Trois blancs à fromage

- 28 décembre 2012

Il y a des habitudes, acquises depuis longtemps, dont on ne se départit pas facilement. Surtout quand on les trouve confortables, agréables, et que, peu importe ce que les spécialistes de tout acabit peuvent bien en dire, elles nous conviennent parfaitement.

Ainsi, et bien que je sache fort bien (et qu’en plus je sois parfaitement d’accord) qu’un «gewürz», un viognier, ou même un petit pinot blanc n’ont pas leur pareil avec la cuisine chinoise, sinon même un petit blanc tout simple mais bien frais pour nettoyer le palais du feu des épices de certains plats, je continue de les accompagner de vin rouge.

Parce qu’il fut une époque où, étudiant à Paris et fréquentant des petits restos chinois dont les menus avaient le grand mérite de correspondre à mes budgets limités, je les accompagnais systématiquement d’un quart de vin rouge.

Depuis, parce que la sensation que me procure l’association rouge et cuisine chinoise ramène chaque fois en moi ces souvenirs heureux, je préfère boire du rouge quand je vais chez le chinois. C’est comme ça .

Idem pour le gâteau au chocolat. Je me fous de savoir qu’un rivesaltes, un banyuls ou un porto font un meilleur mariage. Et, en plus, je suis parfaitement d’accord, ayant évidemment fait l’expérience à plusieurs reprises. Mais, que voulez-vous, j’adore le goût du vin rouge avec le gâteau au chocolat. On ne se refait pas.

Et avec les fromages, évidemment, comme la plupart des gens de ma génération, je bois également du vin rouge. Même si le service comprend plusieurs types de fromage et que, dans un monde idéal, on devrait pouvoir servir un type de vin avec chaque type de fromages, et que ces vins, dans beaucoup de cas, feraient un meilleur mariage en blanc qu’en rouge.

Sauf que, preuve que même les vieux rechigneux et têtus comme moi peuvent finir par changer de comportement, je me convertis de plus en plus au blanc avec le fromage.

Ça fait longtemps que je sais que les blancs vont généralement mieux avec les fromages que les rouges, ne serait-ce que, comme on l’a dit souvent, parce que l’acidité du vin blanc a le grand mérite de couper dans le gras du fromage ; mais c’est comme avec la cuisine chinoise et le gâteau au chocolat, un gars a beau le savoir, il préfère garder ses bonnes vieilles pantouflardes habitudes.

Mais trêve de bavardage, voici trois blancs qui, à mon sens, se défendent particulièrement bien avec le fromage.

 

PailleParelles

LesParellesJuraLes Parelles 2008, Chardonnay Tradition, Côtes du Jura, Juravinum, 13%, France (18,60 $, code 11195641) : tout chardonnay qu’il soit, on y décèle quand même, sur un mode léger, au nez et en bouche, ce fameux «goût de jaune» typique des vins du Jura fait avec du savagnin. Donc, un peu noisette, avec un fin rancio comme on en trouve dans les xérès fino, avec en plus ici de belles notions de pomme. Bien sûr, on aime ou on n’aime pas. Moi j’adore et, avec le fromage, je trouve que c’est un mariage original et réussi. Remarquez, j’imagine très bien ce vin également sur des moules au curry ou un  poisson nappé d’une sauce au safran ( ***).

Les Parelles 2006, Vin de Paille, Côtes du Jura, Juravinum, 15,5% France (40$ -  375 ml  Code 11785595) : ou alors, pour mettre en valeur pâtes persillées, vieux gouda, vieux cheddar et parmigiano reggiano, ce vin de paille (liquoreux) fait aussi par Juravinum, qui est en fait un regroupement de coopératives. La couleur est d’un beau cuivré doré ; le nez et les arômes sont sur les petits fruits confits avec, en filigrane, un très léger rancio. J’aime sa délicatesse, sa finesse et sa subtilité. Fruit d’un assemblage de chardonnay, de poulsard et de savagnin (****).Lenz Moser TBA 2006

Lenz Moser Prestige 2008 Trockenbeerenauslese, Burgendland 2008, 10%, Autriche (19,10 $ – 375 ml, code 10809794) : ou alors, on se délectera aussi de ce vin liquoreux autrichien, riche, complexe (cire d’abeille, pêche, abricot, pomme…) et délicat, sur une finale résolument aérienne. Sur les pâtes persillées, certes, mais il a assez de génie, à mon sens, pour bien se comporter avec à peu près tous les types de fromage. Fruit d’un assemblage de plusieurs cépages, dont principalement du bouvier (67%), mais aussi du chardonnay, du muscat et d’autres cépages autrichiens.(****).

 

 

 

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2 commentaires

  1. Martin Mimeault dit :

    Vieux grincheux va ! Mais je vous pardonne, je suis pareil sur plein de sujets, mais pas sur l’accord vin/fromage ou MOÃ, j’ai toujours eu le bon sens de préférer le vin blanc ! (Le Sancerre est la plus belle des créations de l’humanité, mais, heu… j’exagère surement…)

    Fi ! (comme dirait la fiancée d’Achille, Virgule de Guillemets !)

    Trève de… Merci pour toutes ces années de bonnes suggestions M. Langlois. Mon premier coup de coeur de « vous » , fut le bourgogne rouge Château de Rully, il y a… Trop longtemps ! Longue vie à vos chroniques !

  2. Claude Langlois dit :

    Vous faites ma journée, M. Mimeault. Merci.

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