$ (le 2006 se vendait 48$ !). Reste que j’ai trouvé le style nettement trop moderne. L’élevage de ce 2009 crève l’écran: vanille, pâtisserie, un peu de poivre. La bouche est veloutée, mais souple et dotée d’une acidité plus basse. L’ensemble est marqué par le bois, notamment en finale. Je comprends un peu mieux la ronflante note de 95 points attribuée par Parker, mais pour moi, ça n’a rien à voir avec la pureté des cuvées d’antan. 15–>?

10. Reflet, François Villard, Saint-Joseph, 2009 (57,25 $- 11696980)

Bon, d’accord, c’est cher pour du St-Joseph, mais la qualité est indéniable. Rien à voir avec la syrah « guidoune » précédente. On distingue certes de l’élevage, mais c’est soigné et ça permet au fruité et au terroir de s’exprimer pleinement. Matière riche et serrée portée par l’acidité du vin. Finale expansive qui gagne en complexité sur des notes de poivre noir et d’eucalyptus. À passer longuement en carafe si on veut le boire maintenant tout en sachant qu’il sera à son mieux à partir de 7 ou 8 ans d’âge. 16–>17

11. Les Arènes, M. Chapoutier, Cornas, 2009 (45,00$ – 11802050)

Nez animal, légèrement bretté avec, en arrière-plan, la violette, l’eucalyptus et les fruits noirs. Attaque virile, des tanins gommés, matière joliment texturée dans un ensemble de bonne longueur. Il devrait gagner en volume avec le temps. 15,5–>16,5

12. Clos du Mont-Olivet, Châteauneuf-du-Pape, 2009 (38,00 $ 11726691)

Un Châteauneuf gourmand, qui passe vraiment bien après des vins plus tendus comme Reflet et Arènes. Nez d’abord réduit, mais s’ouvrant sur des notes franches de bonbon à la cannelle, de tapenade, de réglisse et une petite touche végétale d’aneth. Charnu, plutôt étoffé au niveau des tanins, bonne acidité, l’ensemble demeure puissant tout en montrant de l’équilibre. Bonne finale aromatique et structurelle sur le chocolat, la prune. Beaucoup de vin à ce prix! 16–>16,5

13. Château de Beaucastel, Châteauneuf-du-Pape , 2009 (90,00 $ – 11729833)

Les millésimes solaires de Beaucastel ont parfois tendance à développer un registre de pruneaux au vieillissement. Un 1998 ouvert tout dernièrement affichait un considérable manque de fraîcheur, taxant de beaucoup la complexité du vin et le plaisir de le boire. En revanche, je garde de précieux souvenirs des magnifiques 1981, 1983, 1989 et 1990, des vins qui, encore aujourd’hui, sont dans une forme stupéfiante. On a peut-être le même genre de vin, ici. À ce stade, il paraît un peu sur lui-même, mais montre des qualités indéniables. Nez frais et expressif de fleur, de griotte, de cerise et d’épices. En bouche, la texture est grasse et fine. C’est généreux et expansif, ce qui masque un peu la fermeté des tanins bien en places. Énergique, sans être puissant, l’acidité joue un rôle important et porte l’ensemble vers une finale déjà complexe. On ouvre 5 ou 6 heures à l’avance si on veut servir maintenant ou on met en cave pour une dizaine d’années au moins. 17,5–>18,5

14. Tradition, Domaine Giraud, Châteauneuf-du-Pape, 2009 (47,25 $- 11685851)

Charmeur sur des notes de prune, de cigare, de poivre de Jamaïque et de thym. Matière généreuse apportant de la rondeur. Peu tendu, avec des tanins caressants et une allonge moyenne. Facile, mais loin d’être inintéressant. Quoique à ce prix? 15–>16

15. Vinhas Velhas Reserva, Duorum, Douro, 2009 (42,75$ – 11818297)

Vin portugais ultra moderne au boisé bien apparent : vanille, café, gâteau, confiture de bleuets. Bouche ronde et grasse. Acidité basse laissant place à des tanins de bonne stature. Longueur appréciable, mais ensemble qui manque de finesse et de personnalité. 15

16. Pintas Character, Wine & Soul, Lda, Douro, 2009 (33,50$ – 11213765)

Racoleur avec des tonalités de réglisse, de prune grillée et de poivre. Assez puissant et richement constitué, il est marqué par le bois sans que ça ne soit outrancier. 15

17. Syrah, Beckmen Vineyards, Santa-Ynez-Valley, 2009 (29,20$ – 11746941)

Nez intense et facile de tabac blond, de vanille, et de confiture de cassis. Bouche caressante, ronde, avec une masse tannique qui donne de la colonne à un ensemble chaleureux et puissant non dénudé de plaisir. 15,5

18. Zinfandel East Bench, Ridge Vineyards, Dry-Creek-Valley, 2009 (29,75$ – 11817690)

Bonne complexité au nez avec des tonalités franches de réglisse, de fraise, de rhubarbe et une impression de charbon/cuir qui donne de la personnalité. Un vin épais, mais doté d’une bonne acidité pour ne pas paraître lourd. Bonne longueur sur la réglisse. Potentiel intéressant. Très bien. 15,5–>16,5

19. Clos Naudin, Philippe Foreau, Vouvray sec, 2010 (30,75$ -11797220)

Difficile à juger après autant de rouges. Joli nez de pomme verte, de fleur et de biscuit sablé avec un arrière-plan de miel. Large en attaque, le vin montre une excellente vivacité apportée par une acidité presque pointue. Finale moyenne sur l’amande. Plutôt un  vin vers lequel il faut aller. 15

20. Auxey-Duresses, Agnès Paquet, 2010 (26,00$ – 11772946)

C’est plus facile. On a l’impression ici que le vin vient vers nous. Jolies notes de silex soulignant la pureté du fruit. Un poil austère, malgré la matière assez large. Ensemble pur terminant sur des notes de coquillage et de miel de trèfle qui peuvent rappeler Chablis. Bien. 15,5

21. H. Billiot, Grand cru Brut Réserve, Champagne (49,75 $ -11818220)

Un champagne à l’anglaise, brioché, bien mûr (banane), assez dense avec un apport important de pinot noir (75%), le reste en chardonnay. Ample et vineux, il offre une assez belle longueur évoquant un soupçon d’iode. Bien que provenant des coteaux prisés d’Ambonnay, il lui manque un peu d’élégance. 15,5


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1 commentaire

  1. Pascal dit :

    Ah, François Villard : quelle femme ! ;-))

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