La section des «meilleurs vendeurs», en spécialités, à la succursale de l’Ile des SoeursLa section des «meilleurs vendeurs, en spécialités,
Il y a plus ou moins 11,000 produits de spécialités qui tournent à la SAQ, dans une année.
Ça commence à faire du stock, ça, mon ami.
Certains sont des arrivages uniques, d’autres des produits qui sont reconduits automatiquement quand ils sont épuisés, d’autres qui le sont uniquement en fonction de leurs performances de vente.
Pour le consommateur, pas forcément évident de s’y retrouver puisque d’une succursale à l’autre, les produits varient.
Et ce pour une bonne raison, c’est que ce sont les conseillers en vins qui commandent les produits de spécialités, et ce à partir à la fois d’un inventaire qui leur est proposé selon la bannière de leur succursale (express, classique, sélection, signature, dépôt), mais surtout en fonction de leur marché local respectif.
On s’entend qu’une succursale située à Pointe-Claire a une clientèle bien différente de celles du Marché Jean-Talon, du centre commercial Rockland, de l’Ile des Soeurs ou du Plateau Mont-Royal.
Or, depuis quelques mois, et ce jusqu’en janvier ou février prochain, la SAQ essaie de voir, via un projet pilote, si elle pourrait rationaliser encore davantage l’offre, en matière de produits de spécialités, le but étant évidemment de faire augmenter encore les ventes.
Ce projet pilote est mené dans sept succursales de la province. Soit au Marché 10/30 à Brossard, à L’Île-des-Sœurs, à Boisbriand, à Beloeil, à Drummondville, à Saint-Nicolas et à Chambly.
Deux approches
Deux approches ont été privilégiées : dans cinq succursales, on a aménagé une zone spéciale, où sont regroupés les meilleurs vendeurs, en spécialités. Le nombre de ces produits peut varier, entre vingt-cinq et cinquante, disons, en fonction de la surface disponible.
Dans deux autres succursales, au Marché 10/30 et à Chambly, ces produits demeurent à leur place habituelle, mais sont identifiés comme faisant partie des « meilleurs vendeurs » de leur catégorie.
Tout dépendant du succès de l’une ou l’autre de ces approches, la SAQ décidera ou non de l’étendre à l’ensemble de son réseau.
Pour l’instant, après avoir parlé à quelques conseillers en vin, il semblerait, sous toutes réserves évidemment, que la deuxième approche corresponde plus naturellement aux réflexes des amateurs, quand ils cherchent une bouteille.
Pourquoi ? Parce que dans le cas de la zone désignée, comme me l’a expliqué un conseiller en vin, celui qui est habitué de trouver, disons, son Toscana IGT dans la section réservée à l’Italie, il ne pense pas allé dans cette nouvelle zone puisqu’il ignore, évidemment, que son vin fait parti des meilleurs vendeurs.
De telle sorte que quand un client cherche maintenant un produit spécialités dans l’une de ces succursales, il doit essayer de la trouver à deux endroits, au lieu d’un seul. Pas forcément efficace.
Et même frustrant pour le client, m’a confié l’un d’eux, car il vient nous voir en se plaignant que nous ne gardons plus son vin préféré. L’explication une fois donnée sur la nouvelle section réservée, le client est loin d’être convaincu du génial de l’idée, apparemment.
En revanche, il semblerait que la deuxième approche, comme je le disais, celle, donc, où la bouteille reste dans sa section tout en étant identifiée comme étant un des « meilleurs vendeurs », correspondrait davantage au réflexe de ce type d’amateurs. Mais on verra bien.
Prérogatives
Une chose est sûre, si jamais la SAQ va de l’avant avec l’une ou l’autre de ces approches, il est clair que cela va bousculer aussi les prérogatives des conseillers en vin.
Les conseillers en vin connaissent parfaitement les amateurs curieux et passionnés, ceux-là mêmes à qui s’adressent en premier lieu les produits de spécialités.
Ce sont des acteurs importants dans le commerce des produits de spécialités. Ils sont en première ligne, comme on dit, et les meilleurs d’entre eux peuvent avoir une influence importante sur le chiffre d’affaires d’une succursale.
Cette nouvelle façon de gérer les spécialités, si jamais elle est adoptée, ne devrait pas changer grand-chose pour les conseillers en vin dans des grosses succursales comme Beaubien, Rockland, l’Ile-des-Soeurs ou Atwater, pour ne mentionner que celles-là, puisqu’y tournent en tablettes, dans une année, plusieurs milliers de produits de spécialités.
En revanche, dans des petites succursales où un conseiller ne gère qu’une centaine de ces produits, sa marge de manœuvre s’en trouvera limité d’autant.
Mais on met un homme là-dessus et on s’en reparle.